Commentaires GHI - Page 2

  • Palme d'or de la dépense : un scandale !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 16.06.21

     

    C’est une étude de l’Institut bâlois BAK, relayée par la Tribune de Genève, qui l’affirme : Genève est le canton le plus dépensier de Suisse. Et il l’est de très loin. Il détient le triste record de la dépense publique la plus faramineuse, par habitant, en comparaison intercantonale. C’est d’autant plus ahurissant que Genève est l’un des cantons où les recettes sont les plus confortables : l’argent circule, et même à flots, il est dûment taxé, jusqu’à étouffer les classes moyennes qui vivent de leur travail, il engraisse l’Etat, et ce dernier est incapable de s’en servir correctement. Palme d’or de la dépense, mais aussi du déficit, et de la dette. Cette situation, qui n’est pas nouvelle mais s’aggrave au fil des ans, n’est tout simplement plus supportable. L’Etat doit être géré par des gens qui savent ce que l’argent public signifie, de quelle sueur il provient, à quel point il faut être prudent, et respectueux des deniers confiés par les contribuables.

     

    Car cet argent, ça n’est pas le leur. C’est le nôtre ! Du moins, celui des Genevois qui ne font pas partie des quelque 38% de personnes ne payant pas d’impôts, parce que leur capacité contributive est jugée trop faible. Ce chiffre aussi, en passant, est hallucinant, et pose un véritable problème d’égalité citoyenne devant l’impôt : il n’est pas normal que près de deux habitants de Genève sur cinq, en âge de contribuer au trésor public, en soient dispensés. Ils devraient, même symboliquement, s’acquitter d’un peu plus que la taxe minimum actuelle. Pour les classes moyennes genevoises, dont je vous parle si souvent dans ces colonnes, celles qui se lèvent le matin pour aller bosser, gagnent leur vie, ne reçoivent pas un seul centime de subvention, il y a quelque chose de plus en plus écœurant. La taxation démesurée sur le travail, ajoutée aux montants des primes pour l’assurance maladie et à celui des loyers, renforce chez ces gens le sentiment d’être de véritables vaches à lait. Pour les indépendants, qui en plus payent eux-mêmes la totalité de leur AVS et de leur prévoyance retraite, sans compter les assurances pertes de gain et autres taxes, ça en devient franchement dégueulasse, dans l’ordre de l’injustice.

     

    Alors maintenant, ça suffit. La révolte, à Genève et sans doute ailleurs en Suisse et en Europe, viendra de ces gens-là, les classes moyennes qui travaillent. Leur pouvoir d’achat, leur capacité à épargner, est réduite à néant par le poids des taxes, dont la plus étouffante est la fiscalité. Et tout ça, pourquoi ? Pour apprendre, via un Institut bâlois, que Genève jette par les fenêtres l’argent qu’il ponctionne sur nos vies de travail. Fonction publique démesurée, états-majors surpeuplés, folie du contrôle interne et de l’intendance : notre argent, que nous confions à l’Etat, ne sert même pas prioritairement à améliorer la vie des Genevois ! S’il servait à cela, nous pourrions comprendre, car nous sommes des citoyennes et des citoyens attachés au bien commun. Mais il sert, beaucoup trop, à engraisser la machine elle-même. Et cela, d’urgence, doit cesser.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

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  • Le climat vaut bien une messe, non ?

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 09.06.21

     

    In corpore. Le Conseil d’Etat s’est présenté au grand complet, ce mercredi 2 juin 2021, pour nous parler climat. Les sept magistrats étaient certes en civil, mais des chasubles eussent peut-être été d’usage, et pourquoi pas quelques vapeurs d’encens, les grandes orgues, les petites fugues de Bach, la majesté du latin, pour montrer que c’était du lourd. D’ailleurs, le gouvernement de la République et Canton de Genève n’était pas chez lui, ce jour-là. Pour l’occasion, il avait déserté l’austérité patricienne de la Vieille Ville pour se rendre à l’OMM (Organisation météorologique mondiale). Histoire d’en rajouter dans l’ordre de la symbolique, au cas où tous n’auraient pas été pénétrés par la gravité de cette apparition de sept Cassandres tutoyant la fin du monde. Bref, le Conseil d’Etat, ce jour-là, a mis le paquet.

     

    Il s’agissait de nous présenter le « Plan climat cantonal 2030 ». Vous avez remarqué ? Tout, ces temps, se définit à l’horizon 2030. Et si, par hasard, on estime en haut lieu, dans les nimbes météorologiques du pouvoir, que le délai est un peu serré, alors peu importe, on le repousse à 2050. Nous avons, en Suisse, une crise sociale, liée à la crise sanitaire, nous avons des jeunes sans emploi, ni perspective. Nous avons des retraités qui rament pour cause de rentes malingres. Nous avons des livreurs qui deviennent cinglés dans les bouchons. Mais non, la politique, elle, se définit aux horizons 2030, 2050. On voit plus loin que royaume des presbytes, on jette son regard vers les horizons perdus, à nous l’avenir. Pour le présent, nous verrons plus tard.

     

    Ce mercredi donc, l’exécutif in corpore. La grand-messe. Liturgie, prières, psaumes, sans oublier le sermon. Mieux encore : la Secrétaire générale adjointe de l’OMM a droit au discours d’introduction. Elle entre en matière sur le fond, adoube d’avance les options climatiques du Conseil d’Etat : lorsqu’on parle du bien, on évite d’en dire du mal. Et puis, après quelques minutes, l’éminente fonctionnaire internationale daigne « donner la parole » au Président du Conseil d’Etat. Lequel, docile, bien obédient à l’instance mondialiste qui l’accueille, entame le long confiteor de tous nos péchés qu’il va s’agir, d’ici 2030 (ou 2050, si on prend quelque retard), de laver. Après tout, quand il s’agit de se délivrer du mal, on n’est pas à vingt ans près. Je vous passe le détail purgatoire, le chemin de croix de la dépollution, la rédemption par la taxe, version moderne de l’Indulgence, à l’époque de Luther.

     

    Bref, on nous promet du sang et des larmes, et même pas un petit cigare churchillien pour tenir le coup. Allons, pèlerins, cheminons. Chassons de nos vies la diabolique voiture. Que la piste cyclable soit notre route enchantée, notre voie lactée pour enfin fréquenter les anges. Tout cela valait bien un septuor, non ? Un gouvernement décentralisé au paradis du soleil et des nuages, avec le dieu Mercure comme messager de nos songes. Ce mercredi-là, la messe était parfaite. Quant à la quête, vous la retrouverez bientôt. Sous la forme rédemptrice de taxes et d’impôts. Que du bonheur. Ah, un détail encore : demain, il fera beau. Demain, toujours demain.

