Candidats Constituants : on se réveille, SVP !

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Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Mercredi 27.08.08  -  07.05h

 

 

La Constituante. Ce mot si magique, qui rappelle à la fois la Révolution française et la création du Jura, ce mot mérite mieux que bien des candidats qui vont solliciter vos suffrages pour être élus, le 19 octobre prochain, parmi les 80 qui doteront Genève d’une nouvelle Loi fondamentale.

 

Parce que nous voulons être une émission citoyenne dans une radio citoyenne, nous avons décidé, tous les matins à 07.50h, dans le 7-8, d’ouvrir une case à la Constituante. Donner la parole à toutes les listes. Chacune nous délègue deux de ses membres. Et chacune pourra, d’ici le jour du scrutin, passer deux fois sur notre antenne.

 

Or, pour l’heure, que se passe-t-il ? Des candidats qui viennent dans notre studio, et qui n’ont, apparemment, pas grand-chose à dire – voire rien – sur le fond de l’enjeu : quel grand texte donner à Genève pour son avenir ?

 

On vient parce qu’on est femme. Et qu’il faut bien des listes femmes. On vient parce qu’on est jeune. Et qu’il faut bien des jeunes. Et d’autres, beaucoup d’autres, je le vois venir, ne se présenteront que pour se faire un nom, un jour, en politique.

 

Alors, ce matin, je lance un appel à toutes les voitures, toutes les formations qui s’engagent dans cette bataille électorale. Pendant la semaine qui vient, ou bien vous nous déléguez des gens qui aient quelque chose à dire, une grande idée au moins pour Genève, avec un sujet, un angle, et un minimum de rhétorique pour le défendre. Ou bien, j’arrête l’exercice.

 

Bref, prière d’élever le niveau de quelques crans. Avoir quelque chose à dire, cela me semble le moins qu’on puisse attendre de toute personne se présentant le matin, à une heure de grande écoute, devant un micro.

 

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Editos Radio cité 8 commentaires

Commentaires

  • Bravo Decaillet,

    merci d'avoir le courage de dire tout haut ce que bien des citoyens pensent dans les bistrots. Pour avoir suivi le blog de la Tribune sur la constituante, je suis consternée par le manque de visions des textes qui nous sont présentés. je n'écoute pas votre émission car elle passe beaucoup trop tôt pour la paresseuse que je suis mais je ne doute pas qu'il faille une imagination débordante pour tirer 3 mots cohérents de certains candidats qui définitivement ne sont là que pour défendre des intérêts sectoriels.

    je me demande si l'information est bien passée car tout tend à prouver que ces candidats ne connaissent pas même la fonction d'une constitution et se croient aux cantonales.
    Je me souviens d'avoir lu dans je ne sais plus quel journal, qu'un candidat de la liste patronale prétendait qu'il ferait une évaluation économique des mesures prises. J'ai éclaté de rire en me disant que j'aurai un plaisir pervers à discuter avec cet abruti.

    je vous souhaite bien du plaisir et du courage dans votre tentative de faire de cette course à la constituante quelque chose d'autre qu'une simple compétition des intérêts personnels divers et pas très variés.

    a vous
    tiger Lilly

  • Cher Monsieur Decaillet,

    Je reconnais bien là le spécialiste du débat et des faces à faces qui se languit de croiser le verbe avec celles et ceux qui osent prétendre refaire la République à défaut du monde.

    Mais reconnaissez que vous pouvez être redouté de beaucoup qui n'ont pas votre art du débat et que ceux qui ne pourraient que faire illusion renoncent tout simplement et envoient des second couteaux plus inoxydables!

    Je redoute déjà de me risquer à cet exercice!

    En toute humilité.....

    Patrick Dimier

  • Cher Pascal,

    Bravo d'avoir poussé ce coup de gueule! On reconnaît-là l'homme de réflexion et d'action. L'inertie viendra-t-elle à bout?

    Cordialement,

  • Cher Pascal,

    Bien que je trouve votre coup de gueule (l'exaspération surement) absolument nécessaire, je suis surpris de manière négative, que vous le preniez ainsi.

    C'est dommage, car en nous démontrant le niveau ... bien bas ... n'ayons pas peur des mots, nous pourrions mieux choisir, le jour venu, parmi les candidats...

    Qu'en dites vous ? [calumet de la paix ?]

