Elisons les meilleurs

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Sur le vif - Mercredi 09.01.13 - 13.20h

 

De gauche ou de droite, peu importe. Il faut cesser d'envoyer aux affaires des amateurs. Il faut choisir des passionnés. Ceux qui, dès l'enfance, ont la politique chevillée au corps. Ceux qui lui sacrifient tout. Des Pierre-Yves Maillard. Des Pierre Maudet. Des Couchepin. Des Delamuraz. Des Furgler. Des Christophe Darbellay. Des Philippe Nantermod. Des Tornare.



Je déteste le mythe de l'homme nouveau, ou de la femme nouvelle. Ou de la société civile. Ou de l'expert. Ou de celui qui, débarquant dans un monde dont il ne connaît rien, ferait campagne sur le thème de "la politique autrement", ou de la génération nouvelle, ou de la politique réinventée.


On en a vus, des rénovateurs, "partis joyeux pour des courses lointaines". On a vu Michel Noir, face à Chirac. On a vu Rocard, face à Mitterrand.


Non. La politique est un métier. Elle est une passion. Et elle est un art. De gauche ou de droite, élisons les meilleurs. A Genève, ne reconduisons pas les erreurs de casting de 2009.



Il m'est parfaitement égal qu'une personne soit courtoise, élégante, gentille, humaine dans le privé, excellente mère de famille. Ca n'est pas cela que j'attends d'un politique. J'ai besoin d'une vision, nourrie par l'Histoire. J'ai besoin d'une culture. J'ai besoin d'une solitude. J'ai besoin d'un courage. Tout le reste, je m'en fous.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • N'est pas Pierre Maudet qui veut. Que viens faire Philippe Nantermod dans cette liste...? Où alors pourquoi ne pas y ajouter Michel Chevrolet ? Votre lyrisme parfois vous égare me semble-t-il...

  • Il faut cesser d'envoyer aux affaires des amateurs. Il faut choisir des passionnés. Ceux qui, dès l'enfance, ont la politique chevillée au corps. Ceux qui lui sacrifient tout.

    Je ne suis pas sûr de partager complètement votre manière de voir la politique et le politique. Elisons les meilleurs, dites-vous. Mais franchement, comment déterminer "ex ante" qui sont les meilleurs ? En Suisse le peuple est souverain, d'accord. Mais souverain ne signifie pas forcément compétence à choisir les meilleurs. Alors quoi, le peuple n'a-t-il que les élus qu'il mérite ?

    A la culture, à la solitude et au courage, j'ajouterai pour ma part un soupçon d'humilité. Et qu'on ne vienne surtout pas me dire qu'humilité rime avec faiblesse.

  • Bien évidemment d'accord avec l'idée d'élire des gens compétents, mais je ne vois pas en quoi être un obsédé/enragé de la politique est une quelconque garantie s'agissant de la capacité à gérer ou diriger une mairie ou un département. C'est un postulat totalement non démontré.

  • Bien pensé! Foi, passion, un brin de folie, de l'imagination au pouvoir...et un autre monde possible, monde qui retrouve ses marques de confiance, de citoyenneté, de respect pour tous. La politique est un art qui tire sa substance de la vie profonde des auteurs océans. Victor Hugo, plus que quiconque au monde pourrait nous l'enseigner. Plus d'un million de personnes (!) et 2'000 délégations (!) lui ont rendu hommage lors de son enterrement à une époque où les voyages n'étaient pas évidents comme aujourd'hui... Quel respect immense des peuples pour un seul homme!


    "Il y a des hommes océans en effet.
    Ces ondes, ce flux et ce reflux, ce va-et-vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et ces transparences, ces végétations propres au gouffre, cette démagogie des nuées en plein ouragan, ces aigles dans l’écume […]
    Tout cela peut être dans un esprit, et alors cet esprit s’appelle génie."

    William Shakespeare

    Victor Hugo, un homme océan dont notre modernité doit s'inspirer absolument pour réussir les défis du futur.

    Bonne journée à vous.