     

    Pascal Décaillet

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  • La Suisse, l'Europe, les pleureuses

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 02.06.21

     

    Insupportables pleureuses, dignes des cimetières méditerranéens ! Insupportables pleureurs ! Vous nous noyez de vos larmes, alors que le Conseil fédéral, sur l’Europe, a pris sa meilleure décision depuis de longues années. Enfin, claire. Enfin nette. Tranchante. A hauteur du gouvernement d’une nation certes paisible, amie de ses voisins, désireuse d’échanger et de partager, mais viscéralement attachée à sa souveraineté. La Suisse, dans le concert des nations, est un tout petit pays, aux équilibres fragiles, sans matières premières, entouré de voisins puissants, à commencer par la France et l’Allemagne. Nous les aimons, ces voisins, je suis le premier à les aimer : je rédige depuis six ans une Histoire de l’Allemagne en 144 épisodes, dont 32 déjà publiés, je me nourris depuis l’enfance d’Histoire de France, je vibre pour l’étude du monde arabe et du Proche-Orient, on peinerait à me taxer de Suisse replié.

     

    Oui, la Suisse est petite et fragile. Mais, au fil des siècles, patiemment, elle a tissé, à l’interne, des liens puissants, de confiance et de respect des équilibres, qui lui permettent de tenir, face au monde, avec la cohérence d’une nation, parmi les autres. Depuis 1848, notre pays a construit un système institutionnel, une démocratie directe (1891, surtout), une volonté de représentation proportionnelle à Berne (1919), une aspiration au dialogue social (1937), qui, peu à peu, ont dessiné les contours d’un pays ouvert, respectueux, travailleur, soucieux de finitions, que beaucoup nous envient. Et puis, après la guerre, il y a eu l’immense aventure de nos assurances sociales, dont la pierre angulaire est l’AVS, débattue en 1947, entrée en vigueur en 1948. Profs d’Histoire, apprenez ces choses-là à vos élèves !

     

    Petit pays, face aux masses tectoniques des grands mouvements européens. Ils n’ont pas commencé avec le Traité de Rome, qui lance en 1957 l’aventure de l’Europe communautaire, bien sûr que non, ils ont toujours été là : Saint-Empire, Révolution française, guerres napoléoniennes, construction des identités nationales, guerres mondiales. Nous avons toujours eu, dans l’ombilic alpin de ce continent en fusion, les ressources pour nous définir, parfois dans la communauté de destin (1848), parfois dans la différence. Avec plus ou moins de gloire, plus ou moins de panache, parfois plutôt moins que plus, nous avons toujours fini par trouver les issues. Le sort des petits n’est peut-être pas de se couvrir d’héroïsme, mais de permettre aux siens de survivre.

     

    Dans ces conditions, il faut dire, très fort, aux pleureurs et aux pleureuses, que leurs jérémiades nous fatiguent. L’Accord-cadre, que le Conseil fédéral a décidé à juste titre d’enterrer, le mercredi 26 mai 2021, n’était pas bon. Il était atrocement mal fagoté, posait des problèmes sociaux et institutionnels insurmontables, il fallait mettre fin à l’exercice, c’est chose faite. Maintenant, gardons notre calme. Respirons. Et réapprenons à nous parler, entre Suisses, avant d’envoyer à Berne des diplomates avec des sacs de nœuds dans leurs valises.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Pont de l'Enfer

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.05.21

     

    A peine Genève commence à entrevoir la fin de la crise Covid, voilà que pleuvent les annonces de leurs déconvenues futures ! Ça concerne la circulation, et ça va faire mal. Dans quelques jours, début des travaux sur le Pont du Mont-Blanc, autant dire l’enfer pour les automobilistes. Plus tard, chamboulement complet de Cornavin, où la voiture sera bientôt réputée indésirable. Et tout cela coïncide avec quoi ? Avec le retour massif des pendulaires, reprise économique oblige.

     

    Bien sûr, il faut entretenir le Pont du Mont-Blanc. Mais un peu de jugeote, de la part de tout qui constitue à Genève le pouvoir, un peu de coordination, un peu de stratégie dans la communication, ne seraient pas de trop. Mais non ! On catapulte les mauvaises nouvelles, sans la moindre vision d’ensemble dans l’opportunité des annonces. On signifie aux automobilistes qu’ils vont, une fois de plus, en baver. En filigrane, on leur délivre du mépris, une totale insensibilité à leur sort : « Ils n’ont qu’à prendre les transports publics ! ».

     

    Eh bien non, nous n’avons pas « qu’à » ! Nous avons, à Genève, le libre choix de nos modes de transports. Nous n’avons absolument pas à nous sentir coupables, parce que ça contredit la doxa des Verts, de nous déplacer en voiture. Rien ne nous oblige à succomber au charme du vélo, ni des bus, ni des trams, ni des trains. Va-t-il falloir, à Genève, recréer un parti des automobilistes, bien poujadiste et bien populacier, pour se faire entendre ? Je vous klaxonne mon salut.

     

    Pascal Décaillet

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  • Que la droite assume ses valeurs !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 26.05.21

     

    Nous sommes dans une démocratie, nous n’allons pas nous en plaindre. Nous n’avons ni homme fort, ni dictateur, ni sauveur providentiel. Faire de la politique, en Suisse, n’est pas réservé aux élus, surtout pas ! C’est le lot de toute citoyenne, tout citoyen. Les patrons c’est le peuple, c’est nous. Et, comme nous sommes d’avis différents sur les moyens d’assurer le bien de la Cité, nos visions s’entrechoquent, nous nous frottons, nous nous engueulons : rien de plus sain ! Dans les régimes autoritaires, on parle assez peu, on se contente du murmure en catimini, on rase les murs, on a peur. En Suisse, on a le droit de s’exprimer, il est venu lentement à travers les siècles, il est, comme chez nos voisins, le fruit d’une conquête. Aux générations qui nous ont précédés, nous devons notre reconnaissance. Il ne faut pas croire que ces droits sont arrivés tout seuls.

     

    Mais alors, pour le moins, que chacun d’entre nous assume ses positions. Qu’il en ait le courage ! Ne venez pas me parler de neutralité, ça n’existe pas ! D’ailleurs, nous avons en Suisse une exemplaire démocratie directe, le monde nous l’envie, elle nous propose quatre fois par an de dire oui ou non à différents projets, eh bien assumons nos oui, ou nos non. Si on est à gauche, ayons le courage d’être à gauche. Si on est à droite, défendons les valeurs de la droite. Hélas, trois fois hélas, dans le second cas de figure, ça ne fonctionne pas ! Nous avons affaire, au sein de la droite suisse, à part à l’UDC, à une droite qui semble totalement timorée à l’idée d’affirmer ce qu’elle est, d’où elle vient, ce que fut son Histoire, où sont ses fondamentaux. Une droite qui copie la gauche. Une droite qui reprend servilement le jargon climatiste, le langage des Verts, leurs tics verbaux, leur liturgie dans l’ordre de la désignation, de la nomenclature. Bref, une droite qui n’ose pas.

