Sur le vif - Page 2

  • Tirez les conséquences, Mme Sommaruga !

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    Sur le vif - Dimanche 01.05.22 - 13.45h
     
     
    Mme Sommaruga n'a absolument pas préparé, ces dernières années, les scénarios de crise en approvisionnement énergétique. Alors qu'il s'agit d'un paramètre vital pour la survie de notre pays, comme nation souveraine. Sa négligence, teintée d'idéologie européiste, voire mondialiste, de croyance en un monde où tous sont gentils et nous veulent du bien, porte un nom : cela s'appelle de l'impéritie. A son niveau, qui est d'anticiper et non de gérer au jour le jour, c'est gravissime. Elle doit en tirer les conséquences.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Chemises blanches et papier glacé

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    Sur le vif - Dimanche 01.05.22 - 09.54h
     
     
    Tout bobo urbain droits-de-l’hommesque et caviardisé n’ayant pas encore accompli, en compagnie d’une délégation de photographes, son pèlerinage de Kiev, est prié de s’annoncer au plus vite à l’agence Zelensky. Pour la version Odessa, merci de contacter BHL. Et de se munir d’un lot de chemises blanches. Payable en dollars. Valable aussi pour les boboettes. Conditions privilégiées, avec tirage sur papier glacé, pour les Présidentes de Parlements nationaux.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Joe Biden et la version no 163 du Plan B

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    Sur le vif - Samedi 30.04.22 - 11.08h
     
     
    Nos bons médias semblent découvrir comme une donnée nouvelle, voire inattendue, l'accélération de l'engagement américain en Ukraine, notamment par des livraisons d'armes massives.
     
    L'analyse politique doit certes se fonder sur les faits. Pour autant, elle ne doit pas être suiviste des retournements de situations, et se contenter de les découvrir béatement. Plus l'observateur est ancré dans l'Histoire, dans le temps long, dans le jeu de causes et de conséquences, moins il aura à s'étonner, s'ébaubir, et plus il aura à expliquer, mettre en contexte. Sans morale. Sans affect. Avec juste les outils de la lucidité.
     
    Joe Biden met le paquet en Ukraine. Comme son lointain prédécesseur Johnson l'avait fait sur le Vietnam. Comme Roosevelt au soir du 7 décembre 1941. Comme Wilson, en 1917. Biden, bien sûr, contrairement aux exemples précédents, n'est pas encore en guerre, et sans doute évitera-t-il soigneusement d'y impliquer directement son pays. Mais il passe à la vitesse supérieure dans la logistique offerte à l'Ukraine.
     
    Il fait cela, et nos bonnes âmes se disent : "Quel type formidable !". Le chef du "monde libre" vole au secours des victimes de l'Empire du Mal. Ce rôle, la dramaturgie politique américaine le connaît par coeur. Elle l'a mis au point dans la Seconde Guerre mondiale, l'a peaufiné pendant toute la Guerre froide (Corée, Vietnam), en Amérique centrale et latine, en Irak, contre l'Iran, etc. On l'appellera le "Traitement B", comme chez le Docteur Müller, le médecin un peu particulier, dans l'Île Noire. Le Plan B dort dans un tiroir, on ouvre, on active le Plan. L'impérialisme américain se signale avant tout par un mot : sa parfaite prévisibilité.
     
    L'accélération de l'engagement américain en Ukraine, c'est la version no 163 du Plan B. Tous les ingrédients sont là. Il y a un Empire du Mal, un dictateur à sa tête, la sauvage agression de cet Empire contre un faible voisin. Alors, on appelle l'Oncle Sam, sauveur des peuples et protecteur du "monde libre". Et ce bon vieux Sam, toujours au service de la justice, active le Plan B. Et le Docteur Müller est content. Et les moralistes peuvent entrer en scène, étiqueter, séparer le bon grain de l'ivraie, donner lecture du Jugement dernier.
     
