Madame von Arx-Vernon, bleue comme une orange…

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Samedi 08.11.08 - 19.45h

 

Qu’elle nous parle des hommes violents, d’un projet politique, ou simplement de la vie qui va, Anne-Marie von Arx-Vernon en impose par son réalisme, son humanité, sa recherche de la bonne solution. On a eu, une fois ou l’autre, l’occasion d’entendre, ce week-end, à l’occasion de la journée de la violence domestique, cette femme de terrain, pragmatique, la seule à qui on puisse pardonner de se proclamer de cette hérésie euclidienne, « l’extrême centre ». Expression qui évoque, chez nombre de ses collègues de parti, la liquéfaction d’une montre molle chez Dali, dans la chaleur de Cadaquès. Mais qui, chez elle, conquiert une dimension de crédibilité, tant la personne est ancrée dans le réel. Miraculeuse mutation, bleue comme une orange. De Dali à Eluard, n’y a-il pas, comme un appel à la vie charnelle, que les formes de Gala ?

En écoutant cette députée vendredi matin, puis juste à l’instant dans Forums, je me suis mis à regretter ces voix qui, au printemps 2007, lui avaient manqué pour siéger au gouvernement de la Ville de Genève. D’autres, élus alors qu’elle ne l’a pas été, auraient beaucoup à apprendre d’elle en connaissance des hommes et du terrain, des réalités sociales (hors d’un champ théorique et idéologique). Il y a des gens, à la parole ailée, qu’on n’aurait pas un seul instant l’idée d’imaginer dans un exécutif (Jacques-Simon Eggly, Pierre Weiss), et il y a ceux, beaucoup plus rares, qu’on voit d’instinct occuper des responsabilités de décisions. Au niveau de leur propre parti, ou d’un gouvernement. Anne-Marie von Arx-Vernon, à l’évidence, appartient à cette seconde catégorie. Puisse le destin, sans trop tarder, lui en donner l’occasion.

Au sein d’un parti cantonal qui ne brille pas toujours par la clarté de ses positions, encore moins par la solidité de sa fidélité à une Entente à qui il doit pourtant beaucoup, voilà une femme-repère. Non par l’idéologie. Mais par la fiabilité. Denrée rare sous ces bannières d’encens et d’eau bénite, où l’affairisme champêtre le dispute au clientélisme le plus cru. Il serait assez dommage que cette excellente connaisseuse de la nature humaine ne soit pas appelée à occuper, un jour ou l’autre, quelque poste signalé dans la République.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • J'ai siégé avec elle sur les bancs du Conseil municipal et depuis 3 ans à la commission des finances du grand Conseil.
    C'est une femme à qui il serait incongru de demander : Anne-Marie as-tu du cœur ?
    p.l.

  • je dirais: carrément messianique, la anne-marie!

  • Certainement une grande dame, mais je lui en veut un peu, peut-être à tort, d'être intervenue dans l'affaire Hannibal avec peu de dipomatie. L'épilogue Libye attend toujours sa fin.

  • Et Anne-Marie est encore bien plus que cela: d'une fidélité rare (surtout en politique), à ses amis comme à ses idéaux!

  • De l'audace, toujours de l'audace!
    Anne-Marie Von Arx- Vernon est effectivement une femme généreuse, de qualité, à qui il advint parfois de mal s'entourer, mais bon, ce sont choses qui arrivent.
    Non, l'audace, c'est cette digression Grindelienne, tandis que miroite une terre bleue comme une orange. Et avec Grindel, Gala, formidable muse manipulatrice qui, au jeu de l'Avida dollars, l'emportait même sur Dali.
    Pour les rondeurs, je préfère Nusch, mais voilà qu'elle meurt, et avec elle un peu de la volupté du poète. Observons d'ailleurs que quand il s'éteint à son tour, en 1952, le monde devient angulaire, à l'image des voitures américaines, des cover-girls et des écrans de télévision. La langue d'Eluard était un corps souple dôté d'une âme lucide (sauf à l'égard du petit père des peuples, évidemment). "Je n'est jamais trouvé ce que j'écris dans ce que j'aime", admettait-il. On ignore si le constat vaut pour l'auteur de ce blog.

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