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  • Le multilatéral passe, la nation demeure

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    Sur le vif - Mercredi 15.04.20 - 07.07h

     

    Ennemies jurées de Trump, depuis le début et quoi qu'il fasse, nos belles âmes ne manqueront pas de pester contre la suspension de la contribution américaine à l'OMS, jugée totalement inefficace dans la lutte contre le coronavirus.

    Elles ont tort. La décision américaine n'est que l'un des aspects - certes le plus sensible sur le plan financier - de la désaffection croissante des peuples pour un édifice multilatéral qui, de façon criante, affiche aujourd'hui son inexistence. Avez-vous, dans cette crise, entendu parler de l'ONU ? Ou de l'Union européenne, si ce n'est pour tenter désespérément de jouer un rôle ?

    Cette crise, je l'ai déjà dit ici, marque le retour de la nation comme unité de référence, non seulement opérationnelle mais affective. À l'inverse, elle précipite la décomposition d'une toile multilatérale tissée à partir de 1945, pour donner l'illusion d'une grande horlogerie planétaire.

    La seule réalité qui, dans les tempêtes, demeure, est celle des nations. Dans la crise actuelle, elles ne se battent nullement les unes contre les autres. Mais chacune, selon son génie propre, contre un ennemi commun. Le multilatéral passe, comme la catastrophique SDN était passée, les nations survivent.

    Alors oui, nos belles âmes ont tort de tomber sur Trump, parce qu'il dénonce l'impuissance impersonnelle des organisations mondialisées. Sa défiance à lui n'est que le prélude à d'autres retraits, dans le monde, de ces constructions tentaculaires qui s'évaporent à la première crise.

    Chaque nation qui, individuellement, combat le coronavirus, mérite le respect. Chacune représente une communauté de mémoire, une construction sociale, un ensemble de repères rationnels et affectifs autrement plus solides que le château de cartes mondialiste.

    Ce qui, depuis un demi-siècle, nous est décrit comme ringard par la cataclysmique idéologie de 68, revient en force. Les frontières, les repères, la proximité, le local, l'ancrage dans une terre et dans une Histoire, la communauté d'appartenance (Gemeinschaft), voilà ce qu'aujourd'hui veulent les peuples. À des milliers de lieues marines des illusions planétaires et des spéculations cosmopolites.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pour Lisa Mazzone

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    Sur le vif - Lundi 13.04.20

     

    Je ne partage pas les idées politiques de Lisa Mazzone. Mais cette jeune politicienne, déjà Conseillère aux Etats, m'est toujours apparue, depuis des années (je l'ai repérée fort tôt), comme une personne de qualité. Elle est sincère, droit dans ses bottes, elle dit les choses directement, sans détours. Dans les débats, elle se montre toujours respectueuse de l'adversaire. Il arrive assez souvent, hélas, que ce dernier ne le lui rende pas.

    Elle n'attaque jamais les personnes, alors que si souvent on attaque sa personne. Elle avance des arguments. Si on veut donner la parade, il s'agit de contre-argumenter. Hélas, beaucoup de ses contradicteurs, alors que les armes intellectuelles nécessaires à la contre-offensive existent, préfèrent souvent, face à elle ou derrière son dos, la rabaisser quant à sa personne.

    Sur l'aide aux compagnies aériennes, Lisa Mazzone a parfaitement le droit d'énoncer des idées qui, après tout, sont conformes à son parti, à ses engagements politiques de toujours. De même, en face, on a le droit d'avancer les arguments contraires.

    Je n'invite personne à partager les idées de Lisa Mazzone, et en conteste pour ma part beaucoup. Mais enfin, du calme ! Nous sommes dans le champ des idées politiques, l'idée A s'oppose à l'idée B, fort bien, vivons cet antagonisme, cela s'appelle la disputatio. Mais cela exige des arguments. Et surtout, une posture citoyenne dans le débat, consistant à en découdre avec des principes politiques, y compris férocement s'il le faut. Mais jamais à mettre en jeu l'intégrité de la personne d'en face.

     

    Pascal Décaillet

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  • La puissance retrouvée d'un destin commun

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    Sur le vif - Dimanche 12.04.20 - 14.29h

     

    Dans la crise que nous traversons, l'unité de référence, celle dans laquelle chaque peuple se reconnaît, est celle de la nation. Chacune d'entre elles, pour son combat contre la pandémie, mérite le respect. Chacune d'entre elles fait de son mieux. Chacune d'entre elles agit selon son génie propre, les lois de son Histoire, sa mécanique sociale : confiance dans les citoyens en Suisse, jacobinisme en France, élans patriotiques en Italie, etc.

    Chaque nation livre son combat, mais il ne s'agit en aucun cas d'un combat des nations, les unes contre les autres. Et cela est totalement nouveau ! Chaque nation lutte, sait que l'autre, à côté, lutte aussi. Chaque nation respecte le combat de l'autre. Les citoyennes et citoyens de chaque nation compatissent avec ceux des autres nations. Exemple : nous, en Suisse, savons que le confinement est plus dur en France, nous pensons à nos amis français. Nous savons à quel point l'Italie a été meurtrie, et nous sommes plus que jamais en sympathie avec cet admirable peuple, celui qui chante Verdi sur les balcons.