    Corée, Vietnam, Serbie, Irak : toujours le même scénario. Au pays d'Hollywood et des narrateurs les plus imaginatifs du monde du cinéma, la dramaturgie politique extérieure se révèle paradoxalement d'une désespérante prévisibilité. Elle est toujours la même. Elle ne change pas d'un iota.
     
    Que l'opinion publique, le Café du Commerce, se laissent avoir par le fil narratif du Plan B, c'est une chose. Mais les journalistes ! Les éditorialistes. Ceux qui prétendent donner des clefs de lecture pour saisir le réel. Aller chercher les vraies raisons. Se passionner eux-mêmes, en amont, pendant de longues années, toute une vie, pour l'Histoire et les causes réelles, derrière les paravents de la propagande. Là, c'est un peu dommage.
     
    L'accélération de l'engagement américain en Ukraine, les stratèges du Pentagone et de la Maison Blanche l'ont parfaitement prévue, dans leurs scénarios, depuis de longues années. Ne prenons surtout pas ces gens-là pour des idiots : ils préparent les guerres futures, en temps de paix, avec une précision hallucinante, tenant compte de tous les éléments : militaires, économiques, propagandistes, mouvements de l'opinion, etc. Ce sont des professionnels, vous comprenez ? Leurs gangsters aussi sont des professionnels.
     
    Depuis trente ans, les Etats-Unis avancent leurs pions sur le théâtre d'opérations d'Europe centrale et orientale. Souvent, avec la complicité de l'Allemagne qui, le jour venu, jouera son propre jeu, mais c'est là une autre affaire, la plus importante de toutes. Sous le couvert de "l'Otan" (qui a l'air, comme ça, d'une gentille organisation au service du "monde libre"), les Etats-Unis ont pris place en Pologne, en Hongrie, dans les Pays Baltes. Et ils font tout pour implanter leur influence en Ukraine. Ils y ont déjà leurs marionnettes. Il suffira d'y ériger le décor du théâtre. Les costumes sont prêts. Le scénario est écrit. L'épisode 163 du Plan B peut commencer.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • A tous les livres, émotion et reconnaissance

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    Sur le vif - Jeudi 28.04.22 - 16.24h
     
     
    Depuis l'âge de huit ans, je me passionne pour l'Histoire de la Seconde Guerre mondiale. Principalement : tout ce qui touche à l'Allemagne, à la France, à l'Italie, à la Guerre à l'Est. Ces domaines, depuis plus d'un demi-siècle, me dévorent. Il existe d'autres théâtres d'opérations que je connais fort mal, par exemple la Guerre du Pacifique.
     
    Pourquoi, dès l'âge de huit ans ? Parce que, fin 1965, ou début 1966, mes parents ont acheté le remarquable "Mémorial de la Seconde Guerre mondiale", en trois gros volumes (un vert, un bleu, un rose) de "Sélection du Reader's Digest". Et moi, comme ce triptyque venait de débarquer dans la bibliothèque familiale, je m'y suis lancé à corps perdu. On s'occupe comme on peut, quand on est enfant.
     
    Vingt ans après la guerre, c'était un ouvrage remarquable. Bien que de facture anglo-saxonne, il donnait la parole à tous les échos possibles à l'époque : aux Allemands, aux Italiens, aux Japonais, autant qu'aux vainqueurs. 56 ans plus tard, je porte évidemment, aujourd'hui, ayant lu entre-temps des milliers d'autres livres sur le sujet, ayant eu accès à tous les progrès des recherches historiques, un regard critique sur le triptyque. Sur certains thèmes, il a vieilli. Mais sur l'ensemble, l'honnêteté d'approche est remarquable pour l'époque. C'était, pour 1965, du très bon boulot.
     
    Je vous parle de cela, parce que la conscience historique se tisse patiemment, au fil des ans, des décennies. Plus on lit, plus on visionne d'archives, plus on écoute les témoins, plus on corrige, et mieux se révèle, très lentement, la photographie d'ensemble. Je ne vois évidemment plus la Seconde Guerre mondiale comme dans mon enfance, ni comme dans mon adolescence, très allemande. Mais cette correction progressive n'a rien d'une négation de la vision des époques précédentes. Je dirais plutôt : un constant travail de précision, de polyphonie : écouter toutes les voix, embrasser toutes les perspectives, s'imprégner de tous les témoignages.
     
