Commentaires GHI

  • Jugement dernier

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.11.21

     

    A quoi sert, au fond, la Ville de Genève, à part administrer des leçons de morale à la terre entière ? Depuis des années, mais à un rythme qui s’aggrave, les autorités municipales passent leur temps à édicter, urbi et orbi, des bulles pontificales statuant sur les droits de l’homme dans tel ou tel pays éloigné, ceux des femmes, ceux des minorités les plus inattendues. Pas une seule semaine sans une nouvelle Encyclique : on en perd son latin !

    Il faut dire que Genève est la capitale du monde. Si vous prenez un compas, vous tracez un cercle, vous y inscrivez un triangle isocèle, vous établissez le point de rencontre des médiatrices, l’affaire est certaine : vous tomberez sur la fontaine de la Place du Molard. C’est une certitude scientifique, comme le sont les conclusions du GIEC sur le climat.

    Alors, du centre, on rayonne. L’exécutif de la Ville, qui fixe pourtant cinq cahiers des charges bien concrets à nos édiles, allant de l’extinction des feux à la voirie, est tellement bien organisé qu’il parvient à trouver des tonnes de temps libre pour moraliser tous azimuts, régir les consciences, prononcer le Jugement dernier. Avec, sur ce dernier point, une rafraîchissante inversion par rapport aux Écritures : lorsque la Ville de Genève choisit entre l’Enfer et le Paradis, les élus sont à sa gauche, les damnés à sa droite. Au pays de Calvin, un zeste de fantaisie ne fait pas de mal, non ?

     

    Pascal Décaillet 

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  • Courage et clarté, voilà ce qui nous manque !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 24.11.21

     

    La parole publique a besoin de courage. Elle doit ressembler à ces montagnes claires, qui se dessinent dans l’horizon crépusculaire d’un soir d’été. Les lignes, nettes et tracées. Les couleurs, superposées. Les détails du relief, parfaitement visibles, même de très loin. L’impression, de la vallée d’en face, d’épouser en son for ce versant opposé qui nous livre ainsi la radiographie de son être : le soleil décline, la précision s’amplifie, jusqu’à ce point de bascule où commence la nuit. La parole politique, ça doit être cela, et non le marécage. Car le Marais n’est bon qu’à dissoudre les âmes. Il mêle. Il liquéfie. Il envoute de nimbes. Il distille le brouillard. Notre vie publique, en Suisse, mérite d’autres tons que ce galimatias. Elle a besoin, comme partout en Europe, de clarté, d’engagement, de mise en péril du confort de celui qui parle. Manier le verbe, c’est prendre un risque. Celui de déplaire. S’isoler du corps social. S’exposer à la vindicte. C’est cela, le combat des idées. Dans une arène de lumière, plutôt que dans les Fossés de Caylus. C’est dans le Bossu, de Paul Féval, un roman magnifique pour enfants et familles.

     

    Notre vie politique suisse a besoin de clarté. Partagez-vous, ou non, la liturgie d’Apocalypse des Verts, et leur terminologie, sur « l’urgence climatique » ? Acceptez-vous l’invasion du débat public par les sujets « de société », cette obsession qui veut tout ramener aux questions de genre, ou de couleur de la peau ? Etes-vous favorables à l’étranglement fiscal des classes moyennes sur le revenu de leur travail ? Trouvez-vous normal que la Suisse contrôle aussi peu ses flux migratoires, alors qu’elle en a reçu mandat, par le peuple et les Cantons, le dimanche 9 février 2014 ? A Genève, êtes-vous satisfait de la masse des flux transfrontaliers quotidiens, sur la Ville et le Canton ? La politique européenne du Conseil fédéral vous remplit-elle d’allégresse ? Est-elle, selon vous, de nature à défendre la souveraineté, l’indépendance, la dignité de notre pays, dans le concert des nations ? A ces questions, je vous demande d’apporter, dans le sens qu’il vous plaira, des réponses claires. Laissons la langue de bois aux apeurés du verbe.

     

    A ce stade, il y a toujours un petit malin, ou un lamentable pendard (ce sont souvent les mêmes), pour m’opposer que la Suisse est le pays du compromis. Je veux bien. Mais la position de concession réciproque doit provenir d’un choc d’antagonismes, et non être proclamée au départ. En clair, on commence par ferrailler, après on discute. La politique a besoin de guerriers, beaucoup plus que de négociateurs. On conquiert les positions, et puis on regarde. Et le verbe, on l’aiguise. Et l’argument, on l’affûte. Et l’adversaire, on le combat. Pour les conciliabules, s’il en faut, on trouvera bien quelques négociateurs, pour se faufiler discrètement vers la Forêt de Compiègne. Ces gens-là, il en faut. Ils n’’écrivent pas l’Histoire. Ils se contentent de parapher les abandons.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Genève est à gauche !

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    Commentaire publié dans GHI - 17.11.21

     

    Il faut être très clair : Genève est désormais à gauche. Elle l’est jusqu’au printemps 2023, fin de législature, voire au-delà, si la droite ne parvient pas à renverser la vapeur aux prochaines élections.

     

    A gauche, au gouvernement. Depuis l’élection complémentaire de ce printemps : deux socialistes, deux Verts, c’est déjà une majorité claire. Sans compter un magistrat PDC qui a aligné sa politique de mobilité sur la doxa Verte. Au Conseil d’Etat, l’affaire est donc classée. Et le déficit ! Et la dette ! Et six milliards pour la « transition écologique » ! Que du bonheur.

     

    Mais Genève, ne nous y trompons pas, est aussi, de facto, à gauche dans les rangs du Grand Conseil. Oh certes, la majorité élue en 2018 est clairement à droite. Mais les choses n’ont cessé de glisser, pendant la législature : si l’UDC et le PLR sont droits dans leurs bottes, comme en face d’eux la gauche, le PDC et le MCG en revanche ne cessent de fluctuer. Aucune ligne claire. Des alliances opportunistes, en fonction d’intérêts à court terme. Une jouissance très « Quatrième République » à s’ériger en arbitres des majorités, ces partis-charnières dont tout dépend. Dans le microcosme parlementaire, c’est sans doute très vivifiant. Mais il n’est pas sûr que l’intérêt supérieur du Canton en sorte gagnant.