    Ce qui resurgit, ça n'est pas le nationalisme, dans son acception péjorative, qui implique le rejet d'une nation par l'autre, voire la volonté de l'envahir. Pas du tout ! Ce qui resurgit, dans chaque pays, en fonction de son identité propre, de son chemin historique, de sa mémoire collective, de sa construction sociale, c'est la nation, avec ses frontières, ses horizons, comme unité de référence.

    Le théâtre d'opérations, c'est la nation. Chaque nation, séparément, pour elle-même, pour les siens, mais sans aucune animosité pour les nations voisines. Ce modèle protectionniste, avec tout ce qu'il implique de retour à la proximité, de souveraineté alimentaire, énergétique, industrielle, sanitaire, de préférence aux siens, c'est le modèle qui nous attend, bien au-delà de la crise sanitaire, pour les années qui viennent. Il n'implique en aucune manière un rejet des autres, encore moins une conception du monde fondée sur les inégalités. Non, il implique simplement la prise en charge, en priorité, des hommes et des femmes qui, à l'intérieur d'un horizon délimité, forment une communauté d'appartenance. Cela, en allemand, porte un nom : cela s'appelle Gemeinschaft.

    Au contraire de tout cela, l'édifice multilatéral, échafaudé depuis 1945 (après un précédent catastrophique, entre 1919 et 1939, la SDN), s'effondre, avec une brutalité inouïe. Dans cette crise, pourtant mondiale, les institutions internationales (à part l'OMS, pour des constats et des recommandations) n'existent plus. Elles se sont évaporées ! Ne parlons pas de l'Union européenne, où l'impuissance impersonnelle atteint ses records. Du grand délire multilatéral de l'après-guerre, il ne reste rien. Rien, sinon le gémissement du glissement vers le néant. On voit mal ces impénitents bavards, après la crise, revenir sur scène avec le moindre crédit.

    Il se pourrait bien que le modèle qui, pour un certain temps, succède à cette crise, soit celui des solidarités réinventées au sein des différentes nations. Non comme forces de combat les unes contre les autres. Mais comme théâtres d'opérations pour construire, chacune selon son génie propre, la puissance retrouvée d'un destin commun.

     

    Pascal Décaillet

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  • Choux de Bruxelles

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    Sur le vif - Jeudi 09.04.20 - 15.36h

     

    Au fond, si le PLR voulait bien juste renoncer à la libre-circulation, au libre-échange, à la tyrannie des exportations, aux modèles multilatéraux, à la mondialisation, à la défense des Caisses privées et de leur lobbying à Berne, à la privatisation des services publics, à cirer les pompes des multinationales, à grader dans l'armée juste pour faire carrière (et non pour servir le pays), à se coucher derrière l'atlantisme, l'Otan, les États-Unis d'Amérique ; à signer des Accords de libre-échange totalement contraires à l'honneur de la Suisse, au respect des peuples et des paysans du monde, contraires aussi à la protection de l'environnement ; à se lier avec la finance spéculative mondialisée ; si l'aile libérale du PLR voulait bien admettre qu'elle se fourvoie depuis plus de trente ans ; si l'aile radicale voulait bien couper les ponts avec certaines obédiences relevant plus de la Secte que de l'intérêt général, et dans la foulée nous lâcher un peu les baskets avec des querelles datant de 1905 ; si le PLR voulait bien mettre en avant la nation, comme lieu de référence de la mémoire et de la projection sur l'avenir ; couper avec l'idéologie supranationale ; envoyer Bruxelles dans les choux ; s'il acceptait l'absolu primat de la souveraineté (alimentaire, sanitaire, sécuritaire) ; s'il daignait s'intéresser au sort de nos paysans...... eh bien, ma foi, je me découvrirais, si ces minimes conditions étaient remplies, de magnifiques proximités avec ce parti !

     

    Pascal Décaillet

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  • L'argent du peuple

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    Sur le vif - Jeudi 09.04.20 - 08.46h

     

    La dette : c'est le mot à retenir de l'interview du Président du Conseil d'Etat, dans la TG : "Nous allons nous endetter". Dimanche soir à GAC, le Président des Verts allait dans ce sens. La dette, la dette, toujours la dette.

    Citoyen, petit entrepreneur, contribuable, je combats férocement cette mentalité. Trop facile, la dette ! Elle n'est jamais une solution : ni dans un ménage, ni dans une entreprise, ni pour l'Etat. Elle n'est qu'un baume à court terme, mais accentue la douleur future.

    Si l'Etat a moins d'argent, il doit réduire son train de vie. Drastiquement. Privilégier les postes utiles à la population, biffer les autres. Au DIP, par exemple, trop de postes d'intendance demeurent.

    Surtout, il n'est pas question d'augmenter d'un seul centime les impôts, dans un Canton où la pression fiscale pour les classes moyennes est la pire de Suisse.