    Bien sûr, il y eut des moments de correction plus radicaux que d'autres. Dans ma jeunesse, quand j'allais en Allemagne, et plus tard aussi, j'ai recueilli directement des témoignages qui n'existaient (à l'époque, à ma connaissance) nulle part ailleurs. Mais à part ces moments très forts, le travail de mise au point de la conscience historique se joue dans l'infinie patience du temps.
     
    Oui, j'ai lu des milliers de livres sur la Seconde Guerre mondiale, Allemagne, France, Italie, Balkans, Guerre à l'Est, depuis 1965. Et pourtant, je n'aurais pas une seule seconde l'idée de renier le brave triptyque de la Sélection du Reader's Digest, dévoré dès l'âge de huit ans. Comme ma première mappemonde, magique, illuminée de l'intérieur le soir, ces trois volumes m'ont permis d'avancer sur un terrain de la passion. Je dirais même : ils m'ont donné, comme à une fusée, la propulsion initiale.
     
    A tous les livres qui m'ont accompagné, à tous ceux qui restent à lire, émotion et reconnaissance.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • L'Ukraine et les gentilles armes du "monde libre"

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    Sur le vif - Mercredi 27.04.22 - 16.59h
     
     
    Truffer l'Ukraine d'armes occidentales. Américaines, allemandes. Légitimées par le Bien : c'est pour aider les Ukrainiens à se défendre qu'on leur envoie tous ces arsenaux.
     
    Truffer l'Ukraine de chars, de lance-missiles, gracieusement mis à disposition par le "monde libre", expression chère au gentil Kennedy, dans son discours de Berlin, en 63.
     
    Truffer l'Ukraine, ou plus exactement la partie occidentale de ce pays. Celle que l'on convoite depuis tant d'années.
     
    Truffer l'Ukraine d'armes de l'Otan. Elles pourront y rester, très longtemps. On pourra en ajouter, encore et encore, au fil du temps.
     
    Truffer l'Ukraine d'une véritable armée. Les missiles de l'Otan seront sur place, avec bénédiction des bonnes âmes de la planète. Les chars. Les armes d'infanterie. Il n'y aura plus, le jour venu, qu'à envoyer aux Ukrainiens des "conseillers militaires", par milliers, comme au Vietnam. Du temps de qui ? Je vous le donne en mille. Du temps du gentil Kennedy ! Le tout premier à avoir engagé son pays dans ce qui allait devenir le cauchemar de l'Asie du Sud-Est.
     
    Truffer l'Ukraine d'armes de l'Otan. Et si c'était cela, depuis des années, l'objectif recherché par les Etats-Unis ? Il ne leur manquait qu'un prétexte. M. Poutine, sur un plateau en or, le leur a offert, le 24 février 2022.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Des chars allemands en Ukraine : la puissance mnésique d'un symbole

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    Sur le vif - Mercredi 27.04.22
     
     
    Il faut prendre la mesure de ce que représente, dans l’Histoire allemande de l’après-guerre, la livraison de chars allemands - je dis bien « de chars » - à l’Ukraine.
     
    L’Histoire des chars fait partie de l’Histoire allemande. La percée géniale des Ardennes en mai 40, ce sont les chars. Le passage de la Meuse par Rommel le 13 mai, ce sont les chars. La guerre à l’Est, dès le 22 juin 1941, ce sont les chars. Et l’un des principaux théâtres d’opérations dans cette guerre, voyage aller en 41, voyage retour en 44, c’est l’Ukraine. Le plus important choc de la Guerre à l’Est, ce ne fut pas Stalingrad, mais, six mois plus tard, la bataille de chars de Koursk, en juillet 43. Après Koursk, la Wehrmacht n’a fait que refluer.
     
