Simonetta Sommaruga : le rang, la fonction

Imprimer

 
Sur le vif - Mercredi 02.11.22 - 16.07h
 
 
Je ne suis d'accord avec quasiment aucune idée politique de Mme Sommaruga, mais j'ai toujours trouvé à cette dame une très grande classe.
 
Dans l'exercice de sa charge, elle a toujours, en termes de tenue, de postures, de langage, été parfaitement à la hauteur de sa fonction. En elle, nulle arrogance du pouvoir, jamais. C'est assez rare pour être relevé.
 
Bref, elle n'a pas été (à mes yeux), une très bonne ministre. Mais elle a été une conseillère fédérale de qualité. Il n'y a là rien de paradoxal : il suffit de dissocier les choix politiques de l'équation personnelle avec un certain rang à tenir.
 
 
Pascal Décaillet

Lien permanent Catégories : Sur le vif 8 commentaires

Commentaires

  • C'est une dame de cœur qui a travaillé pour tous les suisses.

    Néanmoins, elle n'était plus à sa place avec la crise, comme Parmelin, dans ce nouveau paradigme énergétique.
    Espérons un tournus pour placer les bonnes personnes. Il y a besoin d'un leadership pour conduire ces prochaines années, à une indépendance énergétique suffisante.
    La socialiste qui lui succédera ne fera pas l'affaire, sans connaître qui, on sait que chez les socialistes, il n'y a pas de profile technique. Ces socialistes ont l'obsession du genre, alors que ce parti n'a aucune diversité du monde du travail, ce qui pour représenter le peuple est très problématique.
    Une socialiste non issue des sciences sociales serait la bonne personne, idéalement, une ingénieur.

  • Il y a quelques années elle était de passage dans une émission de la radio romande qui l'accompagnait dans sa vie quotidienne. Dans cette émission elle révélait que son livre de chevet était de Greta Thunberg. Cette anecdote à elle seule résume cette politicienne qui a suivi aveuglément la doxa alarmiste sur le climat, pratiquant une politique du fait accompli. La seule fois où cette question a été débattue démocratiquement (loi sur le CO2), ce fut un échec politique pour elle.

  • Sur le fond, une inutile émotionnelle de gauche, pro-Europe, pro-immigration et contre la neutralité de la Suisse ancestrale.

  • Arrogante ? Parfois quand même
    Au soir de l'initiative anti-armes de 2011, après le rejet de l'enregistrement, Madame Sommaruga avait tranquillement déclaré à la radio romande qu'elle le ferait quand même.

  • Tout à fait d'accord. La baronne Sommaruga est une gauchiste et une mauvaise conseillère fédérale, mais elle est de bonne famille et ça se sent. Elle a de la branche. C'est une dame.

    Ça fait une différence avec tout le reste du personnel politique. On pourrait en dire autant de la comtesse von der Leyen, qui est encore plus incompétente et catastrophique dans son action politique, mais elle est vornehm. En Allemagne ça garde son prestige.

    Ceux qui savent percevoir les choses imperceptibles auront remarqué, que la première fois que Simonetta a fait son entrée dans la maison de Watteville, les gnädigen Damen, und Herren, dans leurs cadres dorés, ont poussé un profond soupir de soulagement, que très peu ont pu entendre: enfin, enfin une dame, après tous ces ploucs, enfin quelqu'un de notre monde!

    Elle aura été la troisième, la troisième personne "née", seulement, à avoir siégé au Conseil fédéral depuis 1848, les deux autres étant Siméon Bavier (1879-1883) , sans particule car le port de la particule était interdit par la loi à l'époque dans son canton des Grisons, et Édouard de Steiger (1941-1951). Il n'y a a aucun autre cas. Tous les autres étaient des bünzli.

    Ces deux personnalités ont été les exceptions confirmant la règle du décret d'ostracisme excluant les patriciens du gouvernement depuis 1848. Leur choix s'est expliqué par des circonstances tout à fait particulières et exceptionnelles. Bavier était L'Expert incontournable des questions ferroviaires, au moment où ce problème faisait trembler la Confédération sur ses bases. On ne pouvait pas se passer de lui. De Steiger a été porté par le fait que le PAB, son parti, était fondé sur un pacte entre deux groupes sociaux: les paysans bernois, qui avaient été représentés par Rudi Minger et les Berner Burger, c'est à dire les patriciens, qui avaient perdu le pouvoir mais conservaient une grande influence réelle. Après le paysan Minger, c'était au tour du patricien de Steiger.

