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  • Libérez Nicolas et Mark !

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    Sur le vif - Mercredi 15.02.12 - 10.05h

     

    "Mark Muller, connais pas!". Tout au plus, le banquier Nicolas Pictet, ce matin 07.59h sur la RSR, avait dû le rencontrer deux fois dans sa vie. Et mon excellent confrère Simon Matthey-Doret obtenait en direct un lâchage de derrière les fagots, comme seuls les patriciens genevois sont capables de nous en concocter. Il est vrai qu'à Genève, les milieux de la banque privée et ceux de l'immobilier n'ont jamais filé le parfait amour. Oui, pour ce conseiller d'Etat, l'ennemi est dans la famille. Le ver, dans le fruit.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Ueli Maurer: "Banane, Monsieur, bonsoir!"

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    Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 18.56h

     

    On connaissait beaucoup de qualités à Ueli Maurer, on ignorait pourtant qu'il fût poète. "Il est plus difficile, a-t-il déclaré tout à l'heure à la RSR, d'acheter 22 avions qu'un kilo de bananes". Nul n'en doute. Mais une chose est sûre: pour oser une telle envolée, si soluble dans l'air, il faut un solide point commun avec les bananes. Lorsqu'en groupe, de leur rire jaune, elles défient le ciel. Cela s'appelle un régime.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Dieu s'en va, mais reviendra

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    Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 16.29h

     

    Manuel Tornare, donc, n'aura pas exagérément blanchi sous le harnais du Grand Conseil : deux ans, pas plus ! Elu cet automne au National, l'ancien Maire de Genève, encore identifié à cette fonction par de nombreux partenaires dans le monde, et pas seulement dans l'Internationale des camarades, préfère se concentrer sur la vie fédérale. Il a entièrement raison : à Berne, il a encore beaucoup à apprendre.

     

    Quitte-t-il, pour autant, définitivement la vie politique genevoise ? Certainement pas ! Riche, déjà, d'une très longue expérience politique, l'homme est en pleine forme, au sommet de ses moyens. A supposer qu'un jour, une occasion se présente pour le Conseil d'Etat, il sera de la partie. Là encore, il aura raison : le parti socialiste est l'un des éléments constitutifs de la vie politique genevoise, il a donné au canton André Chavanne et Christian Grobet (oui, socialiste, jusqu'en 1993), il se doit de présenter à l'exécutif cantonal les meilleurs. Pas la Ligue B !

     

    Le choix de la Ligue B, ce parti l'avait fait la dernière fois, pour le Conseil d'Etat. Résultat : il a perdu un siège qu'avec Tornare, il aurait sans doute gardé. Social-démocrate, préférant le Temps des Cerises à l'Internationale, homme de culture comme il y en a peu dans la classe politique, Manuel Tornare n'a sans doute pas dit son dernier mot. Il faut en tout cas l'espérer, dans l'intérêt de Genève.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Feu libre sur Mark Muller

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    Sur le vif - Mardi 14.02.12 - 12.17h

     

    C'est parti. Le feuilleton. Les orgues de Staline, par saccades. Toujours comme ça, exactement, à ce moment d'une affaire. Le moment du feu libre. Chasse ouverte. Ceux qui tirent, savent-ils exactement pourquoi ? Connaissent-ils le donneur d'ordre ? N'envisagent-ils pas qu'il pourrait être de la famille ? On ne tue jamais que les siens. Sinon, pourquoi tuer ?

     

    A chaque information qui sort sur Mark Muller, demandons-nous qui est le donneur d'ordre. Je ne parle pas de l'intermédiaire, celui qui se précipite pour une 812ème demande de démission. La famille, je vous dis ! Les mêmes, Tartuffes parmi les Tartuffes, qui au grand jour font la morale. « On ne nous apprend pas, chante Brel, à se méfier de tout ». C'est dommage. On devrait.

