Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent !

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Sur le vif - Mardi 23.06.20 - 09.32h

 

Si l'initiative de limitation passe, le 27 septembre, il faudra que Pierre-Yves Maillard en tire immédiatement les conséquences. Bonjour le OUI dans le camp des ouvriers et des chômeurs ! Le désaveu serait dévastateur.

Le ralliement de la gauche syndicale à la libre circulation, je le répète depuis vingt ans, relève du passage d'un camp dans un autre, ce qui porte un nom. Tout cela, au nom d'une idéologie internationaliste et cosmopolite mortifère, à droite comme à gauche.

Le rôle des syndicats suisses est de protéger les travailleurs suisses, dans le cadre d'une économie nationale suisse. Et non de rêver la Révolution mondialisée. Ce genre de délire finit avec des pics à glace.

Travailleurs suisses, les syndicats vous trompent. La frontière vous protège.

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 10 commentaires

Commentaires

  • Vous mettez le doigt sur une plaie purulente, une blessure qui ne se referme pas.
    Comment concilier la défense du monde du travail quand celui-ci est autant lié à celui du capital ?
    La sociale-démocratie n'a offert la progressive amélioration de la vie des classes moyennes helvétiques durant les années 50 à 80 que par la grâce d'une modération mutuelle, le monde du travail acceptant la paix sociale en échange d'un partage honnête des fruits de la croissance avec le monde du capital.
    Or, depuis les années 80 un décrochage s'est opéré entre le monde du travail et celui du capital au seul profit de ce dernier. Et la défense du monde du travail n'a pas réussi à conserver la confiance des classes moyennes illusionnées par un mode de vie qui doit une bonne part de son confort à l'exploitation de pays lointains et politiquement autoritaires.
    Trouver une nouvelle voie pour les syndicats n'est pas chose aisée. On peut avoir le sentiment qu'ils parent au plus pressé. Qu'il manque une vision globale qui puisse entraîner les forces du travail vers une espérance autre que la poursuite d'une surconsommation suicidaire pour la planète et ses habitants.
    Il me semble que cette vision ne venant pas du monde syndical, ou de manière inaudible, il serait temps que le monde du journalisme fasse sa part du boulot et cherche à mettre en lumière tous ceux qui tentent d'élaborer des visions d'avenir qui ne découragent pas la volonté des vivants ni ne condamnent les générations futures.

  • J'espère vivement que l'initiative de limitation sera acceptée.

    Dans ce cas ce sera une (divine) surprise, car vraiment je ne trouve pas que le camp populaire souverainiste mène une bonne campagne. Ils donnent même l'impression de ne pas faire campagne du tout - trop occupés qu'ils sont à leurs dilemmes de succession à la tête de l'UDC.

    Il faudrait une campagne comme celle que Christophe Blocher avait menée tambour battant en 1992. Et il faudrait en appeler à l'âme du peuple, ainsi qu'à la défense des intérêts des travailleurs et travailleuses suisses qui seront totalement sacrifiés sur l'autel de l'esclavagisme multiculturel et du dumping social si l'initiative ne passe pas la rampe.

    J'ai écrit aux dirigeants de l'UDC pour leru suggéer d'axer leur campagne sur un thème de justice soiale: "Schweizer Arbeitsplätze für schweizer Arbeitskräfter", "Les places de travail suisses pour les Suisses",ou alors "contre le dumping social", tel devrait être le slogan beaucoup plus porteur, et parlant, que la notion de souveraineté, qui reste un peu abstraite pour la masse.

    Malheureusement, j'ai l'impression que l'UDC n'est pas prête à argumenter de cette manière. Elle a des réflexes trop patronaux pour savoir brandir ce genre d'arguments. C'est très triste. Et c'est un manque de sens politique de la part des dirigeants de ce parti.

    Donc, si cette initiative est adoptée envers et contre tout ce serait - comme le 9 février 2014 - non pas grâce à l'engagement d'une organisation politique, seule contre toutes, mais bien parce que le peuple se serait levé - ayant découvert en lui même, dans ses profondeurs, le sens de son véritable intérêt.

    Malheureusement je ne suis pas très optimiste. Notre peuple est aliéné par la propagande des grands médias menteurs qui en l'occurence ne sont que des esclaves des intérêts des multinationales.

