Le confinement n'est pas un thème !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.04.20

 

Désolé si je jette un froid, mais je considère qu’on parle beaucoup trop du confinement. Je ne porte pas, ici, de jugement sur les décisions sanitaires de nos autorités. J’en porte un – et il est sévère – sur les décisions économiques, notamment l’ordre linéaire, sans nuances ni discernement, de fermer des dizaines de milliers d’entreprises, y compris celles où le respect des distances réglementaires ne pose aucun problème. Mais je note une chose : on érige beaucoup trop le confinement en sujet de conversation, de journal intime, de réflexions partagées. Alors qu’à mes yeux, le confinement n’est pas un thème.

 

Le thème, c’est la situation économique désastreuse dans laquelle nos autorités ont aveuglément jeté la Suisse. Le thème, c’est l’urgente nécessité de se retrousser les manches, pour relever notre pays. Le thème, c’est la survie de nos entreprises, qui étaient encore, voici quelques semaines, parmi les plus compétitives du monde. Le thème, c’est laisser entreprendre les entrepreneurs, les laisser travailler, leur foutre la paix avec la paperasse et les formalités, les laisser vivre, respirer, exister. A commencer par les indépendants, les toutes petites entreprises, deux ou trois personnes, parfois une seule, mais habitées par la fougue. Ce sont ces gens-là qui relèveront notre pays.

 

L’effet pervers, sur lequel l’Histoire portera un regard sévère, c’est la complaisance opérée par le confinement sur les âmes et les consciences. Lorsqu’on est salarié, et que le salaire tombe à la fin du mois, ou même lorsqu’on est chômeur, avec 80% du salaire pendant deux ans, on peut sans doute mieux prendre son mal en patience, chez soi, que si on est indépendant, privé de tout revenu par décision d’en haut, angoissé pour la suite. Il ne s’agit pas d’ériger une catégorie de notre peuple contre une autre, la solidarité exige l’union. Mais enfin, il ne s’agit pas non plus, pour autant, de taire une ligne de fracture majeure entre deux systèmes de rémunération, deux rapports au monde du travail. C’est peu dire que la seconde catégorie trouvera moins de délices à tenir son journal du confinement, à faire du style sur une situation sans précédent, où chacun, sans l’avoir voulu, se retrouve reclus chez soi.

 

Alors oui, je viens crier ici que le confinement n’est pas un thème ! Nous devons bien sûr respecter les consignes. Mais rien ne nous empêche, tout en les appliquant, d’exercer notre esprit critique ! Nos autorités, fédérales ou cantonales, nous ont imposé des normes de distance, d’hygiène, de précautions, fort bien. Elles ne nous ont pas interdit de penser ! Ni de nous exprimer, dans l’espace public, pour parler d’autre chose que de notre quotidien de confinés ! Ni d’exprimer des désaccords sur les décisions économiques. Ni d’exhorter nos législatifs, qui roupillent, à reprendre leur boulot, sous une forme ou sous une autre ! En bref, nous avons mieux à faire que raconter nos confinements. Par exemple, entreprendre toutes choses pour reprendre au plus vite le boulot. Histoire de sauver notre pays.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

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Commentaires

  • Exact !

    Cette période me rappelle la guerre au Vietnam où l'on en parlait matin - midi et soir et pas un repas en famille sans que celle-ci s'invitait à table ! Puis il y a eu la guerre des 6 jours, la famine au Biafra, etc ...

    J'avoue ne plus trop suivre les TJ et autres parce que c'est démoralisant, plus encore lorsque l'on vit seule/seul.

    En revanche, je continue à lire la presse écrite et un immense MERCI à ELLE !

    Belle journée à vous

  • Il aurait été nécessaire que la Confédération et les Cantons appliquent les directives du "Plan suisse de pandémie Influenza" qui est déjà ancien et qui était un bon guide pour les mesures à prendre

    https://www.bag.admin.ch/dam/bag/fr/dokumente/mt/k-und-i/hygiene-pandemiefall/influenza-pandemieplan-ch.pdf.download.pdf/ofsp-plan-pandemie-influenza-ch.pdf

    Sans oublier que nos politiques se sont aveuglement fiés à une OMS dirigée par un criminel complice des Chinois. Voir vidéo ci-dessous en hongrois sous-titrée en Français

    https://youtu.be/PaNemKQitqs

  • Pour rebondir aux propos de M.A., en 1968, silencieusement, la grippe de Hongkong assassinait des milliers de personnes dans l'indifférence générale contrairement au covid-19 aujourd'hui.

    https://www.letemps.ch/suisse/leurope-se-moquait-epidemies

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