Le Conseil d'Etat est déjà à gauche !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.02.21

 

Certains, à droite, semblent comme paniqués. Ils déclarent, l’air grave et pénétré, que le Conseil d’Etat, en cas de victoire de la candidate Verte, Fabienne Fischer, à l’élection complémentaire des 7 et 28 mars prochains, passera à gauche. Ce qui, selon eux, serait une catastrophe. C’est juste s’ils ne nous refont par le coup des chars soviétiques sur les Champs-Élysées, comme la droite française au printemps 1981, à l’approche de l’élection de François Mitterrand. Eh bien, nous sommes là pour les rassurer : le gouvernement genevois n’aura en aucun cas besoin de passer à gauche : il y est déjà ! En voici la démonstration.

 

Dans le sextuor en place, non concerné par la complémentaire, puisqu’élus en 2018 pour cinq ans, donc jusqu’au printemps 2023, il y a déjà trois élus de gauche : les socialistes Anne Emery-Torracinta et Thierry Apothéloz, le Vert Antonio Hodgers. Pour ces trois-là, aucun problème : ils ont annoncé la couleur, fait une campagne de gauche en 2018, été élus, ils sont cohérents et loyaux avec leurs électeurs. Et puis, il y a deux magistrats de droite, élus en 2018 sur des thèmes de droite, qui font ouvertement, dans leurs dicastères respectifs, une politique de gauche ! Trois + deux, cela fait cinq, la majorité de gauche au Conseil d’Etat est claire.

 

Ces deux transfuges, ce sont la PLR Nathalie Fontanet et le PDC Serge Dal Busco. La première, après une excellente campagne et un fort bon début de législature, a complètement tourné casaque dans sa politique financière, depuis la crise sanitaire. Mme Fontanet, ministre genevoise des Finances, est libérale. Elle est issue (tout comme le candidat Cyril Aellen) de cette frondeuse députation qui, toutes ces dernières années, n’avait de cesse de monter au front pour dénoncer les déficits annuels de Genève, et plus encore la dette cantonale. Eh bien, depuis bientôt trois ans, Mme Fontanet est aux Finances, les déficits augmentent, la dette aussi. Pire : la Grande Argentière entre en matière sur l’opportunité de cette dette, brisant ainsi un tabou dans son propre camp. En clair, nous les contribuables, ainsi que nos enfants, nous allons passer à la caisse pour rembourser le service de cette dette. Cela, pourquoi personne ne le dit jamais ?

 

Deuxième exemple, Serge Dal Busco. Le ministre des Transports a capitulé sans condition devant la gauche. Il nous gratifie, depuis le début de la législature, mais de façon aggravée à mesure que le temps passe, d’une politique qui serait exactement celle d’un magistrat Vert, ou socialiste. La seule idée d’une piste cyclable semble embraser ses rêves. Il ne parle plus que mobilité douce, diminution du trafic, priorité aux transports publics. Encore un peu, et on va entendre surgir du « transfert modal » et des « reports de charges », dans son langage. Pour l’électorat Vert, ce ministre est parfait. Pour les cyclistes, il a les vertus d’une icône. Pour le bon peuple de la droite cassoulet (cousine populaire de la gauche caviar), pour les livreurs, les fournisseurs, c’est un peu plus pénible.

 

Trois + deux, cela fait cinq. Dans tous les cas, le Conseil d’Etat est à gauche. Et le restera jusqu’en 2023.

 

Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Commentaires GHI 6 commentaires

Commentaires

  • Bien dit, et tout ce petit monde est au service des mondialistes et du Marxisme culturel pour diverses raisons idéologiques et/ou financières: c'est l'alliance de la gauche immigrationiste et de la droite affairiste qui toutes deux méprisent profondément le petit peuple travailleur et crachent donc sur ce qu'ils appellent les "sales populistes". On peut encore ajouter que le pauvre dal Busco était tout fier de faire la une des journeaux avec Salerno pour changer les panneaux des circulation jugés sexistes par cette dernière! Au final, des dizaines de miliers de francs jetés par les fenêtres pour cette farce, mais comme ce n'est pas eux qui payent tout va bien. On sait pour qui voter!

  • D'accord sur le diagnostic général, qui met en cause les recrutements à droite!
    Mais je diffère sur un point: Antonio Rodgers n'est certainement pas loyal vis-à-vis de ses électeurs de l'alternative de gauche. C'est même tout le contraire. Bétonneur d'une part et fossoyeur des fonctionnaires d'autre part, qu'il a présentés comme des privilégiés insensés lors de sa présidence du Conseil d'Etat, il a réussi à trahir les causes des verts et des socialistes. Mais comme il n'a pas vraiment les épaules pour la fonction et que les référendums populaires sont parvenus à limiter les dégâts, sa présence n'inverse pas la tendance que vous décrivez. C'est donc un gouvernement de centre gauche, une position incarnée par le véritable homme d'influence: Mauro Poggia.

  • "Les verts" sont pire que la pollution! La gauche avait inventé dans les années 60 "les enfants rois" aujourd'hui on a aussi grâce à elle, "les délinquants rois" en surnombre partout dans nos pays! Aidés et protégés par toute la gauche!!

  • Comment faire à Genève ? Il faut voter pour un homme de caractère (ou une femme) qui communique beaucoup (ne pas le ou la torpiller comme pour Barthassat ou Trump...). Et les médias doivent faire un travail d'explication des maux de Genève et les solutions (par exemple pour la dette ou les excès de constructions ou les excès du prix des loyer ...) Le bien du canton de Genève d'abord. . En Suisse on nous appelle la Grèce de la Suisse quelle honte ! Ou Berne va nous mettre sous tutelle. Merci à ceux de Léman Bleu

  • M. Décaillet vous faites un étrange amalgame entre « gauche » et « droite intelligente ». M. Dal Busco fait une politique semblable à celle de Mme Künzler parce que c’est la seule pertinente. Faire plaisir aux clubs de motards n’est pas sa tasse de thé, par contre il sait qu’un centre ville plein de bagnoles ne donne pas une bonne image aux yeux de ceux qui comptent pour lui.

    Transfert modal, rupture de charge... Je m’étonne que le langage des ingénieurs civils vous irrite…

  • @ Sylvie RG : L'appellation "Grecs de la Suisse" était une scandaleuse provocation reconnue par la suite d'un journal tendance UDC, et n'était pas dirigée sur Genève mais sur l'ensemble de la Romandie. Il faut dire que c'eût été particulièrement débile de le dire pour Genève uniquement puisque nous sommes l'un des 5 cantons en Suisse qui paie pour soutenir les autres, et y versons des centaines de millions depuis des décennies.

    À ma connaissance, la Grèce n'est pas un pays contributeur de l'Union.

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