Liturgie de la "transition" : maintenant, ça suffit !

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Sur le vif - Dimanche 17.10.21 - 10.51h
 
 
 
Pénurie de matières premières. Pénurie de composants électroniques. Pénurie dans l'approvisionnement en énergie. Pénurie de produits dérivés du plastique. Et même - un comble, pour les pays forestiers que nous sommes - pénurie de bois !
 
La pénurie, c'est le thème montant qui va nous accompagner ces prochains mois. L'Allemagne, quatrième puissance économique du monde, premier partenaire commercial de la Suisse, est touchée de plein fouet. A cela s'ajoute l'immense errance énergétique constituée par sa décision prématurée d'abandonner le nucléaire. L'Allemagne revient au bon vieux charbon ! C'est factuel, vérifiable.
 
La France, autre puissance importante en Europe, annonce, via M. Macron, demeurer dans l'ère nucléaire, en la modernisant. Si possible, avant que le courant, dans les foyers, ne vienne à manquer.
 
Pendant ce temps, dans notre brave Suisse, les doux rêveurs du Grand Soir Vert nous bassinent à longueur d'années avec leur liturgie verbale, leurs slogans, leurs mantras : "Transition énergétique, transition écologique". A Genève, 5,9 milliards prévus comme "investissements pour l'économie Verte". De quoi s'agit-il ? Nul n'est capable de nous le dire avec précision. Vous posez des questions ? Réponse : le vide.
 
La "transition écologique", ce sont des mots, c'est du vent. Tout au plus nous assène-t-on la vieille antienne de "l'isolation des bâtiments". En quoi cette tâche devrait-elle prise en charge par l'Etat ? En quoi des travaux de rénovation d'immeubles ont-ils à être financés par le contribuable ? En quoi ces chantiers doivent-ils justifier un endettement supplémentaire de 5,9 milliards, pour un Canton qui détient déjà la dette-record de Suisse, 12,8 milliards ? En quoi des travaux privés de génie civil doivent-ils charger les générations futures, celles de nos enfants, du poids du service de la dette, car les taux, à tout moment, peuvent remonter ?
 
Maintenant, il faut le dire, ça suffit. La logorrhée Verte autour du mot-incantation "transition", ça suffit. La génuflexion docile des partis centristes, et même certains de droite, devant le Dogme Vert, ça suffit. La reprise servile de leur jargon, ça suffit. La grande peur, panique, à droite, de passer pour un retardataire dans la course fantasmatique à la "transition écologique", ça suffit.
 
Nous devons avoir, en Suisse, une prise de parole publique courageuse, et ne pas craindre le désaccord, le conflit : c'est cela, une démocratie ! Les Verts défendent leurs thèses, tentent de faire passer leur jargon, fort bien, c'est le jeu, ils en ont le droit. Le nôtre, c'est de ne pas partager leur vision du monde, refuser leur sabir, combattre leurs idées. Notre droit, aussi, et même notre devoir, c'est d'assurer à la Suisse sa souveraineté énergétique. Son approvisionnement en matières premières, en composants industriels. Les moyens de sa vitalité économique. Il n'est pas sûr que cela passe par un programme vaseux, et ruineux, sur "la rénovation et l'isolation des bâtiments".
 
 
Pascal Décaillet
 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • Cher Monsieur,
    Merci pour ce coup de gueule, c'est agréable de lire un texte qui ne va pas dans le sens du vent, j'espère qu'il sera entendu.

  • Je vous lis depuis longtemps. J'ai lu il y a quelque temps le premier tome des mémoires de Churchill. Des années 20 à 39, il a dénoncé la politique du gouvernement anglais qui pliait à chaque coup devant Hitler. Mais rien n'y a fait. Seuls les faits renvoient les imbéciles - autrefois les pacifistes, aujourd'hui ceux qui se nomment par pure escroquerie écologistes - à la réalité. Vous écrirez tous les billets que vous voulez, les citoyens cesseront de voter rose-vert quand la pénurie sera là, et seulement à ce moment. C'est une loi première de l'humanité. Renvoyer Cassandre à ses casseroles...
    (et ne venez pas nous dire que les Cassandre sont les écolos : où en est la mort des forêts, qui devaient avoir disparu en 2000 ?).

  • Excellent !

    Les commentaires de Walter et Geo sont aussi excellents, surtout la dernière phrase de Geo !

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