La voix du pouvoir, à l'état pur !

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Sur le vif - Jeudi 18.12.20 - 18.01h
 
 
Titres Forum : "Nous demanderons à la Présidente de la Confédération si ces mesures vont assez loin".
 
Il leur faut quoi ? Mettre la planète sous clef ? Entrer tous en hibernation jusqu'en l'an 30'000 ?
 
Et l'interview de Simonetta Sommaruga, derrière, est tout simplement délirante. Et, juste dans la foulée, une membre de la "task force". Et on en remet une couche : "Ces mesures sont-elles vraiment suffisantes ?".
 
Plus royalistes que le Roi !
 
La voix du pouvoir, à l'état pur !
 
La RTS a-t-elle été officiellement investie de la mission métaphysique et morale de confiner l'univers ?
 
Qui, dans notre pays, se soucie encore des petits entrepreneurs ? Pas les nababs ! Les petits ! Les tout petits ! Faudra-t-il lancer, dans la Suisse de 2021, un mouvement de type poujadiste, comme dans la France de 1956 ? Va-t-il vraiment falloir que nous nous fâchions ?
 
La RTS, et autour d'elle les courtisans du pouvoir, à Berne et dans les Cantons, éprouvent-ils la moindre empathie pour les dizaines de milliers de cafetiers, restaurateurs, commerçants, indépendants, touchés par les décisions de magistrats exécutifs dont le salaire, qu'il pleuve ou qu'il vente, tombe à la fin du mois ?
 
Telle est ce soir ma colère. Comme citoyen (je ne revendique aucun autre titre, aucune autre qualité). Mais aussi, comme petit entrepreneur, qui se bat depuis quinze ans pour sa boîte. Et qui dit sa solidarité à tous ceux qui se lèvent le matin. Et qu'on empêche, d'un ukase, d'aller bosser.
 
Comme citoyen. Mais au fond, comme homme libre, tout simplement. Libre de ses paroles. Libre de ses positions. Et que personne, jamais, n'empêchera de s'exprimer. Personne ! Et surtout pas le pouvoir en place.
 
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 19 commentaires

Commentaires

  • Mais que recherchent ces journalistes promoteurs d'une lourde dictature sanitaire ?
    Est-ce seulement l'ivresse du pouvoir ou ont-ils un agenda caché, influencé voire dicté, par de puissants groupes de pression sanitaire et politiques ?

  • https://www.snb.ch/fr/iabout/snb/annacc/id/snb_annac_balance

    Bilan de la BNS en décembre 2019, plus de 890 milliards de francs suisses.

    A fin 2020 on doit fuser encore au-delà.

    Et si, exceptionnellement, on indemnisait tous ces braves entrepreneurs indépendants,
    ne serait-ce une bonne façon de leur manifester la reconnaissance du pays, ainsi que l'occasion de leur permettre à eux aussi de se placer temporairement à l'arrêt jusqu'à la survenue de jours meilleurs ?

  • RTS, la voix du pouvoir PROFOND mondialiste, son organe de propagande en Suisse. Pour preuve, notament, la désinformation TOTALE concernant Trump depuis 2016 et le black out ABSOLU à propos des fraudes massives lors de l'élection 2020.
    Autre preuve (il y en a tant), la stratégie évidente de la RTS d'induire la terreur du Covid dans la population (cela marche d'ailleurs). Créer ainsi les conditions pour le Grand Reset vers l'Agenda 2030, c'est-à-dire le Nouvel Ordre Mondial communiste à gouvernance mondiale prévue de longue date.
    Attachez vos ceintures pour 2021...

  • Comme le dit, ce médecin intervieuwé, ces tyrans devront, un jour, répondre de leurs actes et rendre des comptes.


    https://www.limpertinentmedia.com/post/notre-gouvernement-n-est-plus-d%C3%A9fenseur-des-valeurs-fondamentales-de-notre-soci%C3%A9t%C3%A9?postId=5fdcc26054f20a00171c030e

  • Voyons les choses froidement en face…

    La monstre trouille de M. Berset, c’est que le système sanitaire est à un cheveu de la rupture.

