Les moralistes, ça suffit !

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Sur le vif - Dimanche 05.04.20 - 14.38h
 
 
Bon, tout ce petit jeu commence à suffire. Que nous soyons dans une crise sanitaire majeure, d'accord. Qu'il faille respecter les consignes, d'accord.

Que les Parlements, totalement dépassés par les événements, incapables d'avoir prévu des scénarios de réunion en ligne, soient aux fraises, nettement moins d'accord.

Que les exécutifs prennent leurs aises comme jamais depuis 1848, se fassent paternalistes, moralistes, gendarmes, seuls à se mettre en scène dans la majesté sans partage de leur pouvoir, encore moins d'accord.

Que des parlementaires trouvent normale cette vacance de leur propre institution, premier pouvoir dans le système suisse, autorité de contrôle des gouvernements, plus d'accord du tout.

Que des dizaines de milliers de petits cafards, utilisant les réseaux dans ce qu'ils ont de pire, passent leur "confinement" à faire la morale à tous ceux qui osent mettre le nez dehors, puis à dénoncer et photographier telle grappe humaine, surprise de leur balcon, où il n'y aurait pas 2 mètres, mais seulement 1,83m, selon les estimations trigonométriques du délateur, entre les gens, plus d'accord du tout.

Que des esprits libres, ou plutôt des esprits qui par beau temps se targuaient d'être libres, transmués soudain en valets du pouvoir, passent leur temps à nous faire la morale sur "la confiance à faire aux autorités", plus d'accord du tout.

Ces doctes confondent deux choses : appliquer les consignes des autorités, oui, comme tout citoyen qui respecte toute loi ; mais garder son esprit critique, y compris pour émettre des doutes sur les décisions prises, je peux vous dire que nous n'avons pas l'intention d'y renoncer !

Un exemple : la fermeture des PME. Celles où le respect des distances n'est pas possible, comme un salon de coiffure, pas de problème, tout le monde le comprend bien. Mais, bordel, des dizaines de milliers d'entreprises suisses, où les distances sont parfaitement possibles, ont dû fermer, à cause de l'aspect linéaire, uniforme, aveugle, de la décision de Berne !

Alors maintenant, ça suffit. Il faut commencer le redémarrage de notre économie suisse. Pour les intérêts supérieurs de notre pays, au premier plan desquels j'ai toujours placé la cohésion sociale, c'est essentiel. On ne peut pas laisser mourir d'inanition l'une des économies les plus vivaces de la planète. Elle fait partie d'un tout, et permet de nourrir, par la redistribution, un système social dont nous avons, en tout cas depuis 1947, tout lieu d'être fiers.

Alors maintenant, ça suffit. Les moralistes à la petite semaine, ça suffit. Les délateurs de balcons, ça suffit. Les confinés salariés qui se permettent de faire la leçon aux indépendants et aux PME, ça suffit. La rugosité prétorienne des exécutifs, ça suffit, et M. Berset vient de déraper en évoquant l'hypothèse d'un couvre-feu. L'inexistence parlementaire, ça suffit. Nous avons mieux à construire que cette Ligne Maginot de l'extase défensive. Le salut n'est pas dans la forteresse, mais dans le mouvement. Il est dans l'offensive, pas dans la léthargie.

 

Pascal Décaillet

 

 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 11 commentaires

Commentaires

  • je suis 100% d'accord avec vous, cher Pascal. L'impréparation (des politiciens surtout) des uns et des autres a comme conséquence des mesures globales, lesquelles ne sont jamais la solution miracle. L'importance de la santé n'est pas en cause mais l'importance des millier de petites entreprises, donc des personnes, des familles l'est tout autant. Il faut que les consignes se relâchent progressivement dès que possible. Il faut , de plus, que le virus puisse contaminer au moins 60% de la population pour ainsi perdre de sa contagionabilité. Tout ceci passe par des tests d'identifiction des anticorps, puis de la mise en circulation des personnes ainsi identifiées. Vaste travail mais c'est à cela que doivent tendre les politiciens

  • Belle réaction de survie. Le coup de pied au fond de la piscine pour retrouver la surface avant l'asphyxie. Salutaire si ce sursaut s'accompagne de la détermination à comprendre comment un pays autant producteur d'études, de rapports, de bilans de comités, commissions et autres cénacles bien considérés et rémunérés, s'est trouvé aussi hésitant et surpris lorsque la pandémie a pris pied sur le continent européen. Des responsabilités et des protocoles solides à déterminer pour ne pas reproduire cet étrange flottement lors de crises futures.

  • Effectivement nos parlements sont lamentables. Et donc la majorité de nos parlementaires aussi. Il y a des choix. Ceux des gouvernements ne sont pas une évidence. Ils ont une vue à court terme. Moins de morts visibles aujourd'hui et plus de mort dans le futur. Le court terme, l'absence de vision, l'absence de courage. Le déni.

    A ce jour la Tribune attribue 715 morts dû au coronavirus.
    Et moi j'annonce 17'300 morts.
    Ce dernier chiffre est le nombre de morts usuels un 5 avril (sauf surmortalité dû à une grippe ordinaire).

    En ne mettant pas ces deux chiffres en perspective, la Tdg manipule la population.
    La presse valet des Berset et Poggia ? Non. Même déni. les hommes meurent et le chiffre qui les terrorise (715) n'est que le 4 % des morts ordinaires.

