Chômage à Genève : youpi, tout va mal !

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Un communiqué de presse des autorités, c’est toujours un acte de pouvoir, et au fond un acte de propagande. De même, une conférence de presse, c’est toujours une mise en scène du pouvoir. Le choix des mots, celui des locuteurs surtout, avec leur jeu interne de prééminences, n’y est jamais gratuit. Il n’y a là rien de grave, il suffit juste de le savoir, ne pas être dupe, apprendre à décoder.

Dernier exemple en date, les chiffres du chômage à Genève pour décembre 2009, rendus publics ce matin. La réalité : une hausse de 0,9%. La manière dont on titre le communiqué : « Faible progression du chômage en décembre 2009 » ! Et, dès le début du texte, au lieu de prendre acte, tout de même, de ce quasi-pourcent de chômage supplémentaire d’un mois à l’autre (ce qui n’est pas rien), on bombe le torse en affirmant que « La Suisse est par contre touchée par une hausse du chômage nettement plus conséquente, 5,4% ».

Soit, la progression nationale est plus forte. Mais enfin, à comparer ainsi les seules variations, on arrive à faire passer en arrière-plan les valeurs absolues, qui sont tout de même l’essentiel : 4,4% en moyenne suisse, 6,6%, soit exactement un tiers de plus, à Genève. Je vous épargne ici un autre aspect du communiqué, visant à nous démontrer que le chômage genevois est bien à 6,6% (chiffre que je crédite pour ne pas chercher noise), et non à 7,2%, selon le mode de calcul fédéral.

Cette manière de présenter les choses, et au fond de vouloir contrôler à sa manière l’information, se trouve être récurrente dans le Département de tutelle de l’Office cantonal de l’emploi, à Genève. En très haut lieu, on y déploie une très grande énergie à vouloir orienter l’information, la régir, la régenter, la corriger. Bref, on y a un très sérieux problème de perfectionnisme de l’image qu’on voudrait donner de soi. C’est valable pour les chiffres du chômage. Et c’est aussi valable pour la gestion de la grève à l’aéroport.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 10 commentaires

Commentaires

  • Ce qu'oublient de dire Messieurs Longchamp et Schmied est que depuis la nouvelle loi sur le chômage à Genève, ils ont complètement faussé les statistiques genevoises. La fin des mesures cantonales et l'impossibilité à nombre de personnes d'ouvrir un nouveau droit au chômage ont permis de sortir des statistiques ces assurés qui n'ont plus droit ni au chômage ni à l'hospice.
    Ils ont également réussi à entrainer un nombre non négligeable de familles dans la précarité.

    Monsieur Longchamp s'est bien gaussé des bons chiffres qu'il avait atteint avec une diminution du chômage alors qu'il a en réalité réussi à sortir des statistiques nombres de chômeurs. Il serait intéressant de faire un recensement sur le nombre de demandeurs d'emploi et non du nombre de chômeurs et je vous promets que nous serions bien au-dessus des 7,2%.

  • À première vue, il pourrait paraître que les statistiques aient été inventées à l'usage exclusif des politiciens. Afin de donner une touche scientifique à leurs élucubrations!

    Un peu comme cet ivrogne qui prétendait qu'il était beaucoup plus sûr de rouler saoul qu'à jeun. Les statistiques étant absolument sans appel: 86% des accidents mortels de la route sont dus à des gens parfaitement sobres et uniquement 14% qui sont dus à des individus alcoolisés. (statistiques 2007)

    ... Et comme le pouvoir à les mêmes effets sur un politicien que l'alcool sur un citoyen lambda... Imaginez un politicien saoul de pouvoir et d'alcool!

  • Genève est un canton à part et ceci de puis des lustres. C'est un fait. Tant qu'il y a le salon de l'auto, que Rolex, Caran d'ache et les parfums vont bien et que surtout l'aeroport fonctionne, la Suisse s'en fout, comme du reste Genève se fout de la Suisse. Pourquoi ne pas faire de genève un no man's land dirigé par l'ONU. La genève politique est en pétard avec tout le monde y compris avec ses citoyens!

  • Cher Monsieur,

    Nous ne pouvons laisser se répandre des informations aussi partiales sans y réagir.

