La nuit d'effroi des capitulards

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.05.21

 

Marre des capitulards ! Marre de ceux qui se couchent. Ceux qui plient face à la première mode de pensée venue. Ceux qui se mettent en génuflexion. Ceux qui ploient. Notre société a besoin d’hommes et de femmes libres. Libres dans leurs têtes. Libres dans leurs convictions. Libres d’exprimer ce qu’ils pensent, même si ça déplaît au courant dominant. Or hélas, combien d’entre nous se retiennent ! Combien gardent en eux. Combien réfrènent. Ils n’osent pas, parce qu’en face il y a la meute. Alors, ils se disent « A quoi bon ? ». Plutôt que d’expulser leur pensée dans l’espace public, ils préfèrent la laisser macérer, silencieuse, enveloppée de rancœur, au plus profond d’eux-mêmes. Ils ont tort. Parce que nous sommes en guerre. Et la bataille des idées a besoin de combattants. De femmes et d’hommes d’honneur, fiers de leurs convictions, ne craignant pas la bagarre. Sans eux, sans cette trempe d’humains, les ennemis de la liberté ont déjà gagné.

 

Je m’adresse ici à ceux qui voudraient, mais n’osent pas. Et je leur dis simplement : « Osez ! ». Vous êtes excédés par la tyrannie de la pensée dominante, en matière par exemple de climat, de guerre des genres, vous voudriez rétorquer, mais vous vous retenez, par peur de la chasse aux sorcières que les gens d’en face ne manqueront pas de vous faire subir. Alors, vous bastez. C’est humain. Mais vous avez tort. Dans la vie, si on a des convictions, il faut se battre. Sinon, c’est la victoire assurée de l’autre camp. Personne au monde ne pourra vous reprocher, dans les limites de la loi et du respect des personnes bien sûr, de formuler au plus près le contour de vos idées, et de le rendre public. Comme déjà dit la semaine dernière, chacun d’entre nous peut s’exprimer sur un réseau social, accepter l’auditoire qu’il veut, lancer le débat ou non. Il n’y a plus aucune excuse technique, comme naguère la limitation d’un éditeur, pour ne pas vous lancer à l’eau.

 

Alors, les capitulards, qui sont-ils ? Ce sont ceux qui voudraient bien, mais qui finalement renoncent. Pour éviter les emmerdes. Terrible calcul, perdant à tous les coups, contraire à l’honneur, contraire au courage, contraire aux lois les plus élémentaires de la guerre. Dans la bataille des idées, il faut se battre. Le choc des armes, donc ici celui des mots, n’est pas à laisser aux autres. Chacun, pour lui-même et en son nom propre, doit mener son combat. Et par pitié, vos textes, vous les signez, de votre nom et de votre prénom ! Lâcheté des pseudonymes, veulerie de tous ces petits malins qui polluent la toile de leur fiel masqué. Non, non et non ! Le débat public mérite mieux. Il exige transparence, courage, puissance de solitude, détermination. A tous ceux d’entre vous qui ont des choses à dire, je dis simplement : « Prenez une plume, ou prenez votre voix, et dites-les ». C’est aussi net que cela. La clarté de l’homme ou de la femme d’honneur, plutôt que la nuit d’effroi du capitulard.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Mais n'est-ce pas trop tard ? Par veulerie et esprit de lucre, on a fait venir et laissé venir beaucoup de gens d'ailleurs dans ce pays. Qui n'en avait ni la culture ni l'esprit. Depuis lors, il faut bien fermer ses portes et ne faire confiance à personne. La Suisse d'après guerre a totalement changé et ne possède plus une des qualités dont se moquaient nos voisins : la propreté : nos villes, nos champs sont couverts de déchets que les jeunes se font un plaisir de répandre, pour bien montrer tout le mépris qu'ils ont pour nous et notre pays. L'honnêteté : plus personne ne peut se fier à la parole de qui que ce soit. Les Suisses de souche sont devenus minoritaires dans presque toutes les villes, dirigées par une faune excentrique, décalée, planeuse mais à la mode.
    Vivement le retour de manivelle !

  • Bonjour Pascal,

    Vous êtes en train de chercher une raie de lumière dans un tombeau.

    "Et par pitié, vos textes, vous les signez, de votre nom et de votre prénom ! Lâcheté des pseudonymes, veulerie de tous ces petits malins qui polluent la toile de leur fiel masqué. "

    Je les plains ceux-là qui vivent constamment cachés, dissimulés, déguisés. Parfois même usurpateurs. Ils me font pitié plus qu'ils n'inspirent crainte. S'il y a crainte et terreur, c'est parmi eux. entre eux.

    Mais vous savez comme moi, vous qui les côtoyez de près de par votre métier, moi, pour les avoir vu gigoter dans le vivier, ces politiques, en réalité, sont des castrateurs. Les premiers à être castrés sont les femmes et les hommes qui s'abandonnent au sacerdoce de l'idéologie de leur "église politique"* et il n'y a guère de possibilité de développer d'indépendance d'esprit, à moins de se défroquer.
    Première source de vitalité que les partis s'ingénient à éteindre: la créativité.
    La créativité est source de vie, source des possibles, source de santé morale et intellectuelle, elle est vigueur des inspirations, elle est l'air vif et tonifiant qui vous fait vivants et désirables. Elle est redoutable pour ceux qui régentent leurs troupes, parce que comme vous le dites si bien, un homme libre et indépendant dans son esprit, est d'abord un homme doué d'une observation aigüe, de sens critique, de formulation claire capable de susciter des idées non formatées. Le créateur inspire les autres à créer. Mais il provoque peur et anxiété chez les despotes et les totalitaires qui ne survivent que par la croyance et la servilité de leurs fidèles. Ils ont peur d'être abandonnés. Peur de ne plus rien signifier pour les autres.
    Comprenons que le bouc-émissaire, le lynchage, la calomnie, les rumeurs, la chasse aux sorcières, composent l'essentiel de leur modèle de châtiment contre ceux qui osent critiquer leur production.