    Une gestion saine passe, pour l'Etat comme pour n'importe quelle entreprise, par une réduction des dépenses. S'accommoder de la dette, comme si cet expédient allait de soi, relève d'une coupable légèreté dans la gestion de l'argent confié à l'Etat par les Genevois. Cet argent, c'est celui du peuple.

     

    Pascal Décaillet

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  • Haro sur le Maudet !

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    Sur le vif - Jeudi 09.04.20 - 10.02h

     

    Désolé si je viens troubler la doxa que tente de nous instiller le PLR pour justifier sa défaite électorale, mais Pierre Maudet est aussi responsable de la "débâcle" (le mot est du Président du parti) que le baudet, celui de la fable, est responsable de la peste.

    On aime ou non Pierre Maudet, on lui pardonne ou non ses errances passées, chacun est libre. Je n'entends pas ici rouvrir ce débat. Mais de grâce, que vient-il foutre dans la déconfiture de son parti au niveau communal ?

    Il ne n'est pas occupé de ces élections ! Il n'est pas intervenu - cette fois - dans l'élection en Ville de Genève. L'homme qui portait les couleurs de son parti avait été son petit Peyrolles, n'en disconvient d'ailleurs pas, mais ne l'est plus.

    Surtout, depuis quelques semaines, Pierre Maudet a d'autres soucis. Nous avions plaidé, ici, pour qu'il s'engage à fond dans la crise. Le Conseil d’État est allé dans ce sens, lui confiant la responsabilité de la bataille économique. Cette dernière commence à produire des résultats, comme cet accord sur les baux commerciaux. Désœuvré pendant des mois, Pierre Maudet est maintenant en ordre de bataille, avec une stratégie, des objectifs. Qui, soucieux de l'intérêt supérieur de notre Canton, s'en plaindra ?

    Qui, sinon les mauvais perdants au sein du PLR ? Pierre Maudet n'est pas plus responsable de la défaite de Simon Brandt en Ville, qu'il ne l'avait été, en octobre, de celle du candidat PLR aux États. Il y a un moment où il faut se calmer avec l'effet du bouc émissaire. Trop facile! Un paravent, à vrai dire, pour faire l'économie d'une autocritique sémantique et structurelle : le libéralisme plonge, le libre-échange ne fait plus recette, le multilatéralisme crie son inanité, les pompes cirées aux multinationales, plus personne n'en veut.

    Ça c'est pour la branche "L" du PLR. Mais la branche "R" n'est pas en reste : son tropisme obsessionnel pour un thème qui intéressait plus la France de 1905 - ou la Genève de 1907 - que les foules d'aujourd'hui, son lien démesuré avec des chapelles de pensée sectaires à force de nous brandir la Lumière, sa déconnexion avec le peuple, les petits entrepreneurs, les PME, tout cela aussi a joué dans la défaite.

    Quant à Pierre Maudet, il est au front. J'ignore quelle sera l'efficacité de son travail. Mais il essaye. Il y a, aujourd'hui, mieux à faire que de lui chercher noise pour des défaites qui ont d'autres raisons, structurelles et profondes.

     

    Pascal Décaillet

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  • Les partis ? Non, les citoyens !

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    Sur le vif - Mercredi 08.04.20 - 16.33h

     

    "Les partis veulent reprendre la main". Mais bordel, ça n'est pas aux "partis", particulièrement, de revenir sur le terrain ! C'est à la POLITIQUE, tout court !

    La politique, ce ne sont pas seulement les partis, quelle horreur ! La politique, c'est nous tous. Toutes les citoyennes, tous les citoyens qui s'intéressent à la chose publique. Nul besoin, pour cela, d'être élu. Toute personne peut s'exprimer. Chaque avis citoyen en vaut un autre. Nulle cléricature (ni politique, ni médiatique) n'a plus de valeur que n'importe quel avis citoyen, exprimé avec des arguments, une fougue, une passion, une flamme intérieure, un désir de construire le pays.

    Ce qui roupille depuis un mois, ce ne sont pas seulement les partis. Ce sont les Parlements. C'est la démocratie directe. Et, plus grave que tout : c'est l'exercice, par chaque citoyenne, chaque citoyen, de son droit - et de son devoir - à la fonction critique.

    Pour la millième fois : les consignes, nous devons les respecter. Mais, tout en les appliquant, nous demeurons plus que jamais habilités à donner notre avis sur les décisions des autorités.

    Nous sommes des citoyens. Pas des sujets.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Quand la gauche genevoise se fourvoie à 100%

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    Sur le vif - Mercredi 08.04.20 - 13.56h

     

    Hallucinant ! Au moment où nombre d'esprits commencent à prendre conscience de l'impérieuse nécessité d'un redémarrage économique, voilà que la gauche genevoise demande qu'on suspende l'activité des "secteurs non-essentiels".

    Qui va définir la nature "essentielle", ou non, d'un secteur ? Le Comité directeur du PS ? Celui des Verts ? Les 36 composantes rivales d'Ensemble à Gauche ? Les syndicats de fonctionnaires ? Les chercheurs en sciences sociales ? Jacques Dubochet ?