     

    Pour notre démocratie, c’est une catastrophe. Le combat des idées a besoin de clarté, de courage, de précision dans le contour des antagonismes. Il a besoin d’hommes et de femmes qui n’ont pas peur du conflit, ni des meutes de petits délateurs sur les réseaux sociaux, qui s’y entendent à merveille pour détruire une réputation. Il a besoin des Verts, et, s’ils y tiennent, de leur langage. Et il a tout autant besoin, en face, d’hommes et de femmes courageux, pour dire aux Verts : « Nous sommes en désaccord total avec vous, votre sabir ne vaut pas un clou, vous ne nous impressionnez pas, votre mode passera, nous luttons pour d’autres valeurs ». La démocratie, c’est cela ! C’est le courage de s’opposer ! Et c’est, surtout, celui d’aller à l’encontre du courant dominant du moment, celui devant lequel tout le monde se prosterne : les médias, les éditorialistes, le causeurs, les chroniqueurs, les petits bavards des réseaux, et jusqu’à certains humoristes, totalement affidés au pouvoir, eh oui, ça existe ! La démocratie, c’est l’antagonisme. Ça passe par la puissance d’une solitude. Pas par l’intégration à une meute.

     

    Pascal Décaillet

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  • Pour une école enthousiaste et joyeuse !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 19.05.21

     

    L’école genevoise est à la peine. Elle ressemble à une immense machine, dans une gigantesque usine, avec des mouvements répétés, des milliers d’ouvriers qui s’affairent, la tyrannie de la mécanique, sans que personne ne sache exactement ce qu’on y fabrique, dans quels buts, pourquoi tous ces gens sont là, dans quel dessein. C’est impressionnant, mais un peu triste. Le Temps modernes, de Charlot, sans l’éclat de rire toutes les dix secondes, sans le scintillement du génie d’un Chaplin.

     

    Bien sûr, la crise sanitaire n’a rien arrangé. Ordres, contre-ordres, travail à distance, délitement des classes, perte de repères : l’école est sans doute l’une des institutions à avoir le plus souffert de la période Covid. Tous sont passés par un légitime mal-être : les élèves, les profs, les parents. A eux, notre sympathie : tous ces acteurs du monde scolaire ont été les victimes d’un épisode totalement dévastateur de lien social dans notre Histoire. Un virus, totalement imprévisible, a surgi dans leur destin, il a profondément nui au bon fonctionnement de l’institution. On pourrait presque, si l’affaire se prolongeait (ce que nul ne souhaite, bien sûr), parler de génération sacrifiée.

     

    Mais le virus n’explique pas tout. Disons qu’il joue un rôle de révélateur, en aggravant un état général qui, antérieurement à la crise sanitaire, multipliait déjà les signes de morosité. Il y a, dans la machinerie scolaire genevoise, des choses qui ne vont pas. Et le premier sentiment qui se dégage est celui d’une certaine tristesse. Oh bien sûr, vous pourrez me contredire avec d’excellents contre-exemples, me signaler tel prof génial, enthousiasmant, et j’espère bien en effet que cela existe. D’ailleurs, les profs ne sont pas ici en cause. Le métier est passionnant, mais difficile, ceux qui l’exercent méritent notre respect et notre reconnaissance. Mais il y a la machine, toujours recommencée, moins poétique hélas que la Mer, de Paul Valéry.

     

    Il ne faudrait tout de même pas que l’école genevoise, infestée de tristesse, se mettre à ressembler à un Cimetière marin. Alors qu’elle a besoin de sens. De passion. D’enthousiasme, dans la transmission des connaissances. De joie, partagée entre tous les acteurs de ce lien sacré : les profs, les élèves, tous ceux qui recréent ce lien de filiation si merveilleusement décrit par Charles Péguy dans « L’Argent », Cahiers de la Quinzaine, 1913. Oui, l’école a besoin de retrouver la joie. Certains, sans doute, la transmettent, hommage à eux. Mais l’impression générale est hélas celle de la tristesse. Comme si la machine – toujours elle – du Département, avec ses commissaires au fonctionnement, l’emportait sur l’émotion d’apprendre. Cela, nos élèves ne le méritent pas. Ils sont au début de leur vie, dans une phase d’appétit et d’ouverture. Le champ du possible leur est ouvert. Le rôle de l’école, c’est de satisfaire cette faim et cette soif de sens. Avec exigence, certes. Mais avec passion.

     

     

    Pascal Décaillet

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  • Blanquer au DIP !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.05.21

     

    Ministre français de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer n’est pas un capitulard. Le 6 mai dernier, dans une circulaire au Bulletin officiel, le successeur de Jules Ferry a officiellement proscrit l’usage de l’écriture inclusive. Notamment ce fameux « point médian » qui brouille la lecture, enfume l’esprit, dissout l’entendement, obscurcit le sens.

    C’était donc possible ! Au milieu d’une France étouffée par la peur des courants dominants, un homme a osé. Il a pris la décision. Il a pris la plume. Il a dit : « On arrête les frais. On trace une ligne rouge ». Il a réagi à l’aplaventrisme généralisé. Et l’immense majorité des Français, ceux du pays profond, pas ceux des « collectifs », lui en seront infiniment reconnaissants. Parce qu’il a défendu la langue. Sa prodigieuse aptitude à la clarté, à la légèreté (dans le plus beau sens du mot, celui de Verlaine). Il a défendu la langue, contre ceux qui la polluent.

    En France, un homme a osé. Et à Genève ? Qui, parmi les gens de pouvoir, aura l’élémentaire audace de dire « Maintenant, ça suffit ». Les points médians, les lourdeurs de l’inclusif, empèsent et empoissent le discours officiel, jusqu’à être rendus obligatoires dans certaines administrations. Il faut maintenant qu’à Genève, une voix se lève. Et, très calmement, très fermement, sans haine, dise simplement non. Si la France le peut, Genève le peut. Nous sommes enfants de la même langue. Amoureux des mêmes syllabes. Lecteurs des mêmes poèmes. Nous dirons non. Nous ne céderons jamais.

