Ils ont fini par avoir sa peau

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Sur le vif - Dimanche 17.12.17 - 19.16h

 

On l’a appris ce soir, sur le coup de 18.52h : Yannick Buttet tire la prise. Il démissionne du Conseil national. Soumis à une pression médiatique sans précédent, celle d’une véritable meute affamée de sa peau, et qui a fini par l’obtenir, l’homme, juste avant Noël, sans doute épuisé nerveusement, a préféré quitter le terrain. C’est sa décision. Elle lui appartient. Qui d’entre nous, face à une telle pression, une telle hargne, aurait pu tenir ?

 

Pour ma part, toute cette affaire, depuis le début, me donne la nausée. Il y a eu un cas, très précis, celui de la scène de Sierre, où une plainte a été déposée. Fort bien : on aurait pu attendre qu'elle fût instruite, non ? Le reste, les « affaires bernoises » ce sont des « témoignages anonymes » : le rôle de la presse, celui du journalisme politique, n’était pas de les colporter avec une telle facilité, une telle automaticité, une telle sanctification idéologique du rôle de la victime. Tout cela, sans qu’il n’y ait eu ni plainte (à notre connaissance), ni instruction, ni procès, ni condamnation définitive, après épuisement des recours prévus dans notre Etat de droit.

 

Ce qui a fait craquer l’homme, ça n’est pas le droit. C’est la pression de certains médias. La pression, aussi, d’une idéologie, tellement porteuse, tellement à la mode depuis quelques années, que nul n’ose lui résister, quitte à aller plus vite que le droit, plus vite que la justice, plus vite que la musique.

 

Toute cette affaire me dégoûte. Et contribue à me détourner, encore un peu plus, de certains milieux, certaines méthodes, dans un métier qui est le mien depuis 32 ans. Et que je continuerai, jusqu’au bout, à pratiquer comme un journaliste politique, soucieux d’intérêt public. Et non de s’engouffrer dans la première meute venue, pourvu qu’elle soit de rage et de puissance, de hurlements, de stridence et de lacérations.

 

Pascal Décaillet

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 14 commentaires

Commentaires

  • Il est vrai que les médias ont remplacé le confessionnal et les journalistes les confesseurs. Pourtant, je préfère ce tapage médiatique qui dénonce des faits, le plus souvent réels, que le bûcher de l'inquisition.

  • Bonjour monsieur Décaillet si je peut me permettre de dire le fondd e ma pensée personnellement je compare les médias numériques à un crachoir faute de chakras restés bloqués chez tous ceux oubliant que le doute doit toujours profiter à l'accusé
    D'autant si on était pas présent au moment des faits et encore entre collègues qu'elles soient femmes ou hommes par jalousie que ne dirait on pas
    On va finir par croire que le journal Lui manque autant aux deux catégories
    A moins que par peur d'être surveillés certain/nes craignent d'aller sur des sites pornographiques
    Bonne journée

  • Merci Monsieur Décaillet, en tant que citoyenne de ce pays, en tant que valaisanne d‘abord, je suis tout d‘abord bouleversée, puis dégoûtée de lire les dégoisements des journalistes de la presse de boulevard, soit nos quotidiens romands; je ne lis pas la presse d’outre Sarine ( le temps même manque) . Je suppose que le métier de journaliste demande de fréquenter l’Université, la Faculté des lettres sans doute. Pourriez-vous me dire ce que l’on y enseigne? Il y a sans doute une licence qui est délivrée après avoir satisfait aux exigences des épreuves d’examen. Y a-t-il quelques chapitres ou ateliers consacrés « à la science des devoirs ». Je vous remercie de la bienveillante attention que vous porterez à mes lignes.
    Pour ma part je ne suis qu’une « « fausse » journaliste » » rédactrice en chef du Le 208, journal de feu l’Association des Parents intéressés fondée en 1986 .

  • Franchement je plains ce Monsieur comme de nombreux autres qui ne doivent plus rien comprendre aux femmes
    Un aide vient de m'affirmer qu'elles aiment être considérées comme des salopes et détestent les hommes qui font preuve de savoir bien vivre comme la galanterie
    Elles veulent des machos ,comprenne qui pourra !

