Protégeons la personnalité de BF

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Secrétaire général adjoint du Département de FL, BF (le nom doit rester secret, car nous devons protéger sa personnalité) est un homme d’une grande intelligence et d’une exquise courtoisie. Surtout, c’est un homme qui ne fait pas de politique. La politique, il ne connaît pas.

D’ailleurs, il vaut mieux ne pas laisser entendre que BF montrerait – ne fût-ce qu’à son corps défendant, par un retour du refoulé dont il ne serait nullement responsable – la moindre inclination pour la manœuvre, la ficelle, toutes ces basses besognes qui font de la lecture de Saint-Simon des moments de gustation si salée. Non, Monsieur. Laisser entendre cela, c’est s’exposer à une lettre immédiate du secrétaire général du Département (dont j’ai oublié le nom), vous rappelant courtoisement qu’il convient de protéger la personnalité de BF. C’est pourquoi, justement, nous l’appelons BF. Car nous tenons à protéger sa personnalité.

BF, donc, ne fait pas de politique. Alors, pour passer le temps, il régit. Il régente. Il indique. Il muselle. Il oriente. Il contrôle. Il corrige. Il endigue. S’il était jardinier, il serait le roi du tuteur. S’il était éclusier, nul n’aurait son pareil pour régler les niveaux. S’il était gardien de phare, il connaîtrait l’âge de tous les capitaines. S’il était échassier, nul vermisseau n’échapperait à l’acuité de son regard. S’il était steward dans un jet privé, il renseignerait le pilote sur le navigateur, et chacun des passagers, discrètement, sur son voisin. Mais à part cela, à part ces qualités, éminentes, à part son intelligence et sa courtoisie, BF ne fait pas de politique. Dire le contraire, ce serait porter atteinte à sa personnalité.

Enfin, si BF était à la hune, au sommet du mât, pour scruter l’horizon, il n’aurait pas son égal pour y déceler des flibustiers. Décidément, BF est une perle : intelligent, courtois, décrypteur des océans. Et en plus, il ne fait pas de politique. Alors, allons nos vies en chantant ses louanges. Et surtout, protégeons sa personnalité.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires

Commentaires

  • Bien pensé, Pascal, et Ah si F.L. pouvait, lui, ne vraiment pas faire de politique du tout.

  • Moi, je pense que Pascal Décaillet et BF sont très bien placés dans la course au titre de Roi des Valaisans de Genève. C'est comme ça qu'il faut comprendre ce blog et pas autrement.

  • Lacan revient !

  • Il me semble que "Bonne Foi" et "Fraîche Lance" autrement dit BF & FL sont avant tout aux avant-postes de ce qu'est le pilotage politique en Suisse en général et à Piogre en particulier.

    Il faut être fin mais pas trop, collégial mais solitaire,bosseur et attentiste, bon mais pas trop.

    Tel est le lot de celui qui veut durer en politique suisse. Tous ceux qui vont au-delà sont condamnés à mort par la cohorte des médiocres qui dominent la scène politique suisse et qui, lentement mais sûrement, font sombrer ce magnifique mécanisme d'horlogerie.

    Certes on peut se moquer, jouer au plus érudit, au latiniste distingué ou encore à l'helléniste sophistiqué, mais cela ne fera jamais un politicien solide, un bûcheron du terrain capable de se jouer des souches les plus enracinées et d'abattre les adversaires les plus vils car les plus sournois.

    Des comme ça il y en a peu qui jonchent la mémoire politique suisse, le dernier de cette formidable race reste Delamuraz. Un roc parmi les faux derches, un artilleur à la visée si sûre que ses partenaires de jeu le redoutaient au point de lui lancer les pires traverses dans les pattes. La plus belle mais aussi la plus moche étant de le contraindre à se départir de ses propos, pourtant justes, au moment de la crise des fonds en déshérence.
    La suite on la connaît tous, cette crise a marqué la première pierre du chemin de Damas pour la Suisse refuge des secrets et la première lézarde dans la cuirasse du Syndic de Lausanne et chef des pirates d'Ouchy.

    Tout le monde ne peut pas être fait au même moule et ce n'est pas parce qu'on est homme discret que l'on n'est pas moins efficace et fidèle au pays. Ce n'est en tout cas pas pire que ceux qui cumulent les mandats pour marquer leur territoire mais qui nuisent au territoir qu'ils ont trop marqué de l'empreinte du pied de leur verre!

    Pour que Genève puisse reprendre son envol elle a besoin de tacticiens et de personnages plus fins que ce qui encombre trop souvent les allées d'un pouvoir décidément trop dispercé pour être efficace.

    Pour y parvenir, la République doit avoir à son service des Mazarin et non des girouettes à la Fouché.

    Un bémol, FL a commis une erreur stratégique majeure en entrant dans un conflit dans lequel il n'y a pas assez de vestiaires pour accrocher ses multiples casquettes et donc sans la crédibilité nécessaire à la sortie de crise!

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