L'atelier, toujours recommencé

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Sur le vif - Vendredi 23.09.22 - 20,00h
 
 
 
Je ne supporte pas le mot « start-up ». Le fait qu’une entreprise commence son activité n’a aucun intérêt en soi.
 
Qu’elle dure ! Qu’elle emporte, sur le long terme, la confiance de ses partenaires. Qu’elle se montre fiable, solvable, qu’elle honore ses engagements. Qu’elle soit appréciée pour sa rigueur, sa précision, la qualité de son travail.
 
Tout cela, sur de longues années. Dans la créativité recommencée de l’atelier, et non le cliquetis des cocktails.
 
Après, peut-être, on discutera.
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • "ILS" ont encore "jeune pousse" dans leur musette... quelle horreur !

  • Tout à fait d'accord avec vous. Je déteste également ce mot startup, qui se pronoce startap. C'est un attrape nigaud pour faire croire à des jeunes qu'ils pourront devenir Bill Gates en bricolant dans leur garage, parce qu'en vérité on ne veut pas leurs donner de vrais emplois qui leur permettraient de se former et devenir plus tard peut-être des vrais entrepreneurs. On leur montre un miroir aux alouettes qui peut littéralement ruiner leur vie. C'est aussi une véritable escroquerie visant à soutirer de l'argent à des "business angels", parfois aux collectivités publiques, pour financer des jeunes pousses illusoires la plupart du temps.

    Je ne dis pas que dans certains cas, très rares, ce système de capital risque, qui ne fait pas partie de notre culture suisse, ne permet pas de faire naître des petites entreprises dont certaines seront viables. Mais ni les frères Sulzer, ni Hans Caspar Escher vom Luchs fondateur d' Escher Wyss, la plus ancienne fabrique de machines en Europe, ni son parent Alfred, le fondateur du Crédit Suisse, ni la famille Rieter qui a créé un empire mondial de la machine textile, ni Charles Brown, ni Walter Boveri, ni la famille Bühler à Uzwil qui a créé un empire mondial des machines pour l'industrie alimentaire, complètement familial, ni Johann Rudolf Geigy-Gemuseus droguiste bâlois qui a créa une petite entreprise au 18ème siècle qui deviendras Novartis, ni Fritz Hoffmann La Roche, ni Auguste de La Rive et Marc Thury, fondateurs de la Société des Instruments de Physique, ni l'aristocrate polonais Antoine Norbert Patek et son associé l'horloger genevois Jean Adrien Philippe, ni, plus près de nous, l'astucieux commerçant arménien Vartan Sirmakes et son associé Frank Muller, ni Francesco Turrettini le fondateur de la Grande boutique à la fin du 16ème siècle, ex-podestat de Luques réfugié à Genève, qui fit de Genève un centre international du négoce de la soie, ni Elisabeth Baulacre, icône des féministes genevoises d'aujourd'hui mais grande exploiteuse qui faisait travailler 2000 personnes, ou plutôt esclaves, mais elle avait un vrai génie commercial, et qui mourrut deuxième plus grabnde fortune de Genève après Antoine Lullin, ni les familles de banquiers Thellusson, Sellon, de Candolle, Mallet, Pictet, Lombard, Odier, Mirabaud, Darier, Hentsch, Ferrier, Bordier, Hirschhorn-Bär, ni les cigarettiers Burrus, ni les fabricants de broderies et dentelles de Saint Gall, ni Joseph Bobst, le roi de la machine à fabriquer des emballages dont l'entreprise toujours en mains de sa famille est florissante dans le monde entier, ni Edouard Dubied le fabricant de machines à tricoter, ni les fabricants de boîtes à musique de Sainte Croix Paillard, Reuge, Mermod, etc., auxquels il faudrait ajouter le famille Thorens qui fabriquait les meilleurs tournedisques du monde, ni la famille Amon qui a transformé une entreprise produisant de la graisse à traire (Société I ndustrielle de Produits Agricoles SICPA) en un empire mondial des encres d'imprimeries de sécurité, ni Henri Cornaz qui fonda une verrerie à Saint Prex qui deviendra la groupe Vetropack, ni la famille Schmiedheiny, les rois du ciment, ni Emil Bührle historien de l'art devenu fabricant d'armes et grand collectioneur de tableaux, ni Marc Birkigt le fondateur d'Hispano Suiza, ni le pharmacien Henri Nestlé à Vevey, ni Stefan Kudelski, inventeur de l'enregistreur Nagra, ni Pierre B. de Muralt fondateur des éditions Rencontre qui ont échoué après un grand succès qui a duré une bonne décennie quand-même, mais il a créé ensuite une maison de vins qui existe encore et reste florissante, ni Ueli Prager, officier de cavalerie qui ne savait pas quoi faire après avoir été démobilisé et a créé le Mövenpick, ni Philippe Suchard et tant de chocolatiers, ni Nicolas Hayek, ce consultant qui ne réussissait pas à payer ses factures de téléphone et devait passer ses appels d'une cabine téléphonique, mais qui par son habileté et son audace a malgré tout réussi à restructurer la plus grande part de l'industrie horlogère suisse (ASUAG et SSIH) et à transformer tout ça en une immense entreprise familiale transmise à ses enfants, aucun(e) de celles et ceux qui ont fondé des entreprises importantes, ou même petites, et créé des emplois dans l'histoire de notre pays, n'ont jamais pensé qu'ils créaient une "startap", ni n'ont jamais eu à aucun degré cette mentalité ridicule que l'on a promu ces dernières années comme une véritable idéologie à la noix.

    Je peux vous rassurer cher Pascal Décaillet, depuis quelques semaines , la mode des startaps est morte. C'est l'effondrement total et dramatique d'une illusion collective. J'ai un ami qui a gagné beaucoup d'argent depuis des années dans le domaine du "venture capital", il a fait ça intelligemment d'ailleurs et je le salue au passage. Eh bien il m'a dit qu'il était épouvanté car cette année il va faire des pertes énormes et je me demande même s'il ne va pas être carrément ruiné. Les années qui viennent seront des années de pénurie où les vertus ancestrales qui ont permis la création des entreprises qui ont duré, seront remises à l'honneur par la force des choses.

  • Correct et je n'avais jamais pensé à ça (comme je suis très "Américanisé" je suis moins choqué par les mots anglais, mais je fais un effort bien sûr), alors que je possède plusieurs "startup" qui sont "boostrappées". Ce dernier terme est intéressant, je vous apprend quelque chose, boostrap veut dire dans le jargon qui m'appartient à 100% ou à ses proches, mais sans argent d'investisseurs. Car c'est là le problème, vous avez pleins de startup avec des VC ou BA. A la fin qui possède la startup ? Justement souvebnt les investisseurs et ces jeunes ont peu de liberté. En fait ces jeunes qui créent des startups jouent un peu au casino, en possédant des parts ils peuvent un jour devenir très riche. Mais à mon avis on devient plus facilement riche d'un point de vue statistique en étant avocat d'affaires ou médecin spécialiste. Si l'argent est le moteur. Pour moi le conseil que je donne à un jeune (j'ai 42 ans), faites ou fais quelque chose qui fait sens pour vous, sinon vous ne tiendrez pas le chemin très long (moi, 20 ans l'année prochaine d'entreprenariat). Mais à la fin, il faut de l'enthousiasme ("Dieu dedans" en grec) et de la curiosité, si vous avez ces 2 qualités lancez-vous, sinon no way (je place mon anglicisme de service à la fin). Et surtout visez les Etats-Unis dès le début (25% du PIB mondial) quitte à revenir ensuite en Suisse, par exemple pour fonder un média conservateur sérieux...

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