     

    Le gagnant ? C’est la gauche ! Elle soutient ses ministres, le doigt sur la couture des pantalons. Elle profite des trahisons dans l’autre camp. Elle se frotte les mains. Et peut préparer sereinement les élections de 2023.

     

    Pascal Décaillet

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  • Les Gueux sont devenus les suppôts du pouvoir

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 17.11.21

     

    C’est toujours comme ça, avec les mouvements populaires, ou populistes si ça vous plaît de les appeler ainsi : ils émergent, enflamment la République, atteignent des sommets, foutent une trouille d’enfer aux notables, ou aux patriciens fatigués, enfin à tous ceux qui ont pignon sur rue. Et puis, avec le temps, comme dans la sublime chanson de Ferré, va, tout s’en va. Elus au Parlement, ils participent au pouvoir, commencent à avoir leur lot dans les postes et prébendes, goûtent au statut d’officiels, se prennent au sérieux, se disent qu’eux aussi sont des notables, pourquoi pas des notaires, comme dans un autre chef d’œuvre, « Les Bourgeois », de Brel. Alors, ventripotents, ils appellent le Commissaire pour dénoncer les jeunes crétins qui font du chambard, en pleine nuit, sous leurs fenêtres.

     

    Ainsi, le MCG. Ce parti, né des effets pervers de la libre circulation des personnes, mais aussi d’une légitime révolte populaire contre la Genève de la barbichette, celle des libéraux principalement, mais aussi des apparatchiks socialistes, ou Verts, celle des tranquilles PDC, amateurs d’éternité, celle des radicaux logés aux enseignes de lumière, ce mouvement, cette fronde, cette jacquerie, a fait un bien fou à la République de Genève. Ces Gueux, méprisés à leur arrivée, ont secoué le cocotier, balancé la marmite, incendié la sérénité des consciences, plongé le doigt là où ça fait vraiment mal. Boulangistes après l’heure, poujadistes réincarnés, ils ont remué Genève, lui ont signalé de vrais problèmes que toute l’officialité feignait d’ignorer. Ils ont été des lanceurs d’alertes. Oui, le MCG fut salutaire, en ces premières années du troisième millénaire.

     

    En novembre 2021, que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi, et là c’est notre troisième chanson, celle de Trenet. Que reste de tous ces Gueux ? Que reste-t-il de leurs folies, leurs manières de mauvais garçons, leurs verres d’eau jetés en plein visage ? Que reste-t-il de leurs imprécations, leurs mauvaises manières, leurs cris de cour d’école ? Que reste-t-il du temps d’Éric Stauffer, funambule de feu sur le fil des limites ? Que reste-t-il de ce temps des colères, sonores certes, mais tellement utiles au réveil de la République ? Le préférence cantonale, slogan méprisé en 2005, et même encore en 2009, par toute l’officialité suave du Canton, est maintenant inscrite dans les consciences. Rien que pour cela, cette prise en compte du périmètre de la communauté d’appartenance, ce parti méritait d’éclore. Hélas, aujourd’hui, le voilà devenu plus sage, plus convenable, plus gouvernemental que les plus ennuyeux des caciques PDC, avec barbichette et costume trois-pièces, dans la plus huppée des Communes. C’est dommage. A force de rentrer dans le rang, on se fond dans la masse, et puis, doucement, on disparaît. Ainsi mourut Vigilance. Ainsi furent submergés les boulangistes. Ainsi périssent les ennemis de la transgression. Ceux qui lui ont préféré le confort.

     

    Pascal Décaillet

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  • Ni Suez, ni Panama ?

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    Commentaire publié dans GHI - 10.11.21

     

    On nous promettait le Pérou, on en est hélas assez loin. Le CEVA, qu’on nous présentait il y a quinze ans comme la huitième merveille du monde, celle qui transfigure le quotidien et se rit des frontières, semble avoir encore quelques progrès à faire pour répondre aux espérances de ces années-folles.

     

    Quelques progrès ? Demandons des chiffres. Quels sont les taux exacts de fréquentation ? Combien de monde, en dehors des heures de pointe ? Nos amis frontaliers le prennent-ils vraiment, ce train-miracle, ou demeurent-ils accrochés au volant de leur voiture ? Quelle fréquentation, le week-end ? Les gares sont-elles des lieux de vie, le commerce y est-il florissant, a-t-on envie de s’y attarder, de s’y donner des rendez-vous amoureux ? Le CEVA est-il un objet de désir ? Est-il rentable ?

     

    Les coûts réels de ce chantier du siècle, quels sont-ils ? Le dernier dépassement, 12,5 millions, est-il le dernier ? Le CEVA, pompeusement nommé « Léman Express » par l’officialité, a-t-il fait prospérer les entreprises locales ? Les adjudications de marchés public ont-elles favorisé les firmes genevoises, plutôt que françaises, voire plus lointaines ?

     

    Ces questions, certains députés se risquent à les poser. Ils attendent vainement les réponses. Tous les chiffres de cette aventure dantesque sont-ils consultables, transparents, à la disposition du public ? Règne-t-il une omerta ? Tout a-t-il été dit, comme il sied en République ? L’affaire est-elle close ? Aucun autre dépassement à attendre ? Ni Suez, ni Panama ? Juste Annemasse, vous êtes sûr ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Frontaliers : trois fois plus en vingt ans !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 10.11.21

     

    Il y a des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : en l’an 2000, il y avait 30'000 travailleurs frontaliers sur Genève ; ils sont aujourd’hui 92'000. En vingt ans, le nombre a triplé. Ce chiffre est terrible, et je vais vous dire pourquoi. En précisant toutefois une chose, très importante : nos voisins français sont nos amis. Ceux qui travaillent à Genève, et que nous croisons tous les jours, participent à notre prospérité. Il ne s’agit en aucun cas d’ériger cette affaire en querelle de personnes, ni en guerre entre la Suisse et la France. Nous avons besoin de travailleurs frontaliers, et ils ont besoin de Genève. Le problème, ça n’est pas le principe des flux quotidiens transfrontaliers, mais leur nombre, devenu tout simplement écrasant.

