Balkans : les translucides de la 25ème heure

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Sur le vif - Jeudi 25.06.20 - 14.06h

 

Les exécutions de Serbes, ou de partisans de Rugova, les froides liquidations, le trafic d'organes, les liens avec l'OTAN, le financement par les services secrets allemands, ceux installés par M. Kohl, la manipulation générale de l'opinion publique occidentale, la diabolisation d'un camp pour mieux sanctifier l'autre, ça vous dit quelque chose ?

Moi, oui ! Non seulement ça me dit quelque chose aujourd'hui, mais ça me disait quelque chose en 98-99, au moment des événements ! Et je l'avais dit, parce que j'avais le dossier ! Et j'étais allé sur place ! Et j'avais fréquenté tous les milieux, pas seulement le gentil circuit qu'on organisait pour journalistes. Et ce que j'ai dit, nous n'étions pas beaucoup à le dire ! Parce qu'il fallait absolument que prévale en Europe occidentale la thèse de l'OTAN, avec la complicité de MM Kohl, puis Schröder. Parce qu'il fallait que les Anglo-Saxons se constituent une tête de pont dans les Balkans, le vieux rêve de Churchill ! Là était l'enjeu, sous les paravents de la morale.

Et voilà qu'aujourd'hui, 22 ans après, ceux qui à l'époque soutenaient tout ce gentil monde viennent se pavaner sur les ondes. 22 ans après, ils commencent à découvrir - ou le feignent - toute la part de noirceur d'un milieu qu'ils nous présentaient comme immaculé.

De deux choses, l'une : 22 après, soit ces translucides de la 25ème heure se foutent impérialement de nos gueules ; soit la lenteur argentique de leur révélation les disqualifie à jamais pour toute invention à caractère critique sur l'actualité.

Dans le premier cas comme dans le second, est-il à ce point prioritaire de leur donner la parole ?

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires

Commentaires

  • "...la lenteur argentique de leur révélation..."
    C'est ma conception de la poésie.
    Merci de nous rappeler à quel point l'Histoire est une discipline cardinale.
    Je ne connais malheureusement aucun élu qui en soit conscient.

  • L'Histoire mériterait d'être présente comme branche principale dès les plus petites classes scolaires. Au même titre que les langues et l'arithmétique. Sans mémoire pas de civilisation.

  • L'Histoire a trop souvent l'inconvénient , majeur, d'être écrite par les vainqueurs, par ceux-là même qui trop souvent ont, à défaut de tout avoir organisé, su parfaitement en organiser la lecture. Triste et profondlment malhonnête, mais cela on le sait trop bien.

  • Il existe des légions d'historiens qui ont prouvé par leurs films et leurs écrits que le désir d'examiner les documents et témoignages historiques avec une honnêteté scientifique et une indépendance d'esprit pouvait mener à des exercices de mémoire dont l'adéquation avec le réel était d'une grande force pacificatrice.

    Les va-t-en-guerre existent malheureusement aussi. Leur attribuer l'essentiel de la pratique de l'Histoire est abusif. En revanche, les débusquer est pareillement un salutaire travail d'historien.

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