Un peu léger, Mme Fischer

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Sur le vif - Mardi 31.05.22 - 15.14h
 
 
Il est des interviews ministérielles qui, plus que d'autres, laissent pantois. Ainsi, ce matin, sur la Première, la Conseillère d'Etat genevoise chargée de l’Économie. L'air était si léger, ce matin, entre 07.35h et 08.00h, on entendait siffler les premiers passereaux. On aurait peut-être dû en rester là. Couper le poste. Humer le printemps.
 
Commençons par la fin. En pleine revue de presse, un confrère fait réagir Mme Fischer (en quoi il a parfaitement raison) à une nouvelle qui tombe à l'instant : la grande fusion impliquant un géant historique de la parfumerie à Genève, l'un des fleurons de notre Canton. Réponse, en substance : "Je n'étais pas au courant, vous me l'apprenez". C'est rafraîchissant, Mme Fischer, mais c'est un peu léger.
 
Retour au début, au corps même de l'entretien. Mes confrères - et soeurs - tentent d'obtenir de la ministre des impulsions pour l’Économie genevoise. Quelque chose de moteur, qui fleure l'économie, l'invention, la compétition pour être les meilleurs. Las ! Ils ne récoltent pas un milligramme d'économie. Mais des tonnes d'écologie. Des mantras : transition, transition, transition. On se croirait dans une secte, au soir du Grand Transfert.
 
En un mot, la magistrate prend une grille de lecture, une seule, celle du catéchisme de son parti pour les prochaines décennies. Elle applique cette grille de lecture-là. Et nulle autre. Elle pose un corset idéologique. Et c'est tout. C'est revigorant, Mme Fischer. Mais c'est un peu léger.
 
Au final, quoi ? Rien, justement. Un parfum de néant. De la cosmétique. Des mots. Des recettes toutes faites. Un catalogue idéologique. Olfactivement, fenêtre ouverte sur le matin d'un monde, c'est enivrant. Mais c'est un peu léger, Mme Fischer.
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 4 commentaires

Commentaires

  • Elle n'est simplement pas à la hauteur et dans ces cas là, comme beaucoup de personne, elle ne parle que de ce qu'elle connaît, l'idéologie de son parti.
    Or, il y avait déjà des doutes avant son élection, et au final, c'est pire que prévu. Visiblement elle n'a pas la compétence d'acquérir de nouvelles compétences, c'est gravissime. Faut lui donner la culture, au moins ça n'a pas d'impact sur l'avenir du canton.

  • A propos d'idéologie, voici un conseil de lecture pour cet été. Le dernier livre de Guy Mettan intitulé LA TYRANNIE DU BIEN:

    https://livre.fnac.com/a16594701/Guy-Mettan-La-Tyrannie-du-Bien-Dictionnaire-de-la-pensee-in-correcte

    En voici un résumé:
    Le Bien est partout. Il nous poursuit de ses assiduités. Il nous traque sans pitié. Il projette ses métastases jusque dans les plus intimes replis de nos vies. Il gère, manage, planifie, assiste. Il légifère, confine, vaccine, condamne, bombarde, tue. D'empire, le Bien est devenu tyrannie. Car la quête frénétique de la vertu est devenue une obsession universelle. Elle ne se limite pas aux cercles woke et aux ONG bienpensantes. Elle est aussi pratiquée dans les salons feutrés des conseils d'administration, les bureaux open space des managers, les antichambres inclusives des ministères, les amphithéâtres aseptisés des universités et sur les réseaux sociaux qui se sont mis en tête de censurer les manifestations supposées du mal.
    Cette tyrannie, il est urgent de la dénoncer. C'est ce que se propose ce guide, qui piétine avec jubilation les plates-bandes du prêt-à-penser économiquement, culturellement et politiquement correct.
    Dans la veine caustique d'un Philippe Muray, il désarme les ressorts de la softlangue, ce nouveau langage qui s'emploie à emmieller le vocabulaire et à le noyer de néologismes à consonance anglaise pour mieux répandre ses méfaits.
    Il en ressort un inventaire des idées reçues qui réjouira ceux qui n'en peuvent plus des postures et des impostures, des hypocrisies et des faux-semblants engendrés par cette recherche éperdue d'un Bien qui finit par faire beaucoup de mal.
    Guy Mettan n'est pas un robot ni un algorithme. Journaliste et?écrivain, il a écrit des centaines d'articles et une dizaine de livres. Il a notamment écrit Russie-Occident, une guerre de mille ans (éditions des Syrtes, 2015, 2022), traduit en six langues et Le Continent perdu (éditions des Syrtes, 2019).

  • Difficile de lui reprocher quoi que ce soit sur le cas précis de cette fusion dont elle n'avait pas été mise au parfum. Les contrats de fusion et acquisition sont soumis à des clauses de confidentialité (particulièrement strictes si l'une des entités est cotée en bourse), et hormis les cas où des autorisations doivent être obtenues auprès d'autorités, celles-ci n'ont aucun moyen de savoir qu'une fusion a lieu. De façon plus générale, l'immense majorité de nos élus, singulièrement dans nos gouvernements, sont des "rois trouvés" au sens où l'entend Maurice Druon. La fonction existe, elle est inoccupée, il faut bien que quelqu'un l'occupe, alors on choisit par élimination quelqu'un qui se retrouve finalement dans une fonction à laquelle il ne comprend pas grand' chose, et comme il n'y croit pas lui même, il se prend en selfie le jour de son entrée en fonction. Que voulez-vous.

  • Sa conseillère Esther Mamarbach n'était pas non plus pas au courant alors qu'elle a été
    engagée pour s'occuper de la communication ...

    EM était plus bavarde à Infrarouge ...

    Le dernier paragraphe de M. Raphaël Baeriswyl résume très bien la situation dans laquelle se trouve la Conseillère d'Etat actuellement ...

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