  • Cher Monsieur,
    Je n'ai pas encore écouté votre nouvelle émission de radio (ce que je ne manquerai pas de faire néanmoins), donc je m'abstiendrai de toute remarque concernant vos invités. Je me fie néanmoins à votre "métier" et je pense que vous avez cruellement raison...
    Quant aux causes de ce que vous déplorez, je vous en suggère quelques unes, à chaud.
    Tout d'abord, n'y a-t-il pas eu tromperie - voulue ou non - de la part des initiateurs de cette "constituante"... "Trop vieille, pas assez "moderne", bricolée, rafistolée, encombrée, etc." Les adjectifs n'ont pas manqué au quarteron (peut-être étaient-ils plus de quatre mais le mot, gaullien à souhait, me plaît...) de juristes initiateurs de la grande lessive constitutionnelle pour dire tout le mal qu'ils pensaient du texte actuel.
    Une minorité, dont je suis, avait pourtant combattu l'opportunité et la pertinence du principe de la "table rase"... Préférant le système des révisions partielles, plus souple et mieux adapté aux exigences d'une société en perpétuelle évolution.
    Que n'a-t-on essuyé alors comme reproches ! "Brontosaures, passéistes, réactionnaires", j'en passe et des meilleures ! Or, le fait est là, rédiger une Constitution, a fortiori ex-nihilo, n'est pas un travail de dilettante. Nous verrons donc qui sera élu et, au pied du mur, il ne sera pas difficile de reconnaître les vrais mâçons...
    Gageons que les masques tomberont bien vite. Vous contribuez d'ailleurs à cette opération-vérité et je souhaite que cela permette au Souverain (dans la sagesse qu'on lui prête) de distinguer sans équivoque le bon grain de l'ivraie...
    Je suis d'ailleurs persuadé que celles et ceux qui ne se présentent que pour pousser en avant le pion de leur petits intérêts sectoriels ou partisans ne pèseront pas bien lourd dans les quatre ans qui viennent.
    Ensuite, l'ambiguïté, savamment entretenue par les tenants de la démagogie antiparlementaire, quant au concept de société civile. La Constituante serait, pour ces derniers, l'occasion d'éliminer une prétendue caste de politiciens racornis et de la remplacer par une "nouvelle garde moderne" dont les idées novatrices sortiraient Genève de son immobilisme et de sa torpeur... Balivernes que tout cela! Votre constat le démontre. Les litanies, à mes yeux sans intérêt, proférées par les tenants du "ni droite ni gauche" ou du "et droite et gauche" apportent d'ailleurs de l'eau à votre moulin... Comme je l'écrivais ailleurs en commentaire d'un blog, servir la chose publique exige plus que des lieux communs. La médaille de la liberté d'expression a parfois de bien surprenants revers.
    Enfin, et cette notion est la grande absente du débat qui s'ouvre, bien peu de candidats ont eu le courage de dire qu'une Constitution n'est pas un catalogue exhaustif - et donc forcément hétéroclite - des thèses de tel ou tel parti mais simplement la définition de la "règle du jeu" et de l'organisation pratique de nos institutions.
    La dimension de l'organisation républicaine de nos institutions de cette Constituante est à mon goût tragiquement passée sous silence alors que les véritables enjeux sont là et nulle part ailleurs. Quels sont aujourd'hui les libertés fondamentales et les droits civiques que nous devons impérativement garantir ? Quels sont les moyens à mettre en oeuvre pour que les citoyens puissent réellement les exercer et en jouir ? Comment organiser l'Etat dans ses dimensions exécutive, législative et administrative ? Quels sont réellement les contours de notre territoire et de notre souveraineté ? Comment favoriser la participation de chacun à la gestion civique du collectif ?
    Cette liste n'est bien évidemment pas close, d'autres questions devront être abordées. Mais voici, je le répète, "à chaud" et, veuillez m'en excuser, dans le désordre, quelques unes des réflexions que votre billet me suggère.
    Mais aujourd'hui, le vin est tiré, il faudra donc le boire en octobre prochain. Je souhaite néanmoins que l'initiative de cette Constituante ne vire pas au fiasco et que celles et ceux qui y siègeront sauront, dans le respect de leur éthique et de leurs convictions personnelles, assumer leurs responsabilités civiques.
    Amitiés républicaines.
    Pierre Gauthier, candidat de l'AVIVO, liste n°8

  • Monsieur Pierre Gauthier,

    J'ai envie de vous répondre à vos questions, dans la dernière partie de votre commentaire, par la sagesse d' Hillel l'ancien, en parlant de la Torah et son résumé.

    "Ce qui t'es haïssable, ne le fait pas à autrui"

    Évidemment, ce n'est pas à la portée de tout un chacun, que de se mettre à la place de son interlocuteur...

  • Monsieur Gauthier,

    Si gauche et droite constituent la voie aux lieux communs, "ni gauche, ni droite" renferme une signification propre. C'est de la pure logique!

    Ex: (1) S'il pleut, je prends mon parapluie. (2) S'il ne pleut pas, ??????
    Rien ne permet de déduire quelque chose de (1) puisqu'il n'est rien mentionné dans le cas (2)!

    Les brimades contre celui qu'on aimerait bien éliminer ne servent à rien d'autre que de s'enorgueillir.

    Candidate à la liste N° 9.

  • "Pendant la semaine qui vient, ou bien vous nous déléguez des gens qui aient quelque chose à dire, une grande idée au moins pour [l'école de] Genève, avec un sujet, un angle, et un minimum de rhétorique pour le défendre. Ou bien, j’arrête l’exercice."

    Je modifie, désolé Pascal, un brin la citation en ajoutant 3 mots.

    Imaginez qu'un chef du DIP un peu courageux annonce cela tout de go à tous nos pédagogistes et autres experts ès sciences de l'éducation... Le bonheur ! Non ?

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