Mobilité : M. Dal Busco doit partir

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Sur le vif - Jeudi 21.05.20 - 11.01h

 

J'ai beaucoup de considération, et même d'amitié, pour M. Dal Busco. C'est un homme pétri de valeurs, soucieux du bien public. Il a en lui une dimension d’État. Il a parfaitement sa place au gouvernement, où le peuple l'a porté.

Mais il doit quitter la Mobilité. Il n'a pas réussi à s'imposer face aux apparatchiks. Il est passé avec armes et bagages dans le camp des Verts. Il a fait preuve, au détriment des siens, et en faveur de l'adversaire, d'une transversalité (voyez, je demeure mesuré dans mes termes, mais la journée n'est pas finie) coupable.

Ce ne sont pas là des comportement que l'on puisse admettre.

Je souhaite vivement que M. Dal Busco, au sein du Conseil d’État, puisse passer les trois prochaines années à servir au mieux Genève. Il en a le coeur, les capacités. Mais pas à la Mobilité.

Il n'y a là rien de grave. La politique, ce sont des objectifs à atteindre. Si on réussit, c'est bien. Si on échoue, on doit se dessaisir de son champ de responsabilités. Soit pour aller respirer quelques mois à Limoges, comme il en allait des généraux en échec, lors de la Guerre de 14. Soit - et c'est évidemment ce que, comme citoyen, j'appelle de mes vœux - pour être investi, au sein du collège, d'une autre responsabilité.

M. Dal Busco a réveillé à Genève la guerre des transports. Il a tout misé sur un camp, au détriment de l'autre. Il a oublié ceux qui l'avaient porté au pouvoir. Il n'a plus de marge de manœuvre, dans le secteur de la Mobilité. Ne perdons pas trois ans : il doit faire autre chose.

On ne gouverne pas en faisant donner, la nuit, en catimini, la peinture du pouvoir sans la moindre consultation autour de soi. On ne gouverne pas en paniquant face à l'idéologie du moment, sous le seul prétexte qu'elle a le vent en poupe.

Vous êtes, M. Dal Busco, une personne parfaitement respectable. Mais à la Mobilité, prisonnier de l'Appareil de vos hauts-fonctionnaires, inféodé à une faction, vous n'avez plus les moyens de servir Genève.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Monsieur Dal Busco était un excellent ministre des finances, il aurait dû le rester. Pourquoi ne pas procéder à un échange avec la personne qui actuellement occupe ce poste? Non que cette dernière eût démérité dans cette fonction, bien au contraire. Mais je la sens mieux capable, d'imposer la volonté de la population en mettant au pas les hauts fonctionnaires et petits chefs marqués par une idéologie. Et surtout d'imposer une forme de consensus entre les uns et les autres. M. Barthassat s'y était essayé en son temps, mais il manquait malheureusement d'envergure et, surtout, du soutien de son propre camp qui lui a copieusement savonné la planche.

  • M. Dal Busco figurait sur le tract tout-ménage envoyé aux communes genevoises lors de la campagne de 2011 sur l'initiative 144 pour la mobilité douce qui demandait des pistes cyclables directes, continues et sécurisées pour tout le réseau de routes primaires et secondaires. Les aménagements qu'il a posés là pour ce déconfinement ne sont que le début d'un embryon de commencement de première étape de ce qui est la première partie du réseau cyclable accepté par le peuple en 2011. Il a la cohérence, neuf ans après, de commencer à mettre en oeuvre la volonté populaire exprimée en soutien à une initiative qu'il a lui même soutenue. Je ne vois pas le problème.

  • M. Schneeberger, le problème n'est pas l'établissement d'un réseau continu de pistes cyclables en ville, ce que je crois, personne (ou presque) ne conteste. Le problème, c'est la méthode (qui s'apparente à un coup de force) et la réalisation (qui ressemble plus à un créateur de bouchons destiné à nuire aux automobilistes qu'à un aménagement favorable aux cyclistes). Le problème, c'est l'idéologie du tout-vélo, ce gadget de la gauche, avec lequel il est certes utile de se pavaner si l'on veut se faire coopter Conseiller municipal (ou plus si entente) par les partis dans le vent, mais qui ne saurait constituer une réponse unique ni même prépondérante à la question de la mobilité dans notre canton.

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