Refus du budget : à juste titre !

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Commentaire publié dans GHI - Mercredi 15.12.21

 

Le refus du budget, par un parlement, n’est pas un acte anodin. Il n’est pas à lire en termes comptables, ni chiffrés, mais avec les outils de l’analyse politique. Le budget, pour l’année à suivre, c’est l’acte majeur de l’Etat. Avec l’argent public – notre argent – l’exécutif définit les enveloppes financières dont il estime avoir besoin pour accomplir sa tâche. Les ministres commencent par s’expliquer entre eux, se mettent d’accord, au moins pour l’officialité, puis arrivent en début d’automne avec un projet de budget. Ce document est examiné par la Commission des finances du Grand Conseil, puis en décembre, en plénum. Profs d’Histoire, ou d’éducation citoyenne, s’il vous plaît, enseignez cela à vos élèves : futurs contribuables, ils ont le droit de savoir ce qu’on fait de leur argent.

 

Cette année, le parlement a refusé, très sèchement (59 voix contre 40, droite et MCG contre gauche), le budget 2022 du gouvernement. Le Canton devra fonctionner avec le système des douzièmes provisoires : on reprend le budget précédent, ça n’est pas la fin du monde, mais c’est inconfortable. Il l’a refusé, et il a eu raison ! Le gouvernement de gauche, en place depuis ce printemps (suite à l’élection de Fabienne Fischer, succédant à Pierre Maudet), est arrivé en septembre avec un projet délirant, vorace jusqu’à la gloutonnerie, exigeant la création de 364 nouveaux postes, et surtout excluant toute remise en question du train de vie de l’Etat. Un vrai budget de gauche, caricatural, méprisant pour l’argent des contribuables, alors que Genève détient le record suisse de la pression fiscale sur ses habitants, à commencer par les classes moyennes : ceux qui se lèvent le matin pour aller bosser, triment toute l’année, sont beaucoup trop ponctionnés sur le fruit de leur travail, ne peuvent pas mettre un sou de côté, finiront avec des retraites malingres.

 

A la vérité, notre gauche gouvernementale ne se soucie pas des classes moyennes. Ni des 62% de contribuables qui paient vraiment des impôts, le nombre des exonérés étant tout simplement hallucinant, et posant un vrai problème d’égalité face à la loi républicaine. Non, notre quatuor de gauche n’a comme objectif que de conserver, voire d’augmenter les milliards donnés par le contribuable à l’Etat. Nous avons à Genève une dette record (près de 13 milliards, en fait pas loin de 20 si on compte la Caisse de pension des fonctionnaires). Nous avons, en comparaison intercantonale, le record de dépenses publiques par habitant. Nous avons des Départements (comme le DIP) où la part des états-majors est beaucoup trop grande. Mais non ! La gauche gouvernementale, et les groupes parlementaires qui la soutiennent, montrent une incapacité coupable à la moindre remise en question du fonctionnement de l’Etat le plus tentaculaire de Suisse. A cette folie dépensière, à cette gloutonnerie, la droite et le MCG ont eu mille fois raison de dire non. Non à la mauvaise gestion. Non à l’idéologie dépensière. Non à l’incompétence. L’argent de l’Etat n’est pas celui du gouvernement, ni celui de l’administration. C’est notre argent. Et la colère, parfaitement justifiée, est notre colère.

 

Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Genève a 38% des contribuables qui ne payent pas d'impôts, mais reçoivent des prestations. Ce nombre augmente depuis des années avec l'arrivée des réfugiés et de leur famille. L'éducation d'un enfant scolarisé coûte 20'000 francs par an à l'Etat. Je vous laisse faire le calcul avec 3 ou 4 enfants... Et il y a le logement HLM payé par l'Etat et les allocations variées. Tout cela gonfle et grandit, grandit et impose le sacrifice des familles aux suisses genevoises en faveur de l'autre. C'est le choix que font les pros-étrangers de sacrifier les suisses.

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