    Comment s'explique l'anomalie Sommaruga ? Difficile à dire. Peut-être que les gens sont devenus tellement incultes que, tout simplement, personne ne savait qui elle était.

  • Ceci étant dit, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ça commence à devenir un fait de société: les ci-devant commencent à faire leur réapparition en politique, mais en se positionnant à gauche, si ce n'est à l'extrême gauche.

    Les deux Roger, de Diesbach et de Weck, avaient lancé la mode dans le journalisme. C'est au point que je disais volontiers en plaisantant, à des amis, que désormais pour devenir réd en chef d'un grand journal en Suisse il y avait une recette très simple: il suffisait de s'appeler Roger, d'être gauchiste et d'appartenir à une famille patricienne fribourgeoise catholique. Maintenant ça a changé. Les Roger restent dominants, mais on peut y arriver même si on est zurichois, protestant ou juif. Exemples: Köppel, qui en plus est de doite, et Schawinsky.

    Puis la tendance s'est répandue. Alec de Graffenried, du parti vert, est président de la ville de Berne. Qu'on ne me dise pas que dans son élection la fibre ancien-régime d'une partie de l'électorat n'a pas joué. Ce Graffenried fait d'ailleurs un bon travail à Berne.

    A Genève, il y a l'ineffable baronne de Coline de Senarclens, fille du chanteur Sarcloret, qui se la joue aussi super gauchiste tout en conservant un certain orgueil de caste. Elle a d'ailleurs un certain talent, malgré qu'elle soit dislexique et donc brouillée avec l'orthographe. L'autre Sommaruga, Carlo, fils de Cornelio, a des quartiers de noblesse incontestables et lui dans le genre gauchiste, on ne fait pas mieux. Bien qu'aussi de l'ASLOCA, je mets de côté l'antipathique Nils de Dardel, car il est tellement imprésentable qu'on ne peut pas décemment le considérer comme un aristo. Mais à Genève, il y a d'autres beaux spécimens. Exemple le comte de Marcellus, ou plus exactement de Martin du Tyrac de Marcellus, d'une illustre famille légitimiste qui a donné au moins un pair de France sous la Restauration, et dont faisait partie l'un des découvreurs de la Vénus de Milo lors de l'expédition de Dumont d'Urville. Le rejeton genevois de la famille, Olivier de Marcellus, a mené une carrière confortable d'ultragauchiste professionel au DIP à Genève, bien au chaud dans ses pantoufles, tout en militant dans des mouvements alter-mondialistes extrêmes, pour un ordre mondial écolo plutôt rouge que vert, en compagnie de ses copains Chaïm Nissim et, dans un autre genre, llich Ramirez Sanchez dit Carlos ou le Chacal, qui avait fourni le lance roquette pour l'attentat de Chaïm Nissim contre Creys-Malville. Mais le comte de Marcellus n'a fait que fréquenter ce beau monde, sans trop se mouiller, puisqu'il na jamais été sérieusement inquiété par la justice. Probablement aujourd'hui il jouit d'une confortable retraite de haut fonctionnaire de l'Etat de Genève, après avoir bien endoctriné nos enfants dans le marxisme culturel.

    Un autre adepte de l'action directe à particule, neuchatelois quant à lui, est Daniel "de" Roulet, auteur de romans tellement admirables qu'ils sont lus parfois par plus d'une centaine de lecteurs, et volontiers couronnés de nombreux prix littéraires. Lui, son hobby consistait, le dimanche à la montagne, à mettre le feu aux chalets de personnalités anticommunistes comme l'éditeur de journaux Axel Springer, forfait qu'il a avoué complaisamment après avoir attendu toutefois l'écoulement du délai de prescription. Pas folle la guêpe.

