Révolution mentale

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Sur le vif - Lundi 06.04.20

 

Des milliards. C'est ce que va coûter au seul Canton de Genève la paralysie de l'économie, décrétée par les autorités. Nous en aurons pour des années à nous en remettre financièrement, alors que la dette se chiffre déjà en milliards.

Dans ces conditions, qui ne relèvent plus de la gestion de beau temps, mais de l'économie de guerre, des mesures drastiques devront être prises. Il ne s'agit plus de savoir si l'Etat doit se redimensionner, mais OÙ et COMMENT.

Seuls les secteurs vitaux devront être épargnés. Au premier plan d'entre eux, bien évidemment, la Santé publique. Mais désolé, presque partout ailleurs, il faudra couper. Réduire à la mission essentielle, qu'elle soit régalienne (Sécurité publique), ou de solidarité (aider les plus démunis).

Pour y parvenir, c'est une RÉVOLUTION MENTALE qui nous attend. Un secteur comme celui de la Formation, par exemple, devra cette fois VRAIMENT trancher entre ses états-majors, services de recherches, appareils d'intendance et de surintendance d'une part, et d'autre part la seule chose qui vaille, le FRONT. Puisse le DIP arriver lui-même, spontanément, avec un plan de mesures, plutôt que de se le voir imposer par le Grand Conseil.

Autre exemple : la Caisse de pension des fonctionnaires. Ne venez pas me dire ici qu'on a voté sur le sujet l'an dernier. La donne, depuis, a totalement changé ! Les ressources de l'Etat s'apprêtent à fondre comme neige au soleil. Il faut donc, n'en déplaise aux corporations conservatrices qui défendent la fonction publique, remettre l'ouvrage sur le métier. Première urgence : établir enfin la cotisation à 50% employeur, 50% employé, à la place de l'indécent 2/3 - 1/3 qui prévaut encore. C'est la mesure minimale. D'autres, impérativement, devront suivre.

Il y aura quantité d'autres exemples. J'aime l'Etat, passionnément. J'ai toujours - bien seul dans les années 90 - condamné l'ultra-libéralisme, destructeur des services publics. Je veux un Etat fort. Mais pas tentaculaire. Fort, là où il doit l'être, sur le vital, l'essentiel. Fort, dans ses rapports frontaux avec la population, et non dans ses étages d'intendance. Nous n'échapperons pas aux coupes. Elles seront douloureuses. Puissent-elles s'opérer dans l'intérêt supérieur de tous, et non pour la simple sauvegarde d'une caste.

 

Pascal Décaillet

 

 

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Commentaires

  • Pour remettre la Suisse au travail avant qu'il ne soit trop tard, vous pouvez signer cette pétition :

    https://www.change.org/p/le-conseil-f%C3%A9d%C3%A9ral-suisse-retour-au-travail-pour-la-suisse?recruiter=1067430747&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive&recruited_by_id=052c76e0-727d-11ea-a45d-3d1c3acf1dfb

    Si nous attendons trop, les faillites en cascades vont nous plonger dans une crise économique à côté de laquelle 12929 paraitra comme une partie de campagne. Le professeur Raoult a proposé un traitement efficace et bon marché. La molécule de la chloroquine est tombée depuis longtemps dans le domaine public, donc elle peut être fabriquée partout à peu de frais. Utilisons là pour soigner les malades, autorisons les médecins de ville à la prescrire, et laissons la société fonctionner. Sinon, qui va payer les impôts qui permettent de faire tourner les hôpitaux ?

  • Mao Tsé Toung, un grand idéologue qui n'a jamais rien compris à l'économie réelle, pensait un jour avoir eu une excellente idée :

    Puisque les oiseaux mangeaient les graines des récoltes, il fallait donc éliminer les oiseaux de Chine, afin d'augmenter la production alimentaire. Il ordonna donc à chaque Chinois, non pas de se confiner, mais de chasser les oiseaux. Tous durent s'y mettre, enfants, adultes et personnes âgées devaient leur lancer des pierres jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un seul oiseau. Le résultat fut la prolifération des insectes qui dévorèrent les récoltes, et il s'en suivi une terrible famine qui décima la population....

    C'est une histoire vraie que devraient méditer nos idéologues politiciens. Car l'économie c'est un réseau, et si l'on n'en tient pas compte, on court à la catastrophe. Nous avons dans nos gouvernement trop d'idéologues qui comme Mao ne comprennent rien à l'économie réelle ,et qui sont en train de nous mener à la catastrophe. S'il vous plaît, signez la pétition ci dessus pour chercher à nous éviter le pire.

  • Genève a un gros déficit structurel.
    Jusqu'à présent, caricaturalement, la méthode était d'amener le plus d'entreprises pour financer de nouveaux fonctionnaires. Mais, le bétonnage résultant est de moins en moins accepté, et ce virus n'arrange rien.

    Il y a un choix entre un développement à la Singapour pour financer les vagues arrivantes de nouveaux fonctionnaires ou de stabiliser avec un modèle raisonnable.

    Le genevois ne peut pas demander du +fonctionnaires et éviter le bétonnage pour les financer. C'est ce qu'il veut actuellement, mais il devra faire un choix.
    L'augmentation de l'impôt sur la personne qui a été évoqué, a ses limites.

    Les prochaines années seront très difficile avec un vieux modèle de développement qui semble être dans un cul de sac. Mais ni la gauche amoureuse des fonctionnaires, ni la droite qui rêve d'une Genève plus grande que Zurich, n'ont la force de se remettre en cause.
    Si c'était le cas, ce serait une révolution.

  • @motus
    L'impéritie de l'Etat n'est plus à démontrer.
    Mais c'est la croissance débridée qui a induit à plus de bétonnage de pollution d'immigration et de laissés pour compte locaux.
    Il nous faut redimensionner le tout. Une économie saine et non vorace et un management lean de l'Etat.

  • Amusant diatribe... mais à mon avis aucune chance d'avoir un écho concret avant la mise sous tutelle du canton par la confédération suite à une faillite du Canton. Elle est quasi certaine, juste une question de timing...

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