    Que se passe-t-il ?
    On en est au stade où un soignant sur trois (voire plus) est atteint du virus. Et dans les services, il se chuchote que des chefs recommandent à leurs collègues de ne surtout pas se faire tester. Car un surplus d’arrêts de travail pour raison de quarantaine, aboutirait fatalement à un verrouillage complet de la prise en charge des malades Covids et non Covids… la clé sous la porte, faute de personnel, simplement.

    Et le pompon, la cerise sur le gâteau pour les soignants victimes: leur arrêt n’est bien sûr pas considéré comme accident de travail, ni comme arrêt maladie, au sens pécuniaire. Mais qu’importe, d’autres personnels et indépendants sont aussi touchés sérieusement par la crise. Mais il y a quand-même de la mesquinerie dans l’air, de la part de ceux qui ne seront jamais impactés par quoi que ce soit. Raisons invoquées en haut par les directions: « impossible d’être contaminé dans l’hôpital, toutes les mesures nécessaires et légales sont mises en oeuvre». On voit bien par cette posture, que dans les «hautes sphères», on théorise au lieu de s’imprégner du concret de celles et ceux qui font le vrai travail: efficacité et qualité des soins.

    Avez-vous vus les soignants comme ils sont «costumés», à cause de ce virus ? Masques, bonnets, lunettes, gants, sur-blouses, sur-pantalons, etc… On voit bien que tout ça ne protège pas à 100%. Pas davantage qu’un gilet pare-balle pour un policier. Imaginez-le, victime d’un coup de feu d’un truand. Blessé et en arrêt de travail; la hiérarchie lui dit: «Ah, non, pas accident de travail, ni autre chose… vous aviez un gilet pare-balle».

    Autre gros problème, chaque malade qui entre à l’hôpital (accidenté, non-Covid ou autre) court désormais le risque majeur d’y être infecté. De nombreuses personnes décédées récemment dans les hôpitaux, suite à des pathologies irréversibles, ont en prime été infectées par le virus.

    On réalise que pour les statistiques, c’est « mieux » de mourir de Covid19 que d’autre chose, ça permet de justifier cette mise sous cloche sociale chaotique.

    Pourquoi cette saturation ?
    Notre système de santé n’est pas dimensionné pour répondre à une pandémie de ce type. Il ne l’est d’ailleurs déjà plus pour répondre à la situation démographique actuelle du pays. En temps normal, il faut compter plusieurs heures d’attente aux urgences pour des blessures légèrement à moyennement graves. Ces dernières années, des lits ont été supprimés dans les hôpitaux pour faire des économies…

    (Les responsabilités de cette situation catastrophique seront à instruire sérieusement après la crise. Inutile d’en rajouter pour l’instant. On le fera calmement après…)

  • Selon Berdoz, vice-président de l'USAM, il faut laisser les troquets ouverts puique ceux qui meurent du covid-19 ont fait leur temps. Il semble ignorer que l'espérance de vie d'une femme de 80 ans n'est pas de zéro an, mais de l'ordre de 9 ans. Mais bon, comme il défend les troquets, spécialistes en distribution d'une drogue légale et létale, il ne faut pas lui en demander trop. Quant à Niedegger, UDC, ancien de la secte Moon, qui se rallie à ce point de vue inhumain, qu'il se rende avec sa blonde et délinquante (condamnée pour ivresse au volant) collègue Conseillère nationale boire un canon au bistrot (de l'eau minérale pour elle) ! La vie de Berdoz ou de Niedegger n'a ni moins ni plus de valeur que celle d'un vieillard.

    Tout ce petit monde semble ignorer que les troquets ont une espérance de vie limitée, le nombre de faillites ou de ventes en catastrophe juste avant faillite dépasse 25 % an à Genève. Espérance de vie limitée. Ils ont fait leur temps. Les tenants de la sélection naturelle ne me contrediront sans doute pas.

    Cette année a connu un nombre anormalement bas de faillite. Il faut arrêter de distribuer de l'argent, notre argent résultant d'emprunts de la Condéfération et non d'opérations de change de la BNS, à des entreprises zombies qui, de toutes les manières, auraient fait faillite. Pas plus qu'il y a lieu de maintenir en vie celles qui n'auraient pas fait faillite mais que des modifications structurelles ont rendues vouées à la faillite. J'imagine que les adeptes de la sélection naturelle, notamment ceux de l'USAM dont fait partie Gastrosuisse, ne me contrediront pas.