  • Que penser alors de la candidature d'un personnage comme Nago Humbert à Neuchatel ? je partage en partie votre analyse, ce qui compte c'est l'intérêt pour la "res publica", pas un intérêt occasionnel, mais constant et construit. La politique est un art, est cet art s'apprend, se façonne et ne s'improvise pas. Cela dit il est des "chefs" qui se révèlent "à l'usage" , ils sont rares mais n'écartons pas a priori ces opportunités (elles seules sont porteuses d'innovations tant nécessaires parfois)

  • Vu la qualité de la classe politique genevoise actuelle, nous élirons certainement les moins mauvais !

  • Tamedia liquide la plateforme 24 heures. Et probablement bientôt celle de la TdG.
    Qu'est-ce que cela vous inspire ? La satisfaction d'être bientôt en petit groupe bien choisi ?

  • Je comprends l'envie du journaliste d'avoir de brillantes personalités à se mettre sous la dent, le dépit du passionné d'histoire lassé de coller de grandes étiquettes sur de petits personnages.
    Mais à lire "Antifragile", le dernier livre de Nassim Nicholas Taleb (qui, lui, est clairement quelqu'un de brillant - et qui en plus dit du bien de la Suisse), on peut se demander si le fait d'avoir des politiciens peu exaltants n'est pas nécessaire au succès de notre pays.

  • Je vous trouve un peu dur avec Michel Rocard, qui n'était pas précisément le prototype de l'amateur, perdreau de l'année.

  • @ Magali - Rocard excellent jusqu'au niveau Matignon, inclus. Au-delà, son ticket n'était plus valable.

  • Michèle Kunzler si vous lisez ce blog...

  • Je partage la remarque de Raphaël Baeriswyl. Mais il n'y a peut-être pas incompatibilité: un politicien peut être excellent sans être exaltant, après tout...

  • Monsieur Décaillet,

    Votre coup de gueule m'interpelle. Pour vous, seuls les pros passionnés par la chose politique sont susceptibles de faire avancer le schmilblick.
    Mais qu'ils soient de gauche ou de droite, ils nous abreuvent du même discours depuis toujours, bien cadrés qu'ils sont par les lignes directrices de leur parti.
    Et pourtant, lorsqu'ils débarquent dans un exécutif, à l'instar de PYM, le discours s'édulcore, on devient collégial et pragmatique. Fini la passion, place au discours raisonnable, recevable.
    C'est d'autant plus gênant que, les clivages ne sont plus aussi nets qu'ils l'étaient un temps. Vous êtes bien placé pour le savoir. La gauche fait une politique d'économie libérale à tel point que nombreux sont les adhérents qui y voient une perte d'âme et créent des mouvements dissidents.
    Les partis explosent en petits satellites, ainsi l'UDC voit naître le PBD, Les libéraux, les verts libéraux, et ce n'est qu'un début.
    Oui, je comprends que peu vous importe gauche ou droite, et pour cause, ça ne veut plus dire grand chose.
    Ainsi vous voulez des grands bonhommes, rompus à la politique, alors qu'ils sont engoncés dans leurs partis. On est bien loin du courage et de la vision que vous réclamez.
    Mais je vous soupçonne de vouloir perpétuer un système moribond pour mieux régner sur ce petit monde d'égos ambitieux que vous avez plaisir à taquiner.
    A part quelques exceptions, rares sont ceux qui sont vraiment concernés par le service public. Leur course est personnelle, ils ont un besoin irrépressible de représenter quelque chose, être quelqu'un, aux yeux du monde et d'eux-même. Vous le savez si bien, que vous jouez comme un chat avec les souris. Ils sont vos faire valoir.
    Vous mentionnez Monsieur Tornare, dans vos bêtes politiques. Il cache pourtant bien mal son amertume devant le lâchage de son parti. Il crie presque au secours et envisage aussi une dissidence, histoire de vérifier son aura.
    Vous auriez aussi pu parler d'André Chavanne. Une école porte même son nom. Les anciens ont laissé des traces, mais on a bien vite oublié toutes les conneries qu'ils ont faites. Chavanne était un pilier de bistrot. Plus populiste tu meurs. Qui oserait le rappeler aujourd'hui.
    Et Monsieur Grobet, vous l'avez oublié. Celui qui ne voulait en aucun cas de maison bleues à Genève. Bon c'était avant qu'on les construise en verre... Avec lui, vous pouvez faire preuve de condescendance, voire de compassion. C'est bien trop facile de briller devant un has been qui peine à trouver ses mots pour défendre ses combats éculés.
    Et que direz vous enfin, lorsque vous apprendrez, pas sous mes doigts ou de ma bouche (vous n'y croiriez pas) mais par un communiqué de la chancellerie, que je me présente au CE cette année.
    Vous éclaterez de rire et vous vous ferez un plaisir de me recevoir à Genève à chaud, voire au Grand Oral ce coup-ci, pour ridiculiser l'allumé qui vient à Léman Bleu sur un vélo couché.
    Il faudra bien si vous voulez rester cohérent avec votre prose du jour.
    Il se trouve que je me réjouis, car, contrairement à beaucoup, les compliments ou les amorces me glissent dessus et vous le savez ou vous le sentez.
    Il est certainement possible de faire de la politique différemment. Encore faudrait-il commencer quelque part.
    Vous jouez un rôle important dans la république et vous pourriez certainement participer aux réformes en restant ouvert pour des alternatives, même si elles comportent certains risques.
    Si vous daigniez consacrer un peu plus de temps à réveiller la jeunesse abstentionniste plutôt que vous éclater à briller tel César du haut de son balcon devant l'arène avec le pouce levé ou baissé, vous commenceriez à éprouver le sentiment jouissif d'être utile, de participer au boulot et pas juste offrir des jeux.
    Pensez-y !
    En attendant, je me réjouis de me faire prochainement assaisonner. Car, contrairement à d'autres, ce n'est pas demain la veille que je vais pisser au froc et vous lécher le cul.
    Cordialement vôtre.
    P. Jenni

