Chancellerie : et si la Bavière avait ses chances ?

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Sur le vif - Vendredi 16.04.21 - 14.12h
 
 
Dans une analyse publiée il y a trois jours (mardi 13.04.21), ici même, et intitulée "La capitale du monde, c'est Munich, pas Berlin !", j'évoquais l'idée que, pour la première fois dans l'Histoire allemande, le Ministre-Président de Bavière puisse nourrir de sérieuses chances de devenir Chancelier fédéral.
 
Mon analyse allait à l'encontre de l'ensemble des commentaires publiés dans la presse suisse, qui, bien obédients face à la Cour de la Chancelière sortante (l'élection se déroulera le 26 septembre), n'avaient d'yeux que pour le protégé de Mme Merkel, Armin Laschet.
 
Eh bien, je vous invite à suivre ce qui va se passer dans les heures et les jours qui viennent. Markus Södler, le CSU Bavarois, a ses chances ! Et il pourrait bien les avoir, même si Laschet devait l'emporter auprès des instances internes du parti !
 
L'enjeu, c'est l'avenir de l'Allemagne. Angela Merkel aura été une Chancelière qui compte. Avec un bilan contrasté (ouverture inconsidérée des frontières à l'automne 2015, mais bonne gestion de la crise sanitaire), mais enfin elle restera dans l'Histoire. Après elle, l'Allemagne a besoin d'une autre personnalité forte. Ca n'est pas rien d'être Chancelier fédéral. Il n'est pas impossible - et c'était le sens de mon papier, il y a trois jours - que la personnalité du Bavarois Söder soit nettement plus puissante que celle du Rhénan Laschet.
 
Seulement voilà : dans nos bons médias suisses, il faut plaider pour la gentille continuité de l'entourage Merkel. Et surtout pas pour la droite conservatrice bavaroise. Parce qu'elle est la droite. Et parce qu'elle est conservatrice.
 
J'ignore absolument qui sera le prochain Chancelier. Mais je suis très heureux d'avoir été l'un des premiers, en Suisse, à soulever les problèmes de l'identité profonde de la Bavière, le rôle de trait d'union d'une candidature luthérienne bavaroise à la Chancellerie, l'occasion historique qui s'offre aux Allemagnes : laisser enfin, peut-être, un Ministre-Président de l'Etat libre de Bavière, ce pays profond au sein des nations de langue allemande, accéder à la fonction suprême.
 
 
Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Concernant la Chancellerie, dans un sondages fait dans la population allemande, la préférence va au Bavarois, et en queue de peloton des politiciens avec 3%, l'impopulaire Laschet.
    Or ce ne sera pas les dirigeants qui vont choisir, mais la base. Et cette base ne va pas forcément suivre les cadres du parti.
    Laschet est le poulain de Merkel, mais pas des allemands.

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