Prudence, austérité, bon sens

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Sur le vif - Mardi 08.06.21 - 10.16h
 
 
 
Il y a un temps pour la croissance, et un temps pour la prudence. Nous sommes entrés dans le temps de la prudence la plus extrême. Elle est absolument nécessaire au contrôle de nos Finances, à la réduction de la dette, au salut des classes moyennes, étouffées par l'impôt, les taxes, les primes. Et ne touchant pas, elles, un seul centime de subvention. Il n'est pas possible que le travail soit à ce point la vache à lait de la machine étatique.
 
A cet égard, un mythe doit être frontalement attaqué : celui du distinguo - si subtilement avancé dans les débats - entre "dépenses de fonctionnement" et "dépenses d'investissements". Ces dernières sont souvent présentées comme sanctifiées, inattaquables, parce que relevant de la bonne cause, celle de l'avenir à très long terme, les fameux horizons 2030, 2050.
 
Eh bien non. Citoyen, mais aussi petit entrepreneur, j'appelle à un contrôle aussi strict des "investissements" que du ménage de l'Etat. Notre dette genevoise atteint déjà des sommets hallucinants. Et il faudrait l'augmenter encore pour "investir" dans l'immense palais des glaces spéculatif que les Verts, évoquant le grand Roosevelt, appellent "Green New Deal". Ces emprunts-là devraient, on se demande bien pourquoi, échapper à toute tentative de frein à l'endettement.
 
Non, non et non. Citoyen, entrepreneur, confronté comme tous à la gestion des modestes unités dont j'ai la responsabilité, je dis qu'on économise, AVANT d'investir. Et, si on n'a pas les fonds, eh bien on "n'investit" pas. C'est peut-être une conception timorée de l'économie. Mais c'est la mienne. Elle place l'humain avant les flux financiers, la prudence et le bon sens avant la course au profit spéculatif, la durabilité avant la création de bulles, vouées à l'éclatement. Ainsi doit se gérer un ménage, une entreprise, un Etat.
 
Alors, pour ma part, le pacte passé entre Verts et ultra-libéraux, non merci. Lecteur infatigable de Rerum Novarum (1891), de Léon XIII, je veux une économie simple et saine, au service des gens. Et non des humains esclaves de la mathématique d'ombre du profit.
 
 
Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Oui ! Tout investissement n’est pas forcément bon.
    Pour que la capacité du réseau ferroviaire de Genève suive l’évolution de la demande, le Conseil d’Etat dispose de deux projets, celui que lui ont concocté ses administrations en charge des transports, et celui de la boucle prévue dès la création de la gare de l’aéroport.
    Les deux projets assureraient la même capacité, mais à des coûts très différents : celui des administrations nécessiterait un investissement de 4,5 milliards, celui de la boucle environ un milliard seulement.
    Bien qu’il s’agirait dans les deux cas d’un investissement, je recommande au Conseil d’Etat et au Conseil fédéral d’adopter l’investissement dans la boucle. La Confédération n’aurait à prendre en charge qu’un milliard, le Canton n’aurait rien à payer, économisant un demi-milliard.
    Le Conseiller d’Etat en charge de ces questions ne voit pas l’affaire comme moi : ce qu’il met en exergue, c’est que la Confédération dépenserait à Genève 4 milliards, ce qui suffit à le rendre heureux : ces 4 milliards font tourner l’économie genevoise, les entreprises, les bureaux d’architectes et d’ingénieurs ; peu importe que Genève doive débourser pour cela un demi-milliard, doive supporter deux décennies de chantiers de cauchemar au centre névralgique de Cornavin – Montbrillant – Saint-Jean, chantiers qui dégageront un million de tonnes de CO2. Peu importe : ce qui compte pour lui, c’est que de l’argent appartenant à la Confédération soit dépensé à Genève.

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