  • Certes la tirade est belle et enthousiasmante.

    La liste nettement moins car comme d'autres l'ont relevé, que vient faire Philippe Nantermoz là au milieu, mis à par le fait qu'il soit valaisan du bas?

    Pour Rocard, c'est non seulement dur mais peu fondé. Sans lui Mitterand ne faisait pas deux mandats. Sur la fin ils sont tous mauvais et c'est bien pour cela qu'il ne faut pas laisser les mandats sans limites.

    Huit ans c'est un maximum et il est tout à fait regrettable que la nouvelle constitution n'aie pas posé la limite à deux mandats, soit dix ans!

    Pour ce qui concerne la bataille de cet automne, ce que nous préparent les écuries locales est plutôt effrayant!

    Au PS c'est tout simplement ahurissant de voir ce qui sort du chapeau alors qu'il y avait nettement plus crédible à offrir. Le plus criant est qu'aucun de ces candidats n'a eu de vraies responsabilités. Le cas Salerno montre à lui seul les limites du dogme et les méfaits des candidats d'appareil!

    Les Verts ont tellement l'habitude de nous vendre des salades qu'ils osent tout! C'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît, comme disait Audiard (les tontons flingueurs) ! Il faut dire qu'au prochain concours de courges je ne vois pas qui pourra les battre!

    Le PDC nous a épargné le psychodrame Unger Bis mais nous gratifie d'un triopack qui ressemble un peu aux soldes. Un article godiche invendable, un qui ne passera pas deux lavages, le tout emballé avec le seule qui vaille la peine.
    Il ne reste plus qu'à espérer que les arcanes de l'orange seront sanguines avec les médiocres et que c'est bien le seul valable de ce triopack qui sortira du chapeau.

    Le PLR est dans la même configuration qu'une poule qui a trouvé un couteau. A quoi peut bien servir le 3e de la liste?

    l'UDC est un peu comme les verts, les salades en moins mais avec la même parenté "audiardesque".

