Et si M. Fonjallaz s'occupait du DIP ?

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Sur le vif - Mercredi 24.03.21 - 08.37h
 
 
Par dépêche de l'Agence DECAPROD, publiée ici même et sur mon blog, nous sortions, le samedi 6 mars 2021, à 17.53h, l'affaire des directrices et directeurs du Collège de Genève "maltraités" et "malmenés" par le DIP. Nous enquêtons sur ce sujet depuis longtemps. Nos informations, depuis le 6 mars, se sont étoffées, comme vous le constaterez dans les jours et les semaines qui viennent.
 
Dans la foulée, la Tribune de Genève a sorti deux intéressants papiers sur le sujet, signés de ma consœur Sophie Simon. Je renvoie au second de des papiers, publié ce matin, intitulé "Deux directeurs du Collège sur onze sont en arrêt de travail". Vous y trouverez un excellent rappel de l'affaire.
 
Dans la foulée toujours, la députée PLR Natacha Buffet-Desfayes, qui n'a pas peur de gratter les sujets qui dérangent, ni de se faire des ennemis, annonçait avant-hier, lundi 22 mars, aux Yeux dans les Yeux, qu'elle saisissait le Conseil d'Etat d'une QUE (Question urgente écrite), sur ce dossier qui relève d'un véritable tabou dans la République, tant le DIP multiplie toutes choses pour l'étouffer. D'autres députés, notamment PLR et MCG, s'intéressent de près à cette affaire, comme nous le verrons dans un avenir proche.
 
Pour le rappel des faits, lire la TG de ce matin. Mais une chose est sûre : les directrices et directeurs du Collège de Genève ont été, c et automne - et certains le sont encore aujourd'hui - en conflit ouvert avec le Département. Ils se disent "maltraités" et "malmenés" par leur hiérarchie. Faut-il rappeler ce qu'est un directeur de Collège (entre 15 et 19 ans, les années qui mènent à la Maturité) ? C'est un personnage considérable, aimé et respecté des élèves, une référence intellectuelle et pédagogique pour ces adolescents, en pleine et passionnante période de formation. Faut-il ici citer Péguy, "L'Argent", Cahiers de la Quinzaine, 1913, ce passage de lumière où il évoque le souvenir de ses maîtres, ce qui jusqu'à la mort le lie à eux ?
 
Les directeurs du Collège de Genève ! L'idée même que les titulaires d'une tel poste, aussi central sur le front de l'enseignement, aient pu se sentir "maltraités" ou "malmenés" par les apparatchiks de la hiérarchie byzantine du DIP, donne la nausée. Le Parlement, instance de contrôle du gouvernement et de l'administration, doit faire toute la lumière sur cette affaire. Le DIP doit collaborer, et toute tentative d'entrave à ceux qui enquêtent sur ce sujet d'intérêt public doit être dénoncée.
 
Au surplus, on notera que surgit ici une affaire de "maltraitance" de hauts cadres de l'Etat, d'importance première sur le champ de bataille de la transmission des connaissances, par d'obscurs ronds-de-cuir d'état-major. Une affaire de "maltraitance". Ca ne vous rappelle rien ? La Présidente du Conseil d'Etat, également cheffe du DIP, prenait de grands airs de fin du monde, il y a quelques mois, lorsque, pour des motifs similaires, elle dézinguait l'un de ses collègues, le privant de tout Département, pour une affaire touchant également à la gestion des ressources humaines.
 
Nous ne saurions imaginer que la Présidente entende appliquer, dans la République, deux poids et deux mesures. Nous ne doutons pas une seconde, donc, qu'elle confie au juge Fonjallaz, qui a désormais du temps libre, le mandat d'enquêter sur le Département de l'Instruction publique.
 
Quant à nous, nous continuerons d'enquêter sur cette affaire, que nous avons sortie et que nous suivons d'infiniment près, quelles que soient les pressions qui tentent de nous en empêcher.
 
 
Pascal Décaillet
 

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Commentaires

  • M. Fonjallaz, ancien juge fédéral socialiste. Socialiste parce qu'élu grâce à ce parti auquel il a reversé de larges et spécifiques cotisations. Si l'indépendance du juge qu'il a été n'est pas à remettre en cause, qu'en est-il de l'ancien juge Fonjallaz, membre avéré du parti de la présidente ? Les apparences sont contre lui. Cela est suffisant pour l'écarter.

  • Le DIP abandonne ses directeurs et ses doyens en rase campagne dès qu'ils ont un problème de ressources humaines avec des profs ou un problème avec les parents. La direction générale du DIP prend bien garde à ne rien leur communiquer par écrit et quand les directeurs se font poursuivre par des profs défaillants, toujours bien protégés par leur syndicat quoi qu'ils fassent, le DIP les laisse tomber: les directions de collège portent le chapeau. Du coup, les directeurs et leurs doyens se retrouvent à payer des dizaines de milliers de francs de frais d'avocat de leur poche, en vidant leurs fonds de pension, simplement parce qu'ils ont fait leur job. Le niveau de confiance dans l'institution est inexistant. La première chose à faire pour toute personne intéressée par un poste de direction est donc de souscrire une bonne assurance de protection juridique avec couverture maximale parce que le DIP ne va rien faire pour les défendre dans l'exercice de leur fonction. Au niveau management, la performance de la direction générale du secondaire 2 est nulle: ce sont des girouettes.
    Et quand les directeurs eux-mêmes se font harceler, soit par des groupes de profs, soit par des parents, et cela arrive, ils ne faut rien attendre non plus. Aucune protection d'en haut - nada. Le "groupe de confiance" n'est pas neutre et les problèmes RH devraient être externalisés pour être traités correctement. Bref, il faut être un peu masochiste - ou idéaliste - pour participer à une direction de collège de nos jours. Le DIP n'aime pas le collège.

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