     

    Dire que le chiffre est terrible, ça n’est pas s’attaquer aux hommes et aux femmes qui viennent travailler chez nous, ils sont nos amis, je le répète. Dire que le chiffre est terrible, c’est s’en prendre non aux humains, mais au chiffre-lui-même, qui est tout simplement dévastateur. De même, vouloir réguler l’immigration vers la Suisse, ça n’est en aucun cas xénophobe, c’est juste vouloir protéger les Suisses, les plus faibles d’entre eux, les plus précaires dans leur statut professionnel, les plus exposés à la concurrence internationale. Réguler, c’est vouloir le salut de la cohésion sociale suisse. C’est, au fond, une affaire des Suisses entre eux, et non des Suisses contre les étrangers. Ceux qui vous disent le contraire, notamment la gauche immigrationniste et (de l’autre côté) les ultra-libéraux déracinés des patries, vous mentent. Entre ceux-ci et ceux-là, quelque part dans le souci de la cohésion sociale la plus puissante possible, s’est toujours tracé mon chemin politique : ni gauche, ni libre-échange ; ni Etat-Providence, ni génuflexion devant la tyrannie des marchés. Pour la Nation. Et pour le social.

     

    Et c’est pour cela que je qualifie de « terrible » le triplement du nombre des frontaliers. Parce qu’il représente, à Genève, l’échec de l’Etat, de l’arbitrage, de la régulation, des équilibres (chers à Delamuraz). Et le triomphe du laisser-faire. D’une libre-circulation chaotique, échappant à toute règle, juste là pour satisfaire les appétits de profit d’un certain patronat. La sous-enchère, à Genève, ça existe ! La préférence cantonale a pourtant progressé, dans les consciences, ces quinze dernières années. Mais dans les consciences, seulement ! Dans les faits, on la laisse dormir au fond d’un tiroir ! Que fait l’Etat pour protéger les résidents genevois ? Que fait-il pour aider nos chômeurs, record de Suisse si l’on compte l’aide sociale ? Que fait-il pour former enfin, sur Genève, du personnel infirmier en nombre suffisant ? Que fait-il contre la sous-enchère ? Comment a-t-on pu laisser à ce point la jungle gagner la guerre, l’Etat capituler, le verbe perdre son crédit ? Et le parti même, à Genève, qui dès 2005, à juste titre, tirait la sonnette d’alarme, que lui reste-t-il de sa fougue, de sa combativité ? Ces questions dérangent ? Eh bien dérangeons !

     

    Pascal Décaillet

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  • Gauche contre Gauche

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.11.21

     

    A Genève, la gauche passe ses samedis à manifester. Au fait, elle manifeste contre qui, la gauche ? Faut-il rappeler que nous avons à Genève, depuis ce printemps, un gouvernement majoritaire de gauche ? Résolu, entre autres, à nous faire dépenser 5,9 milliards pour des investissements dans la "transition écologique", alors que nous détenons déjà le record suisse de la dette (12,8 milliards). Un Conseil d’Etat bien à gauche, deux socialistes, deux Verts, un programme d’action digne du Grand Soir, des projets de dépenses inconsidérées, une inaptitude totale à envisager une restructuration de la machine de l’Etat. Bref, une vraie gauche, proche de la caricature.

     Mais nos braves manifestants professionnels, tout à la ferveur de leurs processions du samedi, avec leur catéchisme affiché sur les banderoles rouges, et le grand-prêtre pour leur hurler les slogans à scander en chœur, envahissent quand même les rues. Contre un pouvoir de gauche ! Un Conseil d’Etat de gauche ; un Grand Conseil de facto à gauche, par défection continuelle des gentils centristes et des éternels imprévisibles.

     La gauche de la rue, contre la gauche de l’institution. La scène politique genevoise est devenue un grand spectacle, technicolor, sur les infinies nuances à l’interne de la gauche. Pendant ce temps, la droite, elle fait quoi ? Elle roupille ! Ses grands esprits sont d’un autre temps. Ses grandes plumes volent au vent. Entre deux banderoles de gauche, battues par les vents de la procession.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Plus un seul week-end sans manif !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 03.11.21

     

    Il y avait naguère le Jour du Seigneur. Voici le Jour des Brailleurs. Plus un seul samedi, à Genève, sans une manif ! Et si, par extraordinaire, les éternels organisateurs de gauche vous épargnent un samedi, c’est que la manif se sera déroulée la veille : le vendredi ! Et puis, le dimanche, pour ceux qui en voudraient encore, dans le style grandes foules joyeuses, on vous bloque la circulation, toujours aux mêmes endroits, pour de grandes manifestations sportives, marathoniennes, décathloniennes, truffées des meilleures intentions planétaires, humanitaires, sanitaires. C’est pour le bien du vaste monde. Nous avons, à Genève, une magnifique campagne. Mais ces courses populaires, il paraît qu’il leur faut la théâtralité du décor de la Ville. En quel honneur, au fond ?

     

    Nous, les citoyennes et citoyens de la Ville de Genève, devons nous interroger très sérieusement sur ces constantes et récurrentes appropriations de notre espace public, celui pour lequel nous payons taxes et impôts. A commencer par le plus important pour nos déplacements, nos courses du week-end : la chaussée ! Où, mais où diable, est-il écrit que nous devions accepter, tête baissée et en rasant les murs, cette prise en otage, toujours recommencée, samedi après samedi, de notre espace public par des gens qui hurlent et braillent derrière des banderoles rouges ? Est-ce pour cela que nous payons nos impôts, nos taxes sur les véhicules, notre essence ? Pour nous faire pourrir la vie, tous les week-ends, par une infinie minorité, n’ayant de vertu que celle du bruit ?

     

    A ce stade, il y en a toujours un pour rétorquer que le droit de manifester est garanti par la Constitution. Soit. Mais qui définit le tracé, qui l’impose ? Qui prend en compte un autre droit, parfaitement établi, celui des gens qui se lèvent la semaine pour aller bosser, de faire leurs courses le samedi, avec leur voiture familiale, sans passer des heures à se faire bloquer par les saintes processions de la gauche ? Et puis, il y a les chiffres : nous sommes, à Genève, un demi-million d’habitants. Sur ce total, quinze mille font partie de l’éternel noyau dur du « peuple des manifestants ». Pour eux, toutes les occasions sont bonnes à descendre dans la rue, scander leurs slogans, imposés par haut-parleur par le diacre de service. Bref, près de 485'000 Genevois ne manifestent jamais.