    Last but not least, que va faire le MCG?
    En espérant que les "têtes pensantes" aient intégré la changement du système électoral, ce parti à une vraie carte à jouer s'il sait construire une alliance positive. Il y a dans cette formation des personnes capables de cohabiter et c'est cette direction qu'il devrait prendre. Pour cela certains doivent comprendre qu'ils ne sont pas compatibles avec le système et qu'une candidature de leur part sera vaine et certainement contre productive tant pour le parti que pour la majorité centre droit.

    Une fois de plus le MCG est en arbitre et une bonne stratégie pourrait bien le conduire à Baudet, à condition de ne pas faire l'âne.Il ne faut donc pas faire du foin inutilement car au final il n'aura même plus le son et plus d'image.

    J'allais oublier l'extrême gauche. Mais là on est rassuré, le chevalier Grobet nous a déjà annoncé la couleur, c'est notre Bayard à nous mais version EMS, sans beurre et sans accroche!

  • des politiques de métier.... pas une bonne solution voyez en France la politique faite par les enarques de gauche ou de droite c'est blanc bonnet bonnet blanc. des promesses,toujours des promesses, et une fois au pouvoir on fait tout autre chose, donc pas la bonne solution la professionalisation de l'homme politique est la porte ouverte à toutes les dérives, copinage magouille et autre, vu que se sera toujours les même pro. qui serons élu. Non la bonne solution c'est la démacratie participative, et le tirage au sort, avec des mandats court non renouvlable. et surtout, que le représentant elu ou tiré au sort peuvent être revocable a tout moment pour faute grave et poursuivit même après sont mandat. sa rigolerait moins. si vous voulez avoir un petite idée sur la démocratie participative et le tirage au sort allez voir les conférances de Mr. Etienne Chouard sur le net, une autre vision de la politique fort intéressant.bien sur cher nous, nous avons déjà plus ou moins une démocratie participative grace a l'initiative populaire. mais elle pourrait être encore améliorée.

  • «Tamedia liquide la plateforme 24 heures. Et probablement bientôt celle de la TdG.»
    Il y a quelques blogs que je ne vais pas regretter. Notamment ceux de quelques tenanciers déjantés qui se prennent pour des barons du savoir.

    Evidemment Pascal, vous n'êtes pas dans ce lot. Voilà pour mon petit coup de brosse.

    S'agissant de votre billet, assez d'accord avec vous. À l'époque, je vouais une certaine admiration à l'égard de Peter Bodenmann, Helmut Hubacher, Kurt Furgler, Delamuraz, Graber (sous certains aspects), Jean-François Aubert, etc.

    Il y quelques années je rêvais d'un Conseil fédéral avec Bodenmann, Blocher, Brélaz... On a loupé de mémorables passes d'armes.

    On a quoi maintenant?
    Des carpettes pour la prière et des officiant même pas à genoux mais à plat ventre!

  • La politique est un métier. Elle est une passion. Et elle est un art.

    Nos institutions et nos infrastructures sont-elles réellement dimensionnées pour ce "métier" ?
    Je ne le crois pas et je crois avec regret que (trop) peu de nos politiciens aient le calibre requis.
    Notre réservoir de compétences et de volontés de s'engager s'épuisent et font de moins en moins envie à la nouvelle génération, pourquoi ?
    Votre liste n'est pas déplaisante bien au contraire, mais ne devriez-vous pas vous attarder sur le bilan de ces politiciens avant élections afin de voir si "métier, art, passion" riment avec raison !
    Même bon en communication, un politicien se doit de mettre un bilan concret en avant.
    A ce jour, je me permet de douter que votre liste nous permette de voir des "bilans" tels que ceux que vous aimez mettre en avant.

  • Bonjour et Bonne Année,

    Mitterrand - Chirac ont réussi à être élus dans la douleur et après de nombreux échec, après des tentatives de réformes ils ont les deux baissé pavillon devant la rue et leur immobilisme et leur incapacité à réformer le système social, a participé à conduire la France au bord de la faillite .

    2 ans de réformes puis 5 ans d'immobilisme, ne suffisent pas, à en faire ''Les Meilleurs'', sur le principe vous avez raison mais je ne comprends les choix de personnalité que vous faites, les biographie de Giesberg sur les anciens président en question sont du reste tout à fait édifiantes.