     

    Pascal Décaillet

     

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  • La nuit d'effroi des capitulards

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 12.05.21

     

    Marre des capitulards ! Marre de ceux qui se couchent. Ceux qui plient face à la première mode de pensée venue. Ceux qui se mettent en génuflexion. Ceux qui ploient. Notre société a besoin d’hommes et de femmes libres. Libres dans leurs têtes. Libres dans leurs convictions. Libres d’exprimer ce qu’ils pensent, même si ça déplaît au courant dominant. Or hélas, combien d’entre nous se retiennent ! Combien gardent en eux. Combien réfrènent. Ils n’osent pas, parce qu’en face il y a la meute. Alors, ils se disent « A quoi bon ? ». Plutôt que d’expulser leur pensée dans l’espace public, ils préfèrent la laisser macérer, silencieuse, enveloppée de rancœur, au plus profond d’eux-mêmes. Ils ont tort. Parce que nous sommes en guerre. Et la bataille des idées a besoin de combattants. De femmes et d’hommes d’honneur, fiers de leurs convictions, ne craignant pas la bagarre. Sans eux, sans cette trempe d’humains, les ennemis de la liberté ont déjà gagné.

     

    Je m’adresse ici à ceux qui voudraient, mais n’osent pas. Et je leur dis simplement : « Osez ! ». Vous êtes excédés par la tyrannie de la pensée dominante, en matière par exemple de climat, de guerre des genres, vous voudriez rétorquer, mais vous vous retenez, par peur de la chasse aux sorcières que les gens d’en face ne manqueront pas de vous faire subir. Alors, vous bastez. C’est humain. Mais vous avez tort. Dans la vie, si on a des convictions, il faut se battre. Sinon, c’est la victoire assurée de l’autre camp. Personne au monde ne pourra vous reprocher, dans les limites de la loi et du respect des personnes bien sûr, de formuler au plus près le contour de vos idées, et de le rendre public. Comme déjà dit la semaine dernière, chacun d’entre nous peut s’exprimer sur un réseau social, accepter l’auditoire qu’il veut, lancer le débat ou non. Il n’y a plus aucune excuse technique, comme naguère la limitation d’un éditeur, pour ne pas vous lancer à l’eau.

     

    Alors, les capitulards, qui sont-ils ? Ce sont ceux qui voudraient bien, mais qui finalement renoncent. Pour éviter les emmerdes. Terrible calcul, perdant à tous les coups, contraire à l’honneur, contraire au courage, contraire aux lois les plus élémentaires de la guerre. Dans la bataille des idées, il faut se battre. Le choc des armes, donc ici celui des mots, n’est pas à laisser aux autres. Chacun, pour lui-même et en son nom propre, doit mener son combat. Et par pitié, vos textes, vous les signez, de votre nom et de votre prénom ! Lâcheté des pseudonymes, veulerie de tous ces petits malins qui polluent la toile de leur fiel masqué. Non, non et non ! Le débat public mérite mieux. Il exige transparence, courage, puissance de solitude, détermination. A tous ceux d’entre vous qui ont des choses à dire, je dis simplement : « Prenez une plume, ou prenez votre voix, et dites-les ». C’est aussi net que cela. La clarté de l’homme ou de la femme d’honneur, plutôt que la nuit d’effroi du capitulard.

     

    Pascal Décaillet

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  • Les Verts : tous les pouvoirs !

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    Commentaire publié dans GHI - 05.05.21

     

    Les Verts ? Ils ont maintenant, à Genève, d'innombrables leviers du pouvoir. Au Conseil d'Etat. Au Parlement. Dans une quantité de commissions. Au sein des régies publiques. Ils ont pour eux la presse, en pâmoison. L'air du temps. Le vent des modes. La doxa climatique, irréfutable.

     Ils nous imposent leur langage : "urgence climatique", "bilan carbone", "transition énergétique". Et les autres partis, bien penauds, bravaches, reprennent en chœur. Terrorisés par l’idée de déplaire aux Verts.

     Les Verts ne sont plus l'opposition, pour peu qu'ils l'aient jamais été. Ils sont le pouvoir. A Genève, ce dernier s'exerce dans la transversalité, l'horizontalité, l'infiltration. Et puis, ils recasent leurs anciens magistrats : quand vous cessez d'être Conseiller d'Etat Vert, vous continuez d'exercer le pouvoir, autrement.

    Les Verts sont partout. Fort bien. A nous de les considérer comme le parti du pouvoir à Genève, un peu comparables à ce que furent les bons vieux radicaux vaudois dans les décennies d’après-guerre. Ils détiennent les manettes, tant mieux pour eux. A nous de les toiser, les critiquer, les juger. A nous de nous montrer particulièrement attentifs aux éventuels abus de ce pouvoir, là où il opère. Non parce qu’ils sont les Verts. Mais parce qu’ils sont le pouvoir. Et que tout pouvoir, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, doit nous inspirer lucidité, courage de nous opposer, et viscérale méfiance.

     

    Pascal Décaillet

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  • Prends la plume, et exprime-toi !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 05.05.21

     

    Dans cette page, depuis une dizaine d’années, j’écris des textes, qui sont des commentaires politiques, et je les signe. On aime, on n’aime pas, on est d’accord, on s’oppose, peu importe ! C’est mon avis à moi, je l’assume, et c’est ainsi. Et chacun d’entre nous peut, notamment grâce au système des réseaux sociaux, publier un texte, sur ce qu’il veut, l’éditer, le titrer, le signer. N’importe lequel d’entre nous peut exprimer son opinion, et avoir un sacré nombre de lecteurs. Il y a encore vingt ans, une telle démocratisation de l’expression n’était pas possible : tout au plus certains lecteurs de journaux, motivés et studieux, devaient-ils prendre la peine d’adresser une lettre au courrier des lecteurs, sans garantie d’être publié, ni d’échapper aux coupes dans leur texte. Ce préambule, juste pour dire que non, tout n’était pas mieux avant. Oui, la modernité a du bon !

     

    J’ai souvent dit, ici, le plus grand bien des réseaux sociaux, et je l’assume. Ne vous laissez pas trop enfumer par les appels à la méfiance des intellectuels, des universitaires, des éditeurs, des journalistes, des professeurs : à la vérité, tout ce petit monde sent le sol se dérober sous ses pieds. D’autres qu’eux transmettent le savoir, les connaissances. D’autres donnent des informations originales, exactes, vérifiées, d’intérêt public, toutes vertus qui ne sont pas l’apanage des seuls journalistes. D’autres font vivre le débat. D’autres creusent des sujets, avec la même rigueur que ceux qui écrivent des livres. D’autres savent capter leur public, lui raconter des histoires, le faire rire, le détendre. Bref, la vie, sous toutes ses facettes. Pourquoi faudrait-il s’en plaindre ?

