En mémoire d’Adrien

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Tribune de Genève - Jeudi 12.11.09

 

Mars 1999 : Adrien Pasquali, quarante ans, choisit de quitter ce monde. Celui des hommes, mais aussi celui des livres, où il sera passé comme une trace filante, dans la nuit. Né en 1958, en Valais, d’origine italienne, écrivain, chercheur, traducteur, auteur d’une thèse sur Ramuz, Pasquali, aujourd’hui encore, nous éclaire sur les auteurs de Suisse romande, de Gustave Roud à Nicolas Bouvier. Il est parmi nous. Il nous manque.

Demain, vendredi 13, dès 9h, salle B 112, Uni Bastions, sous l’impulsion de Sylviane Dupuis, qui lui a succédé dans sa charge de cours à l’Université de Genève, un colloque rendra hommage à Pasquali, l’une des personnalités littéraires les plus attachantes de la littérature romande. Par la qualité de son regard, son acuité critique, sa culture, mais aussi son œuvre propre. On pense évidemment, en priorité, au « Pain du silence », publié chez Zoé l’année de sa mort.

Qui était-il, cet homme étrange ? A coup sûr, un passeur. Mais aussi un défricheur d’univers. Celui qui décrypte le langage des autres. Mais encore, et peut-être surtout, celui qui nous invite sur le grand chemin de traverse : le sentier de la racine vers l’apesanteur, l’identité perdue, pour peu qu’elle fût jamais acquise. Ce vendredi, Adrien, nous penserons à vous. Comme à tous ceux qui, nous ayant ouverts aux livres, nous ont ouverts à la vie.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Bel hommage à cet écrivain qui était l'archétype de l'écrivain romand : dépressif, talentueux, recherchant toujours une reconnaissance qui le fuyait… Mais pourquoi donc a-t-il mis en scène son suicide? Le jour où ses enfants venaient lui rendre visite ?!

  • Bel hommage!

  • Vous pratiquez la nécrophilie, cher Monsieur. Comme on sait, les Genevois aiment bien les écrivains, mais morts. Surtout l'Université. Qui n'existe que dans le culte du passé et des morts. C'est dommage pour les vivants. Qui devront attendre d'être six pieds sous terre pour se voir honorer d'un colloque.

  • Merci pour ce vibrant hommage! "Le Pain du Silence" restera un magnifique récit sur le monde de la parole et ceux qui en sont dépourvus. L'auteur a choisi le silence et c'est un choix métaphysique qu'il faut saluer face à l'absurdité qui nous entoure.

  • "En mémoire d'Adrien". Eh, eh. Je viens de comprendre le jeu de mots. Joli.

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