     

    Il y a toujours, à ce moment d'une affaire, lorsqu'un homme est traqué, de délicieux agneaux de lait pour venir, dans la laineuse moiteur de l'innocence, en rajouter une couche. Oui, vous verrez, Mark Muller aura bientôt cassé le vase de Soissons, rédigé la dépêche d'Ems, composé le Petit Bleu de l'Affaire Dreyfus, vendu la mèche sur l'expédition de Madagascar, le secret de la bombe à la place des Rosenberg.

     

    C'est ainsi. La curée. Et il y a ceux qui veulent encore croire au progrès ! La noirceur foncière de l'humain est invariante. La trace du temps, sur elle, n'agit pas. A chaque « révélation » sur Mark Muller, posez-vous la question du vrai commanditaire. Ou alors, dansez avec le vent.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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  • Vite, une aspirine !

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    "La convergence est centrée sur la bascule d'une logique verticale et cloisonnée de chaînes en une logique plus transversale de rédactions thématiques trimédia".

     


    Gilles Marchand - Le Temps - Lundi 13.02.12

     

     

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  • Le prix de la conscience est-il unique?

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    Sur le vif - Dimanche 12.02.12 - 10.12h

     

    Hallucinant dérapage de Christophe Gallaz, dans sa chronique du Matin dimanche: les adversaires du prix unique du livre (comme Philippe Nantermod) seraient des gens qui "ne lisent jamais profondément". Cela se déduirait de leur posture. Et il faudrait opposer ces rustres poujadistes aux consciences du Livre, avec un immense "L", des gens comme Pierre Weiss, bref les partisans du prix unique. Inutile manichéisme, mon cher Christophe!

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La moiteuse communauté des lâcheurs

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    Sur le vif - Vendredi 10.02.12 - 17.41h

     

    En politique, il arrive souvent qu'on lâche un homme. Les mots: toujours les mêmes ! Ses réflexes de survie, la moiteuse communauté des lâcheurs les dissimule derrière le paravent de la morale. Elle feint de découvrir, horrifiée, que le misérable a menti. Et cet acte, travestir la réalité, pourtant solfège de l'art politique, se transmue soudain en péché des péchés. Tartufferies ! Il y a juste de bons et de moins bons menteurs. Dans ce jeu de masques et bergamasques, autour de Mark Muller, les plus intelligents, les plus redoutables, ne sont pas ceux qui prennent la parole. Mais ceux qui se taisent. Par exemple, dans le noyau dur, historique, philosophique, du camp radical. En Ville. Et bien sûr aussi au Canton.

     

    Car il y a toujours des radicaux, et toujours des libéraux. Toujours les huiles, et toujours les pisse-vinaigre. Toujours de fiers grognards, et toujours, au balcon, le regard fatigué du patricien. Ces cercles-là, qui ne sont pas d'enfer, ne se sont, au fond, jamais mélangés. Tout au juste, on a cohabité pour la forme. La passion, mais chambre à part. La fusion, juste pour l'étiquette.

     

    Et puis, il y a les imprudents. Le Saint Apôtre guetteur de stigmates qui, dans l'immédiat aplomb du Salève, a peut-être rugi un peu trop vite. Montré les dents. Alors que les autres, là-bas, les chers cousins, celui de la Ville, qui tient les clefs, et puis ceux du Canton, demeuraient silencieux. Et les moiteux se mâtent, s'observent, genou à terre, l'œil dans la serrure, la glotte jouissant d'en apprendre sur le cher voisin, l'estimé cousin. Car le drame ne se joue pas dans le monde, non, juste dans la famille, sur le ton murmurant de Phèdre à Oenone. Et la douceur des syllabes n'a d'égale que le feu des ambitions. Cela se passe à Genève, en février 2012. Ou à Thèbes. Ou quelque part, derrière une colonne. Fière. Au milieu de la moiteuse communauté des lâcheurs.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Politique mais illégale, la pression de PFU

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    Sur le vif - Vendredi 10.02.12 - 09.56h

     

