Le jacobinisme anti-Communes a parlé !

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Sur le vif - Vendredi 08.05.20 - 17.12h

 

La missive cingle, cinglante et cinglée. Elle pourrait émaner d'un héraut, sanglé dans son uniforme. Ou d'un Commissaire de la République, Place de Grève.

Une lettre. Signée Thierry Apothéloz, au demeurant le meilleur des hommes. Mais le monde est ce qu'il est, le meilleur y côtoie le pire, le Saint y fraie avec le Maudit, la Fée y sourit à la Fille perdue.

Le ministre, donc, vit. C'est déjà une excellente nouvelle. Tout sonore de son éveil, il surgit. Et envoie à la Présidente du Conseil municipal de la Ville, Mme Theubet, l'une de ces circulaires que n'eussent renié ni le Général André, ni le Petit Père Combes, ni le Saint Just des charrettes matinales.

Il lui dit, en substance : "Pas question de reprendre les séances du Municipal, COVID oblige. Je vous donne l'ordre d'annuler toutes les sessions prévues pour mai (les 12, 13, 19, 20, 26 et 28). Vous risquez trois ans de prison".

Et voilà ! Le tour est joué ! Le jacobinisme anti-Communes, de plus en plus féroce à Genève, portant les griffes de l'ère Longchamp, avec les mêmes commis, les mêmes scribes, les mêmes petits Peyrolles, a fait son oeuvre. Le ministre vit. Il existe. Et le doux confinement de la vie peut continuer. Jusqu'à la prochaine crise.

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 10 commentaires

Commentaires

  • C'est surtout le vrai visage du socialisme qui a été très bien associé au soviétisme. Chez nous, il prend la forme d'une face hideuse dans une démocratie, c'est un déni de ce que nos aïeux ont mis des siècles à mettre en oeuvre.

  • « Je vous donne l'ordre d'annuler [...] (les 12, 13, 19, 20, 26 et 28). Vous risquez trois ans de prison »

    Moi, je lui répondrais: « Ben, allons-y pour les trois ans de prison... pourquoi pas dix, (ça commence par la 3e lettre et ça finit par la quatrième ) ! »

  • « la forme d'une face hideuse dans une démocratie »

    On y est presque, lorsque nos autorités s'approchent de trop près de la ligne rouge de l'arbitraire, à ne pas franchir.

    De plus en plus fréquemment, elles s'y rapprochent de cette ligne rouge, avant qu'on y échappe de justesse. Mais on ne perd rien pour attendre, rien est fini; les heures sombres ne font que commencer...

    ... pour l'heure, au pire, - un centimètre avant la ligne rouge -, c'est mains dans le dos et menottes aux poignets, pour les récalcitrants aux ordres liberticides... demain, quelques mètres après la ligne, ça sera éxécutions sommaires, comme une lettre à la poste...

  • Néanmoins, le bureau du Municipal a agi sans retenue. S’il n’avait planifié que 2 séances courtes (le 21 et 28 mai, par ex.) de 17:30 à 19:30 sans pause repas et pour ne traiter que d’urgences, il n’aurait pas subi un tel désaveu humiliant. La missive de M. Apothéloz, certes au ton militaire et peu cordial, est à mettre en lien avec l’obstination du bureau de vouloir planifier 6 séances avec l’horaire habituel (17:30 à 23:00) comme si de rien n’était et en mettant à l’ordre du jour 274 points dont certains sont des motions ridicules (irréalistes et juste provocatrices dont un certain conseiller municipal est le spécialiste de ces velléités anarchistes!), et qui traînent depuis 10 ans dans nos ordres du jour! C’est cette obstination du bureau qui a provoqué cette gifle qui fait du tort à tout le parlement communal (à celui qui l’a donné aussi) et sans doute au secrétariat du Municipal qui a dû travailler pour organiser ces séances, évidemment annulées!

  • Le maintien de ces séances pouvant être lié à l'envie de recevoir des jetons de présence (jetons qui pourraient servir de preuve de participation à une séance, preuve d'ailleurs utile dans le cadre d'une procédure pénale), je vous laisse imaginer ce qui arrivera en cas d'arrestation. Donc prudence, les amis.

  • Cela dit, et blague à part, juridiquement la position de l'Etat de Genève est juste. L'ordonnance 2 sur le covid-19 s'applique aussi aux institutions, et les infractions à l'ordonnance sont passibles d'une peine de prison de trois ans. Le covid-19 a par ailleurs été déclaré "maladie dangereuse pour l'homme", ce qui rend possible en plus (mais sous réserve de conditions restrictives, comme la "bassesse de caractère") l'application de l'article 231 du code pénal (propagation d'une maladie de l'homme - "Celui qui, par bassesse de caractère, aura propagé une maladie de l’homme dangereuse et transmissible sera puni d’une peine privative de liberté d’un an au moins et de cinq ans au plus").

  • Seul mon prénom est apparu dans mon commentaire ci-dessus. Comme je n’ai pas l’habitude de prendre un pseudonyme ou de n’écrire que mon prénom, je précise que le commentaire:: « Néanmoins le bureau du Municipal... » est de ma plume! Michèle Roullet

  • « Cela dit, et blague à part, juridiquement la position de l'Etat de Genève est juste »

    Légale, peut-être...

    "Juste", sûrement pas. Au rayon des chiffres, le «juste» est de l'ordre arithmétique ou mathématique.

    Pour les initiatives humaines, c'est de l'ordre du discernement et de l'intelligence.

  • Exactement petard, la politesse, la courtoisie, le respect n'ont jamais tué personne. S'il y avait un problème à cause du covid, cela pouvait se discuter. C'est bien ce qui s'est fait pour la session de cette semaine du conseil national, comme ça se fait pour d'autres situations similaires.

    Ce genre de situation exceptionnelle révèle la vraie nature des individus.

  • A admettre que le raisonnement de M. Baeriswyl soit fondé, ce que j'incline prima facie à penser, il faudrait admettre que le droit pénal a été transgressé. En effet, la tentative de commettre un délit est punissable. Dès lors qu'il appartient au magistrat cantonal et à ses subordonnés de dénoncer les faits délictueux, je me demande quand auront lieu les perquisitions.
    Que la justice pénale statue !

    Contrairement à ce qu'écrit G. Vuilliomenet on ne discute pas le principe de l'autorisation, on otroie une dérogation comme l'ordonnance 2 covid 19 le le permet en la soumettant à des conditions covid strictes. Au demeurant, le refus de pareille dérogation pourrait bien constituer une violation de l'autonomie communale.
    Que la justice administrative statue !

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