    Les grandes personnalités, on les reconnaît après leur mission. Ils demeurent actifs, créatifs et productifs sans attendre de reconnaissance. Malgré leur grand âge pour certains.

    Imaginez chaque ouaille qui se mettrait à réfléchir par lui-même, à faire des propositions, à s'impliquer avec cœur, à créer les conditions d'épanouissement pour tout un chacun... On n'aurait plus besoin de chefs starisés pour résoudre les problèmes de la vie ou de la communauté, on entreprendrait sans eux les chantiers... On se demanderait à terme si les chefs ne sont pas un problème à tous les problèmes.

    En connaissance de cause, je dis que les partis politiques tels qu'ils existent, nés des démocraties embourgeoisées et des aristocraties ouvrières (qui perdurent comme une relique) sont des boites à vous stériliser et ils sont responsables de notre indigente éducation, déjà à l'école, puisque ce sont les plus répressifs, les plus ségrégationnistes au deuxième et troisième degré, qui sont au pouvoir de nos institutions éducationnelles et formationnelles.

    En ce moment, nous vivons, non plus la promotion de l'épanouissement de l'individu. Nous vivons le devoir de nous intégrer et de soutenir la multitude de petites communautés identitaires disséminées à travers notre environnement immédiat et futur comme des agents toxiques, comme du pesticide, afin d'éradiquer toute mémoire d'humanité, tout sentiment humain pour faire place au tout moraliste. On nous sommes d'opérer cette transition vers la Mécanique Morale.

    J'ai cru, un temps, que l'extrême gauche était révolutionnaire. J'ai eu largement le temps de me rendre compte qu'ils sont plus conformistes, plus conservateurs que les libéraux. Comment se pourrait il être autrement? La gauche est un produits dérivé, un sous-produit du capitalisme peu à peu réajusté au néo-libéralisme. La gauche prolétarienne n'a été qu'un bref évènement dans l'histoire industrielle. Les libéraux, eux, ont eu plus de moyens pour s'évader - Ce qui n'est peut-être plus pour longtemps - pas les petits travailleurs salariés ni les petits notables de la gauche (non gouvernementale). Ils sont condamnés à obéir et à ne rien imaginer d'autre.

    J'ai aussi compris que toutes ces thématiques sociétâles ont été adoptées pour nous détourner de nos propres richesses intérieurs, de nos valeurs civilisationnelles, pour nous éloigner d'un héritage inestimable... Ceux qui nous ont forcé de les adopter sont ceux qui ont un intérêt à rester au pouvoir, même local.
    Héritage. De quel héritage s'agit-il?
    Faut il encore que ces troupeaux de lâches indigents et ces chefs obscurs sachent ce que signifie héritage. surtout quand il s'agit d'un héritage qui ne peut se monnayer et que chacun le reçoit en totalité indépendamment de son état et de son rang social, chacun peut continuer de le grossir avec son génie s'il le veut: La somme de tous les savoirs. Il faut garantir son libre accès.

  • Monsieur Décaillet,

    Vous ne m'en voudrez pas de justement vous envoyer un post au nom anonyme, mais vous voyez à mon adresse mail qui je je suis, et sans doute savez-vous ce que je fais.

    Sur le fond, je suis entièrement d'accord. Mais je tiens absolument à vous informer qu'il y a une différence fondamentale à prendre en compte. Si vous êtes indépendant (comme vous), vous pouvez vous permettre de lutter sans faillir.

    Si en revanche vous êtes salarié, et que vous n'en pouvez plus de plusieurs choses (comme moi), pour votre stabilité professionnelle, vous devez vous la coincer, ou officier sous un pseudo. Voyez : ayant annoncé mes souhaits de débouler sur la place publique pour contrer frontalement et fermement toutes ces choses qui me rendent dingues que je n'énumère pas ici (et j'ai pu lire, qu'à vous aussi), la société où je travaille m'a recommandé de m'adresser au service juridique, qui m'a déconseillé de m'y lancer, vu mon poste.

    Pire, ayant eu des entretiens dans une grande société de la place (je décide de la nommer car cela ne m'a pas plu et après tout, elle doit assumer aussi : Rolex), lorsque j'ai annoncé mes souhaits, la moue est vite arrivée et, bien entendu, on m'informait quelque temps après que le poste avait été repourvu.

    En résumé :

    - Indépendant, vous pouvez y aller (quitte à vous faire boycotter par certains de vos clients, je suppose qu'un pharmacien de la Place sait de quoi je parle)

    - Salarié : C'est terrible, mais vous avez tout intérêt à vous taire. Perdre son emploi est terrible également, et je sais ce que c'est d'en rechercher un à Genève où la moitié de l'Europe voudrait venir, avec la bénédiction d'une majestueuse coalition gauche-centre-droite libre-échangiste

    - Enfin, il reste l'option de retraité. Cela me désespère car c'est dans longtemps, et les nombreuses choses que je ne supporte plus, c'est bien entendu maintenant qu'il faudrait les contrer.

    Colère, quand tu nous tiens...


    PS : vous pouvez bien entendu publier ce post, mais je veux que mon identité reste entre nous.

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