    En aucun cas, Mark Muller n'a à livrer au Conseil d'Etat le montant de sa transaction avec le barman. S'il finit par le faire, c'est qu'il aura cédé à la pression politique d'une majorité du Conseil d'Etat (ce qui explique l'évolution fulgurante de Pierre-François Unger en 24 heures). Aujourd'hui, tout est affaire de pressions. Même si ces dernières - exiger le montant d'une convention privée en confidentielle entre les deux parties - sont à la limite de la légalité. Voire au-delà.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • L'île Mauris : luxe, calme et volupté

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    Sur le vif - Jeudi 09.02.12 - 17.20h

     

    Votre pagode prend l'eau, les piranhas se précipitent en votre direction, le rivage est tellement loin, invisible. Vous vous sentez un peu seul. La Faucheuse, vous l'aviez imaginée plus sereine, plus noble, enfin moins grotesque que sur ce maudit rafiot pourri. Même pas l'Amazone. Juste un marécage. Sourire du nénuphar. Appétit du poisson carnivore. Il vous a dans la peau, Alain-Dominique. Les eaux sont douces, presque sucrées. C'est l'heure de vérité.

     

    Et les enfants du Marais, justement, ils vous ont lâchés, pour de Vertes amours. Il n'y a plus de centre, il n'y en eut d'ailleurs jamais. Il n'y a plus que vous, Alain-Dominique, médusé sur cette saloperie de radeau. Il faut bien que sonne l'heure, alors il faut dire un mot : le dernier. Vous aviez bien pensé à « Mehr Licht », mais Goethe vous avait fauché la case. « Vive la France », sans bâillons ni poteau, sans la prière aux agonisants, c'est peut-être un peu déplacé. Alors, Alain-Dominique, à l'heure fatale, 15.23h, vous eûtes la phrase salvatrice :

     

    « Les Assises du PLR inaugurent une marche vers l'avenir ».

     

    Et nul piranha n'y survécut. Et vous eûtes la vie sauve. Pour quel destin ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • « Mais parlons d'autre chose »

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    Sur le vif - Mercredi 08.02.12 - 16.58h

     

    Bon, nous sommes le 8 février, l'hiver est certes loin d'être fini, mais enfin il fait un peu moins froid, la bise s'est calmée, alors on pourrait commencer comme Brel finissant La Fanette : « Faut dire - Qu'on ne nous apprend pas - Mais parlons d'autre chose ».

     

    Autre chose ! Nous avons, ici même, dès le premier jour, proclamé que l'affaire du Moulin était d'ordre privé. Qu'il y avait sans doute mille noises à aller chercher à Mark Muller, mais de grâce sur le plan politique : chantiers qui n'avancent guère, mirages de la plus haute tour. Oui, à ce mal aimé, c'est cette chanson-là qu'il eût fallu chanter, comme d'ailleurs à la plupart de ses collègues : ce gouvernement-là est, depuis la guerre, l'un des moins convaincants. Ces questions-là sont importantes, non ce qui s'est produit la nuit du Réveillon.

     

    Dans ces conditions, l'accord annoncé aujourd'hui, entre les parties, est une bonne nouvelle. Pas nécessairement sur le plan moral. Mais sur le seul plan qui vaille en politique : la PO-LI-TIQUE ! Or, cette dernière, si elle doit certes intégrer une part de morale, ou tout au moins entrer en dialectique avec la morale, ne peut en aucun cas - désolé, âmes sensibles - se réduire aux seules exigences de la morale. Sinon, il n'y aurait eu ni Richelieu, ni Mazarin, ni Talleyrand, ni Metternich, ni Bismarck, ni Mitterrand. Pardonnez-moi, augustes figures, de tremper ici vos noms dans une affaire qui ne relève pas exactement de vos catégories ! Mais de la dernière porte du couloir, au fond à gauche.

