Et nous devrions taire notre colère ?

Imprimer

 
Sur le vif - Vendredi 16.10.20 - 08.59h
 
 
Idéalement, une contre-manifestation massive du privé, un 30 Mai 68 du pays profond, celui qui prend des risques, bosse sans la moindre garantie d'emploi, paye intégralement ses futures retraites, crève de trouille à l'idée de tomber malade, serait la réponse à donner à l'indécence des fonctionnaires, qui, à peine terminée la manifestation d'hier, ont le culot d'annoncer une grève pour le 29 octobre.
 
Idéalement, il faudrait cela. Mais je ne le préconise pas. Parce que je suis hostile à toute manifestation de rue, quelle qu'elle soit. Y compris pour des causes que je partage. La manifestation, depuis l'âge de dix ans, c'est pour moi le rugissement d'une foule, enfant j'ai vu cela à l'œuvre, et cette primitive sauvagerie n'a plus rien à voir avec la démocratie.
 
Le démos, le corps des citoyens qui votent, est en Suisse une institution, au même titre qu'un Parlement, un gouvernement. Il peut tout proposer, mais dans les règles. D'où mon attachement viscéral à la démocratie directe.
 
Je suis contre toute manif. Jamais participé à aucune, de ma vie. Je n'en propose donc pas. Je vomis ce principe d'expression, depuis 52 ans et 5 mois.
 
Mais j'invite toute personne, à Genève, dotée d'une voix ou d'une plume, d'un cœur et d'un cerveau, d'un caractère et d'un courage, d'une aptitude au combat, à faire valoir, par les canaux qu'il jugera les plus adaptés, son total rejet de ce mouvement indécent de la fonction publique genevoise.
 
L'économie de notre Canton s'effondre. Nos jeunes ne trouvent pas d'emploi, à cause des décisions sanitaires de ce printemps, et des terribles conséquences sur les entreprises. 192 apprentis sont au chômage. Charrettes de suppressions d'emplois, de licenciements. Perte de 20% du salaire, dans le privé, pour ceux qui sont au chômage technique. Et ce régime touche à sa fin : on n'ose entrevoir ce qui adviendra après. Noël, c'est dans deux mois. Et les fonctionnaires, hyper-protégés dans leur cocon, qui osent faire la grève !
 
Le Conseil d'Etat n'ose rien contre eux. Une bonne partie de la classe politique ménage son électorat. Nausée, face à ces compromissions. Le citoyen que je suis, libre et indépendant, petit entrepreneur depuis quinze ans, combattant dans l'âme, exprime ici sa colère. Et vous, la vôtre, vous devriez la taire ?
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 6 commentaires

Commentaires

  • Vous mettez tous les fonctionnaires sur le même bûcher et ce n'est pas juste, car par exemple, le personnel de santé, et je ne parle pas des médecins, ont leurs salaires clairement sous-évalué, dans les autres cantons ont leur fait un geste, à Ge c'est dans la gueule qu'il arrive le geste.
    Les enseignants, haaaa ces faignant qui ne font rien, ce sont adaptés aux nouvelles technologies en un temps record avec leur matériel perso et les parent ont pu voir ce que c'était de donner des cours à leurs enfants, beaucoup n'ont pas apprécié.
    Et bien sûr tout les autre corps de métier (police, éboueurs etc..)

    Si la tique qui s'accroche à son poste au CE, démissionnerait et refuserait sa rente on ferait déjà des économies.
    Et après dans les états-majors, il y aurait un peu de ménage à faire mais laissez la base tranquille.

    Et les indé, c'est pas tous des anges, ils peuvent faire nombre de déductions aux impôts et pas toutes sont légales, les salariés sont taxés pleinement.

  • Ils disent que la baisse n'est pas de 2% ou de 1%, mais est plus élevée à cause de ci et de ça. C'est vrai. Soyons francs du collier. On baisse de, disons, 5 % pour 2021 et 2022, une baisse extraordinaire et temporaire et on avise plus tard.

    Franc du collier et assez simple pour une initiative populaire. Avec des exceptions pour ceux qui suent spécialement en ces temps, comme le personnel des hôpitaux et une baisse de 1 à 4 %, par exemple, pour les quatre échelons salariaux les plus bas. Voilà une baisse qui serait largement conforme à notre ordre juridique. Elle est même très proportionnée. Après tout un chômeur perd 20 à 30 % de son salaire. Ce qui montre qu'elle est sans doute trop basse.

    Une initiative Pascal Décaillet en vue ?

    Sortons les fonctionnaires du Grand Conseil, cela s'appelle la séparation des pouvoirs.

    Rétablissons la responsabilité pécuniaire personnelle des fonctionnaires et des magistrats à raison des actes illicites commis dans l'exercice de leur fonction, responsabilité malheureusement supprimée en 1989, sauf pour les malheureux employés des SIG et les gardiens de piscines (!) au vu du droit fédéral.

    Interdisons tout nouveau renflouement des caisses de leur caisse de pension.

  • Vous décrivez et exprimez très bien la situation.
    Alors que le concept de "solidarité" est brandi quand il s'agit d'imposer des mesures sanitaires sujettes à caution, le vraie solidarité ne surgit pas quand elle aurait sa juste place...

  • Les fonctionnaires, payés par les contribuables qui bossent dans le privé, n'ont pas encore compris que ce n'est pas l'Etat qui les paies mais les citoyens ! Maintenant, si ils ne sont pas satisfait des décisions du CE, ils peuvent toujours démissionner et retourner dans le privé mais, attention, dans le privé on bosse !

  • @Eric

    C'est vrai que les indépendants, du moins ceux qui réussissent à dégager un bénéfice et il n'y en a pas beaucoup, peuvent parfois oublier de déclarer une rentrée d'argent. Mais est-ce que cet avantage compense vraiment le risque très réel qu'ils courent de perdre leur maison, s'ils l'ont hypothéquée pour tenir à flot leur petite entreprise ? ou leur femme et leur famille, s'ils doivent déposer le bilan ? Et je ne parle pas de leur caisse de pension, que la plupart ont dû vider pour se mettre à leur compte.

    Il faut montrer tous les éléments de la situation Éric, pas un seul aspect des choses.

  • Dans la vie professionnelle il y a d'une part les "productifs" et, de l'autre, les "improductifs" Les "productifs" sont les employés et les patrons du privé, ils alimentent la caisse de l'état par leurs impôts. Les "improductifs" sont les fonctionnaires qui sont entièrement à la charge des "productifs. Les "productifs " paient donc également la retraite des "improductifs" puisque l'Etat reprend une partie du salaire des "improductifs" pour alimenter la caisse de retraite. Dans le fond, les "improductifs" ne sont rien d'autre que des assistés ! D'autre part ils sont beaucoup trop nombreux. La preuve ? A Genève, 500.000 habitants et 50.000 fonctionnaires (je ne parle pas des frontaliers fonctionnaires!) et à Zurich 1.000.000 d'habitants et 25.000 fonctionnaires ! Cherchez l'erreur !

Les commentaires sont fermés.