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  • Socialistes genevois : ni carpes, ni carpettes

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    Sur le vif - Et à l'extrême (j)onction des sexes - Mardi 07.09.10 - 15.30h

     

    Les socialistes genevois ne décolèrent pas. Ils viennent de publier un communiqué déplorant la très grande méchanceté de la presse dominicale alémanique qui, dans son dernier classement des élus fédéraux, rudoie certains des leurs. Dans ce texte où surgissent en folie les quarantièmes rugissants de l’épicène, le PSG réaffirme (sic !) « sa confiance dans tou-te-s ses élu-e-s fédéraux-ales ». Concluant : « Nous invitons les médias à prendre contact directement avec nos élue-e-s pour discuter du travail de fond de ceux-celles-ci ».

     

    Ouf ! Ou plutôt « Ouve ! ».

     

    Ils ont raison, au fond, les socialistes genevois. Alors, juste pour le bonheur du genre, parachevons l’épicène jusqu’à l’extase. Ce qui pourrait donner ceci :

     

    « Le PSG tient à réaffirmer sa confiance à tou-te-s ses élu-e-s, Carlo et Carla, Maria et Mario, Jean-Charles et Jeanne-Charlotte, Liliane et Lilian, qui sont tou-te-s belles et beaux comme Belzébuth, ni voyous ni voyelles, ni bonnets d’âne ni bonneteau d’ânesses, ni crapauds ni crapettes, ni carpes ni carpettes. A bon enten-deur-deresse, salut (e) ! »

    A disposition, comme nègre – esse, en cas de besoin. Car nécessité fait l’oie. Euh, pardon, jars.

     

    Pascal(e) Décaillet

     

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  • Windisch, 4 minutes et basta !

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    Sur le vif - Et dans un train d'enfer - Mardi 07.09.10 - 11.14h

     

    Quatre minutes à tout casser. C’est ce que l’émission Médialogues (ordinairement un lieu appréciable d’ouverture sur la RSR) vient de concéder à Uli Windisch pour qu’il s’exprime sur la fameuse étude, parue récemment, qui décrit en termes d’Apocalypse l’état des médias en Suisse. Etude dont le gourou principal, l’apparatchik socialiste Oswald Sigg, qui a traîné ses guêtres, stipendiées par tous les contribuables possibles, dans tout ce que la Suisse compte d’officialité grisâtre et ennuyeuse, ne cesse de se répandre partout depuis qu’elle est sortie.

     

    Quatre minutes, c’est vraiment trop peu. Et c’est dommage pour l’émission Médialogues. Car, en induisant une telle disproportion entre Uli Windisch et ses contradicteurs, les producteurs de l’émission ne se rendent pas compte qu’ils donnent totalement raison, par mise en abyme, aux propos du sociologue genevois.

     

    En quatre minutes, que nous dit Windisch ? Qu’il y a insuffisance de pluralisme dans le terreau journalistique suisse, la gauche étant évidemment surreprésentée, ce qu’au demeurant tout le monde sait. Que l’influence de l’Ecole de Francfort, avec ce dessein d’Aufklärung (éduquer les foules et les lecteurs) immerge l’esprit de cette fameuse étude. Que la diabolisation des gratuits est une idiotie. Que la fameuse étude, défendue et illustrée sur tous les tons par l’apparatchik Sigg, suinte l’idéalisation du secteur public (entendez le Mammouth SSR) et tend à noircir tout ce qui vient du privé. Enfin, qu’il serait souhaitable, en Suisse romande, d’avoir un hebdomadaire politique capable de faire contrepoids à la pensée piletienne.

     

    Tout cela, en quatre minutes. Finalement, Médialogues a rendu service au sociologue honni par la gauche. En l’amenant à un discours densifié, clair, ramassé, percutant, elle le valorise face au psittacisme socialiste de l’apparatchik Sigg. Donc, au fond, merci Médialogues. Et vive le pluralisme.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Billag, ça suffit !

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    Sur le vif – Et avec un masque à gaz – Lundi 06.09.10 – 16.58h

     

    Que le système d’encaissement de la redevance radio-TV par la firme Billag, en Suisse, soit paré de la transparence d’une usine à gaz polonaise à l’époque de Gomulka, cela nous le savions déjà. Mais la nouvelle tombée cet après-midi fait allègrement déborder la cuve d’hélium : 67 millions d’excédent, qui n’ont pas pu être attribués aux radios et TV privées. Dont personne ne verra la couleur avant longtemps. Et qui ne pourront pas être redistribués aux usagers ! Bref, 67 millions bloqués, pour cause de mauvaise gouvernance et de piteuse gestion.

