2021 : la Suisse doit panser ses plaies !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 23.12.20

 

Nous arrivons enfin au terme de cette année, qui a duré mille ans. Pour notre pays, comme pour ceux qui nous entourent, elle aura été difficile. Nous avons dû traverser une épreuve totalement imprévue : personne, nul expert en stratégie, ne l’avait vue venir ! La Suisse, à l’issue de cette année 2020 (mais pas de l’épreuve, qui est encore bien là), sort meurtrie, fatiguée, morose. Nous arrivons aux Fêtes de Noël, puis de fin d’année. Puissent-elles nous réchauffer les cœurs. Mais franchement, 2020 restera, dans nos mémoires, comme une année de douleur, et, pire que cela, une année de profondes divisions entre nous. La confiance, clef de voûte de notre Contrat social entre Suisses, en a pris un sacré coup. Le crédit de la parole a diminué. Les solitudes se sont creusées. Le peuple ne s’est pas senti écouté par les autorités. Les exécutifs ont pris beaucoup trop d’ascendant. Les Parlements sont partis en liquéfaction. La Suisse va mal. Elle n’a pas le moral. Il faut attaquer 2021 sur d’autres bases. Capables de nous rassembler.

 

De quoi avons-nous besoin ? De vaincre le virus, bien sûr. Cette priorité va de soi. Guérir nos malades, soulager leurs souffrances, les accompagner. Mais la Suisse, vieille terre de culture, de réflexions, d’inflexions spirituelles, a aussi besoin de laisser émerger toutes ses voix. On ne règne pas en réduisant les voix discordantes au silence. En se contentant de traiter de « complotistes » ceux qui remettent en cause les choix des autorités sanitaires. En muselant les Parlements. En édictant, à longueur d’année, des directives ou des ukases. Ce comportement gouvernemental, à la Confédération comme dans les Cantons, n’est pas dans nos traditions suisses. Pas plus qu’il n’est conforme à nos habitudes de bafouer, sous prétexte d’urgence sanitaire, des libertés fondamentales aussi importantes que le droit de tenir et d’ouvrir un commerce, un restaurant. Un jour on ouvre, un jour on ferme, un jour on confine, un jour on libère. Ce petit jeu de yoyo ne peut tout simplement plus durer. Nous sommes dans une démocratie, l’une des plus belles du monde, le peuple doit être le souverain, il a des droits, des libertés, on ne joue pas avec cela.

 

Ce qu’il faut réparer, en 2021, c’est la confiance. Et c’est la valeur de la parole. L’une et l’autre, par les autorités elles-mêmes, ont été mises à rude épreuve. Les exécutifs se sont trop montrés. Ils se sont habitués, comme des grands, à ces shows hebdomadaires, où ils pouvaient, tout à loisir, délivrer à sens unique la parole gouvernementale, sans la moindre contradiction face à eux. L’exercice est à double tranchant. Sur le moment, il met en valeur les ministres. Mais sur la longueur, il discrédite le verbe venu d’en haut. Les cafouillages se voient. Le locuteur n’en sort pas vainqueur. Du coup, la confiance s’érode. C’est elle, d’urgence, que nous devons rétablir dans notre pays. Elle est, à l’intérieur même du corps des citoyennes et citoyens, notre bien le plus précieux. A tous, je souhaite de chaleureuses Fêtes de Noël et de fin d’année !

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Cher Monsieur,

    Si je puis abonder dans le sens d'une nécessité en ce qui concerne la confiance et le besoin qu'il y a dans notre monde à la retrouver, surtout entre les citoyennes, les citoyens, et les autorités qu'ensemble leurs suffrages ont portés au pouvoir, je suis très étonné de vous voir publier à propos de la pandémie présente une phrase comme : " Nous avons dû traverser une épreuve totalement imprévue : personne, nul expert en stratégie, ne l’avait vue venir ! ".

    Certes il n'y a pas eu de mage ou de prophète annonçant une apocalypse biologique en 2019. Cependant depuis des décennies des scientifiques, des gens passionnés par l'observation de la nature, des écrivains, des artistes concernés par le destin de l'Humanité ne cessent de clamer, par des textes, des études, des reportages, des conférences et des interventions dans la galaxie médiatique, que nous tous et toutes, les créatures humaines dans leur ensemble, sommes en train d'agir de façon à scier avec entrain la branche de l'espèce humaine, fragile rameau sur lequel nous sommes perchés.

    Et les zoonoses font partie des conséquences de nos impérities. D'ailleurs, s'il existe des plans officiels de prévention des pandémies, cela n'est pas seulement pour justifier des postes de fonctionnaires fédéraux et faire enrager les obsédés de la déréglementation. Une louable intention préside à ce travail de prévention. Malheureusement cette pandémie 2020-2021 démontre que celà n'a été que peu utile, les autorités concernées ayant joyeusement oublié de mettre en oeuvre l'essentiel de ces plans. Le manque de masques en mars et le manque de lits en services d'urgences n'étant que des exemples. Que le cafouillage soit fédéral ou cantonal important peu pour les morts et leurs proches.

    Ne voulant jouer le peu reluisant rôle de celui qui savait tout mais n'a pas été écouté, résumé par le classique et inutile "...je vous l'avais bien dit..." , je me permets de citer un seul ouvrage, publié d'abord en 2006 et intitulé : L'Humanité disparaîtra, bon débarras !

    L'auteur, Yves Paccalet, collaborateur de Cousteau durant les années 70, grand arpenteur des terres sauvages de la planète, écologiste de terrain, y recense les divers fléaux qui pourraient éradiquer notre espèce de la Terre. Si certains sont imprévisibles et plutôt rares, cette pandémie que nous vivons avec toutes les difficultés du monde fait partie des fléaux dont nous sommes directement responsables. Le traitement que nous infligeons au milieu naturel ainsi que le déni de cette responsabilité par tant de personnes ayant les moyens d'y remédier étant lui coupable, pour autant que ce terme ait encore un sens à ce niveau de catastrophe.

    Le titre du bouquin est ironique et désabusé. Après tant d'années d'efforts et de travaux, Yves Paccalet en était venu à jouer le nihilisme fanfaron afin d'espérer réveiller quelques volontés et surtout rendre attentives les jeunesses du monde aux conséquences de leurs actes.

    Les risques de pandémies, virales ou bactériennes sont au programme depuis l'aube de notre espèce humaine. Que la cupidité offensive et le flux tendu de nos économies en pleine ébriété ait dissimulé la cruelle tragédie que ces pandémies provoquent n'est pas une surprise. La science et le monde de l'écologie de terrain l'avaient écrit depuis fort longtemps.

    Il fallait juste les écouter un peu et leur faire confiance.

  • "La science et le monde de l'écologie "

    Vous plaisantez là! Cette pandémie a été orchestrée par la Chine! Rien à voir avec le milieu naturel!

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