     

    Bref, pour ceux d’entre nous qui ont des choses à dire, et souhaitent les partager, il n’y a strictement plus aucune excuse, en mai 2021, pour y renoncer, sous prétexte qu’on ne connaît pas d’éditeur. Il faut se lancer là où les gens aujourd’hui s’expriment, échangent, s’engueulent : cela s’appelle les réseaux sociaux. Vous pouvez les bouder tant que vous voulez, les prendre de haut, rien n’y fera : ils sont là, ils sont le lieu d’expression du plus grand nombre. Maintenant, si votre fantasme absolu est d’être publié, dès votre premier texte, dans la Nouvelle Revue Française, et de décrocher immédiatement le Goncourt, libre à vous. Chacun ses choix, chacun son chemin. Pour ma part, j’écris pour tous. Enfin, tous ceux qui veulent bien me faire l’amitié de me lire.

     

    J’ajoute une chose, importante : si le démon d’écrire vous tarabuste, ne perdez pas votre temps, comme beaucoup trop le font, à vous répandre dans des commentaires, ni dans d’interminables débats, sous le texte principal rédigé par un tiers. Au contraire, soyez le tiers ! Soyez, vous, l’auteur du texte principal ! Soyez celui par qui le mal arrive, ou peut-être le bien suprême, soyez l’initiateur de la querelle ! Chacun de nous en a le droit. Il n’y a pas d’un côté l’élite des auteurs, de l’autre la troupe des lecteurs. Chacun de nous peut être auteur. A vos plumes, et excellente semaine !

     

    Pascal Décaillet

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  • Rapperswil, Altdorf, Liestal

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.04.21

     

     

    Rapperswil, Altdorf, Liestal : trois paisibles bourgades de notre beau pays. Rapperswil, dans le canton de Saint-Gall. Altdorf, chef-lieu d’Uri, avec sa place centrale et sa statue de Guillaume Tell. Liestal, capitale du demi-canton de Bâle-Campagne. Pas vraiment l’ambiance Quartier Latin, Mai 68, jets de pavés, combats contre les CRS !

     

    Rapperswil, Altdorf, Liestal : le réveil, pourtant, d’une Suisse profonde. Une Suisse en colère. Une Suisse qui n’en peut plus de la gestion politique de la crise sanitaire. Tous ne contestent pas les mesures, loin de là. Mais les gens en ont marre : changements d’avis continuels, mouvement de yoyo pour les cafés-restaurants, autoritarisme de Berne. Certes, ça n’est pas la France, qui est allée beaucoup plus loin que nous dans la coercition. Mais ça n’est pas la Suisse. Nous avons, entre nous, et c’est notre richesse profonde, des tonalités de respect, de mesure, d’attention aux libertés citoyennes, qui sont la grandeur de notre pays.

     

    Rapperswil, Altdorf, Liestal : qui d’entre nous, habitué aux manifestations en théâtre urbain (Genève, Lausanne, Berne, Zurich), eût imaginé que les grandes colères de 2021 vinssent des petites villes de notre Confédération ? On est très loin des manifs de bobos, ou des liturgies de kermesses annuelles de la gauche des grandes villes, comme les processions du 1er Mai. On est dans une rage viscérale de la Suisse profonde, sans doute beaucoup de monde des classes moyennes. Dans notre pays, la colère a changé de camp.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Le travail est beaucoup trop taxé à Genève !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 28.04.21

     

    Mais pourquoi diable, à l’école, le principe de l’impôt n’est-il pas enseigné ? D’où vient l’impôt, quelle est son Histoire ? Que fut-il sous l’Ancien Régime ? Comment a-t-il été transformé par la Révolution française ? Comment a-t-il évolué aux dix-neuvième et vingtième siècles ? Quelle différence entre perception directe et indirecte ? Entre l’impôt et la taxe ? Ces questions-là sont non seulement passionnantes sur le plan intellectuel, mais surtout diablement utiles pour éveiller la conscience des futurs contribuables. Ou, tout au moins, des quelque 62% de Genevois qui auront l’honneur de payer l’impôt, près de 38% en étant exonérés, ce qui constitue d’ailleurs un problème, et doit être soulevé, même si c’est tabou.

     

    Bref, la fiscalité, ça nous concerne. L’argent de l’Etat, c’est le nôtre. C’est à nous qu’il le prend pour conduire ses politiques publiques. Et, disons-le tout net, il y a des secteurs où on nous ponctionne beaucoup trop, au point que nous étouffons. Le principal d’entre eux, il suffit de regarder votre feuille d’impôts (si vous n’avez pas la chance d’appartenir aux 38% de dispensés, cités plus haut), c’est celui sur le revenu. Or, le revenu, pour l’immense majorité d’entre nous, de quoi s’agit-il ? La réponse est simple : du fruit de notre travail ! Celui de notre sueur. Et c’est là qu’intervient l’absolu scandale déjà maintes fois dénoncé dans cette page : la taxation ahurissante des classes moyennes. Entendez ceux qui ne touchent aucune subvention, aucune aide, ne vivent que de leur travail, ont peur de le perdre, ne sont pas assez aisés pour tenir plusieurs mois sans revenus.

     

    On dirait que les puissances dirigeantes et les assistés auraient passé comme un pacte tacite : en échange de la paix sociale (notre pays a connu de grandes secousses, comme la Grève générale de 1918), on s’entend pour faire cracher au bassinet les classes moyenne. En leur prélevant un maximum sur le revenu de leur travail. Car ils bossent, ces gens-là, et même plutôt dur ! Les Suisses sont des travailleurs modèles, très comparables en cela aux Allemands, fiables, honnêtes, compétents, qualifiés. Mais attention, je vous l’affirme : ces classes moyennes vont finir un jour par se révolter, tellement elles seront écœurées d’être à ce point mises à contribution, sans jamais rien recevoir en contrepartie. Et ce jour-là, dans notre bonne et paisible Suisse de la Paix du Travail (1937) et du consensus, ça fera mal.

     

    Pour ma part, je défends les classes moyennes, bec et ongles. C’est l’un de mes principaux combats dans la bataille des idées, autour de la politique en Suisse. Et les partis, les élus, les intermédiaires, tous ceux qui se targuent de « faire de la politique », ils feraient bien de les défendre, aussi. Car notre prospérité, notre paix sociale, notre qualité de vie en Suisse ne sont pas éternelles. Notre pays repose même sur des équilibres beaucoup plus fragiles qu’on ne l’imagine. Pour que la Suisse perdure, la justice fiscale doit constamment se réinventer. En évitant à tout prix de surcharger une catégorie de contribuables. A terme, cela peut se montrer dévastateur.