     

    Il faut en finir avec la redevance. En finir avec cet impôt déguisé, opaque, favorisant systématiquement – jusque dans ses dysfonctionnements – le Monopole face aux courageuses entreprises privées qui essayent de produire des émissions de radio et de télévision. Elles ont tort, ces entreprises, d’accepter des miettes de cette manne-là. Elles devraient les refuser, miser sur les rentrées publicitaires en allant les quérir avec un peu d’entrain, prouver qu’on peut faire tout aussi bien – pourquoi pas mieux - avec cent fois moins de moyens. Bref, entreprendre.

     

    Le monde politique ne peut laisser sans réagir vivement la nouvelle de ces 67 millions d’excédent. Quitte à se brouiller un peu avec le Mammouth. Qui, le premier, en aura le courage ?

     

    Pascal Décaillet

     

    (Entrepreneur indépendant et brave payeur, quatre fois par an, de sa taxe Billag)

     

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  • Maurice-Ruben Hayoun et la Kabbale des ploucs

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    Chronique publiée dans la Tribune de Genève - Lundi 6 septembre 2010


    Il parle et lit une bonne dizaine de langues, dont l’hébreu et l’arabe. Avec Joseph Ratzinger, plus connu sous le nom de Benoît XVI, il entretient une correspondance en allemand. Nul, mieux que lui, n’a écrit sur l’Andalousie des Lumières. Ni sur l’intégration des juifs dans l’Allemagne du dix-huitième siècle, à l’époque de Moses Mendelssohn. Il s’appelle Maurice-Ruben Hayoun, est l’un des meilleurs connaisseurs au monde de la pensée juive. Tout le monde le demande. Sauf l’Université de Genève, qui se déshonore en l’écartant.

    Au moment où « MRH » sort un livre, préfacé par Jacques Attali, sur la Kabbale, il apprend que son enseignement, sous d’obscurs prétextes, ne sera pas reconduit. On lui retire son poste, pour aussitôt le remettre au concours ! Hypocrisie, bassesse, manque absolu de classe, et même simplement d’élémentaire culture. Incapacité à saisir le bénéfice d’image que la présence d’une telle sommité fait rejaillir sur l’alma mater genevoise.

    Il n’est pas question de laisser passer sans demandes d’explications précises la mise à l’écart de Maurice-Ruben Hayoun. L’Université de Genève tient là l’un de ses éléments les plus brillants, dont toute l’œuvre, bouleversante d’ouverture et de compétence, incarne, de Cordoue à Berlin, le dialogue des cultures. Dans ce combat-là, les médiocres, les incompétents, les pusillanimes ne doivent en aucun cas l’emporter.

    Pascal Décaillet



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  • Le Graal est-il soluble dans une paire de sandales ?

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    Sur le vif - Et au son du cor - Vendredi 03.09.10 - 10.12h

     

    Invité ce matin de Simon Matthey-Doret, sur la RSR, le directeur du Grand Théâtre de Genève, Tobias Richter, déclare qu’on ne peut plus jouer Parsifal, opéra jugé trop long par rapport à l’incroyable enchevêtrement d’accords et de conventions syndicales qui interdit à une œuvre de dépasser un certain nombre d’heures.

     

    La durée d’un opéra, non plus en fonction d’une esthétique intrinsèque, mais du confort de quelques apparatchiks, avant tout célèbres, dans la Cité, par d’interminables discussions sur leur statut.

     

    Le Parsifal de Wagner est l’une des plus grandes œuvres du monde. C’est le dernier opéra du maître, un an avant sa mort. Il reprend les thèmes du Parzival de Wolfram von Eschenbach et du Perceval de Chrétien de Troyes. C’est une épopée, l’histoire d’une quête, une œuvre de respiration lente, dans laquelle il faut entrer. Et par laquelle il faut accepter de se laisser prendre. Sinon, ça n’est pas la peine. Vous nous ennuieriez.

     

    Wagnérien absolu au moment de mon adolescence, je reconnais ne plus avoir aujourd’hui ma disponibilité d’antan pour aller assister, sur place, à certaines de ses œuvres, dont Parsifal (combien de fois l’ai-je vu, naguère ?) fait partie. C’est ainsi. Ce sont mes limites à moi, celles d’une vie trop dévorée par le boulot. C’est mon problème. Pas celui de Wagner.

     

    Il y a un opéra, qui s’appelle Parsifal. Il dure un certain nombre d’heures. C’est cette œuvre-là qui doit être jouée. Dans le seul intérêt supérieur qui vaille, celui de l’élévation du public vers une création majeure, bien au-delà des différences entre 1882 et 2010, des contextes littéraires et historiques.

     

    L’élévation, oui. Les apparatchiks syndicaux en sandales, dans la seule et triste musique de leurs mégaphones, ont-ils jamais entendu ce mot-là ?

