De minimis non curat praetor

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Sur le vif - Jeudi 29.10.20 - 14.52h
 
 
Plus le Conseil d'Etat multiplie les conférences de presse, plus il s'enfonce dans les détails des ordonnances et directives.
 
On ne s'adresse plus à ses membres comme à des ministres de la République, même pas comme à des chefs de service, ni même comme à des sous-chefs.
 
Non. On leur demande des gloses, exégèses ou didascalies, ou notes en bas de page (comme dans les choix d'édition des textes grecs et latins, une variante plutôt qu'une autre, jouissance des philologues), sur des règlements d'application qu'ils n'ont même pas rédigés eux-mêmes.
 
Trop communiquer, trop détailler, c'est descendre chaque fois d'un cran. De minimis non curat praetor.
 
A cet égard, et sans vouloir porter ombrage à l'intéressée, disons que la tournure d'esprit très pointilliste de la nouvelle Présidente ne facilite pas, pour un an, l'esprit des synthèse et la clarté d'ensemble nécessaires à une communication gouvernementale.
 
 
Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Il y a, dans le domaine de l'aviation, ce principe fondamental exprimé par trois verbes indiquant l'ordre de priorité des soucis d'un pilote: aviate, navigate, communicate. Le premier verbe n'ayant pas de bon équivalent en français (contrairement aux deux derniers), on utilise les trois verbes en anglais.
    Aviate: c'est faire en sorte que l'avion vole, se maintienne en l'air.
    Navigate, c'est faire en sorte de savoir où l'on se trouve, à quelle altitude, à quelle vitesse, et ou l'on va, en anticipant les manoeuvres à venir.
    Communicate: c'est dire au contrôle aérien, ou à d'autres appareil, qui on est, où on est, où on va, etc.; et c'est très cours.
    C'est un principe qui s'applique à toute activité humaine bien menée.

  • @ Raphaël Baeriswyl

    Une fois de plus les mots justes.

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