     

    Pascal Décaillet

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  • Attaquons les géants !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.04.21

     

    La liberté d’expression ? Laissez-moi rire ! Tous la proclament, nul ne la défend. Je ne connais aucune personne au monde qui tolère vraiment, chez l’autre, une véritable capacité totale à exprimer ses opinions. Il y aura toujours un moment où la personne dira : « Halte, là tu exagères, tu dépasses la ligne, tais-toi ! ».

     

    C’est ainsi, c’est humain, c’est la vie. Il y aura toujours, quelque part, une zone ultra-sensible où le récepteur d’un message se braquera face à l’émetteur. Autour des questions de foi, d’adhésions spirituelles, de mœurs, de mémoire, d’appartenance communautaire, de souffrances. Chacun de nous, dans le mystère de son intimité, a sa part de fragilité, et peut se sentir choqué par les propos d’un autre. Cela doit être respecté.

     

    Et ne venez pas nous dire : « Moi, je suis au-dessus de tout cela, rien ne me touche, je suis capable d’une totale distance par rapport à mon être sensible ». Ceux qui nous produisent les apparentes libéralités de ce discours, ce sont souvent les premiers à craquer, réclamer la censure. C’est humain, c’est la vie.

     

    Alors, quoi ? Alors, exerçons notre sens critique. Attaquons les puissants, plutôt que les faibles. Dispensons-nous de remuer des souffrances, là où les plaies sont encore vives. Ne tirons jamais sur un humain à terre. Dénonçons les abus de pouvoir, là où ils sévissent. Soyons libres, dans nos têtes, oh oui libres. Mais alors, soyons David contre Goliath. Attaquons les géants, pas les fragiles de la terre.

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Droite genevoise : des thèmes, pas des stars !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 21.04.21

     

    La droite genevoise est-elle si malade que cela ? Pas sûr du tout ! Au second tour de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat, cette grande famille politique a certes perdu un siège au gouvernement, et permis une majorité exécutive de gauche (deux socialistes, deux Verts). Mais enfin, regardons les chiffres : près de 60% de l’électorat, ce dimanche 28 mars, a accordé sa confiance à des candidats de droite, et seuls 40% à la gagnante, la Verte Fabienne Fischer. Cette dernière est élue, elle est légitime, mais sa victoire, en termes de sociologie électorale, n’est pas celle d’une volonté d’avoir la gauche au pouvoir à Genève. La droite était désunie comme jamais, elle se déchirait autour d’un homme, la gauche était en ordre de bataille, tant mieux pour elle, donc acte.

     

    Nous entamons une période de deux ans, un peu particulière. Un gouvernement à gauche, un Grand Conseil à droite. Un Conseil d’Etat qui n’a pas du tout convaincu pendant les trois premières années de législature. Deux ans, à laisser un monde se terminer, en attendant un renouvellement général de l’exécutif, au printemps 2023, qu’on souhaite le plus large possible. La politique genevoise a besoin de nouveaux visages, de nouvelles impulsions, de nouveaux enthousiasmes. En attendant, les droites genevoises (le pluriel s’impose, tant cet univers politique est disparate, complexe) ont un impérieux besoin de se refaire une santé. Le seul moyen, pour y parvenir, sera de se réunir sur des thèmes, et non autour d’un homme providentiel. La prédominance absolue des thèmes sur les personnes, c’est l’un des fils conducteurs de ma ligne éditoriale, depuis des années, dans cette page. Je regrettais d’ailleurs, à Noël, qu’elle fût interrompue au profit d’une complémentaire, de nature évidemment à mettre sur orbite des stars, plutôt que des idées.

     

    Oui, la droite genevoise peut se ressaisir. Qu’elle laisse, pendant ces deux ans, les questions d’écuries rivales, au profit d’une puissante réflexion sur les idées. Nous sommes en Suisse, nous avons la démocratie directe, le personnage principal c’est le citoyen, la citoyenne, et certainement pas l’élu. L’essence du combat politique, c’est le choc des idées, le fracas des imaginations, et non le petit destin personnel de tel ou tel représentant du peuple. Si la droite genevoise veut revivre, elle doit empoigner les questions de fond qui touchent la population, à commencer par le sort des classes moyennes, pressées comme des citrons dans notre canton. Fiscalité, logement, mobilité, pouvoir d’achat. Sans compter le chantier amiral de la formation : le Département de l’Instruction publique est à reprendre, à fond. Sur des objectifs d’humanisme et de passion dans l’ordre de la transmission. Il faut se défaire des apparatchiks, et renouer avec l’immense bonheur de la chose enseignée, d’humain à humain. Il faut y réintroduire la jouissance du chemin vers la connaissance. Si la droite genevoise s’engage sur ces thèmes-là, en oubliant ses vedettes, l’horizon lui est ouvert.

     

     

    Pascal Décaillet

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  • Cracher au bassinet !

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.04.21

     

    Depuis de longues années, dans ce journal, je tire la sonnette d’alarme au sujet des classes moyennes. Une brève définition, d’abord : tous les gens situés entre les assistés et les personnes aisées. Un membre de la classe moyenne ne touche pas un seul centime de subvention, il paye des impôts, et même beaucoup, et même franchement trop. Il vit de son boulot, et non de rentes.

     

    Il a toujours peur de tout perdre, parce qu’il n’a pas les réserves suffisantes pour vivre six mois sans salaire, ou sans revenu, en autarcie. Les plus précaires, ce sont évidemment les indépendants de la classe moyenne : s’ils n’ont plus de travail, ils ne pourront pas toucher le chômage, leur situation peut très vite devenir dramatique.

     

    Le sort de la classe moyenne doit être l’absolue priorité de ceux qui nous gouvernent. Ils payent beaucoup trop d’impôts, on taxe beaucoup trop le travail, c’est particulièrement injuste pour ceux qui se lèvent le matin pour aller bosser. Pour les classes moyennes, aucune aide, jamais, ni pour l’assurance-maladie, ni pour le loyer : on n’est là que pour cracher au bassinet. Payer, payer, et toujours payer !

     

    Eh bien moi, je vous dis que ça suffit. La classe moyenne, à Genève, il y a un jour où elle va se révolter. C’est d’elle que pourraient venir, dans les années qui viennent, les grandes secousses sociales. Ne pas le voir venir, c’est commettre une gigantesque faute politique. Gouverner, ça n’est pas seulement administrer le présent. Gouverner, c’est prévoir.

     

    Pascal Décaillet

     

     

     

     

     

     

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  • Et la poudre aux yeux, ça rapporte ?