    En 41, lorsque les chars allemands arrivent en Ukraine, ils sont accueillis, en maints endroits de l’Ouest du pays, comme des libérateurs. Cet élément factuel, parfaitement vérifiable, du reste largement connu, est une réalité de la guerre à l’Est. J’ai personnellement été initié à cette guerre il y a exactement cinquante ans, par un ancien combattant, chez qui j’ai passé l’été, tout au nord de l’Allemagne.
     
    Il y a donc, dans le char allemand livré à l’Ukraine, une puissante dimension symbolique. Mnésique. Pour qui connaît l’Histoire, il y a quelque chose qui parle, qui évoque. Renaissance, depuis 1989, d’une politique proprement allemande en Europe centrale et orientale. Réarmement totalement décomplexé. Budget militaire sans précédent voté par le Bundestag dès les premiers jours de la guerre en Ukraine.
     
    L’Allemagne est là, elle est de retour, elle mène sa politique à elle à l’Est, pour sauvegarder les marchés infatigablement conquis depuis la chute du Mur : Pologne, Hongrie, Pays Baltes, et bien sûr demain l’Ukraine. Là sont tous les enjeux de ce qui se passe, au-delà de Poutine, au-delà du Donbass, au-delà de Biden. Et surtout, au-delà de l’insoutenable naïveté de nos moralistes.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le triomphe de l'illisible

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    Sur le vif - Mardi 26.04.22 - 16.17h
     
     
    Réforme du Cycle d'orientation : deux partis du centre (ou du "ni gauche, ni droite") tiennent des positions politiquement illisibles.
     
    Mais ça tombe bien, au fond : la réforme est illisible, et l'opposition à la réforme est illisible.
     
    Tout, dans cette votation du 15 mai, est nimbé, obscurci, dérobé à l'éveil des sens. Des équations truffées d'inconnues. Une mathématique d'ombre, contre une autre.
     
    Les apparatchiks de l'école sont devenus des gestionnaires d'usine à produire du brouillard. Leurs adversaires, hélas, aussi. Désertée par la clarté, la colère des référendaires court le risque de s'évanouir dans la nuit.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Plus de deux Français sur cinq

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    Sur le vif - Lundi 25.04.22 - 06.17h
     
     
    La victoire d’Emmanuel Macron est sans appel. L’homme est légitimé à présider la France pendant cinq nouvelles années. Je ne partage pas les idées libérales, européistes, libre-échangistes et immigrationnistes du Président réélu, mais la moindre des choses est de reconnaître le résultat très net du scrutin.
     
    L’homme est jeune, énergique, déjà expérimenté : il est, comme dans le premier vers de la Divine Comédie, au milieu du chemin de son parcours présidentiel. Il est à son apogée.
     
    La Cinquième République fonctionne. Les Français ont élu le Président. Ils vont maintenant procéder aux législatives, c’est une autre affaire, nous verrons. Nous n’avons strictement aucune idée de ce qui se passera ces cinq prochaines années. Mais nous vivons des temps difficiles, la France a besoin d’un capitaine, elle en a un. La Cinquième fonctionne, comme jamais.
     
    Hier, Marine Le Pen a porté les idées nationales, souverainistes et protectionnistes à leur plus haut niveau historique. Plus de 13 millions de voix, quelque 42%. Plus de deux Français sur cinq. Ça n’est pas une majorité, mais c’est une lame de fond.
     
    La vraie opposition, c’est elle. Inexorablement, ces dix dernières années, elle aura fait progresser les idées de sa famille politique. Elle croit à la nation, non aux conglomérats. Elle refuse toute tutelle, tout Empire. Elle a une conception très précise, révolutionnaire, des droits du peuple. Elle rejette l’impérialisme américain. Elle veut protéger l’industrie et l’agriculture françaises. Elle prône une régulation draconienne des flux migratoires. Bref, elle est aux antipodes de la politique de Macron. Il était juste que le binôme final fût cet antagonisme-là, et nul autre.
     
    Plus de deux Français sur cinq. Ils n’ont pas gagné, mais ils demeurent la force montante. Depuis des années, ils sillonnent. Ils labourent. Ils patientent. La progression de leur implantation, commune par commune, département par département, est saisissante. On est à des milliers de lieues marines des seuls effets de mode télévisuelle de tel autre candidat.
     