    Sans l'économie, pas de salaires. Sans salaires, pas d'impôts pour les caisses de l'Etat. Sans argent dans les caisses de l'Etat, pas de prestations sociales. Donc, tout part du travail, de l'imagination créatrice, du mouvement : c'est cela l'économie, toute personne qui bosse en est un acteur, la caissière ou le nettoyeur, tout autant que le nabab avec son gros cigare.

    Je n'ai, pour ma part, jamais jugé les gens en fonction de leur statut social, j'admire tout travailleur, toute énergie, d'où qu'ils viennent. Mais je sais une chose, apprise tôt dans ma vie : on ne gagne rien dans l'immobilisme, dans l'attentisme, on gagne tout en se prenant en charge, en se mettant en mouvement.

    J'apprécie la gauche genevoise, passe ma vie à dialoguer avec elle, comme avec toutes les formations politiques. Mais là, elle a totalement tort. Au moment où il faudrait un signal de redémarrage, elle se fourvoie dans le signe contraire. Et comme toujours, se couvrant derrière le prétexte médical, elle s'apprête à nous servir sa grande spécialité : nous faire la morale.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le confinement n'est pas un thème !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 08.04.20

     

    Désolé si je jette un froid, mais je considère qu’on parle beaucoup trop du confinement. Je ne porte pas, ici, de jugement sur les décisions sanitaires de nos autorités. J’en porte un – et il est sévère – sur les décisions économiques, notamment l’ordre linéaire, sans nuances ni discernement, de fermer des dizaines de milliers d’entreprises, y compris celles où le respect des distances réglementaires ne pose aucun problème. Mais je note une chose : on érige beaucoup trop le confinement en sujet de conversation, de journal intime, de réflexions partagées. Alors qu’à mes yeux, le confinement n’est pas un thème.

     

    Le thème, c’est la situation économique désastreuse dans laquelle nos autorités ont aveuglément jeté la Suisse. Le thème, c’est l’urgente nécessité de se retrousser les manches, pour relever notre pays. Le thème, c’est la survie de nos entreprises, qui étaient encore, voici quelques semaines, parmi les plus compétitives du monde. Le thème, c’est laisser entreprendre les entrepreneurs, les laisser travailler, leur foutre la paix avec la paperasse et les formalités, les laisser vivre, respirer, exister. A commencer par les indépendants, les toutes petites entreprises, deux ou trois personnes, parfois une seule, mais habitées par la fougue. Ce sont ces gens-là qui relèveront notre pays.

     

    L’effet pervers, sur lequel l’Histoire portera un regard sévère, c’est la complaisance opérée par le confinement sur les âmes et les consciences. Lorsqu’on est salarié, et que le salaire tombe à la fin du mois, ou même lorsqu’on est chômeur, avec 80% du salaire pendant deux ans, on peut sans doute mieux prendre son mal en patience, chez soi, que si on est indépendant, privé de tout revenu par décision d’en haut, angoissé pour la suite. Il ne s’agit pas d’ériger une catégorie de notre peuple contre une autre, la solidarité exige l’union. Mais enfin, il ne s’agit pas non plus, pour autant, de taire une ligne de fracture majeure entre deux systèmes de rémunération, deux rapports au monde du travail. C’est peu dire que la seconde catégorie trouvera moins de délices à tenir son journal du confinement, à faire du style sur une situation sans précédent, où chacun, sans l’avoir voulu, se retrouve reclus chez soi.

     

    Alors oui, je viens crier ici que le confinement n’est pas un thème ! Nous devons bien sûr respecter les consignes. Mais rien ne nous empêche, tout en les appliquant, d’exercer notre esprit critique ! Nos autorités, fédérales ou cantonales, nous ont imposé des normes de distance, d’hygiène, de précautions, fort bien. Elles ne nous ont pas interdit de penser ! Ni de nous exprimer, dans l’espace public, pour parler d’autre chose que de notre quotidien de confinés ! Ni d’exprimer des désaccords sur les décisions économiques. Ni d’exhorter nos législatifs, qui roupillent, à reprendre leur boulot, sous une forme ou sous une autre ! En bref, nous avons mieux à faire que raconter nos confinements. Par exemple, entreprendre toutes choses pour reprendre au plus vite le boulot. Histoire de sauver notre pays.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Et maintenant, priorité aux thèmes !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 16.04h

     

    Dans nos 45 Communes genevoises, dont les 21 qui restaient encore à pourvoir, les jeux sont faits. La démocratie a fonctionné. A fond, pour le premier tour : jamais nous n'aurons, mes collègues et moi, autant animé de débats communaux ! Au ralenti, et c'est le moins qu'on puisse dire, pour le second. Mais c'est ainsi, c'est la vie, c'est la politique, elle doit s'accommoder des imprévus, et le virus en est un, majeur.

    Il convient donc de féliciter les élus. Tous, ceux des 45 Conseils administratifs, ceux des 45 Conseils municipaux. Ils se sont battus, ils ont gagné, ils sont légitimes. Notre vie communale, pour cinq ans, a ses magistrats et ses représentants dans les délibératifs.