     

    Alors, quoi ? Alors, les vraies questions ! Ce gouvernement, si faible, va-t-il tenir, autrement qu'en survivant, jusqu'à la fin de la législature ? Sous quelles perfusions ? Celles du Docteur Unger ? Sans doute va-t-il déléguer, rafistoler, écoper, tenter de joindre les soudures. Mais on voit mal, d'ici novembre 2013, un quelconque grand dessein jaillir de cette équipe-là. Cela est le vrai problème. La péripétie du Moulin, qu'elle se dissipe dans l'Histoire. Qu'elle entre dans la danse. Comme des particules de poussière. Attirées par le néant.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le enfants du Marais

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    Mercredi 08.02.12 - 09.46h

     

    Les enfants du bénitier ayant opté pour le Marécage, il n'est pas impossible, ce soir à Genève, que de fiers grognards choisissent, quant à eux, des étoiles nouvelles.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Bastions: on ne sait rien

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    Mardi 07.02.12 - 12.45h


    Je crois bien, depuis hier 17h, avoir à peu près tout lu, écouté toutes les déclarations, sur le drame des Bastions le 29 janvier. Une chose est sûre: on ne sait strictement rien de ce qui s'est passé. Ni de la personne décédée, dont les proches méritent bien sûr nos pensées. Ni de ses liens, ni de ses absences de liens, avec les Indignés. Pour l'heure, ON NE SAIT RIEN ! Dès lors, toute récupération politique (par un maire de droite), mais aussi toute tentative (par un conseiller administratif de gauche) de se soustraire a priori à une éventuelle responsabilité, oui tout cela apparaît comme de l'intox. Voire de la manipulation.

    Quant à l'argument comme quoi le décès de cet être humain serait moins grave parce qu'il était toxicomane, voire suicidaire, il donne la nausée. La mort est la même pour tous. Face à elle, nous sommes égaux. Nulle vie humaine, en soi, n'est supérieure, ni inférieure à une autre. Je le dis comme citoyen. Je le dis comme chrétien. Oui, j'affirme cela dans l'intersection de cette double appartenance.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Mme Peel, on a besoin de nous !

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    Lundi 06.02.12 - 11.35h

     

    Les années soixante. Nous étions enfants. La télé, noir blanc, mettait une bonne minute à s'allumer, le même temps à s'éteindre. Il n'y avait que deux chaînes: la Suisse, la France. Quelque part dans cet univers, Chapeau Melon et Bottes de Cuir. John Steed et Emma Peel. C'était une série (on disait "feuilleton") d'une qualité infiniment supérieure. La musique, le montage, la classe des acteurs, la complexité très britannique de l'intrigue (la plupart du temps, on n'y comprenait rien), l'humour. Jamais nous n'oublierons ces soirées étranges. C'était un univers.

     

    Aujourd'hui, lundi 6 février 2012, quelque part en Californie, Patrick MacNee, l'acteur qui a si magnifiquement incarné Steed, fête ses 90 ans. Nous pensons à lui. Nous aurions tant envie qu'il reprenne son combiné téléphonique, appelle Emma, l'immaculée Diana Rigg: "Madame Peel, on a besoin de nous". Générique. Musique. Excellent Anniversaire, Monsieur MacNee!

     

    Pascal Décaillet

     

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  • PDC : l'éternité au pouvoir

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    Sur le vif - Dimanche 05.02.12 - 16.00h

     

    Le revoici. Qui ? Le parti de l'éternité ! Bien sûr que le communiqué du PDC, hier 16.53h, est important. Bien sûr qu'il vise à marquer une étape dans l'évolution des alliances genevoises. Bien sûr qu'il tente de prendre date. C'était l'objet de mon billet « Saint François des Assises », hier 17.53h.

     

    L'éternité, c'est demeurer à jamais dans les allées du pouvoir. Rien d'autre que cela. Il n'est pas sûr que la force intrinsèque de ce parti cantonal, aujourd'hui, soit de nature à le rendre très confiant pour les élections de l'automne 2013. Qu'il noue des alliances, c'est la vie politique. Il appartient d'ailleurs, depuis sept décennies, à une alliance qui a fait ses preuves, a dominé la vie politique genevoise, et qui s'appelle « L'Entente ».

     

    Le PDC est de cette alliance-là. Et, jusqu'à nouvel ordre, de nulle autre. Face à la droite, il existe à Genève une famille politique, tout aussi respectable, qui s'appelle la gauche, et qui a donné au canton de très grands hommes, on pense bien sûr à Chavanne. L'un des éléments de la gauche, ce sont les Verts. Listes de gauche. Alliances à gauche (notamment avec le PS). Oui, les Verts se sont appuyés sur des dynamiques de gauche pour gagner des élections.

