Frédéric Mitterrand : l’Ardèche c’est où, dites ?

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Sur le vif - Mardi 16.03.10 - 16.35h

 

André Malraux, Jack Lang : il fut un temps où la France avait de grands ministres de la Culture, qui savaient faire des choix et délivrer des signaux. Aujourd’hui, la France a un ministre doté d’un grand nom, en quête désespérée d’un prénom : Frédéric Mitterrand. Nous avions été quelques-uns, pourtant, à nous réjouir de sa nomination : télévisuellement, l’homme avait du style. Comme ministre, il déçoit.

Dernier épisode en date : les obsèques de Ferrat. Il n’y a qu’un lieu où le ministre français de la Culture, en ce début d’après-midi, se devait d’apparaître : Antraigues-sur-Volane, Ardèche. Un village au demeurant magnifique, dont je garde un souvenir ému. Depuis Louis XIV, la France, plus que d’autres, est un pays où les politiques ont su donner des signaux de respect aux artistes. Frédéric Mitterrand avait, cet après-midi, l’occasion d’honorer cette tradition trois fois séculaire.

En lieu et place de cela, le ministre a préféré maintenir un déplacement en Arabie Saoudite, où nul ne doute qu’il ait des choses impérieusement urgentes à faire.

C’est son droit. Mais ça manque de classe. Tiens, dans l’avion retour, en prenant congé des ultimes rivages du désert, je lui suggère d’écouter la très belle chanson « Ma France ». C’est signé Jean Ferrat. Bonne continuation, Monsieur le Ministre.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 14 commentaires

Commentaires

  • La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale! Depuis Jack la culture française tire la langue en courant après le mythe errant d'une caste politique française qui aime réellement la vraie culture, y compris lorsqu'elle chante pour défendre des thèses qui ne lui convient pas.

    L'oncle volait au-dessus du nid de coucou le neveu y niche car incapable de prendre seul son envol.

  • La mauvaise vie,le mauvais voyage, le mauvais ministre....

  • - En lieu et place de cela, le ministre a préféré maintenir un déplacement... -
    Monsieur, que pensez-vous de notre Micheline Internationale et la visite en Suisse du Dalaï-lama ? Pensez-vous qu'elle aussi a mieux affaire ailleurs, quelle qu'elle soit d'ailleurs ? !!!

  • En 1998 j'avais été longuement interviewé par Frédéric Mitterrand sur Europe1 à propos d'un livre que je venais de publier au Cherche Midi éditeur, au sujet de l'assassinat à Genève en 1898, de l'Impératrice Elisabeth d'Autriche.
    Il me posa la question suivante :
    - Quand l'assassin lui a enfoncé sa lime triangulaire dans la poitrine, il a eu, en quelque sorte, "pénétration", qu'en pensez-vous ?
    Terrorisée car présente sur le plateau, mon attachée de presse redouta que je m'enferre avec F. Mitterrand dans un débat pour le moins scabreux, en rapport semble-t-il, avec ses préoccupations personnelles.
    J'ai alors noyé le poisson en faisant dévier la conversation.

  • @Pierre-André Dupuy,
    Osons espérer que notre Micheline Internationale s'occupe davantage des litiges avec la Libye que du Dalaï-lama qui lui, fait surtout du lobbying pour sa propre personne !

  • Jean Ferrat qui voulait "un départ sobre et discret" vaut nettement mieux que ce type. C'est un honneur pour ce Grand Artiste et surtout Grand Homme que de n'avoir pas eu un tel pantin à cette ultime cérémonie en "Son champ"!

  • Bravo pour votre article !
    On ne demandait pas à André Malraux de revenir nous déclamer quelque oraison ventée inoubliable (Jean Moulin) mais tout de même...
    L'absence de Frédéric ...occultons le nom... un patronyme ne donnant pas la parenté culturelle automatique... est tout simplement inacceptable.. !
    Dans nos coeurs Ferrat EST et SERA...

  • A propos de culture. Ferrat, si communiste fût-il, fait l'unanimité pour lui. Poète lucide, sincère, brillant, chanteur à la voix exceptionnelle. On n'entend que des louanges de partout, très méritées. La France et le monde francophone pleure un très grand bonhomme.
    La Suisse a aussi son vieux crooner communiste, une espèce de triste instituteur vaudois, populiste sans le moindre talent et qui se prend pour un écrivain.
    Cruelle comparaison, qui devrait nous rendre un peu plus modestes quand on se gausse de nos voisins...

  • Rappelons pour mémoire que lors de la dernière fête de l'Huma, Frédéric Mitterand n'y avait pas été bien accueilli, au point de devoir quitter la fête par une issue de secours. Quant à Eric Woerth, ministre du budget de Sarkozy, il a failli, lors de cette même fête emblématique pour le Parti Communiste français, se recevoir un yaourt en pleine poire !
    Autrement dit et par voie de conséquence, Frédéric Mitterand a sans doute estimé qu'en Arabie Saoudite il ne risquerait pas de se ramasser dans la gueule un Castagnou (apéritif de l'Ardèche à base de liqueur de châtaigne)...
    Courageux, mais pas téméraire.

  • On l'aime bien nous, ce Frédéric Mitterand !

  • Très fin !

  • Euh, Jack Lang, grand ministre ?

    C'est bien ce type qui a remis les palmes académiques à Silvester Stallone ?

    Je crois.

  • Normal, pour les pâles macs-à-demi que l'on veut honorer.

  • Publié ce jour dans LMD :

    http://www.jeanromain.net/cariboost1/crbst_13.html

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