L'éternel été des cigales

Imprimer

 
Sur le vif - Vendredi 11.11.22 - 07.45h
 
 
La passion pour les moindres faits et gestes d’Elon Musk n’existe que dans le cerveau tétanisé des journalistes qui veulent faire mode.
 
Les mêmes qui, il y a vingt ans, nous tenaient la jambe avec le Nasdaq, les start-up et l’innovation, sans avoir, pour leur part, jamais créé la moindre entreprise. Des hallucinés du nouveau.
 
L’écrasante majorité de nos contemporains se contrefoutent d’Elon Musk. Mais nos cigales de la modernité clinquante chantent en boucle. Invisibles, obsédantes, dans l’éternel été de leurs illusions.
 
 
Pascal Décaillet
 

Lien permanent Catégories : Sur le vif 3 commentaires

Commentaires

  • Je ne sais pas... Une sorte d'agité du bocal qui se paie un réseau social à 44 milliards de Dollars, ça interpelle. Surtout qu'il se fait le porte-parole d'une certaine droite assez obtuse, négationniste du résultat d'une certaine élection présidentielle notamment... Non qu'il n'en n'aie pas le droit, mais quand même. Et puis, des licenciements massifs, une absence visible d'intentions claires, ça interpelle aussi. Si Twitter n'avait pas la place qu'il a aujourd'hui, le monde entier n'en n'aurait effectivement rien à faire, mais là...

  • En complément:
    https://www.nytimes.com/2022/11/11/technology/elon-musk-twitter-takeover.html

  • L’information est une liberté

    La passion pour la censure très caractéristique du courant wokiste aux États-Unis et de la gauche "sociétale" sur notre continent, a trouvé un moyen d’assouvissement avec cette perversion dans le fonctionnement des réseaux sociaux. Que la censure soit le fruit du consensus politiquement correct étasunien ou celui des liberticides réglementations de l’Union européenne, constituent une régression considérable.

    Ces réseaux sociaux sont devenus inévitables dans le débat public. Il y règne bien sûr le pire et le meilleur, mais ils constituent, qu’on le veuille ou non, des outils de dés-enfumage indispensables en ces temps de concentration des vecteurs médiatiques entre les mains des oligarques à qui les pouvoirs politiques n’ont rien à refuser. On ne prendra que l’exemple du délire propagandiste qui s'est manifesté depuis l'intervention russe en Ukraine. On comprend que les tenants minoritaires du bloc élitaire tiennent à ce point au monopole de leur parole. Et souhaitent conserver ce système de censure a priori de ceux qui ne pensent pas comme eux.

    Que la mainmise tonitruante d’Elon Musk sur Twitter ait fait souffler un vent de panique sur le mainstream n'est pas une surprise. Car il ne s’est pas contenté, d'effets d'annonce sur la restauration de la liberté d'expression; il en a profité pour mettre à la porte tous les cerveaux de la censure. On va reconnaître que la véritable joie mauvaise nous a été fournie au spectacle de la panique et des lamentations des petits marquis, des professeurs de morale et de maintien, des antifascistes en carton, et autres profiteurs du système.

    La lecture des gérémiades qui remplissent les pages de nos médias montre qu’au fond, le pire pour eux est la perte de leur monopole. Alors la diabolisation d’Elon Musk va bon train, et désormais la bien-pensance le décrit sous les traits de Belzébuth. Pensez donc, il a appelé à voter pour les républicains aux élections des «mid-terms », le parti de Donald Trump. Pour les ignorants de ce que sont les États-Unis, ça relève quasiment du crime contre l’humanité.

    Bien sûr, passé ces petits plaisirs, on ne va pas se faire d’illusion. Elon Musk est un de ces magnats capricieux à la richesse vertigineuse et artificielle. On verra bien ce qu’il fait de son nouveau jouet. En attendant, les manieurs de ciseaux nous rappellent que pour eux et l’ordre qu’ils défendent, la liberté d’expression constitue un danger.

Les commentaires sont fermés.