    ( L'épisode de la réforme des régimes spéciaux sous Chirac, c'est un grand moment quand même ... )

  • Pourquoi citer le Nantermod qui n'est que député-suppléant au Grand Conseil alors le PS peut être très fier de Stéphane Rossini et Mathias Reynard.

    Nantermod n'est qu'un feu-follet qui s'éteindra comme l'ultra-conservateur Adrien de Riedmatten.

  • Ce billet m'étonne un peu. Le meilleur des uns n'est pas le meilleur des autres. Par exemple, vanter Mathias Reynard qui ne perd pas une occasion de dire des bêtises himalayesques (le comble pour un Valaisan...) et dégommer le petit jeune Machairodonte qui promet parce qu'il est radical...

    petard@ J'aimais bien, si nécessaire, remettre les pendules à l'heure, comme par exemple dans mon dernier billet. Cela ne sera plus possible...

  • Les passionnés ne sont pas forcément compétents. Certains sont même des cons pétants.

    De nos jours, les politiciens ont beaucoup trop tendance à s'écouter parler plutôt que d'agir.

    Ne devrait-on pas, pour éviter la stagnation (inévitable ?) de l'attente d'une réélection, leur imposer un seul mandat, quitte à ce qu'il dure le temps de 2 mandats actuels ? Un mandat et au revoir, bonne route.

  • Les meileurs sont ceux qui sont conscients de leurs mandats remis pas les votants, soit ils sont là pour représenter leurs électeurs.
    Dans votre liste, il me semble qu'il n'y a que des parvenus qui ne cherchent que d'atteindre des objectifs personnels....de vraies girouettes, style darbellesque! (très évidente cette envie de jeter en pâture la Suisse dans l'UE)

  • Premier commentaire: où sont les femmes? Que des mecs dans vos politiciens de rêve... Brunschwig Graf ou Calmy Rey pourraient par exemple faire partie de ces bêtes politiques.

    Pour ma part, je suis très attaché à notre système de politiciens de milice. Je citerai une vieille antienne qui dit qu'"il n'est pas de sauveur suprême, ni Dieu, ni César, ni Tribun". Aucune personne n'est indispensable ni éternelle.

    Je suis tout à fait d'accord avec un commentaire précédent qu'il est honteux non seulement que les mandats ne soient pas limités à 2-3 législatures, mais aussi qu'on puisse cumuler plusieurs mandats. Comment Stauffer peut-il faire correctement son boulot de conseiller administratif, de député et de membre de Conseil d'administration des HUG et autres mandats qu'il cumule? Même s'il est dommage de se priver de certaines personnes ayant encore l'énergie et les qualités pour remplir un mandat supplémentaire, ces limites permettraient de renouveler le paysage politique et de laisser la place à de nouveaux talents. La gestion au quotidien, ce ne sont pas les politiciens qui la font, mais des employés de l'Etat qui remplissent souvent bien et honnêtement leurs tâches; la politique, c'est de répartir les moyens financiers en fonction de priorités, de créer et de modifier des lois au mieux en fonction de l'évolution de la société, et enfin c'est de diriger et faire avancer des dossiers. Même si un dossier n'est pas totalement abouti au bout du dernier mandat d'un politicien, à lui de faire en sorte qu'il soit suffisamment bien ficelé et reconnu comme suffisamment utile pour que le successeur le reprenne et le mène à bien.

    M.Décaillet, vous représentez les médias audiovisuels, qui ont besoin en partie de gens qui savent exprimer leurs idées de manière ultra-condensée, et s'ils savent faire le spectacle à la Blocher, Freysinger ou Maillard, c'est encore mieux.

    Mais ceci est un métier, ce n'est pas donné à tout le monde. S'exprimer en réunion n'est pas facile pour tous et parler aux médias est encore plus difficile; pourtant, certaines idées de personnes timides sont tout aussi bonnes à prendre que celles de politicien-ne-s chevronné-e-s.

