Europe : le salut par la frugalité

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Sur le vif - Lundi 20.07.20 - 04.35h

 

Et si les "pays frugaux", qui refusent le diktat Merkel-Macron sur le gigantisme d'un emprunt, sauvaient l'Europe ?

Vous avez remarqué, partout dans nos médias, la condescendance des journalistes accrédités à Bruxelles, parties prenantes de la machine, pour ces petits pays qui se permettent de résister au dogme officiel franco-allemand ?

On en parle avec un sourire grinçant, on laisse entendre que le rouleau compresseur aplatira ces tentatives de sédition, on insiste sur l'énervement de Mme Merkel et M. Macron face à l'entêtement des pays qui se permettent de résister. Bref, on se place du côté des deux plus puissants, du côté du pouvoir.

Mais la question est là : et si les "frugaux" incarnaient l'avenir d'une autre Europe ? Ce qu'ils rejettent, c'est l'aspect évidemment artificiel, menteur, d'un emprunt pharaonique, dont ils comprennent très bien qu'il servira les intérêts de domination interne des deux plus grands, asservira davantage les petits, augmentera la pression fiscale sur les classes moyennes : partout en Europe, la fiscalité du travail demeure outrageusement dominante.

Car cet emprunt, surgi droit de l'idéologie de casino de l'Europe ultra-libérale et ultra-échangiste mise en place depuis trente ans (Acte unique), il faudra bien, un jour le rembourser ! Cela, le couple Merkel-Macron se garde bien de le mentionner. Magiciens, il font miroiter !

La fronde des "frugaux" prendra date. Elle marque le refus de l'arrogance des plus grands. Elle met un frein à une idéologie de spéculation, où le banquier qui prête aux nations est roi, et peut ainsi leur instiller une obligation de pensée ultra-libérale. Comme si le continent européen, qui nous a nourris de tant de valeurs, était libéral par essence !

Telles sont les vraies questions posées par l'émergence des "frugaux". Elles sont passionnantes. Et méritent quelques portes claquées, dans les salons de Bruxelles, par Mme Merkel et M. Macron.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Exact !

    Et aujourd'hui, tout le monde à table à l'heure du goûter ...

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