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 14.04.21

     

    Vous connaissez mon opposition viscérale à toute forme de dette, j’en ai déjà parlé ici. Cela me vient de mes quinze années d’expérience comme petit entrepreneur : ne rien devoir à personne, jamais. Ne pas acheter de matériel, ni se lancer dans un quelconque projet coûteux, si on n’a pas, antérieurement, économisé les fonds nécessaires. C’est une conception prudente de l’économie, peut-être même timorée, j’en suis conscient. Mais je tiens la tenue du budget d’un Etat pour comparable à celle d’une famille : on dépense ce qu’on a ; si on n’a pas, on s’abstient.

     

    Hélas, nos édiles ne voient pas exactement les choses comme cela. Ils dépensent, dépensent, et dépensent encore. Ils nous produisent des budgets déficitaires, creusent la dette, au point que cette dernière devient vertigineuse. Il faudra des décennies pour la rembourser, c’est un cadeau empoisonné légué à nos enfants. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont favorables, mais demain ? Comment notre classe politique peut-elle se montrer à ce point irresponsable ? Elle joue avec les deniers des contribuables. Notre argent, le fruit de notre travail, de notre sueur ! Elle dilapide, et il faudrait la laisser faire sans réagir.

     

    Pire : elle tente de nous entraîner dans son sillon maléfique, en nous brandissant, à longueur de débats, le prétendu distinguo entre « la mauvaise dette » (celle qui touche le fonctionnement de l’Etat), et la « bonne dette » (emprunter pour investir). Du coup, le mot « investissement » devient un vocable magique, un mantra. Peu importe qu’on se lie les mains face à un créancier (les banques qui prêtent à l’Etat, il faudra bien un jour en parler, de celles-là), pourvu que ce soit dans le dessein salvateur de « l’investissement ». Le seul mot, brandi dans un débat économique, est réputé définitif, comme un coup de marteau final à l’issue d’une sentence. « Investir » nous est présenté comme la vertu suprême, celle qui lave du péché : le miracle baptismal.

     

    Dans ce petit jeu où la langue nous piège, soyons attentifs, pour prendre un exemple au hasard, au discours des Verts. Ils commencent par nous parler anglais : « Green New Deal ». Une louche de poudre aux yeux, une petite référence au grand Roosevelt, pour nous dessiner, en pure théorie, en pure spéculation, sans la moindre garantie, des chœurs symphoniques de lendemains qui chantent. Des milliards pour la rénovation et l’isolation des bâtiments, par exemple, tout cela sur engagement massif de l’Etat, sur la base d’emprunts à on ne sait quelle banque, charge au contribuable (et à sa progéniture) de rembourser un jour ces sommes colossales.

     

    Ce discours-là, c’est exactement celui qui fait mode auprès de nos élites de gauche, à Genève. Et ça tombe bien : ils ont, pour deux ans, la majorité au Conseil d’Etat ! Le Parlement aura-t-il le cran de s’opposer à cette chansonnette de perlimpinpin ? Comprendra-t-il qu’il représente le peuple, les contribuables, et qu’un minimum de rigueur et de raison s’impose, si on veut éviter la catastrophe ? On peut rêver ! C’est l’un des derniers droits qui restent aux classes moyennes, ponctionnées jusqu’à la moelle. Excitant, non ?

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • Devenir Suisse

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.04.21

     

    Vouloir le vote des étrangers, c'est avoir une conception flasque, approximative, du périmètre de l'Etat, et de celui d’appartenance nationale. On a la nationalité, ou on ne n'a pas. Si on l'a, on vote. Si on ne l'a pas, on ne vote pas. Si on veut l'acquérir, on postule à la naturalisation.


    Cette dernière doit être accessible à tous, mais claire quant à ses exigences. Il faut montrer un intérêt très vif pour le pays dont on demande le passeport. Il faut connaître son Histoire, et de grâce pas seulement les récits mythiques du treizième siècle, mais la vraie Histoire suisse, celle de 1798, 1848, 1919, nos institutions, nos grandes figures. Il faut connaître tout cela en profondeur.

     

    Le candidat ne doit pas être jugé comme un singe savant, peu importe s'il bute sur une date. Ce qu'il faut, c'est dégager la puissance de passion qu'il installe dans sa volonté d'être Suisse, le reste vient après. Notre Histoire. Il doit la connaître dans ses grandes lames de fond, et non en laborieux pointilliste ayant appris par cœur des repères.

     

    Tout cela exige une chose. C’est que les examinateurs, eux aussi, soient dotés intellectuellement de ce bagage. Et soient capables de faire la différence entre une Histoire suisse comprise, et la tristesse d’un bachotage que l’on recrache. On souhaite à tous les candidats de réussir l’examen, il faut se montrer ouvert, humain, et non pinailleur sur un détail relatif à Sempach ou Morgarten. On leur souhaite de réussir. On se réjouit de les accueillir. Et là, oui, ils pourront voter.

     

     

    Pascal Décaillet

     

     

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  • La guerre des mots sera sans pitié

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 07.04.21

     

    « Pacification ». C’est le mot utilisé par les Verts, à Genève, quand ils s’expriment sur l’avenir de la mobilité en Ville. Le mot est doux, il contient la paix, la douceur d’un monde meilleur. Les Verts ne sont pas des guerriers. Ils veulent notre bonheur. Ce qu’ils appellent « pacification », en mobilité urbaine, c’est tout simplement la victoire totale de leur vision, à eux. Pistes cyclables, rues piétonnes, priorité absolue aux transports publics, voitures chassées du centre-ville. Pour une bonne partie des Genevois, les habitants de la Ville, les livreurs, les travailleurs, les petits entrepreneurs, cette éradication du trafic motorisé est la promesse d’une grande violence à leur égard, peut-même un acte de guerre. Mais les Verts disent « pacification ». Ils tentent d’imposer leurs mots, leur langage, leurs euphémismes. Ils adoucissent les vocables, pour atténuer la part d’agressivité du concept. Car ce qui, pour les uns, constituera le Paradis de la mobilité future, sera hélas perçu par d’autres comme un Enfer. Alors, pour préparer le terrain, on enjolive les mots.

     

    C’est un exemple, parmi tant d’autres. Les Verts déboulent dans notre espace sémantique et sonore avec une batterie de mots, qu’ils glissent partout, et tentent de rendre courants : « transition énergétique », « urgence climatique », « transfert modal ». Ils arrivent avec leur vocabulaire, dans leur sac à dos. Ils entendent non seulement triompher politiquement (on ne saurait le reprocher à un parti), mais refonder notre rapport au langage. Ils aspirent à prendre pied dans nos cerveaux, coloniser notre vocabulaire, imposer quelques mots-clefs, qui sont ceux de leur propagande. Ils débarquent avec leur liturgie, leur latin d’Eglise. Et nous ? Nous sommes les indigènes de leur nouveau monde, les sauvages qu’ils vont éradiquer de leurs archaïsmes. Pour notre bien, ils vont nous inculquer le vocabulaire de la rédemption.