     

    Cette minorité silencieuse, il va bien falloir un jour qu’elle se réveille. Elle n’a absolument pas à se laisser pourrir ses week-ends par une minorité, toujours la même. Qui négocie les tracés ? Le pouvoir politique, à Genève, aurait-il peur ? Peur de déplaire. Peur de passer pour des censeurs. Au nom de quoi l’occupation répétée du même espace, avec les mêmes encombres pour les automobilistes, serait-elle inéluctable ? L’autorité n’a donc aucune marge de manœuvre ? Elle accepte sans sourciller les tracés des organisateurs, quand il y en a ? Dans ce tumulte accepté avec résignation, où est l’Etat ? Où est la République ? Où sont les droits des braves gens, ceux qui prennent leur voiture, le week-end, ayant trimé toute la semaine, pour aller faire leurs courses ?

     

    Pascal Décaillet

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  • Le tragique de l'Histoire

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.10.21

     

    Il y a une chose que l’on doit enseigner à l’école, c’est le tragique de l’Histoire. Dans notre système scolaire genevois, beaucoup trop de bons sentiments. Parce que Genève abrite les organisations internationales (dont nous sommes juste les hébergeurs), elle finit par croire elle-même – et tenter de faire croire aux élèves – que cette toile tentaculaire sert à quelque chose. Et qu’il existerait, très sérieusement, des « intérêts planétaires », au-dessus des nations.

    C’est un leurre absolu. Transmettre cette illusion aux jeunes générations, ça n’est pas leur rendre service. Il faut, au contraire, leur dire la vérité. L’Histoire est tragique. Les peuples, depuis la nuit des temps, se font la guerre. La noirceur du pouvoir est partout. Nul n’y échappe : ni femmes, ni hommes, ni jeunes, ni vieux, ni gauche, ni gentil PDC, ni droite. Et chacune de ces catégories, si elle accède au pouvoir, l’exercera exactement comme tous les autres. Avec le même risque d’abus, la même arrogance, la même morgue, celle des puissants.

    Cela, les élèves doivent le savoir. L’humain ne doit pas leur être enjolivé. Mais montré tel qu’il est : maléfique, prédateur. Tous les humains ! Il faut enseigner, plus que jamais, l’Histoire politique, et économique, non à travers le prisme de la morale, mais avec l’indispensable cynisme intellectuel qui s’impose. Celui de luttes d’intérêts féroces pour la survie. Le reste, c’est du confort anesthésié de bobos urbains. Donc, du blabla.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • L'énergie doit être enseignée à l'école !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 27.10.21

     

    Pénurie de matières premières. Pénurie de produits industriels. Pénurie de dérivés du plastique. Et même, pénurie de bois ! L’Allemagne, notre grand voisin du Nord, quatrième puissance mondiale, subit un ralentissement sensible de sa production industrielle, donc de l’ensemble de son économie, depuis la crise Covid. Nous les Suisses, dont l’Allemagne est le premier partenaire commercial, serons touchés par cette crise. A cela s’ajoute, au même moment, la pénurie possible d’électricité dont tout le monde parle, subitement, depuis mi-octobre. Pourquoi ce thème a-t-il soudain déboulé dans l’opinion publique ? A-t-il été instrumentalisé par le lobbyisme pro-nucléaire, qui demeure influent dans notre pays, pour tenter de réactiver ce secteur, malgré la votation populaire de 2017, qui acceptait qu’on en sorte ? C’est possible. Mais les scénarios de pénurie, et pas seulement en Suisse, sont bien réels ! Nous pourrions manquer d’électricité, avec des pannes, d’ici 2025. Dès lors, que faire ? La question est majeure. Elle en éclipse des tonnes d’autres, doit être prise immédiatement au sérieux par le gouvernement fédéral et nos 26 Conseils d’Etat cantonaux, dont celui de Genève !

     

    Alors, quoi ? Revenir au nucléaire, en travaillant sur les toutes dernières générations de centrales, comme celles au thorium ? Mettre le paquet sur les éoliennes, le photovoltaïque ? Construire 2000 petites centrales à gaz, pour un coût de 3,4 milliards ? Mélanger tous ces scénarios ? Une chose est sûre : la politique énergétique relève de la souveraineté des nations. Son importance est stratégique, au même titre que la politique de sécurité. Des autorités, fédérales ou cantonales, qui roupilleraient au lieu d’empoigner le problème, se rendraient coupables d’une impéritie gravissime, pour ne pas user d’un autre mot.

     

    L’énergie, c’est notre affaire, à tous. L’épopée des barrages, juste après la guerre, a été magnifique, mais l’hydraulique ne suffit pas à notre auto-approvisionnement. La question énergétique revient donc au tout premier plan de la scène, il en va de notre souveraineté, de notre indépendance, et au fond de notre survie comme nation, au sein de l’Europe. J’ajoute une chose : l’énergie doit être enseignée à l’école. Dès le primaire. Avec des profs qui informent, et non qui fassent leur propagande. Les enfants doivent être conscients que la lumière qui vient, lorsqu’ils appuient sur l’interrupteur, ne procède pas d’un miracle, mais d’une fabuleuse chaîne de travail, mise en œuvre par des humains, au service d’autres humains. Ils doivent apprendre, aussi, que chaque nation roule pour elle-même. Que chacune est responsable de son destin. Que les intérêts supérieurs de l’une ne sont pas les mêmes que ceux de l’autre. Et que la souveraineté énergétique est l’un des moteurs de la survie, comme nation indépendante. Tout cela, oui. Et certainement pas les niaiseries de grande fraternité planétaire que d’aucuns leur chantent, aujourd’hui, à longueur de journées. La réflexion sur l’énergie exige cynisme, rigueur et lucidité. Cela doit s’exercer dès les plus jeunes années.