    Plus de deux Français sur cinq. L’Autre France est là, qui veille. Elle n’a pas dit son dernier mot.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le peuple élague et clarifie

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    Sur le vif - Samedi 23.04.22 - 09.52h
     
     
    Nous, les citoyennes et citoyens, pouvons faire la politique nous-mêmes, directement. Nous disposons, en Suisse, des armes pour cela. La démocratie directe est une chance inouïe. Elle est une grâce. Elle est faite pour qu’on s’en serve, non pour qu’on la laisse dormir.
     
    Le peuple qui vote (démos) n’est pas une masse de rue, qui braille derrière des pancartes. Il est une institution de notre système politique. Comme les parlements. Comme les gouvernements. Mieux : il est celle qui prime sur les autres. Le peuple n’a pas « raison », comme on le dit faussement. Mais il tranche. Il décide, en ultime instance. Il est le souverain.
     
    Nous attachons beaucoup trop d’importance aux partis, à leur cuisine, à la vie interne des parlements, aux corps intermédiaires, aux milliers de féodalités associatives qui fragmentent l’unité de notre pays. Notre Suisse est multiple, certes, c’est son secret et c’est son charme, mais il n’est écrit nulle part qu’il faille ajouter à cette diversité naturelle des strates infinies de complexité. La Suisse a besoin de simplifier ses équations : des domaines comme la gestion de l’asile, la politique de santé, sont devenus illisibles, par surabondance d’acteurs, de baronnies.
     
    Les partis, les corps intermédiaires, la toile associative alourdissent l’équation. Le peuple simplifie. Le Nœud Gordien, il le tranche. L’initiative populaire modifie la Constitution, les parlements font des lois d’application (ils le doivent, et trahissent s’ils s’y dérobent, comme pour le 9 février 2014), et l’affaire est réglée.
     
    Nous avons besoin du peuple, pour élaguer le foisonnement d’herbes inutiles. Pour voir clair. Pour voir loin. Les droits populaires doivent être défendus de toutes nos forces. Le meilleur moyen de leur rendre hommage, c’est, tout simplement, de les utiliser.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Recoudre la France

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    Sur le vif - Vendredi 22.04.22 - 10.19h
     
     
    Après-demain, les Français rééliront un conservateur. L'homme de l'Ancien Régime, de l'Ancien Monde. L'homme qui a "oublié", nous dirons "omis", d'installer la proportionnelle. Il avait cinq ans pour le faire. L'homme qui est resté sourd à toutes les revendications des Gilets jaunes, pouvoir d'achat, droits populaires.
     
    Prenez le dernier chapitre de l'interminable débat de mercredi, de loin le plus intéressant : les pouvoirs du peuple. En Suisse, nous connaissons bien. Marine Le Pen arrive avec des propositions parfaitement claires, innovantes, révolutionnaires. Une conception de la primauté du peuple qui rappelle avec éclat le système suisse : le souverain, c'est lui. Emmanuel Macron ne cesse de lui dire : "En grillant les corps intermédiaires, nous irions contre la Constitution". Juste que, précisément, c'est la Constitution que sa rivale veut modifier. Il fait semblant de ne pas entendre. Il ne veut juste rien changer.
     
    En France, l'aspiration à des droits populaires donnant aux citoyennes et citoyens la possibilité d'intervenir directement sur le fond (comme, chez nous, l'initiative), est tellurique. C'était ça, les Gilets jaunes. Dans ce domaine, comme dans les sujets sociaux, Marine Le Pen incarne une volonté révolutionnaire. Face à elle, le Président sortant se cramponne aux corps intermédiaires, défend les corporations d'Ancien Régime. C'est un homme très conservateur, libéral en économie, très sceptique sur les grandes réformes sociales. Il ne rappelle absolument pas Charles de Gaulle, puissant rénovateur d'institutions, mais Georges Pompidou. La France de la prudence, du bas-de-laine.
     
