Covid : un peu de respect, SVP !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 11.11.20

 

Voilà un sacré bout de temps que j’alerte l’opinion publique, ici et ailleurs, sur les tonalités rugueuses avec lesquelles, du haut de la hiérarchie sanitaire cantonale genevoise, on s’adresse aux personnes qui doivent se placer en isolement. On leur parle comme à des pestiférés ! La circulaire, venant de la Direction générale de la Santé, et intitulée « décision de placement en isolement » rappelle des périodes qu’on espérait révolues. Je ne conteste en aucun cas, ici, le fond de l’affaire, et invite chacun d’entre nous à se conformer aux règles. Mais nous sommes des citoyennes et des citoyens, pas des lépreux errants des temps médiévaux, avec leurs clochettes, et nous avons droit, quand on nous parle, à un minimum de respect.

 

Ce minimum, la circulaire le piétine. Il faut voir comme on nous parle, comme le chante si bien Souchon, il faut soupeser toute la morgue dont l’autorité (sanitaire, en l’occurrence) peut faire preuve, lorsqu’elle se sent supérieure, s’adresse à nous d’en haut, cautionnée par une autorité politique de tutelle qui semble fermer les yeux. La circulaire est libellée exactement comme un acte juridique : « En fait », « En droit », puis… « Par ces motifs, la Médecin cantonale décide de l’isolement de Monsieur X, Madame Y, etc. ». Un peu plus loin, il vous est signifié, de manière encore plus charmante, que « si la mesure n’est pas suivie, elle peut être exécutée par voie de contrainte, notamment par un transfert dans un autre lieu approprié, si nécessaire avec l’appui de la police cantonale » !

 

Cette circulaire est un scandale. A qui s’adresse-t-on ? A des malfaiteurs, des gens qui ont transgressé la loi, pulvérisé des records de vitesse sur les routes ? Non ! On s’adresse à des hommes et des femmes libres, contribuables (et payant en cela le salaire des fonctionnaires), qui n’ont rien fait du tout, si ce n’est que le destin, le hasard de cette saloperie de virus est tombé sur eux. De quoi être inquiet, fragilisé ! Le moindre des choses serait de s’adresser à eux comme un médecin à des patients, avec respect, empathie. Et non comme un garde-chiourme. J’aimerais bien avoir en face de moi l’auteur de cette circulaire, pour lui dire ce que je pense, pas vous ?

 

Cette lamentable affaire doit nous amener à réfléchir. Sur la nature du pouvoir – tout pouvoir, d’où qu’il vienne – mais aussi sur le sentiment d’impunité qui semble habiter certaines hautes strates de la fonction publique, lorsqu’elles parlent aux administrés. Mais encore, sur la complicité ou l’aveuglement de l’autorité politique de tutelle : cautionne-t-elle ce ton, oui ou non ? Quant à la noirceur du pouvoir, elle est partout. Y compris – nous le découvrons, à la faveur de cette crise – dans le milieu des médecins. On avait déjà pas mal entendu parler de la verticalité des mandarins. Il nous reste à nous confronter aux pépins malvenus des mandarines.

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 15 commentaires

Commentaires

  • Cher Monsieur
    Merci pour cette prise de position. Je suis entièrement de votre avis et vous soutiens sur la dénonciation du manque d'empathie envers les citoyens, de la part de certains membres de l'administration cantonale. J'ai vu, lors de votre émission sur Léman Bleu, quand vous avez abordé cette question, que vos quatre interlocuteurs politiques, ont tous botté en touche, pour ne pas répondre à votre question.

  • Merci Monsieur Décaillet

  • Bravo !

    La comparaison avec les lépreux est très juste. Ca me fait toujours penser à cette petite chapelle à Lausanne, juste à côté du giratoire de l'autoroute à Vidy: la ''Maladière''. C'est là qu'au moyen-âge on isolait, et confinait d'autorité les lépreux.