     

    Pascal Décaillet

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  • Coquille vide

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.10.21

     

    « Transition écologique » : la majorité gouvernementale de gauche, à Genève, n’a que ces deux mots à la bouche ! Ses représentants nous les brandissent dans tous les débats consacrés aux Finances cantonales. Les chiffres, on les connaît : 460 millions de déficit prévus au Budget 2022 ; 12,8 milliards de dette. En clair : l’Etat n’a plus un sou ! Il doit emprunter pour vivre. Si les taux d’intérêts remontent, c’est la banqueroute.

     

    Mais peu importe ! La gauche gouvernementale ne s’en émeut pas le moins du monde. Elle garde le sourire, et nous promet la « transition écologique ». Alors, pour ma part, chaque fois que j’accueille l’un de ses représentants pour des débats, j’essaye d’en savoir plus. Poliment, je demande : « La transition écologique, c’est quoi, au juste ? ».

     

    La réponse, hélas, est encore plus imprécise que lorsqu’on interroge les mêmes personnes, depuis des années, sur un autre mantra : la « transition énergétique », censée remplacer sans tarder le nucléaire par des « énergies renouvelables ». Dès que les questions deviennent concrètes, les réponses sombrent dans l’abstrait, le slogan. Bref, une coquille vide.

     

    Et il y a pire : pendant que nos édiles de gauche rêvent la « transition », les matières premières et les énergies viennent à manquer. Dans toute l’Europe, le problème commence à se poser. C’est du lourd : il en va de nos vies quotidiennes. La France parle déjà de garder le nucléaire, en le modernisant. L’Allemagne revient à son bon vieux charbon, qui a fait sa puissance depuis 250 ans. Mais chez nous, on nous balance du rêve. Le réveil sera difficile.

     

    Pascal Décaillet

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  • De grâce, empoignons les vrais problèmes !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 20.10.21

     

    Primes d’assurance maladie. Fiscalité étouffante. Taxes. Coût de la vie. Pouvoir d’achat. Retraites. Emploi des jeunes. Apprentissage. Statut des seniors. Prix de l’essence. Prix des médicaments. Loyers. Prix des combustibles de chauffage. Tels sont les vrais problèmes, et les vraies préoccupations, de nos compatriotes. Ces soucis-là, ce sont ceux des classes moyennes, celles pour lesquelles je me bats, depuis tant d’années. Les gens qui travaillent ! Ils ne sont ni des assistés, ni des nababs. Ils sont entre les deux, et constituent la masse la plus importante de notre population. Des gens honnêtes, ponctuels, fiables, de vraies qualités suisses, dont nous n’avons absolument pas à rougir. Pour ma part, j’aime ces qualités-là, je ne supporte pas les margoulins, les traficoteurs, les spécialistes du système D. J’attends de mes contemporains qu’ils aient de la compétence dans leur métier, de la rigueur, de l’exactitude, qu’on puisse leur faire confiance, qu’ils soient aimables, et ne passent pas leurs samedis à vociférer dans les rues derrière des banderoles idéologiques. Bref, j’aime les gens sérieux.

     

    Les classes moyennes ! Celles qui n’en peuvent plus d’être fiscalisées sur leur travail, la sueur de leur front, sans jamais toucher la moindre subvention. On attend d’elles, au fond, qu’elles marchent ou qu’elles crèvent. Elles n’intéressent pas les municipalités de gauche des grandes villes suisses, comme Genève. Elles ne constituent pas, à leurs yeux, une clientèle idéologiquement intéressante. Elles n’intéressent pas non plus, de l’autre côté de l’échiquier, les golden boys de l’ultra-libéralisme, ceux qui montent à Berne pour défendre le système financier mondialisé, et ne se soucient que fort lointainement des idées de nation, de patrie, de communauté d’appartenance. La Bourse, tel un Veau d’or, est leur religion.

     

    Alors de grâce, amis lecteurs, empoignons les vrais problèmes ! Ne nous laissons pas aveugler par le brouillard idéologique des chercheurs en sciences sociales de l’Université de Lausanne, ces gens qui sont chez eux, à longueur de journées, dans les émissions « sociétales » de la RTS. Ne nous laissons pas enfumer par le jargon et la ridicule préciosité autour des « questions de genre », autour de la couleur de la peau, autour de la relecture culpabilisante de notre Histoire. Non, non, et non ! Nous avons mieux à faire que sombrer dans ce mimétisme idéologique, où tous disent la même chose, avec désespérément les mêmes mots, la même liturgie, « injonctions », « déconstruction ». Laissons ces bavards pérorer entre eux, et prenons en mains les préoccupations de l’immense majorité de notre population. Elles tournent autour du niveau de vie, de la prédation de nos biens par l’impôt, du coût des matières premières. Bref, la fin du mois, avant la fin du monde. Je vous appelle ici à la résistance intellectuelle. Ne vous laissez pas faire. Plaidez vos vrais problèmes. Pas ceux d’une petite clique, emmurée dans ses salons virtuels, aucunement représentative du plus grand nombre.

     

    Pascal Décaillet

       

     

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  • Révolution conservatrice

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.10.21

     

    Qui sera le prochain Président de la République française ? La réponse est simple : on n’en sait rien ! Nul d’entre nous, à six mois de l’échéance, ne peut prévoir ce que les Français voteront. Six mois, en politique, c’est une éternité. Le favori des sondages, en octobre, n’a aucune garantie de devenir, au printemps suivant, le locataire de l’Elysée. C’est comme le Conclave : celui qui y entre Pape en ressort Cardinal.

     Une élection à la Présidence, en France, se joue dans toutes dernières semaines, parfois même dans les derniers jours. Les mouvements de l’opinion de l’automne précédent, même fracassants, sont alors fort éloignés dans la tête des gens : il faut laisser la campagne se faire, elle est par nature imprévisible, nul ne sait ce qu’elle nous réserve.

     Ça, c’est pour les hommes et les femmes. Mais il y a aussi les idées. Là, c’est une autre affaire : les grands thèmes qui tétanisent cette pré-campagne d’automne, il faudra bien les prendre en compte. Le retour aux nations. La souveraineté. L’immigration. Le besoin d’une école forte, exigeante, rassembleuse, exemplaire. Quel que soit le futur élu, au printemps 2022, il devra tenir compte de ce tournant idéologique. La France des années à venir devra compter sur le grand retour de valeurs conservatrices, attachées aux frontières, aux traditions, profondément sceptiques sur l’Union européenne. Cette Révolution conservatrice, dont nous parlons tant, ici, depuis des années, le futur Président français, quel qu’il soit, ne pourra en aucun cas l’ignorer.