  • Cher Monsieur Décaillet, merci pour votre intervention courageuse et éloignée de la presse boulevard. Hasard des circonstances, je partage votre prénom et le nom de M. Buttet, mais écrit différemment.

    Comme certainement beaucoup d'autres, je me suis galvanisé à l'idée de voir un élu du peuple mis devant ses contradictions, moi qui prône la cohérence entre les paroles et les actes. Aujourd'hui je n'en suis pas fier car je ne peux rester insensible au lynchage médiatique dont il fait l'objet, tout comme je ne peux resté insensible aux agressions que beaucoup de femmes subissent, qu'elles soient physiques ou sociales (égalité de salaire, reconnaissance...). Dans l'affaire qui nous occupe nous oublions que M. Buttet a une épouse et des enfants qui souffrent d'une situation dont ils sont aussi des victimes. Cette vindicte populaire ne sert aucune cause, alors laissons la Justice suivre son cours.

  • Les journalistes inquisiteurs, ceux de la TSR en tête, sont fiers; ils ont réussi: le conseiller national Y. Buttet est tombé.
    Sauf que les initiateurs de cette meute médiatique ne comprennent toujours pas qu'ils continuent aveuglément à creuser la méfiance des citoyens envers les médias installés. Donc, ils se tirent une balle dans le pied et augmentent les chances de l'initiative No Billag !

  • Bonjour Mr Décaillet
    Votre article exprime clairement ce que beaucoup de gens pensent. MERCI de montrer que tous les journalistes ne sont pas des fouilles merde, excusez-moi du terme, et que Mr Buttet paie pour les autres. Je ne cautionne pas son comportement mais je pense que d’autres parlementaires et journalistes pourraient balayer devant leur porte.
    Merci pour votre soutien à toute la famille Buttet.
    Meilleures salutations

  • Les bûchers sont dressés, les tribunaux de fortune oeuvrent...

  • Bravo et merci m. DECAILLET vous avez l élégance des mots

  • En ces temps économiquement difficiles, il ne suffit plus aux médias aux abois de témoigner de leur temps, avec un peu de recul et sous leurs propres angles d’analyse, qui les rendraient originaux et compétitifs, d’une actualité traitée toujours plus vite, de moins en moins bien et sans égards pour les personnes impliquées, mais il leur faut devenir acteur, en franchissant la limite fatale entre le journaliste « témoin » crédible et l’agent, et parfois même pire, le vecteur de propagande !

  • Bon texte mais pas d'accord avec vous et je m'explique : lorsque l'on est un personnage public (Conseiller national et Président de Commune), la moindre des choses est de comporter non seulement correctement mais surtout en usant d'une discrétion exemplaire !

  • Certes, certes. Il n'empêche qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Et même si les journalistes ont joué le rôle d'accélérateur, je suis convaincu que M. Buttet ne pouvait plus représenter les gens qui l'avaient élu. Surtout par rapport à sa famille politique et ce qu'il prône.

    Maintenant, je ne peux m'empêcher de me poser la question du traitement médiatique si M. Buttet avait été socialiste, pro mariage homosexuel, pro avortement, pro adoption par les couples homosexuels, ...

  • J'étais hier dans le métro lausannois. Il y avait une affiche monumentale pour une marque de sous-vêtement où l'on voyait une femme dont seuls quelques petits pour-cent de la peau étaient couverts. Le genre de photos que l'on ne voyait autrefois que dans des magazines "spécialisés". Et dans le même temps, si je dis "bonjour mademoiselle" à une femme dans la rue, je risque quasiment les assises !
    Autre paradoxe, les femmes qui veulent toutes être traitées avec la déférence due à la reine de Saba, mais qui méprisent les "gentils garçons" et se donnent généralement aux brutaux: "s'il me plaît, c'est du flirt; s'il ne me plaît pas, c'est du harcèlement".
    Dans ce contexte général à la fois hypersexualisé et hypercastrateur, il n'est pas étonnant que les hommes ne savent plus comment agir.

  • Comme vous avez raison, Monsieur Décaillet ! Bien que je n'aie jamais eu aucune sympathie pour M. Buttet ni pour ses idées, depuis quelque temps, certains journalistes mais plus encore certaines femmes me font honte. Et je n'aime pas, mais alors pas du tout la société hyper-politiquement correcte mais ô combien hypocrite vers laquelle on semble de plus en plus se diriger.

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