    Il convient, aussi, d'avoir une pensée pour les battus. Dans une démocratie, tous sont estimables, s'ils se battent et nourrissent la vie citoyenne. Pour ma part, j'ai une pensée particulière pour Simon Brandt, un homme seul et courageux, qui revenait de très loin, après sa mésaventure de décembre. Puisse-t-il continuer, au Conseil municipal, de tenir son rôle critique, intelligent, bosseur de dossiers, au service de la Cité. Une pensée, aussi, pour Maria Perez, militante sincère et combative, qui a porté très haut la bannière du Parti du Travail. Et puis, plein de pensées, pour plein d'autres.

    Genève, sauf retournement majeur, s'apprête à vivre trois années sans élections. Pour nous, passionnés viscéraux de politique, c'est une occasion inespérée : tout centrer, non sur les personnes, mais sur les THÈMES. Plus que jamais, notre démocratie a besoin de ce recentrage. Puisse-t-elle, plus que jamais, être un lieu d'échanges, de débats, d'idées, où puissent s'entrechoquer, non les personnes, mais les arguments.

    Dans notre démocratie, les élus décident, mais c'est tout, c'est leur seul privilège. Le débat, lui, appartient à toutes les citoyennes, tous les citoyens. Pour le faire vivre, nous avons en Suisse le plus beau des instruments : la démocratie directe. Qu'elle vive, plus que jamais ! Nous avons infiniment besoin de cette sève citoyenne, venue d'en bas, pour faire monter les idées nouvelles.

    Notre démocratie est l'affaire de tous. Sa survie, comme celle de notre pays, dépend de nous, Et de nous seuls.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Loin du bal, les vampires !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 10.59h

     

    La crise aura au moins eu un mérite : celui de mettre un moment au frigo les deux grandes hystéries societâââles qui avaient vampirisé 2019. On parle beaucoup moins de genre, beaucoup moins du GIEC. Et ça fait un bien fou.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Redémarrer, vite !

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    Sur le vif - Mardi 07.04.20 - 09.16h

     

    Vous voulez des hôpitaux publics performants ? Avec du personnel qualifié, bien rémunéré, respecté ?

    Nous le voulons aussi !

    Ces hôpitaux, qui les finance ? Réponse : les contribuables.

    Les contribuables, pour qu'ils aient de l'argent à donner à l'Etat, il faut qu'ils l'aient précédemment gagné, en exerçant une activité économique.

    Sinon, à terme, une fois épuisées les réserves, la Suisse n'aura plus d'économie, plus d'argent, donc plus d'écoles, plus d'hôpitaux. C'est cela que vous voulez ? Le désert économique et social !

    Alors de grâce, Mesdames et Messieurs les moralistes à la petite semaine, cessez d'opposer l'économie au social, l'économie à la santé !

    Un redémarrage s'impose en Suisse, et sans tarder.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Révolution mentale

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    Sur le vif - Lundi 06.04.20

     

    Des milliards. C'est ce que va coûter au seul Canton de Genève la paralysie de l'économie, décrétée par les autorités. Nous en aurons pour des années à nous en remettre financièrement, alors que la dette se chiffre déjà en milliards.

    Dans ces conditions, qui ne relèvent plus de la gestion de beau temps, mais de l'économie de guerre, des mesures drastiques devront être prises. Il ne s'agit plus de savoir si l'Etat doit se redimensionner, mais OÙ et COMMENT.

    Seuls les secteurs vitaux devront être épargnés. Au premier plan d'entre eux, bien évidemment, la Santé publique. Mais désolé, presque partout ailleurs, il faudra couper. Réduire à la mission essentielle, qu'elle soit régalienne (Sécurité publique), ou de solidarité (aider les plus démunis).

    Pour y parvenir, c'est une RÉVOLUTION MENTALE qui nous attend. Un secteur comme celui de la Formation, par exemple, devra cette fois VRAIMENT trancher entre ses états-majors, services de recherches, appareils d'intendance et de surintendance d'une part, et d'autre part la seule chose qui vaille, le FRONT. Puisse le DIP arriver lui-même, spontanément, avec un plan de mesures, plutôt que de se le voir imposer par le Grand Conseil.

    Autre exemple : la Caisse de pension des fonctionnaires. Ne venez pas me dire ici qu'on a voté sur le sujet l'an dernier. La donne, depuis, a totalement changé ! Les ressources de l'Etat s'apprêtent à fondre comme neige au soleil. Il faut donc, n'en déplaise aux corporations conservatrices qui défendent la fonction publique, remettre l'ouvrage sur le métier. Première urgence : établir enfin la cotisation à 50% employeur, 50% employé, à la place de l'indécent 2/3 - 1/3 qui prévaut encore. C'est la mesure minimale. D'autres, impérativement, devront suivre.