    Je pense que la politique ne doit pas être réservée qu'aux avocats, médecins, employés de lobbies ou de la fonction publique, comme c'est le cas de l'écrasante majorité. La faiblesse de notre système de milice, c'est qu'il n'est pas assez reconnu qu'on a le droit à du temps pour exercer des mandats et des activités politiques - y compris en partie sur son temps de travail, comme reconnaissance de l'utilité de tels mandats pour la société. Et rares sont les gens d'autres groupes que les précités qui ont le cran de demander l'aménagement de leur temps de travail pour les exercer. Il est malheureusement encore loin le temps où la vendeuse ou l'ouvrier d'usine seront dignement représentés - en tout cas dans les mandats électifs chronophages, ceux qui comptent. Et les personnes les plus efficaces et les plus méritantes ne sont pas forcément celles et ceux qui trustent les séances plénières télévisées; le travail se fait également à l'ombre, en commission. Le principe de l'élection proportionnelle en fait aussi une loterie qui fait que l'élection et la non élection tiennent à bien peu de choses; trop peu aux qualités du candidat, mais bien plus à celles de son "réseau" et sans doute à la position dans la liste.

    Parler dans vos médias, à "Forum" comme à "Genève à chaud", ce n'est pas évident. Et bien entendu, certaines personnes sont bien plus fréquemment invitées car elles sont de bons "clients" et savent se faire inviter. Vous - les médias - avez "fait" Maudet, Freysinger, Perrin, Tornare, etc. Dans toute la presse, les journalistes sont des gens comme les autres; lors d'une actualité, leur travail, c'est de produire l'info, de rechercher des réactions dans la journée; les journalistes ont des carnets d'adresse et cherchent à atteindre un panel de personnalités. Il y a 20 ans, cela signifiait des personnes atteignables à leur bureau ou à leur domicile; aujourd'hui il suffit d'avoir son portable à portée de main et que les journalistes en connaissent le numéro. Pour devenir quelqu'un en vue, il faut distribuer ses cartes de visites et avoir au moins une relative aisance pour s'exprimer.

    Je me méfie pour ma part des gens qui planifient leur carrière, comme beaucoup de gens cités dans cette discussion. Maudet, du temps où il présidait le parlement des jeunes, ambitionnait déjà de faire une carrière jusqu'au Conseil fédéral et/ou le corps des généraux de l'armée. Il en prend le chemin. Mais tout de même, M. Décaillet, vu l'âge et la relativement courte carrière du bonhomme, vous allez un peu vite. Comme conseiller administratif, son bilan est certes positif; il sait faire avancer des dossiers, mais aussi médiatiser son action sur certains sujets; d'autres personnes plus au fait des affaires de son ancien dicastère pourraient aussi citer des dossiers méritant une action où il a été inexistant ou mauvais.

    Sur la sécurité générale, je souhaite sincèrement qu'il pourra infléchir la situation dans le bon sens. Mais ce n'est pas maudet.com qui arrêtera les voyous tel un justicier solitaire, mais une police et une justice efficaces. La population du canton a fortement augmenté depuis 20 ans, mais les effectifs de la justice et de la police, déjà pas forcément glorieux à l'époque, n'ont pas suivi. J'attends avec impatience les débats intra-PLR entre Maudet et Weiss et consorts, partisans de la rigueur et contempteurs de toute augmentation d'impôt après s'être acharnés avec succès de faire des cadeaux fiscaux aux riches, diminuant les recettes fiscales et repoussant des investissements nécessaires.

    Maudet est très populaire. Mais il est encore trop tôt pour juger si son indéniable talent médiatique est aussi accompagnée de capacité à faire évoluer les dossiers et à améliorer la situation de la population.

    Pour terminer, je partage l'étonnement général sur la présence de Nantermod sur cette liste: il a une bonne aisance verbale et un avis sur tout, certes; les journalistes y pensent même lorsqu'il s'agit de parler d'autres sujets, comme les pendulaires Valais-Lausanne ou les usagers de natel haut-débit sur ces lignes de train. Bien entendu, on le contacte, il ne refusera jamais l'interview. Lui en tout cas il n'a jamais fait ses preuves, si ce n'est une bonne connaissance du fonctionnement des médias.

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