Eradiquer la peste

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Sur le vif - Mercredi 23.06.21 - 08.43h
 
 
 
La renaissance du PLR passe par la défense de la langue, de la formation et de la culture. C'est une carte extraordinaire que ce parti est en train de jouer.
 
Elle lui est profondément identitaire : les radicaux ont fait la Suisse moderne, ses écoles, ses Universités. Les libéraux, au premier plan desquels mon professeur Olivier Reverdin, ont défendu et illustré le livre, l'édition, la tradition philologique, le legs de la Réforme, la Genève des éditeurs et des humanistes.
 
Là se trouve la vraie richesse de ce parti, de cette double tradition politique. La culture, non comme luxe, mais comme nécessité vitale, comme élan d'existence et de réalisation. C'est un enjeu populaire, universel, et surtout pas élitaire. Il transcende les classes sociales. Il concerne tous les humains. Leur dignité, dans le chemin vers le langage, dont parle Heidegger.
 
L'avenir du PLR, et peut-être de toute la droite suisse, c'est cette carte-là. Nul citoyenne, nulle citoyen, ne peut accepter que l'on saccage la langue par la peste inclusive, ni que l'on confie les graphies de nos mots à des ignares, incapables d'imaginer que le verbe, réputé depuis l'Evangile de Jean début de toute chose, ait pu avoir l'audace de préexister à leur naissance.
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • Le PLR doit supprimer le L. Le L qui représente l'excès et la déshumanisation, l'idéologie avant l'humain. Sinon, ils continueront à perdre des électeurs.

    La gauche est déconnecté de la société, alors le PR pourrait devenir le parti du peuple dans le sens positif pas populiste.

  • Le décadence inclusive va faire de nos ignares les rois du monde.

  • Le mot "peste" est juste. C'est d'ailleurs le mauvais état du langage, condition de la bonne entente et de la bonne intelligence, qui transforme une crise sanitaire en peste au sens littéraire du terme.

    Entre la grippe de Hong Kong (1968-10969) et le Covid-19, il n'y a pas de grande différence sanitaire, mais une grande différence dans la conception du langage, et du réel. La première est restée une simple épidémie, et la seconde a dégénéré en peste (au sens littéraire du terme).

    Entre les deux, s'est produit un événement majeur: l'avènement et le règne sans partage de la déconstruction dans la représentation du réel, notamment sous l'impulsion de Derrida (et quelques autres), après lesquels on a pu commencer à dire "ma vérité", ce qui aurait été un non-sens complet auparavant. C'est René Girard qui, en 1966, a organisé à l'université de Baltimore une conférence qui visait à présenter aux Etats-Unis la French theory, que beaucoup d'intellectuels américains voyaient comme une French invasion. René Girard lui-même parlait de ces théories comme "la peste"... Le virus s'est-il échappé du laboratoire?

    La peste (au sens littéraire), de Sophocle et Euripide à Camus en passant par Dostoïevski, Boccaccio, Shakespeare, et d'autres encore, est toujours d'abord un événement social, qui touche invariablement le langage et les possibilités d'entente, d'intelligence, et d'action commune.

    Tous les grands auteurs (c'est d'ailleurs ce qui les définit) lient la décrépitude du langage avec la progression du mal, conscients que dès la Genèse Dieu s'intéresse à la façon dont Adam nomme les choses (singulièrement, les choses vivantes). Avec les Romains, et Virgile, le Destin (Moira/moros) devient Fatum (le "dit"), pour s'incarner, alors que les temps sont accomplis, dans le Verbe, la Parole faite chair.

    Toucher au langage n'est jamais anodin. Et ne reste jamais impuni.

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