Le retour du peuple, vite !

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Sur le vif - Mercredi 29.04.20 - 17.02h

 

Jamais, depuis 1848, un conseiller fédéral n'a bénéficié du quart, peut-même pas du dixième, de la visibilité d'Alain Berset, depuis le début de la crise.

Le principal intéressé, c'est vrai, communique bien. Il est clair. Il évite le paternalisme. Il s'adresse à des citoyennes et citoyens adultes, mûrs et vaccinés, il ne les infantilise pas.

Mais tout de même. L'hyper-visibilité du Conseil fédéral, et en général des exécutifs en Suisse, à la faveur de cette crise, doit toucher à sa fin. Depuis des semaines, pour ma part, je la souligne et la condamne. Depuis des semaines, je déplore la disparition des Parlements, et celle de la démocratie directe.

Dans notre tradition démocratique suisse, le personnage principal, c'est la citoyenne, le citoyen. Pas l'élu. Et surtout pas l'élu exécutif. Que ce dernier multiplie les actes de présence en période de crise, on peut l'admettre. Mais cela, en aucun cas, ne doit devenir la règle. Ni s'étendre, dans la durée.

L'après-crise, politiquement, ça doit être le retour des Parlements. Et surtout, beaucoup plus important, le retour du peuple. Au premier plan.

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • Les guerres de 14-18 et de 39-45 ont été des crises bien plus graves que celle que nous vivons aujourd'hui. Vous, Monsieur Décaillet, qui connaissez très bien notre Histoire, comment les chambres fédérales ont empoigné ces deux événements qui, je le rappelle, étaient bien plus graves que ce que nous vivons aujourd'hui.
    Un événement plus ressemblant à la crise du covid-19 pourrait être, par exemple, la grippe espagnole. Comment la Suisse a fait durant cette terrible épidémie?

  • Je ne voudrais pas vous décevoir, M. Décaillet, mais j'ai bien peur que si le peuple était consulté, il voterait sa propre mise en dictature (sous prétexte sanitaire). Les gens ont été si bien terrorisés et conditionnés par le matraquage médiatique qu'ils ont perdu toute notion de liberté.

  • Il faut faire des recherches au sujet de la LEp. Nous avons voté il y a quelques années en faveur de la révision de la loi sur les épidémies et épizooties sans savoir ce que nous faisions.
    En fait en ayant accepté cette révision, nous avons donné "tout le pouvoir à l'OFSP", un pouvoir exorbitant à un despote absolu si on en croit cet article:

    https://tsg-referendum.ch/fr/loi-sur-les-epidemies/

    "Selon la LEpr, l’OFSP pourrait imposer à toute la Suisse ses programmes nationaux (art. 5)3, il pourrait dicter aux cantons quelles mesures ils devraient édicter visant la population (art. 8)4 et devrait, selon le message du Conseil fédéral, organiser «des campagnes à large échelle afin d’influer sur les comportements» (p. 350).

    L’OFSP serait autorisé à recenser les données personnelles sur notre santé dans un système d’information électronique («fiches») et à les communiquer même aux autorités d’autres Etats ou à des organisations supranationales et internationales (art. 60, art. 62).5 Ce pouvoir exorbitant fait penser au «Comité de salut public» au temps de la Révolution française. Mais cela rappelle aussi les Etats totalitaires contrôlant les sphères les plus intimes de leurs citoyens; et depuis un certain temps, aussi le ministère américain de la Sécurité intérieure («Homeland Security»)."


    Est-ce que la révision de cette loi autorise le Peuple, ce Souverain qui a accepté la mise sous tutelle de son canton et de sa propre personne aux gourous de l'OFSP, de reprendre la main?

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