Des idées concrètes pour rêver Genève

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Edito du 7-8  -  Radio Cité  -  Jeudi 28.08.08  -   07.05h

 
Pourquoi ce coup de gueule, hier, de ma part, au sujet des candidats à la Constituante ? Pour une raison simple : la politique est ma grande passion, la politique au sens très large, la manière dont la Cité s’organise. Et les politiciens, toutes celles, tous ceux qui s’engagent, qui prennent de leur temps, sur leurs soirées, leurs week-ends, je les admire et les respecte.

Et, depuis bien des années, dans l’espace médiatique, toutes idées confondues, je leur donne la parole. Cette case de 07.50h, tous les matins jusqu’au 19 octobre, sur la Constituante, c’est moi qui l’ai voulue. C’est un pari, croyez-moi, difficile pour l’audience. On sait que le seul mot « Constituante » fait peur, on a l’impression d’une montagne législative, élitaire, intellectuelle, lointaine.

Mon pari de 07.50h, c’est tout le contraire. Ne pas trop prononcer les mots-barrages, les mots de juristes, et c’est pour cela que j’ai intitulé la séquence « Rêvons Genève ». Et j’ai demandé aux différentes listes de nous déléguer elles-mêmes deux personnes chacune. Et c’est à ces deux personnes quotidiennes que je demande d’avoir des idées, que ces idées soient claires pour le public qui nous écoute, qu’elles soient exprimées de façon audible. Une idée, un angle, un minimum de rhétorique. Je ne crois pas que ça soit trop demander. Je ne demande que cela. Mais cela, je le demande.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • En deux vers:

    "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement
    Et les mots pour le dire arrivent aisément."

    Boileau, L'art poétique, Chant I.

  • Cher Pascal,

    Pour avoir des idées il faut ... réfléchir ...

  • Parole au étrangers et aux suisse d'origine étrangères qui font Genève, svp. Avez-vous lu, hier, que les inégalités sociales entre jeunes sont énormes ? C'est la politique d'intégration des étrangers qui est un véritable échec, ce sont les parents de ces jeunes-là qui n'ont déjà pas trouvé leur place dans un pays qui pratique l'exclusion, sournoise et feutrée. Ô combien plus insidieuse ! Ou alors l'intégration est laissé au compassionnel qui fait plutôt oeuvre de charité que d'une véritable intégration sociale et professionnelle.
    N'oubliez la parole aux étrangers et aux suisses d'origine étrangère. On en a marre de voir des chirurgiens des pays de l'Est travailler comme chauffeurs, des électriciens au chômage, le rejet méprisant de cette population sans-voix.

  • Bonjour Monsieur Décaillet,

    Votre coup de gueule m'a fait réfléchir, et pas qu'un peu !

    J'ai réfléchi à ma propre candidature à la constituante.
    Je suis passé par les "Mais pourrquoi tu t'es lancé là-dedans???" et par d'autres "Tu verras bien...".
    J'ai quand même fini par trouver une conclusion à toutes mes réflexions et je veux vous en faire part.

    Il est vrai que je ne suis pas un docteur en lettre ou en droit constitutionnel. Je ne suis pas non plus un politicien agguéri ou un orateur hors-pair.
    J'ai cependant ce qu'il faut pour dynamiser cette assemblée : l'envie de faire avancer Genève et l'envie que ses habitants s'y sentent toujours mieux !

    La constituante est une occasion unique de donner une tournure différente à notre avenir ! Et là, je veux en être...

    Si cette constitution devait être rédigée uniquement par des maîtres de réthorique, nous aurions laissé le grand conseil faire... Mais non, la volonté populaire était justement que le souverain dans son ensemble puisse ajouter sa pierre à l'édifice.

    Vous tomberez sur des candidats qui n 'ont pas de programme, pas d'idée précise, qui voudront contrer sur tous les points les "partis" adverses. Mais cela cher Monsieur Décaillet, c'est l'essence même de toute élection, vous le savez bien...
    Les basses manoeuvres politiques auront bien lieu, nous en sommes tous conscients. Comme je l'ai écrit sur mon propre blog, j'espère que nous saurons tous mettre de côté notre couleur politique et travailler ensemble pour le bien de notre chère république.

    J'attend impatiemment de voir et rencontrer nombre de candidats pour parler avec eux de leurs idées, leur programme. Je suis certain que les clivages disparaitront avec une bonne dose d'écoute et d'ouverture.

    Monsieur Décaillet, je vous demande de faire preuve de cette même ouverture envers ceux qui ne sont pas si efficaces que vous devant un auditoire ou un micro.

