Simon le Stylite

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Commentaire publié dans GHI - 15.04.20

 

Grand, maigre, pâle, très austère dans son mode de vie : Simon Brandt, candidat battu par Marie Barbey-Chappuis dans la course à la Mairie de Genève, un est un être singulier, tellement différent du politicien genevois moyen. Il pourrait avoir le physique de Don Quichotte, le Chevalier à la Triste Figure, ce héros qui défie les moulins. Mais il lui faudrait un cheval, un Sancho Pança. Il aurait surtout besoin d’un Cervantès pour s’intéresser à lui, forger sa légende, tisser une œuvre autour de sa personne, de ses actes.

 

Alors, plutôt que l’Homme de la Mancha, j’ai décidé d’opter pour une autre figure immortelle de l’austérité sublimée : Simon le Stylite, appelé aussi Siméon, ce Saint du début du cinquième siècle, qui vécut dans le désert, du côté de la Syrie, et choisit de passer sa vie au sommet d’une colonne. Pas vraiment l’option confort !

 

Simon Brandt, comme son homonyme le Stylite, est un homme seul. Là déjà, j’apprécie. Il incarne même l’absolu contraire de toute mondanité : jamais nul petit-four de cocktail ne dut avoir droit au feu de ses prunelles. Un homme seul, qui vit simplement, se targue (à juste titre) d’un bilan carbone record à la baisse. Un homme seul, qui connaît à fond ses dossiers de la Ville, se bat pour des causes, ne se laisse pas impressionner. Au fond, c’est le Simon de la Colonne, oui le Siméon du désert, juste jeté là, dans le fracas de la Ville et de la chair. Un excellent politicien. A qui, pour ma part, je souhaite bon vent pour les années qui viennent.

 

Pascal Décaillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • Il convient de souligner que la calamiteuse défaite du Stylite est notamment due à son allégeance au personnage maudit, à une lettre près, de la république, ainsi qu'à un parti finissant, hors du temps, en déni total de réalité. Et également au fait qu'il a sciemment décidé, au soir du premier tour, de faire cavalier seul. Mais sans monture, ni Sancho.

  • Simon Brandt a voulu faire ce que personne n'a jamais osé faire au PLR, rassembler les différents partis de droite et se mettre en danger plutôt que de continuer la machine à perdre de l'Entente. Trahi par le PDC et l'aile libérale de son parti, il a fait preuve d'un courage et d'une résilience admirative. Il a aussi et surtout permis au PLR Ville de Genève de faire un excellent score tandis que les autres sections communales s'effondraient. Sa mise en retrait de la vie politique serait une perte énorme pour Genève et pour le PLR.

  • Simon Brandt est resté droit dans ses bottes jusqu'au bout. Il a tenté de faire ce que Maudet a toujours refusé, rassembler les différents partis de droite plutôt que de mendier auprès de la gauche. Il était l'homme providentiel pour redresser le PLR mais suscite trop de jalousies parmi les médiocres.

    Bien davantage que l'affaire Maudet, l'assassinant politique de Simon Brandt par les libéraux et le procureur général sonne le glas du PLR. Jamais on ne pourra pardonner à ce parti d'être aussi médiocre et mesquin.

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