La morsure infectée des Gueux

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Sur le vif - Lundi 01.06.20 - 08.00h

 

J'ai condamné ici la décoiffante conversion de nombreux libéraux à la dette, en toute hâte, au plus fort de la crise sanitaire. Ont-ils pris peur ? Ont-ils vu poindre, avec quelque frayeur, un effondrement de l'ordre social ? Ont-ils eu le vieux réflexe de la bourgeoisie suisse face à la possibilité d'un Novembre 1918 ? Encore que la perspective d'une grève générale eût paru fort singulière en une période où... tout le monde était au repos forcé !

Je ne parle pas ici de la gauche. Ni de la droite souverainiste. Mais de la droite libérale ! Celle qui, dans les Cantons et sous la Coupole fédérale, gardait le Temple de l'orthodoxie financière. Frein à l'endettement, refus des déficits, coupes dans les dépenses. Et là, en quelques jours, juin 40 ! Tout se retourne, tout s'effondre ! La fin d'un discours, la fin d'un monde. Soudain, c'est Keynes, le New Deal, la relance de l'économie par les investissements, sans qu'on sache d'ailleurs lesquels !

Alors, quoi ? On n'était anti-dette que par posture, par beau temps ? On lâche des dizaines de milliards aux Gueux par peur de la morsure infectée ? On craint l'ordre social secoué, la vase retournée, la tourbe répandue ?

Pour ma part, moi qui ne suis pas libéral, je demeure viscéralement opposé à tout déficit, et tout endettement. On dépense l'argent si on l'a. Pas d'emprunt. Pas de lien avec les usuriers. S'il le faut, on vit plus simplement. On travaille pour gagner sa vie, tant qu'on le peut. On va chercher du travail là où il y en a. On ne sollicite les aides qu'en cas d'extrême nécessité. On arrête de tout attendre de l'Etat, comme des oisillons, le bec ouvert. Et ce dernier ne doit être fort que dans ses fonctions vitales ou régaliennes. Pas comme distributeur de milliards à la première crise.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • N'oublions pas que la politique keynésienne vise la relance par la consommation mais aussi la protection de l'économie nationale. Donner du pouvoir d'achat qui est repris par des productions étrangères est antinomique. Il faut bien avoir conscience de cet aspect protectionniste. L'orthodoxie financière en soi n'a aucun sens. Elle doit être mise au service d'objectifs politiques.

  • Je crois que vous n'avez pas tout-à-fait saisi le changement de paradigme qui s'est passé entre votre jeunesse et maintenant : les méthodes de gestion du monde ne peuvent être les mêmes avec une société équilibrée en nombre et en compétence ou le chaos actuel où le mot "nationalité suisse" ne veut plus rien dire. Les commissions de naturalisation sont souvent composées de gens qui sont devenus suisses 15 jours avant. Alors qu'allez-vous faire de ce million ou deux d'étrangers devenus suisses en un tour de main entre les années 90 et aujourd'hui ? Ils ne sont venus ici que pour le fric et s'ils n'en ont pas, ils vont descendre dans la rue et tout casser parce que "black lives matter" ou autre slogan débile du genre. Avez-vous réellement envie d'un ou deux millions de gens totalement désespérés (la vie coûte très, très cher dans ce pays) ici maintenant , au nom d'une "idéologie" ? De toute façon, les Africains nous ont donné une grande leçon : les dettes, ils s'en foutent et ne les remboursent jamais. Et il y aura toujours des crétins pour les soutenir et militer pour l' annulation de leur dette... Faisons comme eux, c'est ce que se disent la plupart des Européens...
    Les banques nous paient pour nous fourguer leurs dollars ou euros pourris et nous devrions faire la fine bouche ? Re-finançons les entreprises dignes de confiance avec ce genre de prêt et re-démarrons l'économie. Toute autre attitude revient à voter pour les pastèques...

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