Ils étaient grands, ils sont vieux, ils sont partis

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Dans l’histoire des libéraux-radicaux suisses, ce lundi de solstice restera comme un grand moment de nuit et de silence, au milieu de ceux qui se disent de parole et de Lumières. Existent-ils encore, les radicaux ? Ceux de ma jeunesse, les Delamuraz, les Segond, les Petitpierre, les Comby, les Thierry Béguin, les Schoch, les Rhinow, les Fritz Schiesser ? Ces hommes, ces femmes qui, tout en défendant la vitalité de l’économie, incarnaient une certaine idée de l’Etat, une certaine majesté de la fonction publique, qui consistait non à se servir, mais à servir.

Hier, la presse alémanique a dévoilé un projet, en matière de santé, dont j’ai dit l’hygiénisme, limite eugénisme, dans mon précédent texte. Aujourd’hui, nous avons tenté de les appeler, ces libéraux-radicaux partis à la chasse aux gros. A part Christian Lüscher, qui, lui, assume, nous voici devant l’armée des ombres. Les murs, on les rase. Les lèvres, on les maintient bien serrées. Manifestement, on enrage que ce projet soit sorti sur la place publique, on s’étouffe, on piafferait d’exprimer son désaccord, mais non. Motus.

Il est fort, Pelli, tout de même, pour imposer le silence, aligné couvert, à un parti dont le nom lui-même, si beau (Freisinn), appelle pourtant à la liberté de l’esprit, celle de la conscience, de l’arbitre intérieur, ce que les Lumières ont produit de plus fort. Du coup, l’univers radical, si prompt depuis 160 ans à railler les fidélités ecclésiales, apparaîtrait presque, lui, comme une forme de cléricature. A matrice froide.  Avec un chef, qui dit la grand-messe. Une parole déjà écrite, qu’il ne resterait qu’à lire. Et l’armée des intermédiaires, qui nous aiment et qui veillent.

Mais veiller, en cette période de l’année où les nuits sont si longues, n’est-ce pas le propre de ceux qui cherchent à nous sauver ? Grâce leur en soit rendue. A cela près qu’en intercédant pour notre salut, ils oublient leur propre perte. Vivement que les jours rallongent. Et qu’on y voie plus clair.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • Monsieur Décaillet,

    Ne vous en faites pas!... Un certain Ruey (que vous avez oublié de mentionner dans votre panégyrique des Grands Libéraux-Radicaux) va faire revivre son "golem"! Le fabuleux Flyman, ce Super-Zéro qui avait déjà sauvé les Libéraux de la déconfiture absolue et totale aux dernière élections fédérale de 2007, va réitérer son exploit!

    Voir: http://www.24heures.ch/vaud-regions/actu/2007/09/12/flyman-vole-bel-bien-parti-liberal

  • Ils étaient trop, ils sont moins trop, mais même cliniquement morts, ils sont encore trop.

  • Pour les longues nuits d'hiver, je vous propose: LE PRINTEMPS DU VALAIS.

    Un manifeste digne des radicaux les plus visionnaires. Imaginez. Cela a valu à la majorité PDC de sombrer et de ne plus tirer profit de la manne de l'Etat. OUF!

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