Réflexions sur l'uniformité de la presse en Suisse romande

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Sur le vif - Mardi 10.11.20 - 12.40h
 
 
Depuis l'âge de seize ans (Watergate, 1974), je m'interroge sur l'unanimité de la presse romande en faveur des Démocrates.
 
Il y a deux grands partis, depuis deux siècles, aux États-Unis, les Démocrates et les Républicains. Chacun a donné au pays son lot de grands hommes, de grandes lois, de grands Traités internationaux.
 
Malgré cela, la presse romande roule systématiquement pour les Démocrates.
 
Entre 1969 et 1974, elle n'a cessé de noircir Richard Nixon, et cela avant Watergate, passant sous silence ses percées diplomatiques avec la Chine, l'URSS et le Proche-Orient. L'ouverture de son administration au monde arabe lui a donné une capacité d'arbitrage que les États-Unis, dans cette région, n'ont plus depuis longtemps. Les Accords de Paris, scellés par Kissinger, ont permis la fin du pire psychodrame vécu par les États-Unis depuis 1945 : la guerre du Vietnam. Un conflit commencé (comme presque toujours dans l'Histoire américaine) par des Démocrates (Kennedy, Johnson), terminé par le Républicain Nixon.
 
Malgré ces faits historiques, objectifs, vérifiables, la presse romande ne cessait de noircir Nixon.
 
La presse romande a encensé Jimmy Carter, Démocrate. Elle a flingué pendant huit ans le Républicain Ronald Reagan. Plus tard, elle est entrée en pâmoison face au Démocrate Obama, refusant par exemple de prendre en compte son incroyable bellicisme pendant huit ans. Puis, elle a passé quatre années à vomir le Républicain Trump. Déjà, elle sanctifie le Démocrate Biden et jouit d'extase devant l'icône Kamala Harris.
 
Pourquoi cette systématique pro-Démocrate ? Plusieurs clefs d'explication. La presse romande, à dominante de centre-gauche, s'imagine (à tort, à bien des égards) que les Démocrates américains, c'est la gauche. Alors que les plus ultra-libéraux, les plus dérégulateurs, les plus féroces libre-échangistes, se trouvent souvent dans leurs rangs.
 
Et puis, les Démocrates, c'est le parti des icônes. Roosevelt, assurément l'une des plus grandes figures de l'Histoire américaine, qui a relevé l'économie avec le New Deal, puis gagné la Seconde Guerre Mondiale. Kennedy, le beau John, figure de cinéma, destin de légende. Qu'il fût le premier à mettre le doigt dans l'engrenage du Vietnam (avec des dizaines de milliers de "conseillers militaires" américains envoyés sur place), n'émeut pas une seule seconde nos beaux esprits. Une icône, on la juge sur la couleur, la dorure, la flamboyance, pas sur le contenu.
 
L'icône Kennedy. L'icône Obama. Et maintenant, l'icône Kamala Harris. Trois exemples, où la pâmoison l'emporte sur le jugement, le besoin de sanctifier précède le sens critique, la mise en vedette s'opère sur le modèle des stars d'Hollywood.
 
Les Républicains, parti plus rugueux, plus provincial dans ses attaches profondes, moins urbain, moins onirique dans ses références, se prêtent moins à l'iconographie. Leurs héros surgissent souvent d'une Amérique profonde qui rappelle davantage les romans de Steinbeck, avec leur noirceur et leur misère, que les rêves en Technicolor. Lisez la biographie du jeune Richard Nixon, dans l'avant-guerre, le rôle des Quakers dans sa formation, l'austérité de son entourage, vous saisirez beaucoup de choses. On est loin des romans de Scott Fitzgerald.
 
La presse romande adore les Démocrates, déteste les Républicains. C'est un fait. Et c'est d'ailleurs son droit le plus strict. Ce qui est intéressant, c'est de comprendre pourquoi. De quelle matrice intellectuelle, culturelle, linguistique, sortent les journalistes romands ? Quels films, quels livres, les ont-ils fait rêver ? Quels livres d'Histoire ont-ils lu ? Quelle musique écoutent-t-ils ? Quels maîtres, ou quels gourous, ont-ils suivi ? D'où leur vient cette fascination pour la langue anglaise, au détriment (par exemple) de l'allemand, de l'italien, langues nationales suisses ? Et pourquoi pas le grec, l'arabe, le russe ? Pourquoi diable leur vision du monde paraît-elle à ce point uniforme, alignée, formatée ? Ces questions s'appliquent aux États-Unis d'Amérique. Mais, tout autant, à l'Union européenne. A l'idée de nation, de patrie, de souveraineté, d'indépendance. Au binôme protectionnisme / libre échange.
 