    Eh bien voilà ou nous en sommes. Nous sommes gouvernés par des progressistes et tout ce qu'ils ont trouvé de mieux à faire face à une épidémie, en guise de progrès, c'est de nous faire reculer mille ans en arrière, en nous flanquant tous collectivement dans une maladière, comme au onzième siècle.

    Bonjour les progressistes....!

    A part ça, félicitations pour les pépins de mandarines ! C'est une trouvaille.

  • Effectivement, cette rédaction est loin d'être agréable, voire sèche.

    La rédaction me fait penser à un jugement, lequel donne un délai pour déposer un recours auprès des autorités compétentes. J'espère que tel est le cas !

    Or, on ne parle pas de procès mais de personne(s) infectée(s) qui doit/doivent se mettre en retrait de toute vie publique et familiale, ce qui n'est pas la même chose !

  • LA Pythie cantonale n'est que médecin, elle a probablement comme beaucoup d'entre nous quelques notions de droits, celles qui nous ont été enseignées au collège ou dans les hautes écoles.
    A votre avis qui est derrière cet ordre de mise en isolement si ce n'est le matamore Mao rôt Pot Giap ou un de ses sbires juristes?

  • Sans oublier que l'on ne vous dit pas ce que vous devez faire pour vous soigner. C'est "Démerdez-vous!"

  • « Sans oublier que l'on ne vous dit pas ce que vous devez faire pour vous soigner. »
    Remarque pertinente !

    En somme, c'est: soit vous restez enfermés en attendant que ça passe tout seul... soit vous finissez dans ces soins intensifs qui vous préparent pour le cimetière.

  • Et quand on pense que c'aurait été très facile d'éviter tout ça, en soignant les gens selon la méthode du professeur Raoult. L'Algérie l'a fait, l'Algérie est sortie d'affaire.

    Mais non, nos autorités à nous sont à la solde de Big Pharma, et Big Pharma ne veut pas qu'on soigne les gens avec des molécules anciennes et pas chères. Par conséquent on nous confine dans une Maladière et on sacrifie l'économie.

    Sur les tombes de ceux qui sont victimes de ce scandale historique, il faudrait écrire :"Big Pharma m'a tuer..."

  • N'attendez pas de respect des fonctionnaires ! Le seul truc qui les intéresse c'est leur salaire en fin de mois !

  • Si on nous le dit: "restez à la maison et prenez du Dafalgan" (source: des proches) Ce qui fait que les personnes réellement vulnérables ne seront pas soignées à temps de façon efficace et y iront grossir les statistiques.

    Pourtant, le bien connu docteur Patrice Pelloux nous dit ceci:

    https://www.youtube.com/watch?v=pPlZ8PIykYI

    Il y a là un scandale sanitaire et sociétal qui, bizarrement, n'intéressent pas les journalistes (les mêmes qui nous répètent que Biden est déjà élu).

  • Yvan a raison et, de plus, il ne faut pas les faire travailler sinon ils se plaignent et le "chef" est viré ! Maudet a été viré parce qu'il a exigé que les fonctionnaires de son mini-département bossent ! Ce n'est pas prévu dans le CCT !!!

  • "Et quand on pense que c'aurait été très facile d'éviter tout ça, en soignant les gens selon la méthode du professeur Raoult. L'Algérie l'a fait, l'Algérie est sortie d'affaire." (JL)


    L'hallucino-Monde semble s'époumoner en racontant le contraire ...

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/11/12/coronavirus-record-de-contaminations-en-algerie-avec-753-nouveaux-cas-en-vingt-quatre-heures_6059460_3212.html

  • Merci Monsieur Décaillet de mettre le doigt sur cet abus de pouvoir non dans le fond mais dans la forme... péremptoire et irrespectueux.. pour ce courrier aux termes juridiques sans aucune empathie pour les malades dont une bonne partie risque ou à risqué sa vie dans l'aventure... ce courrier ressemble à un acte juridique où le covidiens serait jugé pour un délit qu'il n'a pas commis... puisqu'il n'y a pas de délit mais juste une malchance d'avoir été contaminé en dépit de toutes les mesures appliquées en bonne et due forme pour la majorité d'entre nous qui l'avons attrapé malgré tout. Ce courrier est une honte dans un pays démocratique comme le nôtre où le gouvernement prend des mesures drastiques pour protéger ses sujets sans considération aucune pour l'épreuve traversée par ses victimes!