    Bien à vous

    Mirko Righele

  • "Parole au étrangers et aux suisse d'origine étrangères qui font Genève, svp. Avez-vous lu, hier, que les inégalités sociales entre jeunes sont énormes ? C'est la politique d'intégration des étrangers qui est un véritable échec, ce sont les parents de ces jeunes-là qui n'ont déjà pas trouvé leur place dans un pays qui pratique l'exclusion, sournoise et feutrée. Ô combien plus insidieuse !"

    Je suis fils d'immigré, moi aussi, pourtant je n'ai jamais connu les problèmes que vous décrivez. "Exclusion sournoise et feutrée" dites-vous? De laquelle parlez-vous, de celle qui découle du refus de s'"assimiler" un minimum? De ces jeunes turbulents que l'école ne parvient plus à canaliser, et qui, au lieu de travailler eux-même un minimum à leur intégration, préfèrent attirer l'attention par désarroi? L'Etat seul ne peut résoudre ce problèmes, les communautés étrangères doivent travailler dans le même sens. Pour le reste la Suisse est un marché ouvert, on peut venir et repartir, c'est libre, et il y a toujours des candidats potentiels, l'adaptaion des individus est la première clef de leur intégration. Bien sûr que l'Etat doit mettre des choes en place, ce qui est déjà le cas, mais il n'y a pas lieu non plus d'en faire trop... sans l'aide des populations concernées, qui doivent être autonomes et responsables, qui doivent travailler eux même à leur intégration. Ainsi une communauté importante comme la communauté kosovar devrait mettre elle-même en place ses propres structures d'aide scolaire. Si je cite ce cas c'est que la communauté albanaise est déjà partie dans cette direction, et que l'Etat doit encourager l'initiative des communautés, avant tout.

  • Cher Monsieur Décaillet,
    Le passage de la société de l'information à celle de la communication, soit en utilisant un raccourci quasi caricatural, la primauté du paraître sur l'être, a bon nombre d'effets pervers. En radio, une seconde est en effet une éternité alors qu'en télévision, a contrario, un silence peut être fort éloquent. Le journaliste comme l'auditeur de radio ont ainsi la hantise du silence, du blanc, du trou... ressenti le plus souvent comme synonyme de vide communicationnel, d'absence et donc de néant. C'est peut-être pour cela que, dans le discours politique, le slogan, la "petite phrase", courte, percutante mais bien souvent simplificatrice à l'extrême, a tendance à supplanter le raisonnement. Au risque de me répéter, c'était cette dictature de la brièveté - qui conduit au simplisme trompeur - que le sociologue Bourdieu dénonçait, non sans pertinence.
    On peut juger votre "coup de gueule"comme étant une manifestation inopportune de votre ego hypertrophié ou comme le brocardage (néologisme?) des difficultés d'élocution ou d'expression de tel ou tel candidat... Je ne céderai pas à cette tentation, elle me semble hors sujet. Qu'il stigmatise en revanche une certaine vacuité idéologique dont souffrirait une majorité de candidats, c'est possible et, si cela devait être le cas, cela serait sans doute plus grave. Mais, ne nous leurrons pas, un programme politique n'a pas pour vocation de faire rêver... Entre prévoir et rêver, il y a une grande différence. Le rêve n'a-t-il pas en effet pour fonction de réparer de manière fictive et virtuelle - mais ô combien réconfortante - les frustrations vécues par tout individu dans le monde réel ?
    Mais, comme le souligne un précédent commentateur, la campagne ne fait que commencer, elle ne s'achèvera que le jour du vote, et c'est finalement la population, informée directement ou par média interposé, qui aura le dernier mot. A nous, futurs constituants ou futurs frustrés (humour!!!) de tenter de transmettre du contenu tout en évitant tant la cautèle du "speed dating" communicationnel que celle de la logorrhée soporifique... Vu la longueur de mon texte, j'ai encore du boulot...
    Amitiés
    Pierre Gauthier

  • Supplique à Pascal Décaillet (en respectueux hommage à Pierre Corneille)

    Ô rage! Ô désespoir! Ô cruelle litanie!
    Décaillet, chaque matin, raille leur incurie.
    Quelle est la faute qui leur vaut telle avanie?
    Pour que Pascal, ainsi, les voue aux gémonies?

    Inexpérience, langue de bois, en voilà deux.
    Qui, sur Radio-Cité, provoquent son ton furieux.
    Invité suivant, victime expiatoire,
    Tremble, car c'est ton tour de passer à l'abattoir.

    Dix-sept septembre, trois octobre, c'est à nous
    De tenter, peur au ventre mais bien debout
    De rêver Genève et sa Constituante
    Nous, les deux Anne(s), quarantaine rugissante!

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