Résoudre le problème de la désespérante uniformité idéologique de la presse romande, c'est s'attaquer à toutes ces questions-là. Et bien d'autres encore. Elles sont, au fond, infiniment plus culturelles que politiques. Pour comprendre, il faut aller chercher la matrice intellectuelle. Ce qu'elle a pu avoir, depuis des décennies, de séduisant. Mais aussi, de terrorisant, par le modèle unique qu'elle n'a cessé d'imposer.
 
 
Pascal Décaillet
 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 9 commentaires

Commentaires

  • Merci Monsieur Décaillet. La presse romande soutient aussi ce qui est très bien décrit dans l'article suivant:

    https://www.lefigaro.fr/vox/monde/rod-dreher-notre-nation-americaine-est-en-train-de-se-desagreger-20201105

    "... l’Occident, plongé dans la décadence post-moderne"

  • "La presse romande adore les Démocrates, déteste les Républicains. C'est un fait. Et c'est d'ailleurs son droit le plus strict."

    Oui, mais pas la RTS ! Or, la RTS (la rsr est encore pire que la tsr) est une usine à propagande de la gauche bobo mondialiste, de désinformation (Rien sur les fraudes aux élections US par ex.) et de fake news (Déclarer que Biden est élu par ex.). C'est tout simplement inadmissible, antidémocratique, scandaleux !

  • On devrait obliger légalement la RTS à diffuser cette vidéo claire et impartiale sur les fraudes pour bien montrer à tous à quel point tous nos "journalistes" nous mentent:

    https://www.upr.fr/actualite/biden-president-la-reaction-de-francois-asselineau/

  • Dur dur, de faire avancer le Schmilblic en citant certaines sources et références… Mais !!!

    On sait que nos adversaires mondialistes usent de toutes les ficelles pour décrédibiliser et museler la parole de leurs opposants.

    On a bien compris que leur arme de prédilection, sont ces mots qui tuent, que Michel Onfray rappelle de temps en temps sur les plateaux télé, pour caractériser leur degré de crétinerie et de perfidie: "populiste" (comme couillon de patriote), "nazi", "fasciste" en référence à Hitler, "homophobe" et "islamophobe, ou encore "antisémite" etc., etc.).

    Donc... c'est clair qu'un lien vers Marion Maréchal, Robert Ménard ou une déclaration de François Asselineau, c'est du pain béni pour leur catéchisme.

    Même si Asselineau peut être gonflant avec sa posture "pompeuse"; parfois, il ne dit pas que des conneries.

    Et Steve Bannon, le "pestiféré" ex-conseiller de Donald Trump; il ne radote pas, loin de là !

    Ici une interview du personnage, véritablement éclairante sur la vision du monde selon Donald Trump, réalisée par le Figaro-Magazine:

    [ https://bit.ly/3eHKa9i ]

    « Steve Bannon: «Les peuples n’ont pas besoin de moi pour détruire les partis au pouvoir dans leurs pays »

  • "On devrait obliger légalement la RTS à diffuser cette vidéo claire et impartiale"
    Je serais curieux de connaitre votre définition de l'impartialité.

  • La RTS est devenue un outil de propagande anti Trump. Rappelez vous comme elle s'est acharnée sur lui en le faisant passer pour un goujat. Je viens seulement d'apprendre après toutes ces années de pseudos informations télévisuelles que Biden avait un goût très prononcé pour la jeunesse et qu' 'il avait d'ailleurs été accusé pour des gestes déplacé, de nombreuses vidéos en attestent. Avec ce qui se passe à la RTS on comprend mieux pourquoi ça n'a pas passé le filtre.