     

    Et les Verts sont encore bien doux. A côté, par exemple, des partisans du langage inclusif, cette poisse noire, pesante, collée aux ailes de la langue française. De partout, on tente de nous l’imposer. Partout, je l’affirme, il faut résister. C’est la beauté de notre langue qui est en cause, sa capacité à l’envol, sa grâce, sa légèreté. Sa lisibilité, aussi, qui doit offrir au lecteur, à l’auditeur, un champ ouvert, accueillant à toute semaison, plutôt qu’un fatras d’obstacles. Nous sommes enfants de la langue, elle est notre mère, bienveillante et nourricière, à l’image de ces madones, qui nous sourient, sur le contour d’un sentier de montagne. Défendons notre langue, ne la laissons pas salir, surcharger, par des idéologues incapables de saisir la puissance musicale d’une syllabe, la richesse de répit d’un soupir. Ils nous ont déclaré la guerre de la langue. Eh bien, menons-la ! Si nous cédons sur ce point, alors nous aurons tout perdu. Les mots sont beaucoup plus que des outils. Ils sont les feux sacrés de nos âmes. Sur ces valeurs-là, désolé, on ne transige pas. On se bat.

     

    Pascal Décaillet

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  • Le Passage

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 31.03.21

     

    La Fête de Pâques est, pour les chrétiens, le moment le plus important de l’année. Au-delà des questions de foi, qui appartiennent à chacun de nous, en solitude et en intimité, il est passionnant de se renseigner, à travers des lectures, sur le sens de cette Fête du « Passage ». Rien que la Pâque juive, Pessa’h, bien avant la Passion du Christ, nous interroge en profondeur. Elle nous rappelle l’Exode, hors d’Egypte, dans l’Ancien Testament, mais c’est aussi le début d’un cycle agricole, célébré dans des fêtes paysannes.

     

    Les Hébreux passent la mer Rouge, le Christ revient à la vie au troisième jour : tout a déjà été écrit, par des savants, sur cette préfiguration, ce jeu de miroirs entre les deux Testaments, l’un annonce l’autre, le second cite le premier, les paroles se renvoient, les textes se confrontent. Une vie ne suffit pas à se plonger dans ce dialogue des mots, entre deux traditions spirituelles aussi importantes.

     

    Je rêve d’une école genevoise qui, bien entendu au niveau du savoir et non à celui d’une quelconque propagande pour une religion, donne aux élèves les références nécessaires à comprendre tout cela. Comprendre le judaïsme. Comprendre le christianisme. Comprendre l’Islam. Pour ne citer que trois exemples. Car il y en a tant d’autres : un minimum d’initiation aux religions antiques, complexes, multiples, décentralisées, serait aussi le bienvenu. Je rêve d’une école où tous, maîtres et élèves, vibreraient de bonheur dans la passion de la transmission. A tous, excellentes Fêtes de Pâques !

     

    Pascal Décaillet

     

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  • Le pouvoir, celui qui vous fait jouir

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    Commentaire publié dans GHI - Mercredi 31.03.21

     

    Ne croyez pas qu’il existe, sur la planète, le moindre pouvoir qui, dans l’ordre des relations humaines, soit présentable. Le pouvoir, d’où qu’il vienne, c’est pour le moins une pression, et souvent une oppression, exercée par un ou plusieurs humains, sur un ou plusieurs autres. Il existe certes des pouvoirs éclairés, des despotes séduisants, des tonalités atténuées, des petites voix doucereuses qui tonnent moins que les rugueuses injonctions des sergents-majors. Mais le pouvoir reste le pouvoir. Il y aura toujours un moment, entre le dominant et le dominé, où l’étincelle enclenchera l’explosion. Toujours un moment pour la rupture, l’affrontement, la tentative de renversement, le corps-à-corps de la colère.

     

    Prenez le monde politique. Regardez comme ils sont gentils, les doux agneaux, pendant les campagnes électorales. A votre écoute, « sur le terrain » : les stands, les tracts aimablement distribués, la patience à vos doléances, « Je note, chère Madame, nous allons nous renseigner sur ce problème, nous reprendrons contact avec vous. D’ici là, si vous voulez que les choses s’arrangent, ayez l’obligeance de voter pour moi ». Et ça marche ! Parce que l’autre, en face, toujours en quête d’un monde nouveau, se dit que tout va changer, qu’il tient là le bon numéro, que celui-là, élu, n’exercera pas le pouvoir comme les autres. On peut rêver. C’est un droit fondamental de l’être humain.

     

    On peut rêver, mais on déchante. Très vite. Elu dans un exécutif, le nouveau mettra quelques semaines à s’accoutumer, il montera autour de lui une garde noire, il se désignera mentalement les alliés et ceux à abattre, il se fera les griffes, commençant par écorner, et finalement lacérant. D’aucuns prendront plaisir à ce petit jeu. « Je suis le maître, je domine, j’ai ma cour, mes conciliabules, je ménage mon petit monde, j’incendie les autres ». C’est la vie, nul n’y échappe. Ni hommes, ni femmes, ni gauche, ni droite, ni gentils centristes : face à l’éternelle noirceur du pouvoir, nous sommes tous recommencés, nous accomplissons la liturgie, nous blessons, parfois nous humilions. Et de cette position dominante, nous jouissons.

     

    Le pouvoir, partout. Au sein de la famille. Au bureau. Sur le chantier. Sur le tapis boursier. Dans l’entreprise. C’est laid, c’est noir, c’est triste, c’est la vie, celle des pulsions, nul d’entre nous n’y échappe, et surtout pas ceux qui s’en croient affranchis. En latin, « dominus » signifie le maître, celui qui exerce le pouvoir, par exemple sur l’esclave. Mais il y a un autre mot, tellement plus beau, tellement plus fort : c’est le mot « magister ». Le maître, oui, mais celui qui enseigne. Celui qui transmet. Celui qui, par son savoir, ses compétences, donne l’exemple. Celui à qui Charles Péguy, dans les Cahiers de la Quinzaine (1913), rend hommage. Je voulais, à l’approche de Pâques, terminer ce texte par une note d’espoir et de lumière. A tous, excellentes Fêtes, quelque part, face à l’ouverture du Passage.

     

    Pascal Décaillet

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