    Pas sûr que cette surenchère gauchiste soit la bonne méthode pour redorer les blasons des bonnes familles. Mais que faire pour que la discrimination des aristos cesse ? Même Dominique de Buman, si sérieux, si capable, si politicard et si raisonnable, s'est heurté à un plafond de verre. Il aurait pourtant mérité de devenir conseiller fédéral, mais il a du se contenter du rôle d'éternel Poulidor de la politique parce qu'il a toujours été boyotté pendant toute sa carrière par des malveillants qui lui ont mis des peaux de bananes sous les pieds.

    Le problème est insoluble. Il faudra trouver autre chose.

  • @JL: merci pour votre analyse historique de la question des particules dans le monde politique suisse. Je serais également intéressé par le même phénomène, mais cette fois dans l'industrie où l'on assiste également à une surreprésentation de l'ancienne classe aristocratique européenne dans les instances dirigeantes du pays. Cet un phénomène global mais il serait intéressant d'avoir la perspective suisse.

  • @Marc`

    Je me suis un peu lâché sur ce sujet, qui me tracasse pour diverses raisons. Il tracasse aussi Pascal Décaillet, qui oscille entre deux réflexes contradictoires: il y a d'une part son antipathie pour une mini catégorie typique d'aristos et grands bourgeois locaux, quelque peu compassés, qui avait encore une certaine influence à Genève jusqu'à une époque récente, dans la mesure où elle était très présente dans le milieu de la banque privée protestante genevoise traditionnelle. Pascal Décaillet n'aime pas ce monde là et le fustige souvent en parlant de ''fatigues patriciennes'', ou de ''rue des Granges'', car, si vous n'êtes pas genevois je vous l'apprend, la rue des Granges, qui au moyen-âge était la rue des Juifs et où se trouvent de beaux hôtels particuliers du XVIIIe à portes cochères, était traditionnellement habitée par ces vieilles familles distinguées, dont l'argent, et les intérêts, déterminaient la politique de l'ex parti libéral. De l'autre côté Pascal Décaillet porte un culte à la Prusse, son aristocratie militaire, ses traditions, etc. Il a bien connu un célèbre journaliste allemand August von Kageneck, qui l'avait pris en amitié, je crois, et qui était issu de ce milieu de junkers et généraux prussiens. Si vous lisez les billets de Pascal Décaillet, qui sont souvent très brillants, vous verrez qu'il y a souvent, soit des éloges dithyrambiques, soit des coups de griffe contre les aristos. Dans l'ensemble Pascal Décaillet schwärmt pour la noblesse, mais la noblesse allemande, et il déteste les nobles français qui se sont fait couper la tête pendant la révolution, et dont certains étaient, il est vrai, devenus passablement inutiles avec leurs talons rouges et leurs perruques pooudrées, à cause de la manière dont Louis XIV les avait domestiqués. Quant à l'aristocratie historique de la Suisse, qui a aussi ses gloires et qui a bel et bien gouverné le pays pendant des siècles, on ne sait pas trop ce qu'il en pense. La seule chose que je sais c'est qu'il n'aime pas la rue des Granges, soit le gratin genevois, mais je ne sais pas trop ce qu'il pense des patriciens bernois, fribourgeois, lucernois ou de la grande bourgeoisie bâloise, si riche non seulement en argent mais aussi par sa culture. Il en parle peu.

    Là j'ai été étonné qu'il parle de "classe" de ''tenue'', de ''postures'', et surtout de "rang" pour faire l'éloge de cette femme politique de gauche Simonetta Sommaruga. Cela tendrait à indiquer que Pascal Décaillet respecte en réalité le vrai ethos aristocratique, quand il existe, quoiqu'il encense volontiers le style ordinaire, si ce n'est vulgaire de certains hommes politiques appartenant la tradition radicale. C'est un homme plein de contradictions. Mais je peux aussi comprendre son sentiment. C'est vrai que la "Haltung" un peu réservée de Mme Sommaruga, comme sa mise élégante et discrète, rappellent beaucoup l'understatement des patriciens bernois, et le bon goût modeste des bonnes familles de la Suisse allemande, mais pas du tout les manières coincées et le style snobinard qu'affectent les péteux du parti libéral genevois, qui croient ainsi singer la rue des Granges. Pascal Décaillet devrait apprendre la nuance qui existe entre la "deusse" et la "une". S'il avait connu des vrais messieurs genevois de notre histoire, comme Charles Pictet de Rochemont auquel nous devons tant, il réviserait peut-être certains de ses préjugés, qui concernent en réalité la deusse.