    Il y aura quantité d'autres exemples. J'aime l'Etat, passionnément. J'ai toujours - bien seul dans les années 90 - condamné l'ultra-libéralisme, destructeur des services publics. Je veux un Etat fort. Mais pas tentaculaire. Fort, là où il doit l'être, sur le vital, l'essentiel. Fort, dans ses rapports frontaux avec la population, et non dans ses étages d'intendance. Nous n'échapperons pas aux coupes. Elles seront douloureuses. Puissent-elles s'opérer dans l'intérêt supérieur de tous, et non pour la simple sauvegarde d'une caste.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Les moralistes, ça suffit !

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    Sur le vif - Dimanche 05.04.20 - 14.38h
     
     
    Bon, tout ce petit jeu commence à suffire. Que nous soyons dans une crise sanitaire majeure, d'accord. Qu'il faille respecter les consignes, d'accord.

    Que les Parlements, totalement dépassés par les événements, incapables d'avoir prévu des scénarios de réunion en ligne, soient aux fraises, nettement moins d'accord.

    Que les exécutifs prennent leurs aises comme jamais depuis 1848, se fassent paternalistes, moralistes, gendarmes, seuls à se mettre en scène dans la majesté sans partage de leur pouvoir, encore moins d'accord.

    Que des parlementaires trouvent normale cette vacance de leur propre institution, premier pouvoir dans le système suisse, autorité de contrôle des gouvernements, plus d'accord du tout.

    Que des dizaines de milliers de petits cafards, utilisant les réseaux dans ce qu'ils ont de pire, passent leur "confinement" à faire la morale à tous ceux qui osent mettre le nez dehors, puis à dénoncer et photographier telle grappe humaine, surprise de leur balcon, où il n'y aurait pas 2 mètres, mais seulement 1,83m, selon les estimations trigonométriques du délateur, entre les gens, plus d'accord du tout.

    Que des esprits libres, ou plutôt des esprits qui par beau temps se targuaient d'être libres, transmués soudain en valets du pouvoir, passent leur temps à nous faire la morale sur "la confiance à faire aux autorités", plus d'accord du tout.

    Ces doctes confondent deux choses : appliquer les consignes des autorités, oui, comme tout citoyen qui respecte toute loi ; mais garder son esprit critique, y compris pour émettre des doutes sur les décisions prises, je peux vous dire que nous n'avons pas l'intention d'y renoncer !

    Un exemple : la fermeture des PME. Celles où le respect des distances n'est pas possible, comme un salon de coiffure, pas de problème, tout le monde le comprend bien. Mais, bordel, des dizaines de milliers d'entreprises suisses, où les distances sont parfaitement possibles, ont dû fermer, à cause de l'aspect linéaire, uniforme, aveugle, de la décision de Berne !

    Alors maintenant, ça suffit. Il faut commencer le redémarrage de notre économie suisse. Pour les intérêts supérieurs de notre pays, au premier plan desquels j'ai toujours placé la cohésion sociale, c'est essentiel. On ne peut pas laisser mourir d'inanition l'une des économies les plus vivaces de la planète. Elle fait partie d'un tout, et permet de nourrir, par la redistribution, un système social dont nous avons, en tout cas depuis 1947, tout lieu d'être fiers.

    Alors maintenant, ça suffit. Les moralistes à la petite semaine, ça suffit. Les délateurs de balcons, ça suffit. Les confinés salariés qui se permettent de faire la leçon aux indépendants et aux PME, ça suffit. La rugosité prétorienne des exécutifs, ça suffit, et M. Berset vient de déraper en évoquant l'hypothèse d'un couvre-feu. L'inexistence parlementaire, ça suffit. Nous avons mieux à construire que cette Ligne Maginot de l'extase défensive. Le salut n'est pas dans la forteresse, mais dans le mouvement. Il est dans l'offensive, pas dans la léthargie.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Milliards de Berne : attention aux margoulins !

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    Sur le vif - Vendredi 03.04.20 - 18.12h

     

    Si les décisions d'aide aux entreprises, par les fonctionnaires de Berne, s'opèrent de façon aussi linéaire, massive, indifférenciée que les décisions sanitaires, alors on est très mal partis !

    Citoyen contribuable, j'enrage déjà, à l'annonce de ces dizaines de milliards, distribués à tous vents. Bien sûr qu'il y aura des abus, je les vois déjà venir ! Avec des entrepreneurs frauduleux, profitant de cette aubaine pour renflouer une trésorerie déjà déficiente, avant la crise.

    Les milliards de Berne, d'où viennent-ils ? Réponse : de nous tous ! De tous les contribuables suisses ayant dûment travaillé ces dernières décennies, donc dûment été rémunérés, donc dûment imposés ! C'est donc le patrimoine national, le fruit de notre sueur, dont on annonce allègrement le "déblocage", comme si de rien n'était, comme s'il s'agissait d'une simple guigne.

    Autant je défends les PME, et jusque dans mes entrailles, autant je me méfie de ces sommes astronomiques, décidées par des fonctionnaires, sans contrôle parlementaire (mais que foutent donc les législatifs de notre pays, depuis le début de la crise ?). Comme un éléphant dans un couloir, on voit déjà les abus !