     

    Dès lors, comment le PDC peut-il nous expliquer qu'il entend désormais, non au coup par coup (cela se fait, nous sommes bien d'accord), mais de façon durable et structurelle, s'appuyer à la fois sur une alliance avec ses partenaires historiques de l'Entente, (la droite), et avec les Verts, qui ont toujours joué la gauche ? Avant de rédiger ce communiqué d'hier, le PDC a-t-il consulté ses partenaires de l'Entente ?

     

    La vérité, c'est que le PDC genevois, sous le vieux prétexte de réinventer la vie politique sur un pivot du Centre (combien en avons-nous vus passer, puis s'évaporer, des « réformateurs », des « rénovateurs » ?), songe avant tout à sa propre survie. Demeurer au pouvoir. Rester au Conseil d'Etat. Dans tous les cas de figure. Soit, à la gauche (sociale, humaniste, respectable) d'une équipe de droite. Soit, à la droite (pragmatique, implantée) d'une équipe de gauche.

     

    C'est cela, le décryptage du communiqué PDC d'hier, 16.53h. Le parti de l'éternité au pouvoir. Et l'éternité, c'est parfois un peu long, non ?

     

    Pascal Décaillet

     

    PS: Je file m'en expliquer avec Dieu, à Lausanne.


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  • Mezzo, hier soir: la mémoire et la mort

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    Dimanche 05.02.12 - 10.51h

     

    La Bohème, hier soir, sur Mezzo. Dans une interprétation inoubliable, à Madrid. Pourquoi cette œuvre, créée à Turin en 1896 avec Toscanini au pupitre, nous bouleverse-t-elle à chaque fois? Parce qu'il y a une femme, un homme, l'amour, la mort. Parce qu'il y a l'Italie. Parce que c'est Puccini. Parce que chacun des airs nous incendie la mémoire. Parce que le destin de ces deux-là, la femme, l'homme, est le nôtre à tous. La Bohème n'est pas un opéra des dieux, ni des héros. Non, juste une histoire d'humains. Face à la mort.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Saint François des Assises

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    Sur le vif - Samedi 04.02.12 - 17.53h

     

    Président sortant du PDC genevois, le sympathique et humaniste François Gillet vient de signer, à 16.53h, un communiqué nous donnant les fruits « d'Assises » de son parti, dont le résultat, condensé en treize lignes, n'est pas d'une importance banale dans la vie politique genevoise. Le PDC genevois déclare faire évoluer ses alliances dans le sens suivant : « Un élargissement du centre avec le PLR, les Verts libéraux et les Verts ; de fortes réticences confirmées à un élargissement à l'UDC et au MCG ».

     

    La grande ambition du pivot central. Demeurer arrimé à feue l'Entente (n'est-elle pas morte au printemps 2011 ?), tout en intégrant officiellement des Verts en effet de plus en plus « collaboratifs ». La grande ambition du centre fort. Le PDC genevois se prend un peu pour le Zentrum bismarckien, un peu pour la Democrazia Cristiana de l'après-guerre, un peu pour le MRP de la Quatrième. Inspiré par les Assises, Saint François parlerait jusqu'aux oiseaux.

     

    Céleste, certes. Mais le parti de M. Gillet a-t-il les moyens de cette politique ? Les partenaires de l'Entente ont-ils été consultés sur l'intégration de Verts qui, jusqu'à nouvel ordre, appartiennent à une Alternative de gauche, ont toujours été élus sur des listes de gauche, des programmes de gauche, en alliance avec, en tout cas, les socialistes ? Bref, Saint-François, l'inspiré des Assises, n'a-t-il pas tendance à rêver tous seul ? Réinventer seul la carte politique genevoise. Autoproclamer seul son parti comme pivot de droit divin, croisée des transepts, point de rencontre des médiatrices.