    J'ai été étonné de ces éloges à Mme Sommaruga, venant d'un laudateur de la politique plébéienne. Et c'est pourquoi je n'ai pas pu résister au plaisir de ramener ma science. J'ai été étonné que mes commentaires soient validés.

    C'est vrai que la famuille Sommaruga est d'origine vraiment noble, venant du Tessin actuel, c'est à dire qu'il s'agit d'une vieille noblesse lombarde, mais la famille a obtenu plusieurs titres au XIXe, un titre de baron décerné par François Joseph en Autriche, et un de comte par le royaume d'Italie. Il y a un palazzo Sommaruga à Milan, très belle architecture de style art nouveau, et l'Institut Suisse de Rome, un des trésors cachés de notre pays, a été fondé par une comtesse Sommaruga, très riche car son mari était un grand industriel, qui a aussi fait don du palais exquis dans lequel cet institut a installé ses pénates. Il est bon que nos compatriotes, qui se complaisent dans l'idée fausse qu'ils sont un peuple de bergers, uniquement, sachent ces choses.

    Vous avez été intéressé par mes réflexions, et vous me demandez comment j'explique la présence de nobles dans l'industrie. Je ne l'explique pas. Je suis un peu étonné même car j'ai plutôt l'impression que la noblesse, ou ce qu'il en reste, se traîne généralement dans le même précarité que tout le monde. Mais si vous observez beaucoup de noms à particules dans certains conseils d'administration, cela peut être dû à plusieurs causes. Il y a d'abord le snobisme. Souvent, du moins autrefois, un industriel ayant fait fortune à partir de rien, s'imaginait qu'en mariant ses filles dans la noblesse, il se hisserait dans l'échelle sociale. Ou alors en France, un fils de famille noble désargenté jetait son dévolu sur une demoiselle Schneider, ou Peugeot, ou Michelin, ou Sommier, ou Béghin (grandes fortunes sucrières) ce qui permettait de refaire le toit du chateau familial. Tout cela pouvait se passer d'ailleurs avec des sentiments sincères. La politique familiale n'empêche pas l'amour. Il y a aussi la fausse noblesse, grande bourgeoisie snob du genre Giscard d'Estaing, qui aime à côtoyer l'ancienne noblesse. Il y a de tout. De toute façon, rien n'est plus humain. De tout temps, les classes supérieures déclinantes ont aimé se mêler aux parvenus, et vice versa.

    Je n'ai pas du tout l'impression que le phénomène dont vous parlez existe en Suisse. Citez moi svp un cas de grand industriel suisse issu d'une famille patricienne ou noble. Il faut bien chercher. Je n'en vois pas.

    Il y aurait peut-être Bobst, magnifique entreprise vaudoise de l'industrie des machines, familiale, dont le fondateur avait une fille qui a épousé un ingénieur appelé Bruno de Kalbermatten (bonne famille valaisanne de militaires au service étranger, annoblie par Louis XV), qui a dirigé l'entreprise brillamment (voir ici: https://www.plansfixes.ch/films/bruno-de-kalbermatten/) et la succession a été parfaitement réussie. Aujourd'hui le patron de Bobst s'appelle de nouveau Bobst et non de Kalbermatten, je ne sais pas comment ça s'explique. Mais les Kalbermatten sont sans doute encore actionnaires.

    J'ai l'impression que cette présence de la noblesse dans l'industrie existe surtout en Allemagne. L'Allemagne est le seul pays où la noblesse existe encore véritablement, avec quelques familles très riches possédant encore des milliers d'hectares de terres (mais il n'y en a pas beaucoup, la plupart sont complètement ruinés). Parfois des entreprises industrielles font aussi partie de ces grands patrimoines. Par exemple le prince de Hohenzollern-Sigmaringen possède une grande entreprise métallurgique dont les employés ont été bien heureux d'avoir un patron comme lui, car cette entreprise a été en grande difficultés il y a quelques années et le prince a décidé de l'assainir en investissant des sommes énormes de sa fortune personnelle pour sauver les emplois, ce qu'il a fait, et aujourd'hui l'entreprise est à nouveau florissante. Mais tout autre actionnaire aurait vendu l'entreprise à la découpe et licencié tout le monde.