    Sans doute, après-demain, la France réélira-t-elle cet homme-là. Elle l'aura voulu. Mais elle sera coupée en deux. Aux grandes colères sociales, aux souffrances, au sentiment d'oubli et d'abandon, à l'urgence d'une régulation drastique des flux migratoires, une moitié du pays n'aura pas de réponses. Ces deux France irréconciliables, il faudrait la grandeur d'un Roi Henri, oui le Quatrième, pour les recoudre.
     
    "Recoudre". Tiens, ce mot juste et simple était dans son discours, à elle. Pas dans le sien, à lui.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Marine face aux plumes du paon

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    Sur le vif - Jeudi 21.04.22 - 06.57h
     
     
    Point 1 : faire fi des préférences personnelles des uns et des autres. Les partisans de Macron l’ont sans doute trouvé génial, ceux de Marine idem pour elle. Aucun intérêt, donc.
     
    Point 2 : un débat, comme d’ailleurs toute cette campagne 2022, qui entre beaucoup trop dans les détails. Le temps de lavage d’une personne de grand âge dans une maison de santé, le matin, n’est pas du ressort du Président de la République française. Ce dernier s’occupe des Affaires étrangères, de la Défense, et de la cohésion nationale. On n’a pas besoin, à ce niveau de débat, du tour de piste de chiens savants, de bêtes à concours, qui ont bûché leurs fiches pendant des jours.
     
    Point 3 : le débat fut mille fois plus équilibré que celui de 2017. Marine Le Pen est demeurée calme et rationnelle, elle n’a pas fait l’avion avec ses mains, elle a encaissé en souriant les plus basses attaques, notamment celle sur son emprunt russe, où l’ancien de la Banque Rothschild s’est montré indigne de sa fonction élyséenne sortante. Match nul, donc, ce qui est déjà une petite victoire pour la challenger.
     
    Point 4 : Macron n’a cessé d’interrompre son adversaire. Elle, l’a laissé parler. Elle a bien fait.
     
    Point 5 : les deux journalistes auraient pu lancer le débat, s’absenter pour aller dîner en ville, et juste revenir pour conclure, ça n’aurait rien changé.
     
    Point 6 : la courtoisie du débat permet de révéler avec précision les deux France qui se sont affrontées hier. En 2022 comme il y a cinq ans, l’antagonisme Macron - Le Pen souligne, mieux que n’importe quel autre, l’exacte ligne de fracture de la politique française. Souveraineté contre dépendance, Nation contre partie d’un Empire, protectionnisme contre libre-échange, bonapartisme social contre orléanisme libéral, contrôle de l’immigration contre ouverture des frontières, souveraineté du peuple contre machinerie des corps intermédiaires, etc.
     
    Point 7 : on n’a pas parlé d’obédience atlantiste. C’est dommage. Le paon aurait perdu quelques plumes.
     
    Point 8 : dans trois jours, il faudra regarder en valeur absolue, donc en millions de voix, le résultat de Marine Le Pen, quel que soit l’élu. Et prendre acte, comme je l’ai déjà écrit, de l’inexorable progression de l’idée nationale et souverainiste dans la société française, depuis quinze ans. Quel que soit l’élu, le libéralisme économique débridé, l’immigration non-contrôlée, la folie des délocalisations, c’est terminé. Un Français sur deux, au moins, n’en veut plus. Et n’en a sans doute jamais voulu. Même reconduit, l’orléaniste devra en tenir compte.
     
    Point 9 : nous avons eu hier un débat entre la droite libérale et la droite souverainiste et sociale. La gauche était aux fraises. C’est un peu tôt dans la saison. Mais bordel, ça fait du bien.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Artistes, réveillez-vous !