    Non, désolé la vie d'un être humain vaut plus que celle d'un bistrot. Bistrots qui emploient des Gastarbeiter sous-payés qui, de ce fait, paient peu d'impôt et sont entretenus à longueur d'années par ceux qui en payent. Les bistrots sont des subventionnés à longueur d'année. La diminution du nombre de bistrots n'est pas forcément malvenue.

    Et les employés Gastarbeiter ? A la maison ! L'ALCP ne s'y oppose nullement pour les indépendants et ne fait que ralentir le départ pour les salariés, et encore pour les salariés résidents.


    @ Pétard

    Il est possible que les hôpitaux soient sous-dimensionnés et sous-staffés. Mais il n'est pas possible d'y remédier du jour au lendemain, alors il faut faire avec. D'ailleurs, seriez-vous d'accord de payer plus d'impôts pour les agrandir ?

    @ Marlène Dupraz

    Tyran : Souverain despotique, injuste, cruel.

    Délire : Perte du sens de la réalité se traduisant par un ensemble de convictions fausses, irrationnelles, auxquelles le sujet adhère de façon inébranlable

  • @ Petard

    "On en est au stade où un soignant sur trois (voire plus) est atteint du virus."
    J'imagine que vous voulez écrire est ou a été atteint.

    Quelle est votre source ?
    Est-ce beaucoup plus que la population générale ?
    Qu'est-ce qui vous permet de déterminer le taux d'infection survenu dans l'hôpital hors la cafétéria ou la salle de réunion ?

    En ce qui me concerne, je préfère me promener dans un hôpital avec un FFP3 et des lunettes, peut-être une charlotte (loin d'une tenue d'astronaute) que d'aller m'exposer aux postillons et à l'aérosolisation dans une salle mal ventilée !

    Je ne parle bien évidemment pas des lieux où l'on intube ou on pratique une VNI.

  • La voie du pouvoir sauveur : Berset

    Je n'ai pas pris connaissance de l'autorisation de Swissmedic qui n'a aucune existence juridique puisque n'ayant pas été publiée (l'usage de ce vaccin demeure donc à ce jour interdit). C'est le monde des communiqués de presse.

    Tiens, j'y pense. Swissmedic c'est cette institution indépendante qui a autorisé le remsdivir en pour soigner le covid-19 en date du 23.11.2020 ?

    Swissmedic aurait octroyé une autorisation ordinaire alors que les autres agences (US et UK) se contentent d'autorisation-urgente-limitées-compte-tenu-de-la-situation. Swissmedic arrive à éliminer, sur les mêmes données que les autres, ce qu'il n'est pas possible d'éliminer aussi vite avec si peu de données, dixit la Prof. Siergist, à savoir les troubles-immuns.

    Une pareille précipitation ne peut qu'inspirer la défiance.

  • Monsieur Petard a écrit : " Que se passe-t-il ? "

    Ce texte d'une cruelle lucidité devrait être lu par des journalistes ayant la capacité d'aller dès aujourd'hui dans les hôpitaux afin de vérifier ces faits et d'ensuite les transmettre à la population afin que la peur et la confusion puissent se transformer en action et solidarité.

    Nous vivons l'aube d'une tempête aux conséquences potentiellement dévastatrices et les médias ont pour mission d'être le lien entre le réel caché et la population.

    Quant à l'avaricieuse attitude de ceux qui refusent de voir le désarroi de tant de travailleuses, travailleurs, indépendantes et indépendants, oui cela fait du monde... et refusent de les indemniser à cause de préjugés idéologiques, je n'ai rien à en dire, elle est vieille comme le monde.

  • On voit, dans cette crise, toute la différence - et elle est immense - entre ceux qui quoiqu'il arrive reçoivent leur salaire à la fin du mois et tous les autres pour qui la fermeture de leur négoce, le blocage de leur activité va signifier une mort lente, douloureuse mais presque inévitable !
    On vit dans un monde de fou où l'hyper protection sanitaire a pris le dessus sur toutes les autres considération comme si ne pas tomber malade, de ne pas mourir était le seul but de notre vie. Adieu la vie culturelle, la vie sociale, .... la vie tout court. Cet épisode restera le plus triste, lamentable, honteux de notre époque.
    Pour illustrer la vie facile des donneurs d'ordre qui touchent leur salaire à heure fixe, songeons à leur réaction si on décidait de ne pas payer leur salaire pendant 1 mois. Et je n'ose même pas évoquer plusieurs mois comme le subissent maints entrepreneurs.
    On voit bien que trop de décideurs politiques n'ont en fait jamais vraiment travaillé dans leur existence.