    Et les entreprises qui ne demandent rien ? Peut-être, parce que, jusqu'à maintenant, elles ont été gérées avec sagesse et prévoyance, inclusion de la fameuse "prise de risque". Maintien d'un minimum de trésorerie. Investissement sur la qualité du travail. Excellence de la finition. Respect des délais. Rapport de confiance avec les clients, la clef de tout. Ces entreprises, non seulement n'auront pas un seul centime de Berne, mais encore vont devoir payer davantage d'impôts, ces prochaines années, par inévitable contribution linéaire à l'effort général. Et là, en termes de justice, ça devient franchement écœurant, voire dégueulasse.

    Alors, Mesdames et Messieurs les fonctionnaires de Berne, qui allez allègrement distribuer le patrimoine national à des entreprises, vous avez intérêt à viser juste. Ne pas vous faire rouler par des margoulins. Vous montrer économes de l'argent public. Dans le cas contraire, c'est le crédit de l'Etat, donc l'essentiel en République, qui risque de s'en trouver dévasté.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Un syndicat ? Surtout pas !

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    Sur le vif - Vendredi 03.04.20 - 12.22h

     

    12.22h - A Berne ou dans les Cantons, le sort des indépendants est laissé entre les mains de fonctionnaires. Donc, de gens incapables, mentalement, psychologiquement, de comprendre la mentalité très particulière d'un petit entrepreneur.

    C'est là toute l'erreur.

    Les indépendants doivent, dès aujourd'hui, se regrouper. Non pour former un syndicat - un de plus - mais pour monter des opérations ciblées.

    Surtout pas un syndicat ! Il y en a déjà beaucoup trop ! Et la plupart, dans la crise actuelle, ne font que gesticuler. Et puis, par nature, un syndicat se définit par rapport à un contrat de travail, une convention collective, toutes choses qui n'existent pas, ET N'ONT PAS A EXISTER, pour les indépendants. Ces derniers n'ont tout de même pas quitté la cimentation contractuelle pour retomber dans une logique de contestation syndicale ! C'est totalement contraire à leur nature, leur solitude choisie, l'essence même de leur combat, qui implique une immense prise de risque personnelle.

    Un syndicat, non, non et non ! Surtout pas quand ils sont noyautés par des grandes faîtières, avec des Pierre-Yves Maillard, tout en haut ! Pas de syndicat, plus jamais ça, mais un groupement d'intérêts, composé d'hommes et de femmes libres, sociétaires. Un groupement pour les périodes de tempête, par pour les cocktails de beau temps ! Un groupement avec des unités d'intervention mobiles, rapides, motivées, agissant dans l'esprit du commando. Pas de comités, pas de comitards, pas de statuts lourdingues, pas d'Assemblées générales ! Par pitié, rien de ce cirque de beau temps, avec bedaines et congratulations.

    Non. Une force d'intervention. Ciblée sur des objectifs. C'est exactement cela, à l'inverse de la quiétude des apparatchiks, l'esprit des vrais indépendants. Pas ceux qui se plaignent. Ceux qui se battent.

     

    Pascal Décaillet

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  • La trouille ? Connaissent pas !

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    Sur le vif - Jeudi 02.04.20 - 14.12h

     

    Quels qu'en soient les fondements sanitaires - je ne les juge pas ici - la paralysie quasi-totale de l'économie suisse présente une singularité, qu'il convient de relever. Celle d'avoir été décidée par des gens, à Berne ou dans les Cantons, qui touchent un salaire à la fin du mois. Confinés, ils touchent le salaire. Mis au chômage, ils le toucheront à 80%, pendant deux ans. Tant mieux pour eux, et là aussi, je ne porte pas de jugement.

    Tant mieux pour eux, mais, qu'ils le veuillent ou non, cette situation personnelle configure leur état d'esprit. Et les amène à prendre, pour les indépendants et les petits entrepreneurs, des décisions dont ils ne sont pas vraiment capables, au fond de leur vécu, de mesurer les conséquences.

    Parce que ces fonctionnaires, à Berne ou dans les Cantons, ou même ces magistrats d'ailleurs, n'ont strictement aucune idée de la prise de risque entrepreneuriale. Ils n'ont jamais eu mal au bide, jamais souffert d'insomnie, jamais éprouvé la trouille pour la survie de leur boîte.

    Alors, ils décident à grande échelle. Ils donnent des ordres de fermetures, non de certaines entreprises, mais, linéairement, de TOUTES les entreprises. Y compris celles où la distance d'usage est parfaitement respectée !

    Pendant ce temps, est née une calamité bien pire que le confinement : elle s'appelle L'ESPRIT DU CONFINEMENT. Cette singulière jouissance, chez nombre d'employés demeurant dans leur domicile, à raconter leur expérience, tenir leur journal (certains, admirablement écrits, d'ailleurs), ériger le confinement en mode de vie, expérience suprême, enrichissement spirituel, tournant dans l'existence, conversion vers Damas.

