Jouir, plutôt que souffrir

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Sur le vif - Jeudi 31.03.22 - 13.06h
 
 
 
J'ai juste raté son nom, de quelques secondes, ayant capté à la sortie d'un parking, au tout début de son sommaire. Mais la personne qui a présenté le 12.30h RSR, ce jeudi, était dotée de qualités radiophoniques méritant d'être relevées.
 
Une voix douce et pleine. Une diction parfaite. Une écriture juste et sobre, directe, claire. Un rythme. Des syllabes parfaitement articulées, sans en faire trop. Des silences respectés. Une virgule est une virgule. Un point est un point. Comme en musique, un soupir, une pause.
 
Il en ressort une impression d'intelligence, de maîtrise, et surtout d'immense plaisir dans l'exercice de l'oralité. Une jouissance, plutôt qu'une souffrance. Un bonheur de travailler les mots, le souffle, la voix. C'est cela, la radio.
 
Il ne serait peut-être pas inutile que les chefs, dans les radios, montrent beaucoup plus d'exigence dans l'ascèse de ce qui fait l'essence même de ce média : la voix, la densité d'expression et d'informations sur un timing donné, respecté à la seconde. Mais surtout, le bonheur d'être là. Non pour accomplir une corvée. Mais pour donner du sens avec la voix. Et jouir de l'art de parler à un vaste public.
 
 
Pascal Décaillet

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Commentaires

  • Je partage votre exigence radiophonique. Malgré la multiplication des formations, des (re)mises à niveau, etc. - c'est même devenu un petit business -, des voix immatures ou pire, sans conviction, sont lâchées sur les ondes. On n'écoute plus ce qu'elles nous disent; on entend que les bredouillements, les accents mal placées et l'absence de cette incarnation retenue qui est la marque des gens de radio passionnés. Là comme un peu partout, l'apprentissage vers excellence disparaît.

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