  • A l'honorable CEDH, partenaire de lectures ortho- et etho-doxales,

    Je reprends un argument de Yves Nidegger à Forum sur RTS-1 hier.

    https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/les-nouvelles-mesures-sanitaires-vues-par-les-politiciens?id=11816425


    Il avance le principe de Primum non nocere pour l'assimiler à l'un des devoirs du médecin qui s'énonce par « Face aux maladies, avoir deux choses à l'esprit : faire du bien, ou au moins ne pas faire de mal ».

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Primum_non_nocere


    C'est d'ailleurs le même principe Primum non nocere qui sert de fondement au "Principe de précaution" politique.

    https://www.who.int/ifcs/documents/forums/forum5/synthesepaper_precaution_ch_fr.pdf

    « Quand une activité présente une menace pour la santé de l’homme ou de
    l’environnement, des mesures de précaution doivent être prises, et ce, même si certaines
    relations de cause à effet ne sont pas clairement établies scientifiquement. »


    Pour être précis, vous êtes bien d'accord que le "confinement" en soi n'est pas une "activité", mais un ... état. Un état ... d'interdiction. Un état d'interdiction d'activités, pas de soi, pas les siennes, mais celles des autres, par la force publique qui sert d'arme aux autorités (pouvoirs politiques) publiques.

    Or cet état d'interdiction semble bien lui-même provoquer des morts prématurés, sans compter l'appauvrissement financier de leurs familles, surtout si les morts sont pauvres:

    https://www.ladepeche.fr/2020/12/08/cancer-jusqua-6000-morts-de-plus-en-raison-des-retards-de-diagnostic-avec-le-confinement-9245848.php

    A la fin de cette émission, Isabelle Moret demande à Yves Nidegger l'age seuil au dela duquel il faut que les autorités sanitaires (médecins ?, comptables d'hôpital ?, comptables d'assurance ?) refusent de poser un respirateur sur ces patients.


    Ainsi donc Madame Moret évoque l'au-dela, ... et un autre au-dela mal défini, ... en deça du premier au-dela.

    Ne faudrait-il pas alors fixer un âge seuil au dela duquel il faut aussi arrêter de soigner le cancer et les AVC en période de grippe et de rhume ?

    Ou ne faudrait-il pas alors diviser les hopitaux en deux, comme autrefois on divisait les sociétés en deux avec les colonies de lépreux, l'hopital pour traiter des maladies contagieuses, et l'hopital pour traiter des maladies non-contagieuses ?

    https://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_1974_num_62_222_7346

    Et le coronavirus d'être assimilé non à la grippe ou à la peste, mais à une maladie du corps ET de l'âme, par exemple la lèpre ou à la syphillis, qui nécessite un peu plus d'espace pour "confiner" les malades entre eux ?

    Est-ce que les enfants bulles doivent amener à interdire aux autres les bains de soleil par "justice sociale" ?

    https://www.sudouest.fr/2011/08/26/les-enfants-de-la-lune-483039-2192.php


    Ou à développer des thérapies génétiques que les autres devront aussi suivre, pour permettre à un très petit nombre d'enfants bulles inadaptés à la vie à l'air libre sur terre de sortir de leur bulle ?

    https://www.bbc.com/news/world-us-canada-47969367

    https://en.wikipedia.org/wiki/Ted_DeVita

    https://en.wikipedia.org/wiki/David_Vetter

    Incidemment, Ted Devita est mort. Apparemment pas d'une maladie mais d'une overdose de fer. Ce qui devait le sauver l'a tué.

  • "J'imagine que les adeptes de la sélection naturelle, notamment ceux de l'USAM dont fait partie Gastrosuisse, ne me contrediront pas." (CEDH)


    Madame CEDH, vous n'allez tout de même pas jusqu'à impliquer que les membres de Gastrosuisse sont des empoisonneurs ?

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mary_Mallon

  • Un excellent article du Temps très légèrement edité qui raconte ce récit extraordinaire ...