    Le Conseil d'Etat a donné un abondant point presse le 16 décembre 2009 avertissant la presse des changements qui interviendraient dans la présentation des chiffres du chômage dès 2010. Vos lecteurs intéressés à une connaissance complète et exacte pourront consulter le communiqué sur le site du département www.ge.ch/dse: www.ge.ch/dse/doc/point_presse/2009-12-16--taux-chomage.pdf.

    Concernant le commentaire de "Pascal", le taux de chômage comprend toutes les personnes inscrites à l'OCE et disponibles immédiatement. Ainsi, un demandeur d'emploi ayant épuisé ses droits au chômage et ne relevant pas du RMCAS reste bien compris dans les statistiques du chômage. C'est le cas à Genève comme dans le reste du pays. Le Secrétariat d'Etat à l'économie, informé de cette pratique par courrier, a indiqué "Nous comprenons tout à fait votre décision de publier un taux de chômage actualisé pour Genève. Nous ne le ferons pas sur le plan fédéral afin d'éviter une complication de notre communication. Em effet, un tuax de chômage actualisé n'est disponible, pour l'instant, que pour les grands groupes de population active."

    Cela dit, le Département reste très préoccupé par le fort taux de chômage du canton et par les presque 16'000 chômeurs à ce jour. Il sait par ailleurs que la crise économique qui a balayé l'économie mondiale depuis 2008 entraînera cette année encore des destructions d'emplois. Il n'est donc aucunement question de triomphalisme, qui serait déplacé à l'égard de toutes les personnes frappées par le chômage.

  • Monsieur Favre, vous admettez quand même que les personnes relevant du RMCAS ne sont pas comprises dans les statistiques du chômage... elles sont pourtant, elles aussi, à la recherche d'un emploi et inscrites auprès de l'OCE... cela fait pas mal de monde!

  • Chômage : les chiffres absolus
    En un an de nombre des demandeurs d’emploi est passé de 18'298 à 22'067 (+3'769)
    Le nombre des chômeurs de longues durées est de 3'974, soit une augmentation de 1'000 personnes.
    La réalité de ces chiffres est basée sur une population actives de 241'364 personnes (total population 457'482)

  • Monsieur Favre,

    Vos commentaires sont faux. Près de 30 % des personnes qui arrivent en fin de droit ne suivent pas la séance d'information du RMCAS et par conséquent leur dossier est fermé et ne rentre plus dans les statistiques de l'OCE.

    Des personnes non aidées par l'aide sociale une minorité veulent un suivi par l'OCE ceci d'autant plus qu'il n'y a plus eu de conseiller en personnel pour toute l'année 2009.

    Pour toutes personnes n'étant pas satisfaites du chômage, je vous conseille d'écrire directement à Longchamp ou Schmied, en général cela fonctionne très bien, ils en arrivent même à désavouer leurs conseillers.

    Monsieur Longchamp triche avec ces chiffres mais il n'est pas politicien pour rien.

  • Questions à M. Favre,

    Le taux de chômage comprend toutes les personnes inscrites à l'OCE et disponibles immédiatement:

    Combien de personnes n'ayant plus droit au chômage ou n'ayant pas droit au RMCAS restent inscrites à l'OCE? Comme moi vous savez qu'il y en a très peu qui sont encore inscrites à Gavard.

    Dans les familles dont les deux conjoints travaillaient avec des salaires relativement bas, ils s'en sortaient grâce aux deux salaires. Depuis la nouvelle loi, si l'un des deux se retrouve en fin de droit, cette famille se retrouve dans la précarité. Exemple en chiffres:

    famille avec 2 enfants

    Salaire du mari 4600.- net par mois / Indemnités chômage de la femme 3500.-

    Fin de droit de la femme => pas de droit au RMCAS car revenu familial supérieur à 4500.-

    Résultat: Cette famille doit vivre avec 4600.- Est-ce normal?

  • oui, on peut vivre avec 4600.-net par mois à Genève. Il faut jouer de la caluculette et baisser son train de vie mais on y arrive. Je suis célibataire et je doit vivre avec 1500.- net par mois !!!! avec les aides au logement, aide assurance maladie et compte tenu qu'on paie plus d'impots ON Y ARRIVE !!!!

  • @Parama Félicitations! Soit votre loyer ne dépasse pas les 1 000 fr, soit vous devez être magicien(ne)! A votre place, je n'y arriverais sûrement pas : mon loyer s'élève exactement à 1 500 fr!

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