Ecole genevoise : rétablir la confiance, rétablir la passion !

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Sur le vif - Mardi 04.05.21 - 14.07h
 
 
Natacha Buffet-Desfayes, Diane Barbier-Mueller, Pierre Nicollier : il existe, au Parlement, une véritable relève dans la manière de concevoir les questions de formation à Genève. Une génération de députés qui ne s'en laissent pas conter par les discours du DIP, les mantras de la cheffe du Département sur l'école inclusive, les rengaines sur la prétendue impossibilité de diminuer la voilure, l'allégeance des apparatchiks face aux sujets à la mode, autour du climat et des questions de genre, notamment.
 
J'ai mentionné ici trois noms. Il faut évidemment ajouter l'expérience d'un Jean Romain, sa capacité à refuser les dogmes grégaires, sa combativité intellectuelle sur le long terme. Il importe qu'un député de cette qualité demeure un repère, une référence, dans le combat pour la connaissance partagée.
 
La nouvelle génération parlementaire ne se contente pas d'exiger du DIP des explications, là où c'est absolument nécessaire au nom des citoyens, comme par exemple sur la fronde des directeurs du post-obligatoire. A noter que, sur ce dossier, la réponse adressée à la légitime et pertinente question de la députée Natacha Buffet-Desfayes est au-dessous de tout, en termes de langue de bois. Au lieu de reconnaître ce qui fut - et demeure sans doute - une souffrance, on tient un discours logistique, totalement hors du corps du sujet.
 
La nouvelle génération de députés ne se contente pas de lancer des piques. De l'une à l'autre des personnes nommées ici, auxquelles j'ajoute Ana Roch sur les questions d'apprentissage, et d'autres encore qui me pardonneront de ne pas les citer, on sent une cohérence d'ensemble. Non une idéologie, justement ! Mais une cohésion, dans l'ordre de l'humanisme, de l'exigence de transmission, de la volonté de rétablir une école simple et passionnée, donc passionnante, centrée sur le savoir, non sur l'appareil.
 
Pour l'heure, cette génération intervient ponctuellement, sur des sujets apparemment séparés les uns des autres. Le jour pourrait venir où elle serait en mesure de se déployer d'une façon qu'on espère plus systémique. Moins d'usine à gaz. Moins de contrôles internes. Moins de services de recherches. Moins de secrétaires généraux adjoints. Et rétablir, enfin, dans l'école genevoise, la joie de l'essentiel : transmettre des connaissances, dans la passion du sujet, l'amour des valeurs humaines, la confiance si belle entre celui qui enseigne et celui qui reçoit.
 
Si belle, oui, qu'elle ressemble, comme l'a si bien montré Péguy (Cahiers de la Quinzaine, L'Argent, 1913), au rapport de filiation.
 
 
Pascal Décaillet
 

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Commentaires

  • A force de confier l'enseignement à des gauchistes faut pas s'étonner du résultat.

  • La réponse du Conseil d'Etat à Natacha Buffet en dit long sur la conception très technocratique, rigide et top-down du management que défend et pratique le DIP, avec les effets que l'on sait. "Fronde", dites-vous. "Tollé", dit Le Courrier. La planification examens modifiée au dernier moment, au mépris de tous les acteurs, profs, élèves, personnel de gestion. Manque d'anticipation; stratégie du fait accompli, pour dissimuler une désorganisation et une incapacité de concertation. Selon le Conseil d'Etat, les "privilèges" des directions de Collèges seraient le problème: les écoles seraient trop "autonomes". Au secours! Cela va tellement à rebours des conceptions modernes du comportement organisationnel qu'on se dit que sur ce point en tout cas, tout le plus important pour qu'une école fonctionne, le DIP va complètement à contre-courant de l'air du temps. Il souffre d'archaïsme aigu.

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