  • Il y a effectivement une certaine uniformité, déjà parce que beaucoup de journaux disparaissent et que tous ceux qui restent sont plus ou moins à la même enseigne, ou presque.
    Mais votre description des républicains comme des sortes de pacifistes est un peu exagérée. Vous dites souvent que Trump n'a fait aucune guerre, mais c'est faux. Il a continué à faire la guerre en Syrie, puis il a laissé tomber les Kurdes, les livrant en somme à la Turquie. Il a déclenché une guerre commerciale avec la Chine, une guerre par taxes interposées avec l'Iran qui appauvrit beaucoup ce pays, une guerre contre les migrants dont il place des petits enfants en détention sans leurs parents, une guerre contre l'OMS, et une guerre intérieure par milices interposées. Je trouve que c'est un ex-président belliqueux, ne serait-ce que dans son vocabulaire, sa rhétorique. Combien de familles américaines sont entrées en guerre - ne se parlent plus, se déchirent, se déshéritent, etc. - depuis sa présidence ? Maintenant, il est entré en guerre contre un scrutin démocratique...
    Mais il a eu un moment de lucidité, quand il a résisté à la pression de lâcher des bombes sur l'Iran. C'était son meilleur moment présidentiel. Il y a guerre et guerre, certes, mais il faut nuancer le tableau. C'était un président impérialiste, mais isolationniste. Les isolationnistes font peu de vraies guerres dans le sang. Ils la font autrement.

  • @P.S!

    Asselineau confirme ce que nous avons dénoncés depuis le début des élections. Et prends plaisir à poster le résumé de cette vidéo on ne peut plus claire et impartiale :

    Biden Président ? La réaction de François Asselineau
    9 novembre 2020 Actualité, États-Unis

    L’élection – annoncée seulement par les médias – de Joe Biden comme président des États-Unis pose de nombreux problèmes sur lesquels François Asselineau porte un regard lucide.
    Il attire notre attention sur des sondages erronés qui font penser à des prophéties autoréalisatrices, sur des suspicions de fraudes, sur la proclamation des résultats très largement anticipée par les médias occidentaux alors que rien n’est officiel et que de nombreux soupçons de fraude vont désormais faire l’objet d’enquêtes judiciaires. Puis il dresse le portrait des deux candidats et s’interroge sur les réactions des politiques français.
    Biden président ? La réaction de François Asselineau sur YouTube

    01:52 Les sondages
    04:16 Le score de Donald Trump
    06:11 Soupçons de Fraudes ?
    17:06 Annonce anticipée des résultats
    27:31 Portrait de Joe Biden
    36:13 Personnalité de Donald Trump
    44:13 Réactions des politiques
    48:36 Conclusions

    Déroulement des élections
    Les sondages favorables à Biden

    François Asselineau dénonce les sondages qui donnaient une large avance à Joe Biden alors même que les résultats dans les urnes sont beaucoup plus serrés qu’ils ne l’avaient annoncés. Cet écart entre les sondages et la réalité pourrait suggérer qu’ils relèvent de prophéties autoréalisatrices plus que de l’information objective du public.
    Les soupçons de fraudes des démocrates

    Le président en titre des Etats Unis dénonce des fraudes massives. Un site internet français de soutien à la candidature de Donald Trump met en ligne le détail de ces fraudes . François Asselineau vous invite à visiter cette page pour vous faire votre propre opinion.

    Il s’était d’ailleurs inquiété le 5 novembre des violences que de telles fraudes étaient susceptibles d’entrainer dans un pays où les armes circulent librement.
    Annonce anticipée des résultats par les médias occidentaux

    Dans ce climat de suspicion et alors même que l’élection du président américain par les grands électeurs n’aura lieu que le 14 décembre prochain, les médias occidentaux n’hésitent pas à proclamer la victoire de Joe Biden. On peut s’interroger sur les raisons de cette unanimité de tous les médias américains et plus généralement occidentaux.

    François Aselineau s’était d’ailleurs étonné le 7 novembre dernier de la précipitation avec laquelle les médias français avaient annoncé cette victoire de Joe Biden.
    Portrait de Joe Biden

    François Asselineau évoque le bilan de la mandature Obama-Biden à juste titre puisque Biden était le vice président d’Obama. Il s’interroge également sur la pertinence de la candidature d’un candidat de 78 ans soumis aux intérêts de l’oligarchie.
    Personnalité de Donald Trump

    Sans défendre la personnalité fantasque de Donald Trump, François Asselineau souligne que le sort des Américains les plus fragile s’est amélioré au cours du mandat de celui que tout le monde nous présente comme le candidat des riches.

  • Autre exemple : Je me rappelle quand Helmuth Kohl est arrivé au pouvoir (Chancelier de la RFA). Les merdias l'ont présenté comme un quasi-demeuré mental. Puis, soudainement, lorsqu'il s'est avéré être un UE-turbo, les mêmes merdias, hystérico-mondialistes, ont commencé à décrire ce même Kohl comme un Génie, un Dieu...

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