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Papy Moustache au pays de Kanaan

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    Sur le vif - Et sur un air de pampa - Jeudi 02.09.10 - 17.03h

     

    Papy Moustache est amer. Coiffé au poteau, hier soir, par Sami Kanaan, l’actuel (et diablement efficace) bras droit de Manuel Tornare, alias Dieu, dans la course à l’exécutif de la Ville de Genève, il ne digère pas sa défaite. Et même pas moyen, décemment, d’aller s’en griller une pour décompresser.

     

    Papy Moustache, c’est le bon docteur Rielle. Quasi-homonyme du héros de la Peste, chaleureux, Valaisan dans l’âme égaré au pays de Calvin, il aurait fait, c’est sûr, un candidat populaire et… éligible.

     

    Brillant et compétent, ancien député, l’actuel directeur du Département Tornare aura-t-il, en campagne, le charisme et l’enthousiasme pour maintenir le deuxième siège socialiste ? Un second siège en péril : son maintien est tout, sauf garanti. Face aux Verts. Mais aussi face à une droite dont la volonté de Reconquista, dans un souffle de pampa, est nettement plus forte, plus crédible, et (accessoirement) mieux financée qu’il y a quatre ans.

     

    Au soir de l’élection, au printemps 2011, les socialistes genevois compteront leurs amis. Et regretteront peut-être Papy Moustache.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • La lueur de l’auge

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    Chronique porcine - Publiée dans la Tribune de Genève - Jeudi 02.09.10

     

    Journaliste et entrepreneur indépendant, je me demande ce que diraient mes clients si je leur annonçais, unilatéralement, une augmentation de 16,7% de mes tarifs. Délirant, bien sûr. C’est pourtant ce qui va se passer, dès le 12 décembre, pour le billet « Tout Genève » de nos bus et de nos trams. De 3 francs à 3,50 francs, d’un coup, et hop, et le jour de l’Escalade, et ça vous tombe dessus comme un court bouillon, comme un tramway nommé désert.

     

    Alors voilà, l’Etat dixit, du haut de la Tour Baudet, et le pékin n’a plus qu’à s’exécuter. Tout cela, noyé dans un communiqué gouvernemental intitulé pudiquement « La nouvelle grille tarifaire » : ils n’ont même pas osé mettre l’info principale dans le titre. Chez le cochon de payeur, tout est bon, y compris lui turlupiner l’entendement, lui tire-bouchonner l’info, le laisser seul, de profundis, jouir d’extase, dans la suintante lueur de l’auge.

     

    Et lui, le cochon, il se réveillera, un jour ? Ou le tapis d’équarrissage lui est-il devenu si moelleux qu’il ait endormi en lui toute prétention à la révolte. Parce que c’est pour le bien, pour une bonne cause, durable, climatique, politiquement propre. Une mobilité douce comme le désir d’éternité du porcelet, quelque part au fond de l’auge. Dans l’éblouissante pâleur de la nuit.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

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  • Rime, excellente candidature

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    Sur le vif - Et en sciant la langue de bois - Mercredi 01.09.10 - 11.48h

     

    Bon. On oublie un moment l’étiquette de parti. Et l’obédience arithmétique exigeant qu’un radical soit remplacé par un autre radical. On regarde seulement l’homme. Sa valeur intrinsèque. Sa compétence. Son expérience. L’étendue de ses réseaux. On oublie aussi, un peu, la clef de répartition Romands/Alémaniques. On se dit qu’on a affaire au canton de Fribourg, bilingue, à cheval sur les deux cultures. On se signe en hommage à Urs Schwaller, qui en a su quelque chose. On brasse tout ça. Et on tombe sur Jean-François Rime.

     

    Rime, ténor du parlement. Ancien radical, étiquette sous laquelle il a siégé, naguère, au Conseil général de Bulle. Parti dont il a conservé les formes, un rapport au verbe, une rotondité de notable qui contraste avec une certaine tendance gueularde de l’UDC. Rime, clair et inflexible dans la prise de parole, lorsqu’il condamne les concessions du Conseil fédéral à nos voisins français ou allemands, ou à la machinerie européenne, en matière fiscale. Rime, chef d’entreprise, un réseau exceptionnel dans le monde de l’économie. Un homme avec qui on peut discuter, mais qui ne s’en laisse pas conter. Tout cela, mis bout à bout, s’appelle une excellente candidature dans la course au Conseil fédéral. Que lui ou Karin Keller-Sutter passe, le 22 septembre, et la Suisse sera assurée d’avoir une compétence au sein de son gouvernement.

     

    Ne vous énervez pas : j’ai dit « On oublie l’étiquette de parti ». J’ai dit : « On oublie l’ethnie ». On regarde juste la vertu, « virtus », le mérite. On devrait le faire pour Rime. On devrait le faire pour tous. L’humanisme de la qualité, à la place de l’impuissance impersonnelle et du patchwork.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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