    Je ne connais pas de cas comparable en Suisse, si ce n'est dans la banque, car le prince de Liechtenstein, que l'on peut presque considérer comme suisse, possède une banque énorme: le Liechtenstein General Trust, qui a pris un essor extraordinaire ces dernières années, au point de concurrencer sérieusement les banquiers genevois. Mais ceci est dû uniquement au fait que le prince de Liechtenstein, Hans-Adam, a fait montre d'un coup d'oeil exceptionnel et d'un véritable génie financier. Il a pris il y a 20 ans la décision stratégique d'axer tout le développement de sa banque vers l'Asie. Et aujourd'hui cette politique porte ses fruits. Il y a 25 ans c'était une toute petite banque. Bon chien chasse de race. Pendant ce temps les banquiers genevois sont restés très frileux en ce qui concerne la clientèle chinoise, ils ont loupé le train.

    Le monde change, la roue tourne. Dans le cas de LGT c'est très amusant d'assister à un évènement organisé par cette banque, quand un membre de la famille princière l'honore de sa présence. Car le petit journaliste de la TV qui officie généralement en qualité de monsieur Loyal de service, se répand en salamalecs obséquieux envers Son Altesse Sérénissime. Ca change beaucoup du style de la rue des Granges, et aussi de la Bahnhofstrasse.

    Je ne sais pas comment répondre à votre question. De tout temps, l'annoblissement d'une famille a été la conséquence naturelle de son succès et de son élévation dans la société. On a voulu changer ça, donc depuis un siècle ou deux, on n'annoblit plus les gens, sauf au Royaume Uni, en Belgique, et dans les autres pays ayant encore une monarchie constitutioennlle. Mais de toute façon, il existe comme ça des catégories qu'on a beau vouloir éradiquer, c'est comme la mauvaise herbe ça repousse toujours. Les gens ont toujours envie de titres de noblesse.

    Il y avait même un monteur en chauffage astucieux à Genève, qui s'appelait Filipinetti et qui avait fait fortune en s'associant avec l'Aga Khan, auquel il rendait toutes sortes de services. Il s'était acheté le château de Grandson, et... un titre de comte. Je ne sais pas où il l'avait trouvé d'ailleurs ce titre. C'était un personnage haut en couleur et très original, mais ses descendants n'ont pas fait beaucoup parler d'eux.

    On verra sans doute encore beaucoup de Filipinetti à l'avenir.

    https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cpf07011761/l-ecurie-du-chateau

    Ah, j'allais oublier. En ce moment, toute la Suisse romande se désole parce que BAT (British American Tobacco) a annoncé qu'elle pourrait fermer l'usine de cigarettes de Boncourt. Il s'agit de l'ancienne entreprise Burrus. Il faut savoir que la famille Burrus, alsacienne, avait créé cette entreprise dans le Jura au XIXe siècle. Les cigarettes Burrus ne pouvaient pas être fabriquées ni vendues en France à cause du monopole d'état sur le tabac dans ce pays. Mais elles se vendaient très bien en Allemagne, ou plutôt dans l'empire allemand, étant fabriquées en Suisse. C'est ce qui a permis l'essor extraordinaire de cette entreprise. La famille Burrus est donc devenue très riche et a fait vivre toute la région em pratiquant un grand paternalisme bienveillant, dont tout le monde garde la nostalgie (il y a en fait deux branches les Burrus des cigarettes et ceux du chocolat).

    https://www.rts.ch/play/tv/tell-quel/video/ces-messieurs-de-boncourt?urn=urn:rts:video:8487462

    La très sympathique famille Burrus qui est très catholique et un peu snob, n'est pas noble, mais une fois devenus riches, les Burrus ont fait beaucoup de bons mariages dans la noblesse. De sorte qu'il y a sans doute passablement de familles à particules en France, siégeant dans divers conseils d'administration, dont l'argent vient en réalité du côté Burrus. C'est la vie.

Les commentaires sont fermés.