     

    Pascal Décaillet

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  • Réactionnaire ? Et comment !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 13.10.21

     

    J’avais dix ans en Mai 68, je me passionnais pour les événements, j’écoutais les radios, j’étais à fond pour de Gaulle, je peux dire que j’ai immédiatement haï ce mouvement. Je connais le poids des mots, j’assume ce verbe. J’en voulais férocement à mes aînés de s’en prendre à un homme que je percevais – sans pouvoir encore le formuler ainsi – comme un personnage de l’Histoire. J’avais dix ans, j’aimais ces années soixante, celles d’une enfance heureuse, dans une école exigeante mais passionnante, avec des camarades que j’appréciais, des cours d’Histoire qui m’emportaient, des récitations de poèmes, devant toute la classe, que j’adorais. J’aimais le français, surtout la poésie, l’Histoire, la géographie, la musique. Je peinais à comprendre les revendications de ces étudiants qui n’avaient, au fond, que six à douze ans de plus que moi.

     

    Alors quoi, étais-je déjà vieux, avant même d’avoir éclos ? C’est possible. Enfant, je n’étais pas attaché à l’enfance. Pas plus qu’adolescent, à l’adolescence. En clair, je me suis toujours refusé, toute ma vie, à une quelconque guerre de générations. J’aimais mes parents, ma famille. J’aimais l’école. J’aimais mes institutrices, mon prof de musique. Il me semblait que ce monde, qu’on nous léguait, n’avait rien à voir avec les images d’étouffement qui suintaient du discours des manifestants, sur les chaînes radio. Bref, j’étais déjà, par rapport aux soixante-huitards, de la génération d’après. A cela s’ajoute un penchant naturellement réactionnaire – pourquoi le nierais-je ? – un attachement à la langue, à la structure de la phrase, à la connaissance de l’événement en Histoire, à l’ordre républicain, qui me portent, en effet, assez peu vers la vocifération de rue.

     

    Oui, j’étais un enfant réactionnaire. Au fil des années, j’ai étudié le mouvement de Mai, j’ai compris la colère estudiantine contre un certain mandarinat universitaire tyrannique, saisi l’aspect sclérosé que pouvait présenter la société gaulliste de pouvoir, oui j’ai fait un bout de chemin. Mais jamais jusqu’à pardonner à ce mouvement d’avoir érigé les sujets de société au premier plan par rapport aux impératifs sociaux (légitimement défendus par la CGT et les communistes, retirés du jeu aussitôt signés les Accords de Grenelle), et surtout par rapport à la politique, la grande, celle que menait l’homme de l’Histoire qui, en ce temps-là, conduisait la France.

     

    Les années ont passé, les soixante-huitards ont vieilli, et moi avec eux. La violence de mon rejet, pourtant, n’est en rien apaisée par le temps. On le retrouve aujourd’hui, l’esprit de Mai, sous d’autres formes, les uns défendant le jargon inclusif, d’autres les sujets liés au genre, ou à la couleur de la peau. Dans ce jeu-là, je ne suis jamais entré. Je me bats pour une société républicaine, pour la justice sociale, pour une économie forte, pour les gens qui se lèvent le matin et vont bosser. Je me bats pour la souveraineté des nations, la démocratie directe, le rayonnement d’une école sûre de ses valeurs. Réactionnaire ? Oui, si ça peut vous faire plaisir. Le mot ne me fait pas peur. Je l’assume, bien volontiers. Et vous embrasse, fraternellement.

     

    Pascal Décaillet

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  • L'Allemagne : un exemple !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.10.21

     

    L’Histoire de l’Allemagne est l’une de mes grandes passions, je planche d’ailleurs depuis six ans sur une fresque de 144 épisodes, de la traduction de la Bible par Luther, en 1522, jusqu’à nos jours. J’en ai encore pour des années. Politique, littérature, poésie, et aussi une immense place pour l’Histoire des formes musicales

     

    En attendant, j’ai suivi de près les débats politiques sur les chaînes allemandes, autour de leurs élections du 26 septembre, le début de l’après-Merkel. L’occasion, plusieurs fois, de voir s’affronter la Verte Annalena Baerbock, le chrétien-démocrate Armin Laschet, et le social-démocrate Olaf Scholz.

     

    Je n’aurai qu’un mot : quel bonheur ! Que plaisir, intellectuel et politique, d’assister à des débats qui ressemblent, Dieu merci, beaucoup plus aux nôtres, en Suisse, qu’à l’étripage généralisé des chaînes continues françaises. Ces « chroniqueurs » qui s’’invitent entre eux, se lacèrent, s’éviscèrent, hurlent les uns sur les autres, dans une cacophonie généralisée. L’espace médiatique français est devenu une honte.

     

    En Suisse, tant à la RTS que sur les chaînes privées, nous écoutons l’interlocuteur. C’est parfois vif, il est bien normal que les passions affleurent, mais c’est très loin de la foire d’empoigne des coquelets parisiens. En Allemagne, c’est encore mieux. C’est une autre tradition journalistique. On privilégie le fond. On laisse parler l’autre. C’est peut-être lié au génie de la langue allemande : sans verbe, on ne comprend rien. Et pour l’avoir, il faut attendre la fin de la phrase ! Vive l’Allemagne !

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Parlement dilapide l'argent du peuple !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 06.10.21

     

    1,3 milliard d’argent des contribuables suisses, jeté au Rhône. Vous prenez les liasses, vous allez sur les berges du fleuve, vous les lancez dans les eaux galopantes, direction Camargue. C’est le geste insensé des Chambres fédérales, Conseil national et Conseil des États, le 30 septembre dernier, avec l’affaire dite du « milliard de cohésion ». 1,3 milliard, offert à l’Union européenne, pour la « cohésion » de ses nouveaux membres. 1,3 milliard, pour un club dont la Suisse n’est même pas membre ! 1,3 milliard, à des gens qui passent leur temps à nous mettre sous pression, nous traiter comme des moins que rien. 1,3 milliard, l’argent du peuple suisse, celui des contribuables, celui des gens qui se lèvent le matin pour aller bosser, sont taxés de façon hallucinante sur le fruit de leur travail, payent à Berne l’impôt fédéral direct. C’est avec cet argent-là, le nôtre, que nos chers parlementaires octroient généreusement un cadeau de 1,3 milliard pour la « cohésion » des nouveaux pays de l’UE ! Rage. Colère. L’affaire laissera des traces dans le peuple suisse, dans sa confiance déjà sérieusement entamée envers les corps intermédiaires. Il faudra s’en souvenir, nominalement, aux élections fédérales d’octobre 2023.