    Désolé, mille fois, mais il était possible de prendre des décisions non uniformes, mais ciblées. Pour cela, il eût fallu, dans le for intérieur des fonctionnaires décideurs, un minimum d'expérience de l'essence même de l'entreprise, avec sa part de risque et d'aventure. Ce ne fut, hélas, pas le cas. Les conséquences, pour l'économie de notre pays, en sont totalement dévastatrices.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Toulon, novembre 42

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.20

     

    Résumons. Nous avions, il y a encore un mois, l’une des meilleures économies du monde. Nos autorités, pour des raisons que nous ne jugerons pas ici, ont décidé de la foutre en l’air, purement et simplement, et envoyant tout le monde à la maison. Elles vident les caisses des entreprises, laissent fondre les épargnes des individus, mais multiplient les conférences de presse pour nous promettre que tout cela sera compensé, au mieux.

     

    Nous assistons, sans rien pouvoir faire, à un sabordage qui n’est pas sans rappeler celui de la Flotte française à Toulon, en novembre 1942 : pour la bonne cause, on bazarde l’outil du combat, les armes du salut. On le laisse couler, mais on vient aussitôt nous échafauder mille plans, sur mille comètes, pour que tout s’arrange peu ou prou. En attendant, les navires coulés gisent dans les sables, en fond de mer.

     

    Économiquement, la Suisse procède à l’opération la plus surréaliste de son Histoire. Elle appauvrit le peuple, pour mieux venir lui faire l’aumône. Elle paralyse un système incroyablement performant, mais nous tient déjà des discours sur le retour au mouvement. Elle tue, puis nous annonce la résurrection.

     

    La perversité de ce double mouvement, détruire puis panser les plaies, fera l’objet, plus tard, d’une foule de thèses de doctorats, d’études et d’ouvrages. L’Histoire jugera, il est possible qu’elle se montre sévère. Pour l’heure, serrons les coudes. Et surtout, gardons notre esprit critique. Cela, aucun expert de Berne ne pourra nous l’ôter.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

     

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  • Ne sabordons pas l'économie suisse !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 01.04.20

     

    Je m’exprime ici comme citoyen, mais aussi comme petit entrepreneur. Sensible à la fragilité de l’économie, à l’interdépendance entre les secteurs, à la chance que nous avons, en Suisse, d’avoir hérité de nos parents, de nos grands-parents, un pays solide et prospère. Nous sommes un peuple travailleur. Nous sommes des gens fiables. Nous ne comptons pas nos heures. Nous sommes ponctuels. Nous respectons les délais. Nous sommes des citoyens responsables : lorsqu’on nous demande s’il faut une hausse d’impôts, nous sommes capables de répondre oui ! Et nous disons non à une sixième semaine de vacances ! Lorsque je dis « nous », ce ne sont pas seulement les Suisses, mais aussi nos amis étrangers qui vivent et travaillent dans notre pays. Notre pays est respecté, dans le monde, pour son sérieux, la qualité de son travail, son souci de la finition, son respect des horaires, sa qualité d’intendance.

     

    Ces valeurs, qui peuvent faire sourire par beau temps, et même faire le bonheur des chansonniers, avec le bon vieux Suisse maniaque et ponctuel à l’extrême, prennent soudain du relief lorsque nous sommes en crise. Nous nous rendons compte que l’une des causes de notre prospérité, ce sont les qualités individuelles de chaque travailleur, chaque travailleuse de notre pays. Nous ne sommes pas des approximatifs : lorsque tout va bien, ça fait un peu ennuyeux, mais lorsque tout se déglingue, notre souci de précision fait du bien. La qualité d’une économie, c’est avant tout le pacte de confiance entre ses acteurs.

     

    Voilà pourquoi j’enrage. Et nous enrageons tous ! Tout cet édifice de qualité, sabordé en quelques jours par les décisions que nous savons. Elles sont dictées par un impératif sanitaire, que je ne juge pas ici. Je ne suis pas virologue, pas plus que climatologue ; je suis juste un petit entrepreneur, et un citoyen. J’enrage, parce que l’immobilisation de toute une économie, la paralysie dictée d’en haut, par des gens à Berne, de centaines de milliers de personnes qui ne demandaient qu’à travailler, est en train de saborder, sous nos yeux impuissants, l’une des économies les plus compétitives du monde. Saborder le travail de nos pères, de nos mères, de nos ancêtres. Il nous faudra des années pour nous relever ! Quand on a consacré toute sa vie à travailler, je peux vous dire qu’on a les boules : des centaines de milliers d’entre nous ont la rage au cœur !

     

    La priorité est évidemment, aujourd’hui, à la lutte contre le virus. Elle est à la solidarité, à la compassion avec les malades, à l’immense reconnaissance pour le personnel soignant. Mais très vite, il faudra se retrousser les manches. Nous aurons, tous ensemble, à reconstruire l’économie suisse. Puissions-nous le faire sur des bases de justice sociale, de partage, en mettant l’économie au service de l’humain, et non le contraire. Pour ma part, ce travail commence déjà maintenant, en pleine crise. En multipliant les bourses aux idées, en donnant la parole à toutes les bonnes volontés. Nous aurons raison de la crise. Nous reconstruirons l’économie suisse.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

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