    Et en plus on a le culot de nous présenter un projet d'exploitation sordide et d'asservissement impitoyable, comme une idée généreuse d'ouverture au monde.

  • et si les syndicats sont intéressés uniquement par les travailleurs les plus syndiqués, ceux de l'extérieur...

  • C'est une alliance contre nature qui se répète bien trop souvent. Les causes peuvent assez simplement se résumer: La droite économique rêve d’éliminer les frontière pour accéder a un immense réservoir de main d’œuvre bon marché. Pendant que la gauche syndicale rêve d'éliminer les frontières par aveuglement idéologique pour ne pas opposer les intérêts du camarade travailleur suisse a ceux du camarade travailleur étranger.

    Au milieu de tout ça, ce n'est pas si surprenant si le simple citoyen et employé lambda ne puisse pas se retrouver dans le schéma gauche droite traditionnel et qu'il s'en désintéresse ou se tourne vers autre chose.

  • Très intéressante, la remarque de Charly Schwarz!

  • Mais évidemment que les syndicats mentent.

    Ils sont noyautés par les politiques qui les ont déjà vendu à Bruxelles !

    Les frontières, c'est une vue de l'esprit !

  • "et si les syndicats sont intéressés uniquement par les travailleurs les plus syndiqués, ceux de l'extérieur..."

    Et vous oubliez l'hypothèse des syndicats dirigés par des étrangers ou des "secondos" qui ont les pieds dans deux pays et souvent l'attache au pays d'origine est plus important.
    Cela dit, ils peuvent se dire qu'ils ont eu leur chance en tant qu'étranger, pourquoi pas offrir la même chose à de nouveaux postulant pour des postes en Suisse.

  • Attendre de l'UDC une position honnête et courageuse alors que ce parti refuse systématiquement au Parlement helvétique de soutenir les propositions de lois pour surveiller, interdire et sanctionner le travail au noir, lequel est une atteinte directe aux droits des travailleurs en Suisse, est au mieux naïf et au pire absurde. L'UDC profite de la confusion générale pour jouer sur tous les tableaux en même temps, ultra-libérale pour le fond et nationaliste pour la forme.

  • Il faut être naïf en effet pour croire que la gauche défend les salariés. Ce n'est que logique puisque la la majorité du PS est composée de fonctionnaires, que les Verts se nourrissent de toutes les pommes étatiques qui supportent leurs élus et les marxistes quant à eux rêvent d'un prolétariat affamé pour en être les pseudo sauveurs.
    La droite libertaire quant à elle ne veut qu'un accroissement des marges bénéficiaires.
    La résultante de ces postures est que lorsqu'on défend la priorité d'embauche aux résidents, on subit les feux croisés de tous ces prédateurs des conditions de travail et salariales du monde des salariés.

  • Une partie de la gauche lutte avec détermination pour la défense des travailleuses et travailleurs de ce pays. Il serait malhonnête de le nier.
    Malheureusement, à l'image de toutes les idéologies politiques du moment, la gauche en tant qu'entité multiple et diverse voit se développer toutes les contradictions et le désarroi qui caractérisent notre époque de confusion.
    Le capitalisme libéral laisse apparaître l'ensemble des failles de son système, surconsommation, exploitation suicidaire de la planète, paupérisation et extrême richesse progressant de concert.
    Le capitalisme d'Etat, de droite ou de gauche, ne cache plus ses ambitions hégémoniques et ses pratiques autoritaires.
    Aucune expérience anarchiste ne peut actuellement prétendre à une généralisation pacifiquement réalisable de ses réussites.
    Les théocraties ajoutent à la corruption et à l'impéritie de leurs élites la violence de leurs appareils de répression.
    La confusion est grandissante et profite partout aux plus malins, aux plus sournois.
    Résister à cette sensation de chute, magnifiée par le virus chinois que nous savons, est une tâche qui ne peut se faire que si un maximum de consciences cessent de mettre en avant leurs préjugés et choisissent de penser sans limites à des solutions nouvelles, ou à tout le moins renouvellent leur fond idéologique en partant de l'observation de la réalité plutôt qu'en cherchant à la camoufler.

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