     

    La « cohésion » de l’Union européenne ! Mais bon sang, la Suisse n’en est pas membre ! En quoi l’élargissement précipité de ce club aux pays d’Europe centrale et orientale, en clair leur mise sous la tutelle économique des marchés allemands, devrait-il être l’affaire du peuple suisse ? Et la cohésion sociale de la Suisse, Mesdames et Messieurs les parlementaires, elle vous intéresse ? Et nos retraites, malingres, indécentes pour des dizaines de milliers de nos compatriotes ? Et nos jeunes, sans emploi ? Et nos paysans, oubliés ? Et nos cafetiers, nos restaurateurs, mis sur le carreau par la crise ? Et il y a pire, figurez-vous : ce 1,3 milliard, le Parlement l’a voté comme un arrêté, entendez comme dépense directe. Autrement dit, pas de référendum possible ! On prend l’argent du peuple, on le file à l’Union européenne, et le peuple suisse, on le prie de la boucler. Oui, cette forfaiture laissera des traces.

     

    Vous commencez à comprendre, maintenant, pourquoi je défends tant la démocratie directe, pourquoi je me méfie de la démocratie dite « représentative » : vous vous sentez « représentés », vous, par ces gens qui prennent notre argent et le donnent à l’Europe ? A la vérité, le peuple suisse doit faire lui-même la politique de notre pays. En actionnant à fond, et plus encore qu’aujourd’hui, la démocratie directe. En rappelant aux élus qu’ils sont au service du peuple, et non l’inverse. En prenant lui-même les décisions sur les grands arbitrages financiers. Ce 1,3 milliard, que le patronat suisse le paye, lui qui a tant voulu les bilatérales, la libre circulation, pour faire avec l’Europe son petit commerce ! Le patronat, oui, mais pas le peuple ! Pas comme ça ! Pas par ce putsch, ce coup de majesté de la cléricature parlementaire ! Oui, il restera des traces, y compris à Genève, en octobre 2023.

     

    Pascal Décaillet

       

     

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  • Les PME, notre sève !

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    Commentaire publié dans GHI - 29.09.21

     

    Et si les PME étaient les grandes oubliées du gouvernement genevois ? A force de voir grand, de raisonner par milliards, d’ériger l’emprunt massif en philosophie d’Etat, nos magistrats passent à côté de ce qui est petit, indépendant, et pourtant tellement entrepreneurial dans l’âme ! Les PME, Petites et Moyennes Entreprises, c’est 97% de notre tissu économique suisse. Sans elles, notre pays n’est rien. L’oublier, c’est se condamner à la folie.

     

    Les PME ? Quelques dizaines de personnes. Parfois, juste quelques-unes. Parfois deux ou trois. Parfois, une seule. Mais dans le cœur et les entrailles, dans la structure, dans la prise de risque, dans la peur au ventre, dans la totale incertitude de l’avenir, ce sont profondément des entreprises ! Un entrepreneur, c’est un homme ou une femme qui se réveille la nuit, rattrapé par ses angoisses.

     

    Le budget, les plans pharaoniques d’investissements, que font-ils de nos PME genevoises ? Les restaurateurs. Les cafetiers. Les cordonniers. Les couturières. Les mini-entreprises dans la construction, l’électricité. Les garagistes. Les carrossiers. Les réparateurs de vélos. Ces hommes et ces femmes, c’est la sève de notre économie. Si vraiment il faut des plans de relances, c’est à eux qu’on doit penser en priorité. Ceux qui travaillent sur Genève. Qui paient leurs impôts à Genève. Sans lesquels Genève ne serait qu’un désert économique. Hommage à elles. Hommage à eux.

     

    Pascal Décaillet

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  • La folie dépensière du Conseil d'Etat

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 29.09.21

     

    On n’a plus un seul centime, mais rassurez-vous : nous allons dépenser des milliards ! Un roman noir, sur fond de scandale panaméen ? Pas du tout ! Cette philosophie de casino, c’est celle du Conseil d’Etat. 460 millions de déficit pour le projet 2022 du Canton de Genève. 12,8 milliards de dette, chiffre confirmé par Nathalie Fontanet le jeudi 16 décembre sur le plateau de Genève à Chaud. Et pourtant, 364 nouveaux postes dans la fonction publique ! Mieux encore : onze milliards prévus au titre des « investissements », dont six pour la « transition écologique ». Transports publics, trams, rail, « mise aux normes » des bâtiments publics, diversité, arborisation.

     

    Cette philosophie économique, dite « keynésienne », du nom du grand économiste britannique John Maynard Keynes (1883-1946), c’est celle de la relance par des immenses d’investissements d’Etat. On peut aussi se référer au New Deal, la vaste politique de rénovation des infrastructures lancée en 1933 par Franklin Delano Roosevelt, l’un des plus grands Présidents de l’Histoire américaine, celui de la Seconde Guerre mondiale. Mais l’Amérique de fin 1932, lors de l’élection qui porte ce grand homme au pouvoir, sort de la terrible crise de 1929, lisez Steinbeck et vous découvrirez l’étendue du désespoir dans des millions de familles américaines. Roosevelt, oui, leur rendra la foi dans leur pays, et c’est pour cela qu’il a tant marqué les mémoires.

     

    A Genève, la gauche ne jure que par Keynes. En tout cas, la gauche gouvernementale, socialistes et Verts, entendez une majorité de quatre Conseillers d’Etat sur sept. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le projet de budget 2022, et à plus long terme ce plan « d’investissements » de onze milliards, dont six pour la « transition », portent la marque de la gauche. Le problème, c’est qu’avec une dette de 12,8 milliards, l’Etat n’a plus d’argent. Déjà, il vit à crédit. Et voilà que, non content de battre le record de Suisse de l’endettement, il projette allégrement de s’endetter encore ! Cela porte un nom : cela s’appelle une fuite en avant.