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    Sur le vif - Samedi - 16.04.22 - 07.44h
     
     
    Pour offrir à Marine Le Pen les quelques dizaines de milliers de voix capables de faire la différence, l’idéal serait une bonne petite pétition, contre elle, d’artistes et intellectuels parisiens. Appelant les Français à « faire barrage » à la Bête immonde. Il serait magnifique - allez, soyons fous - que le premier signataire en soit BHL. En direct d’Odessa.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • Le Président qui étiquette et qualifie

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    Sur le vif - Mercredi 13.03.22 - 16.59h
     
     
    Pour ses 160 semestres, il serait gentil d'offrir à Joe Biden un Dictionnaire des Qualificatifs et Noms d'Oiseaux, pour son Bureau Ovale de la Maison Blanche. Son occupation préférée n'est-elle pas de se creuser la tête pour trouver, chaque jour, un nouveau mot d'infamie à clouer sur sa statuette de Vladimir Poutine ? Il y a les Présidents qui président. Il y a les Présidents qui gouvernent. Et puis, il y a Joe Biden, le Président qui étiquette et qualifie.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La page de l'Après-Guerre est tournée

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    Sur le vif - Mercredi 13.04.22 - 14.04h
     
     
    Tout appel "d'artistes", ou "d'intellectuels", ou autres fadaises de clercs germanopratins, visant à "faire barrage à l'extrême droite", aura pour effet immédiat, par exaspération, d'apporter des voix à Marine Le Pen. L'effet contraire. Archimède. Nous sommes, pour les onze jours qui viennent, dans cette dynamique-là.
     
    Les gens n'en peuvent plus de ces clubs de bien-pensants, issus de la gauche caviar parisienne, qui leur dictent leur vote. Terroriser les consciences en collant des étiquettes, avec des mots-valises, "fascistes", "xénophobes", "populistes", ça ne marche plus. Ca a marché pendant 54 ans, ou disons même 77 ans. Mais là, c'est fini. La page est tournée.
     
    La page de l'Après-68 est tournée. La page de l'Après-Guerre est tournée. Vous ne comprenez pas que nous entrons dans une nouvelle ère ?
     
    Le temps des moralistes, des donneurs de leçons en chemise blanche, de l'éternelle référence aux années trente, est révolu. Ca ne marche plus !
     
    Il ne reste, dans les onze jours qui nous attendent, que l'intime conviction de quarante millions d'âmes. Chacune, indivisible. Chacune, souveraine.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La Serbie, M. Cassis, vous connaissez ?

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 16.56h
     
     
    Comment Ignazio Cassis peut-il déclarer, à un journal luxembourgeois, "qu'aucun pays souverain d'Europe n'a été attaqué, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale" ? Comment son entourage peut-il laisser le Président de la Confédération proférer une telle énormité ?
     
    M. Cassis n'a jamais entendu parler des deux mois de bombardements intensifs, nuit et jour, d'un pays souverain d'Europe, au printemps 1999 ? Ce pays porte un nom, M. Cassis, qui fait partie intégrante de la grande Histoire de notre continent : il s'appelle la Serbie. Grande nation. Grande civilisation. Incroyablement courageuse, lors des deux Guerres mondiales.
     
    Le lendemain de l'attaque américaine sur la Serbie, j'étais dans le bureau de l'ancien Chancelier d'Allemagne fédérale Helmut Schmidt, pour deux heures d'interview, l'une des plus denses et passionnantes de ma vie, au plus haut étage d'une tour, dans le port de Hambourg. Il avait glacialement condamné cette opération, ainsi que la politique balkanique de ses successeurs, MM Kohl et Schröder.
     
    Eh oui, M. Cassis : la Serbie, printemps 1999 !
     
    Comment une telle amnésie de l'Histoire peut-elle présider au discours du Président de la Confédération suisse ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Un frisson d'eau sur de la mousse

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 13.18h
     
     
    Chaque "ralliement", ou "consigne de vote", d'un apparatchik de la cléricature politique aura pour effet, selon le principe d'Archimède, de faire monter le courant opposé.
     
    Les Français en ont plus qu'assez des grands vicaires des corps intermédiaires. Chefs de partis. Pies bavardes des salons parisiens et des chaînes privées.
     