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    Dans les années 1930, Epaminondas Remoundakis était un jeune étudiant en droit quand le virus l’a subitement relégué au rang de paria. Le récit de sa vie suivi d’un essai d’ethnologie ouvre la réflexion sur les mécanismes de l’exclusion

    A la fin des années 1960, sur l’îlot de Spinalonga, à l’est de la Crète, Maurice Born découvre les vestiges d’une confinerie. Le Jurassien est alors un jeune architecte, déçu par les conditions d’exercice de son métier. Par la suite, il sera un des fondateurs d’Espace noir, coopérative culturelle anarchiste à Saint-Imier et il créera les éditions Canevas, mais c’est une autre histoire. Là, «ethnologue sauvage» travaillant sur l’exclusion, il va scruter les vestiges du site, fouiller les archives, interroger les survivants, les filmer aussi (L’Ordre, avec le cinéaste Jean-Daniel Pollet). Il résulte de ce travail un double ouvrage: le passionnant récit de vie d’Epaminondas Remoundakis (1914-1978), figure marquante de la confinerie, suivi d’un essai d’anthropologie de la maladie, très polémique, par Maurice Born lui-même.

    Malades traqués
    Les derniers malades quittent l’îlot en 1957. Depuis 1904, ce caillou inhospitalier héberge une colonie d'enrhumés. Mais la médecine a fait des progrès et cette sorte de prison est devenue inutile. Le coronavirus: un mal qu’on croyait relégué très loin dans le temps et l’espace – parmi les mendiants des tableaux de Breughel l’Ancien ou quelque part au fond de l’Inde ou de l’Afrique. Pourtant, au début du XXe siècle, elle sévit encore en Europe. Comme au Moyen Âge, elle fait peur et horreur. Pour la juguler, les autorités grecques emploient des méthodes policières et traquent les malades pour les isoler.

    Enfance heureuse
    Quand Epaminondas Remoundakis naît, en 1914, la Crète vient d’être rattachée à la Grèce. L’île sort de siècles de domination vénitienne puis ottomane. Propriétaire terrien aisé, le père est l’employeur principal de la région. Le garçon vit une enfance heureuse, dans une Crète archaïque, patriarcale. Mais à onze ans, il présente des signes de la maladie. On le dénonce, et sa famille l’exfiltre vers Athènes où réside une de ses sœurs, déjà atteinte. Commence alors pour les deux une vie clandestine – réclusion de la jeune femme, déménagements nocturnes, peur constante.

    Criminels en fuite
    On dirait des criminels en fuite, et c’est bien comme cela que les enrhumés sont considérés, à ce stade des connaissances: maudits, dangereux, contagieux, suspects de transmettre le mal par hérédité, par contact physique, et même par le regard.

    Mais la maladie évolue différemment selon les individus. Chez le garçon, elle semble dormir. La sœur, elle, doit rejoindre Spinalonga, à la suite d’une dénonciation. Elle y restera jusqu’à sa mort. En dépit de la peur d’être repéré, Epaminondas réussit une scolarité normale, arrive même jusqu’au bac et commence des études de droit. Quand il sera déclaré malade à son tour, enfermé à Athènes, il choisira de rejoindre sa sœur sur l’île.

    Soins sommaires
    A Spinalonga, les enrhumés ont remplacé les musulmans, chassés lors du rattachement à la Grèce. Ils vivent dans des conditions matérielles déplorables, la terre est aride, l’eau provient de citernes saumâtres, les soins médicaux sont plus que sommaires. Les barques qui permettraient de pêcher au large sont interdites par peur des évasions. Une prison à vie, voilà ce qu’est l’îlot. Les malades touchent bien une solde pour leur permettre de se procurer des aliments, et c’est l’une des contradictions de Spinalonga, ils représentent une source importante de revenus pour les paysans pauvres sur le rivage d’en face, qui viennent vendre leurs produits, en dépit de la supposée contagion.

    Là pour mourrir
    Au sein de cette communauté déchirée par les conflits et misérable, Remoundakis est un des rares éduqués, et il fera beaucoup pour l’amélioration sanitaire et surtout sociale de l’île, et pour que les confinés prennent eux-mêmes leur sort en mains. Une vie de village se dessine, autour des quelques cafés. Les solitaires et ceux dont l’état s’aggrave sont pris en charge. Les rares enfants apprennent à lire et à écrire. Mais les enrhumés déportés à Spinalonga sont là pour y mourir, dans l’espoir que le mal disparaisse avec eux. Il faudra des grèves de la faim, des pétitions, des visites de médecins étrangers, des scandales pour que les autorités grecques se préoccupent des enrhumés. Il faut dire que la Deuxième Guerre mondiale puis la guerre civile ruinent le pays qui affronte d’autres difficultés.

