Maudet debout. Au milieu des Assis.

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Comme le milan sur la palombe, Pierre Maudet pique en vrille sur Ueli Maurer. Il lacère, décortique, désosse, et cette féérique charcuterie, salée comme cochonnaille d’automne, excite les esprits et aiguise les sens. Enfin quelqu’un qui se bat. Ca fait plaisir à voir. Et même à humer, tiens.

Ce matin, sur l’idée ahurissante de laisser une police privée sillonner les Pâquis (ce ne sont pas ces braves agents, le problème, c’est le signal de démission de l’Etat dans la plus régalienne de ses tâches), revoilà qui ? Maudet, pardi ! Pour asséner quelques vérités qui ravissent l’oreille. Le verbe est simple, imagé, la phrase courte, percutante. Tout cela, non au service du populisme, mais de l’esprit républicain. Bref, tout ce que nombre de ses collègues de parti, englués dans l’abstrait, les excès lacrymaux et les leçons de morale, ne savent plus faire.

Curieux, non ? Maudet, qui ne brigue nulle fonction en cet automne 2009, se démène dans tous les sens, alors que certains candidats brillent par un excès de tranquillité qui, même en cas de réélection, pourrait bien leur jouer de sérieux tours. C’est cela qui ne va pas dans ce quintet des sortants: cette impression d’immuable, d’entre-soi. De club. La sérénité des notables. Des Assis.

Au point qu’ils ont la singulière arrogance, pour se démarquer des outsiders, de s’auto-qualifier de « partis gouvernementaux ». Comme si on était « gouvernemental », non par la volonté du peuple, mais par une sorte d’essence. Divine ? Transcendante ? Génétique ? « Moi, Monsieur, je n’ai fait que 11%. Mais, désolé, je suis gouvernemental : C’est mon être. Ma nature ».

Cette fois encore, sans doute, ils sauveront leur place. Mais mille questions demeurent, dans ce système électoral qui favorise à l’extrême les alliances, ne laisse aucune chance à la marge, coalise et coagule, dans un pacte de permanence, les éléments les plus disparates. Ces leçons-là, un homme comme Pierre Maudet est prêt à en discuter. Et les autres ? Ils attendent la prochaine échéance ? Dans quatre ans ? Ou, peut-être, la prochaine défaite ?

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • Un homme soi-disant de "gauche" autorise les milices privées et un homme soi-disant de droite les condamne. C'est le monde à l'envers et la preuve manifeste de la totale incompétence du premier. Et que le PS n'a plus d'idéologie, se ce n'est celle de l'opportunisme et du carriérisme.

    Le coup de balai est plus que nécessaire...

  • Vous ne bouder pas votre plaisir et cela fait plaisir à voir !

    Mais enfin, pour trouver une quelconque excitation dans cette morne campagne où une bande d’auto satisfaits tentent de donner du son à une parole de moins en moins entendu par un électorat qui rechignent majoritairement à mettre son bulletin dans les urnes, il faut comme vous, posséder une bonne dose d’optimisme politique.

    Et que dire de ces organisateurs de débats qui font le tri d’avance entre « bons et mauvais » candidats autorisés ou non à être invités à conférer dans la cour des grands ?! Rien ne semble pouvoir empêcher la coalition du double ticket copains coquins des 8 candidats de centre mou qui survit au pouvoir grâce à une règle électorale genevoise aberrante, d’être resservis tout aussi indigeste le 15 novembre prochain.

    Enfin, pas plus mobilisatrice l’attente des résultats d’un scrutin jouer d’avance ou la seule énigme réside, comme vous l’avez rappelé sur votre antenne ce matin, à savoir qui sera le maillon faible écarté du jeu « je te tiens tu me tiens par la barbichette ». Qui de Rochat, Pürro, Künzler (tient que des femmes…) sera donc ce maillon faible ?

    Dans ce marché de dupes c’est encore le Peuple qui fera les frais de cette politique qui, à force de viser le centre consensuel à perdu tous sens de la droiture de l'action malgré ce qu’elle tente pourtant de faire accroire aux plus crédules…
    …et Maudet dans tout cela prépare son avenir personnel en attendant de voir ce que nous sortira la constituante en terme de nouvelles règles électorales !

  • L'inverse de Johann : je vois un homme de gauche qui se résoud au pragmatisme et un homme de "droite" qui fonctionne sur des structures mentales subliminalement de gauche. Il suffit de voir ce que la droite dite "républicaine" commet en France, bien pire, peut-être, que ce que la gauche pourrait infliger au pays en matière sociétale et symbolique.

  • @Ghethev:
    Vous devriez savoir cher Monsieur, que les seuls changements que fera la constituante seront ceux que les partis qui se goinfrent du gâteau gouvernemental voudront.

    Il n'y aura donc ni participation minimale aux scrutins, ni de 50% requis pour être élu au conseil d'Etat, ni de rajeunissement du vocabulaire constitutionnel(gouvernement, ministre, parlement,etc) mais toujours les bons vieux vocables du XIXe, bien poussiéreux, pour ne pas être perdus par un modernisme de mauvais genre.

    Bref, Un projet bien provincial qui ne perturbera pas les plus conservateurs

    En revanche grâce à cette nouvelle et rutilante constitution, nous devrons tous prendre le bus,les patins à roulettes, traverser le lac en pédalo, venter dans un cornet pour diminuer les effets de serre, ne plus fumer, ne plus boire, ne plus trop réfléchir, être bien pensants pour toute la planète, plus durables que les Duracel, plus équitables que l'équité elle même etc etc etc.

    Le projet de société que Calvin a légué à sa mort ressemblera au Pantagruel & Kamasutra réunis en un seul opuscule pour faire plus associatif à côté de ce qui se prépare!

    Rendez-vous en 2012!

    Avec un peu de chance Murith offrira la cérémonie et les petits fours (hors budget cela va de soi). Avec un peu moins de chance Genève sera sous l'éteignoir pour 200 ans, Fazy étant bel et bien mort pour de bon!

    Quant à Pierre, il roule dans sa carrière, et seul l'avenir nous dira s'il accumule la moindre mousse à défaut de gazon...Maudet!

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