Le tragique de l'Histoire

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.10.21

 

Il y a une chose que l’on doit enseigner à l’école, c’est le tragique de l’Histoire. Dans notre système scolaire genevois, beaucoup trop de bons sentiments. Parce que Genève abrite les organisations internationales (dont nous sommes juste les hébergeurs), elle finit par croire elle-même – et tenter de faire croire aux élèves – que cette toile tentaculaire sert à quelque chose. Et qu’il existerait, très sérieusement, des « intérêts planétaires », au-dessus des nations.

C’est un leurre absolu. Transmettre cette illusion aux jeunes générations, ça n’est pas leur rendre service. Il faut, au contraire, leur dire la vérité. L’Histoire est tragique. Les peuples, depuis la nuit des temps, se font la guerre. La noirceur du pouvoir est partout. Nul n’y échappe : ni femmes, ni hommes, ni jeunes, ni vieux, ni gauche, ni gentil PDC, ni droite. Et chacune de ces catégories, si elle accède au pouvoir, l’exercera exactement comme tous les autres. Avec le même risque d’abus, la même arrogance, la même morgue, celle des puissants.

Cela, les élèves doivent le savoir. L’humain ne doit pas leur être enjolivé. Mais montré tel qu’il est : maléfique, prédateur. Tous les humains ! Il faut enseigner, plus que jamais, l’Histoire politique, et économique, non à travers le prisme de la morale, mais avec l’indispensable cynisme intellectuel qui s’impose. Celui de luttes d’intérêts féroces pour la survie. Le reste, c’est du confort anesthésié de bobos urbains. Donc, du blabla.

 

Pascal Décaillet

 

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Commentaires

  • Je pense qu'il faut enseigner les deux, l'histoire est faite d'une tension entre la tendance à la spéciation (la tendance des hommes à se scinder en groupes rivaux, en nations concurrentes), et la tendance à la planétarisation. Aucune des deux ne peut, ne doit être enseignée seule, d'une part parce que le réel a les deux, d'autre part parce que chacun est libre de choisir la tendance qu'il préfère et estime la plus juste, l'enseignement ne peut pas être un endoctrinement. Mais je comprends votre dégoût, votre rejet de l'endoctrinement planétariste, Joseph de Maistre se dressait contre aussi, c'est légitime, car illusoire, puisqu'à elle seule cette force n'explique rien.

  • Est ce que la "toile" supranationale, malgré ses limites, ses échecs et ses dérives, ne permet pas de contenir en partie la "noirceur" des interets nationaux ? Dans ce cas, les instances internationales ne seraient pas complémentement dénuées d'intérêt...

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