     

    Position, au demeurant, fort confortable (mais gageons que Saint François n'ait pas été saisi d'aussi matérielles pensées), puisqu'elle garantit au PDC l'éternité gouvernementale : que la droite s'affaiblisse, les illuminés des Assises demeureront avec la gauche ; que la gauche s'effrite, Saint François et les siens resteront l'aile humaniste et sociale d'une équipe de droite. Génial, au fond : dans tous les cas, le pivot gagne le salut. Celui de l'opportunité ? Ou celui des âmes ? Celui de la fidélité ? Ou celui des Indulgences ?

     

    Pascal Décaillet

     

    PS - Un autre François, Mauriac, avait reçu ce génial surnom de Sartre (me semble-t-il) au moment où, voulant sauver Brasillach et quelques autres condamnés de l'Epuration, il courait les prétoires. Toute ressemblance.....



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  • Bayrou 2012

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    Chronique publiée dans le Nouvelliste - Vendredi 03.02.12

     

    « Il faut un François à l'Elysée », titrais-je ici même, fin décembre. Je confirme. Et j'ajoute, en ce début février, que ce François devrait, selon moi, être Bayrou. Me voilà donc repiqué de la même fièvre qu'il y a cinq ans, lorsque je plaidais, dans ces mêmes colonnes, pour la candidature du Béarnais. Oui, il me séduit. Oui, quelque chose en lui me touche. Non, il ne ressemble à nul autre. Je sais, bien sûr, qu'il a très peu de chances, n'étant pour l'heure que quatrième dans les sondages, derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy et une Marine Le Pen qui pourrait bien surprendre au premier tour. Tout cela, je le sais. Mais, comme il y a cinq ans, j'ai envie de croire dans la candidature de cet homme attachant, atypique.

     

    Pourquoi, au fond ? Alors que je ne suis pas spécialement centriste, ni franchement tétanisé par l'Union européenne, deux valeurs assurément fondatrices de l'engagement de Bayrou. Eh bien, parce que l'homme recèle en lui une incroyable détermination ! Il m'apparaît comme très seul, ce qui peut s'avérer une qualité majeure. Il ne doit rien qu'à lui-même. Il aime la terre et la littérature, oui, à la fois la culture, au sens propre, celle de la tâche paysanne pour récolter des fruits de son travail, et aussi dans le sens élaboré des lettres, de la poésie, des humanités, qui sont le sel de sa formation. Le labour de la terre, le labeur des syllabes, voilà un rapprochement d'antique teneur, où le bucolique le dispute à le vertu de l'effort, quelque chose de difficile à obtenir, à l'image du verbe de cet homme, ancien bègue, tout le contraire du Parisien facile, mais désespérant de légèreté.

     

    Et puis, Bayrou, c'est l'anti-Sarkozy. Il parle moins bien, enfin avec moins d'aisance. Il ne fut jamais l'homme du clinquant. Il a toujours montré, face aux forces de l'Argent (j'emprunte à Péguy, et à ses lumineux Cahier de la Quinzaine, la majuscule à ce mot), la plus inflexible indifférence. Non pour fuir le Capital, ni le diaboliser, simplement ne point en être dépendant. Hélas, l'actuel président a parfois livré cette impression, ce qui en France ne pardonne pas. J'adhérerais enfin, si j'étais électeur en France, aux quatre points de son programme : produire français, lutter contre l'endettement, mettre l'accent sur la formation, moderniser la démocratie française. Ce sont là des questions capitales, reconnues d'ailleurs par d'autres candidats.

     

    Alors, quoi ? Alors, bien sûr, mon héros d'il y a cinq ans et d'aujourd'hui risque bien de se retrouver quatrième, ou troisième, au soir du premier tour ! C'est la vie. Tout au moins, il aura fait surgir, comme en 2007, des éléments de terre et de racines, de pesanteur, oui des fragments de vérité, qui nourrissent vraiment le débat politique. C'est à cela que sert une élection. Jeter des idées, les confronter, les mesurer à celles de ses concurrents. Cela s'appelle, simplement, la démocratie.

     

     

    Pascal Décaillet