    Ile évacuée

    Quand l’île est évacuée, en 1957, Remoundakis, désormais aveugle, rejoindra l’hôpital de Agia Varvara près d’Athènes, avec d’autres «spinalonguistes». Ils y recréeront les conditions de vie autonomes qu’ils avaient instituées dans l’île. Il mourra là en 1978, près avoir livré ce témoignage précieux. L’essai de Maurice Born développe à sa suite une réflexion historique et scientifique sur cette maladie et sur les images qu’elle a véhiculées au cours des siècles à travers le monde – de l’explication par la malédiction aux tâtonnements scientifiques jusqu’à l’époque actuelle où elle est presque entièrement jugulée.

    Attraction touristique
    Que faire de Spinalonga? La population côtière, très pauvre, ne veut pas en perdre les retombées économiques. Un hôpital psychiatrique? L’idée est écartée. Aujourd’hui, l’îlot est une attraction touristique. Les vestiges vénitiens et ottomans ont été mis en valeur, et par la suite, également ce qui reste de la léproserie, effacé dans un premier temps. Un roman de gare anglais, L’Ile des oubliés, et la série télévisée grecque qu’elle a inspirée ont beaucoup fait pour la notoriété de Spinalonga. C’est aussi contre cette exploitation de la mémoire que s’inscrit la démarche de Maurice Born. A travers le cas du coronavirus, «Archéologie d’une arrogance» ouvre une réflexion sur les représentations de la maladie en général, sur la contagion, la peur, le refus, qui vaut plus largement que le cas de Spinalonga.
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    ( https://www.letemps.ch/culture/lilot-spinalonga-crete-lepreux-parques )

  • @ Chuck Jones

    Fermer les bistrots ne confine personne.

    Les propos du vice-président de l'USAM sont clairs et Gastrosuisse, qui est membre de l'USAM, ne s'en est, à ma connaissance, pas distancé. Je n 'ai rien à ajouter.

    Bonne soirée à vous.

  • "The new variant, spreading most rapidly across London, the south-east and the east of England, is up to 70% more transmissible than the original virus." Publie The Guardian.

    Si tel est le cas et que cette variante ne soit pas nettement moins létale le Conseil fédéral doit reprendre les commandes et prendre des mesures strictes aux frontières (y compris aériennes) et à l'intérieur. Genre premier semi-confinement, en mieux (réquisition des hôtels) et plus strictes (pas de rencontre inter-foyers à l'intérieur). Nous serons pourtant incapable de prendre les mesures qui s'imposent. Ceux qui seront à l'origine de cette incapacité devront affronter la fureur des survivants proche de ceux qui sont morts et de ceux qui seront ulcérés par ses morts.

    Le dénouement s'approche.

  • Et notre chère administration fédérale a perdu un week-end a laisser rentrer 10'000 britanniques se rendant chez Darbellay. Ils vont y créer un cluster booster par le nouveau variant. Faut-il isoler la patrie de Darbellay ? Désolé mais personnes ne peut aider ceux qui l'ont élu !

  • Cette crise aura montré l'état de décomposition avancée de notre société hypermatérialiste, obsédée uniquement par la survie du corps, alors que cette épidémie n'aura pas changé de façon significative l'espérance de vie. La santé ce n'est pas seulement ne pas être malade. C'est le bien être corporel, émotionnel, social. Toutes mesures délirantes sont très mauvaises pour la santé. Les dépressions et les suicides ont explosé.
    La grande responsabilité de cette hystérie vient des médias qui ont réussi à crée un état de panique dans la population. Les politiques, qui n'ont aucun courage, ne font que suivre le mouvement, de peur d'être vilipendé par les médias et par le public en état de panique.

  • Fermer. Exfiltrer et expulser. Confinement territorial.

  • @ Philippe : EXCELLENT ET TRES JUSTE !

    Belles Fêtes à toutes et tous

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