    Et la politique choisie tuera plus qu'elle ne sauve.

  • A défaut de mourir du coronavirus, on se suicidera parce que ruiné, à moins que l'on soit éliminée par un mari rendu fou furieux par le confinement et l'inactivité. Mais là, il n'y aura aucun décompte quotidien du nombre de victimes...

  • Nos sociétés ont perdu toute notion de la mort. On s'offusque de la mort de personnes de >80 ans. Toutefois, il n'y a pas si longtemps de cela, il était parfaitement normal de mourir à cet âge et les centenaire se comptaient sur les doigts d'une demi-main.

    On dirait que tout le monde doit vivre au-delà de 100 ans. Alors bien sûr, nous ne souhaitons la mort de personne, surtout de ceux qui sont en pleine forme. Mais, en effet, des gens meurent tous les jours pour toutes sortes de raisons. Les médias instillent la panique, il n'y a qu'à voir tous ces logeurs qui mettent à la porte leur locataire médecin qui pourrait pourtant les sauver. C'est parfaitement odieux. Les mêmes applaudissent sans doute à 21 h, quelle hypocrisie.

  • Je ne sais si en ce moment il est plus facile de vivre comme rats des ville ou rats des champs.J'imagine bien le malaise que vous"citadins"avaient à subir;et ce marquage à la culotte(terme footballistique-également catennacio où verrou suisse)qui fait de certains les arbitres de la démesure.Bon courage tout de même à vous confédérés du bout du lac;post...Tenebras...Lux...
    Grimaître

  • Excellent et bien balancé BRAVO !

    En entendant la réaction hier soir de la Présidente du PLR sur la reprise économique, je dis également Bravo !

    Belle journée et semaine à vous toutes et tous :-)))

  • Allez vous balader dans la campagne, c'est le printemps, il y a peu de monde et c'est pas dangereux! Sur youtube pleins d'exercice de "Qi Gong", faciles à faire et tellement bons pour la santé physique et mental! Ouvrez vos fenêtre aérer vos appartements! Mangez moins et mieux, voilà de bonnes choses à faire! En 2019 en France il y a eu près de 1750 morts par jours, qui en a parlé qui s'en est inquiété??? C'est pas en paniquant que vous allez changer quoi que ce soit!

  • Merci Monsieur Descaillets. Oui il en a marre des moralistes façon Christian Levrat qui accusent ceux qui veulent reprendre le travail d'être des "millionnaires de l'UDC" . Pourtant la plupart des indépendants et des patrons de PME, n'arriveront jamais au revenu que nous payons tous à M Levrat. Mais il n'en a pas conscience, il est même peut-être sincère.....

    Et si pour une fois la "solidarité" tant invoquée allait dans l'autre sens ? Moins 20 % sur les salaires des politiciens et des fonctionnaires pour dédommager les victimes économiques de cette crise ? Je rêve, la solidarité tant invoquée est toujours à sens unique.

    Et si à la fin de cette crise, on osait aussi inculper ceux qui ont décidé d'empêcher les médecins de ville de prescrire la chloroquine pour soigner les gens malades, au lieu de confiner tout le monde ? Là je rêve encore...

    La plupart de nos politiciens n'ont jamais travaillé dans l'économie réelle, ils ne comprennent pas comment elle fonctionne et sont prêts à la saborder pour échapper aux meutes journalistiques. Car les médias sont les vrais gouvernants de nos sociétés, ils peuvent anéantir en un rien de temps tout politicien qui ne parlerait pas, et n'agirait comme ils l'entendent.

  • @ CoHe " ...Et si pour une fois la "solidarité" tant invoquée allait dans l'autre sens ? Moins 20 % sur les salaires des politiciens et des fonctionnaires pour dédommager les victimes économiques de cette crise ? Je rêve, la solidarité tant invoquée est toujours à sens unique..."

    Moins 20 % sur le salaire des infirmières et nettoyeuses des hôpitaux ? Moins 20 % sur le salaire des employées et employés des services qui maintiennent l'eau, l'électricité et autres entreprises publiques venant en aide à la population ? Moins 20 % sur le salaire des policiers qui travaillent sans masques ? Vous êtes sûr ?

    Bien entendu, la situation actuelle est d'une phénoménale dureté pour bien des indépendants, cela ne se discute même pas. Que ceux-ci élèvent la voix, tempêtent et réveillent les politiciens et décideurs (il y en a sans doute) qui n'ont pas encore pris la démesure de ce que nous allons vivre après le pic de la pandémie, tout cela est juste. Ils doivent le faire. Rudement.

    Mais enfin cela ne doit pas empêcher le discernement. Et s'il y a chez les fonctionnaires une très petite minorité d'êtres malfaisants, il s'agirait surtout de soutenir et encourager la majorité de celles et ceux qui luttent afin de maintenir la structure de l'Etat, alors que grondent de toutes parts les rumeurs de catastrophe et les éclairs de la colère.

  • " ...La plupart de nos politiciens n'ont jamais travaillé dans l'économie réelle, ils ne comprennent pas comment elle fonctionne et sont prêts à la saborder pour échapper aux meutes journalistiques... "

    Vous voulez parler de tous ces politiciens avocats, juristes, entrepreneurs et paysans ?

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