  • Une décision est un acte juridique qui doit respecter certaines formes. Mais rien n'interdit de mettre la formes dans les formes. Rien n'impose d'indiquer le mode de procéder en cas d'inexécution (police, amende). Rien n'interdit de donner des recommandations médicales et pratiques d'ordre général.

    Pour être notifiée en une forme électronique, il convient que l'administré ait auparavant expressément accepté ce mode de notification. Il peut d'ailleurs changer d'avis et annuler son accord à ce mode de notification. Rappelons qu'il appartient à l'administration de rapporter la preuve de la réception de toute décision et non de son seul envoi.

    Quant à la forme électronique choisie, il faudrait se référer à un règlement publié et à une directive de l'office cantonal qui n'est pas publiée, mais cela ne peut pas être un simple mail au vu de ce que la décision comporte des données sensibles (médicales). De plus, au delà de ce problème de protection des données, se pose la question de savoir si les données communiquées par mail proviennent du prétendu émetteur et si elles n'ont pas été modifiées en cours de route.

    Une décision notifiée à tort par voie électronique est entachée de nullité. En français, elle n'existe pas. L'administré est fondé à saisir la justice pour en faire constater la nullité et, à titre subsidiaire, son annulation si la décision existe mais est infondée (si elle parvient 30 jours après, par exemple). Il n'y a pas à parloter avec cette administration poggiesquement incapable, qui a eu des mois pour se préparer, et qui ne vous a pas donné les moyens de faire valoir vos explications avant de décider (autre motif de recours), il faut (faire) saisir la Cour de justice par écrit.

    La décision étant nulle, c'est-à-dire inexistante, la menace d'exécution forcée par la police est un acte de contrainte qui tombe sous le coup de l'article 181 CPS. Il faut en informer par écrit Poggia et quelques autres personnes. D'ailleurs, constatant la nullité d'une décision qui lui serait déférée, il appartiendrait à la Cour d'en informer le Procureur général. Et si ces personnes ne mettent pas fin à ces procédés, elles devraient être dénoncées (surtout si on est victime) au Procureur général. Le Grand Conseil pourra toujours couvrir Poggia en maintenant son immunité, mais pas les autres personnes qui n'en bénéficient pas.

    La notification par simple mail mérite aussi que l'on fasse constater le caractère illicite du procédé sous l'angle de la protection des données.

    Je ne pense pas que tout ce chenil soit imputable à la préposée sanitaire cantonale (PSC), qui a d'autres chats à fouetter et qui, techniquement, à l'immense avantage d'être plus compétente que son prédécesseur.
    Sauf sur un point, il faut informer correctement le destinataire, plus exactement donner des indications sur la manière de procéder pour sa santé. Certes, en premier lieu la police sanitaire protège contre la propagation de l'épidémie, mais elle doit de respecter les droits fondamentaux, tel le droit constitutionnel à la vie du destinataire de la décision.

    Par contre, cette impréparation est largement imputable à Poggia et à certains de ses sbires. Certes, si on avait suivi les demandes de Poggia, on aurait été moins débordé. Mais il ne pouvait pas postuler que les 6 autres allaient le suivre les yeux fermés. Il s'est vu dictateur (dans le sens romain).

  • Cher Monsieur Décaillet,
    Merci pour cet article qui fait appel au savoir vivre et diplomatie suisse tant vénérés. D'autant plus que beaucoup de personnes à recevoir ce courrier sont logiquement les personnes agées.
    Mettez les formes nos cher fonctionnaires svp!
    J'espère que votre article sera lu et compris par les personnes compétentes.
    Merci d'être notre voix!
    Excellente journée
    Ana

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