     

    La gauche, la bouche en cœur, nous dit : « Endettons-nous, les taux sont bas ». Fort bien. Et le jour où ils remonteront, ces taux, nous dirons quoi à nos enfants, à toutes ces générations auxquelles nous aurons refilé le fardeau du service de la dette à rembourser ? Quant à la droite, une partie d’entre elle pourrait bien l’accepter, ce pacte avec le diable : tous les milieux économiques à qui, déjà, on fait miroiter cette « relance », se pourlèchent les babines à l’idée d’en être les bénéficiaires. Et nous voilà partis, comme dans l’affaire du CEVA, avec un Sainte Alliance du rêve et du profit, la gauche dans sa Croisade pour le Climat, une partie de la droite dans l’appât des bonnes affaires.

     

    Et le contribuable, il pense quoi, de ce petit jeu ? Et les classes moyennes, déjà essorées jusqu’à la moelle ? Et ceux qui bossent, beaucoup trop taxés sur le revenu de leur travail ? A ce pacte malsain et mortifère, les citoyennes et citoyens que nous sommes doivent dire non. Simplement, non.

     

    Pascal Décaillet

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  • Au fer rouge

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    Commentaire publié dans GHI - 22.09.21

     

    Présenté le jeudi 16 septembre, le projet de budget 2022 du Conseil d’Etat porte, au fer rouge, la marque de la nouvelle majorité de gauche dans ce collège. C’est un budget de gauche, voulu par la gauche, pensé par la gauche, imposé par la gauche. Il est dépensier, peu soucieux des deniers des contribuables, prêt à griller des sommes astronomiques pour la Révolution Verte, obsédé par l’idée de répondre à tout prix, immédiatement, aux « besoins de la population ».

     

    Disséquons les mots. Interrogeons-les. C’est quoi, les « besoins de la population » ? Cette expression étrange laisse entrevoir les citoyens comme des oisillons apeurés, attendant au fond du nid la becquée maternelle, providentielle, salvatrice. Ainsi raisonne la gauche. La population a des besoins. Notre rôle est de les satisfaire sans attendre.

     

    Il ne s’agit pas ici de nier l’urgence d’aider les plus faibles, les plus nécessiteux. Justement pas ! C’est à eux que nous devons penser en priorité. Mais pour certains autres, on se dit que le goût de l’Etat-Providence a supplanté un peu vite celui du risque ou de l’effort. L’aide doit donc être ciblée.

     

    Quant aux « investissements », dada de la gauche Verte et de la nouvelle ministre, ils ne doivent en aucun cas creuser encore une dette abyssale, record de Suisse. Nous avons besoin de prudence. Nous avons besoin d’une extrême rigueur. Trop facile de prôner l’aventure avec l’argent des autres. L’argent du contribuable. Notre argent.

     

    Pascal Décaillet

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  • Par pitié, faisons de la politique !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 22.09.21

     

    Une fois que nous aurons réglé l'affaire du mariage pour tous (j'y suis, pour ma part, résolument favorable, j'ai voté oui), il va nous falloir recommencer à faire de la politique.

     De la politique, et pas seulement du "sociétal" ! La peste soit, en passant, de cet adjectif, je n’en use qu’avec les guillemets, il suinte tout ce que je rejette dans les préoccupations modernes. Je suis resté archaïque : j’aime la politique, l’Histoire, les rapports de forces, les guerres et les traités, les alliances, les grands hommes, les grands écrivains, les grands musiciens. J’aime l’industrie, et garde en moi des souvenirs d’enfance, éblouissants, de visites des grandes usines allemandes, comme VW à Wolfsburg en 1972, ou les mines de fer de Kiruna en Suède (juillet 1968), ou les dizaines de ponts ou tunnels que construisait mon père, ingénieur, lorsqu’il m’emmenait le samedi sur ses chantiers. Pour être franc, j’aime le monde des hommes. J’ai grandi dans ce monde-là, y compris à l’école, où nous n’étions, jusqu’aux trois dernières années avant la Maturité, que des garçons.

     De la politique, et pas du « sociétal » ! Le mariage pour tous, c’est important à mes yeux, il faut rattraper quelque chose, il faut le respect de tous, l’égalité, la liberté pour chacun de choisir sa vie. Alors là, je dis oui, comme j’ai toujours dit oui à l’égalité hommes-femmes. Ce sont là de grands sujets, il fallait avancer, il le faut encore, comme il fallait naguère abolir la peine de mort. Dans ces combats-là, j’ai toujours été du côté du progrès.

     Mais le « sociétal » ! La place étouffante, par exemple, que prennent les « études genre » dans un monde universitaire devenu cénacle du convenable, vecteur de pensée unique, intolérance face à ce qui dévie, et même parfois dictature de « collectifs » d’étudiants pour empêcher certains professeurs, ou conférenciers, jugés non-conformes à l’orthodoxie, de s’exprimer. A cela, à cette dictature du dogme, nous devons résister.

     Le « sociétal » ! Tellement plus facile, si on monte un débat, pour attirer le badaud. Tellement plus aisé, pour capter, que de se coltiner des confrontations politiques sur le budget de l’Etat, la fiscalité, le pouvoir d’achat des classes moyennes, les retraites, la santé, les élections allemandes, le statut des personnes âgées, l’emploi des jeunes. Eh bien pour ma part, j’ai grandi dans la politique, elle me passionne depuis décembre 1965 (deuxième tour, de Gaulle-Mitterrand), j’y ai passé ma vie, j’ai lu des centaines de biographies politiques, peut-être des milliers, beaucoup plus que de romans, tel est mon parcours, tel est mon horizon, telle est ma vie.

     Alors, je dis : faisons de la politique ! Non en nous présentant à des élections, mais en portant le débat, en prenant position dans des commentaires. Surtout, en réhabilitant la chose publique, la passion pour l’Histoire, le décryptage, la mise en contexte. C’est plus austère que les modes d’un moment. Mais ça nous mène plus loin, dans l’intensité du regard.

     

     

    Pascal Décaillet

     

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