Commencer, c'est bien. Durer, c'est mieux.

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Sur le vif - Dimanche 19.04.20 - 16.41h

 

Journalistes économiques, certains d'entre vous, acquis à l'idéologie ultralibérale, nous bassinent depuis vingt ans avec les "start-ups". Je n'ai jamais aimé ce mot. D'abord, parce qu'il est anglais, et qu'ici nous parlons français. Surtout, parce qu'il fige la fascination, comme tous les effets de mode, sur ce qui commence.

Commencer, c'est bien. Il faut bien se lancer une fois. Mais j'apprécierais que nos chroniqueurs libéraux daignent aussi marquer un peu d'intérêt pour les entreprises qui, ayant un jour commencé, ont eu comme particularité de durer.

Parce que, pour une entreprise, c'est bien joli de commencer. Avec le champagne du premier jour. Mais durer !

Tenir. Des mois, des années. Assumer ses responsabilités. Honorer ses paiements. Garder la confiance de ses clients, partenaires. Être utile.

Le vrai combat n'est pas dans l'ivresse des premiers jours. Mais dans la ténacité. Le mot "start-up" fait penser à un sprint, comme le mot "starting-blocks". Le vrai entrepreneur, l'homme ou la femme qui vraiment mérite ce titre, c'est celui ou celle qui dure. Contre vents les marées.

Alors voilà, chers chroniqueurs de la réussite facile. Dépassez, je vous prie, la fascination des inaugurations. Et penchez-vous sur le secret des réussites de long terme. Vous n'y découvrirez ni bruit, ni fureur, ni poudre aux yeux, ni effets de marketing. Mais de la passion. Du courage. De l'endurance. De la confiance. De l'estime partagée avec les gens pour qui l'on travaille. De la compétence. Et aussi, sans doute, beaucoup de solitude.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Une start-up est à l’entreprenariat ce que l’amour tarifé est à la création d’un couple, d’une famille.

    Le premier est l’émanation du capitalisme financier, un coup, un énième bras de levier pour vite faire du fric ; le second se vit dans la durée, parfois même, ambitionne de devenir au fil des générations une multinationale.

    Pour créer une start-up on lève des fonds (on appréciera la vulgarité de ce vocabulaire) ; pour engendrer une entreprise on quémande une somme d’argent, calculée au plus juste, à un banquier dubitatif.

    Et cetera !

    Est-il encore nécessaire d’expliquer pourquoi la presse futile encense l’un et ignore l’autre ?

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