    Il y a maintenant deux candidats. Deux visions pour l'avenir de la France. Un homme, une femme. Face à ce choix, l'intime conviction de chaque âme, multipliée par quarante millions.
     
    Il y a cet homme, cette femme. Entre ces deux-là et le peuple, plus rien n'existe. Même pas, pour citer l'immense Verlaine, "un frisson d'eau sur de la mousse".
     
     
    Pascal Décaillet

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  • L'infinie patience de l'araignée

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    Sur le vif - Mardi 12.04.22 - 10.31h
     
     
    Le dimanche 24 avril, à 20h, il faudra regarder le nombre de voix, en valeur absolue. En clair, le nombre de millions de suffrages pour Marine Le Pen. Et il faudra le comparer aux millions recueillis par la même famille de pensée dans tous les scrutins de ces dernières années.
     
    Et contempler l’inexorable progression. Sans égale, en patience et longueur de temps, depuis l’arachnéenne conquête du pouvoir par l’opposant François Mitterrand, entre 1958 et 1981.
     
    Alors, quel que soit l’élu, nous saisirons ce qu’est, en politique, un mouvement lent. Une construction patiente, sur de longues années. Une infiltration des consciences, en laissant faire le temps, comme il en va de la croissance d’un arbre.
     
    Car après la présidentielle, il y aura les législatives. Et puis, surtout, la vie. La vie qui continuera. La question de la souveraineté des nations, leur indépendance, leur fierté d’exister, transmettre une mémoire, partager des nostalgies, respirer le même air.
     
    Quel que soit l’élu, ce qui aura été tissé, par l’infinie patience de l’araignée, sera là. Au cœur de la nation française. Pour l’inspirer, contre vents et marées, dans les années qui viennent.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La vie des banques

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    Sur le vif - Lundi 11.04.22 - 14.05h
     
     
    Selon nos informations, la Banque Rothschild serait très intéressée à recruter, dès le lundi 25 avril, un cadre de haut niveau. Il s'agirait d'un ancien de la maison, l'ayant quittée il y a quelques années pour prendre un peu de champ. Le retour de ce précieux collaborateur, anglais courant, excellent carnet d'adresses international, aurait été vivement recommandé à la Banque par le Cabinet de conseils McKinsey.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Deux France. L'une face à l'autre.

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    Sur le vif - Dimanche 10.04.22 - 21.13h
     
     
     
    Ce soir, les consignes de vote données par les sacristains des multiples factions de la démocratie représentative n’ont jamais sonné aussi creux. Aucune voix, en République, n’appartient à une autre âme que celle qui l’enfante. Et cette voix, maternelle et possessive, intransigeante, vient du ventre.
     
    Il y a, ce soir, deux France, l’une face à l’autre. Deux projets, puissamment différents. C’est une excellente nouvelle. La démocratie, c’est cela. C’est le combat de forces antagonistes.
     
    Deux France. Deux visions. Deux conceptions adverses, antinomiques, pour l’avenir du pays.
     
    Face au choix, 45 millions d’électeurs. Chaque voix, intime, viscérale, indivisible.
     
    Un homme, une femme. 45 millions d’âmes. Chacun votera en conscience. Il n’y a plus ni gauche, ni droite, ni partis, ni états-majors, ni consignes de vote. Il y a l’intimité de chaque conviction.
     
    La cuisine des sacristains, face à cet enjeu sacré, qui inverse le serment de Reims en faisant surgir l’onction des racines, et non du ciel, que pèse-t-elle ? Que vaut-elle ?
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Nos chers amis américains

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    Sur le vif - Dimanche 10.04.22 - 12.03h
     
     
    Et la palme absolue de l’arrogance est attribuée à l’Ambassadeur des Etats-Unis en Suisse !
     
    Dans une interview, ce matin, à la NZZ am Sonntag, le cher homme intime aux banques suisses l’ordre de traquer avec davantage de zèle les fonds russes en Suisse. Sans quoi, il y aura de sévères rétorsions.
     
    Ces chers États-Unis d’Amérique ! Chantage, fin des années 90, sur les fonds en déshérence. Chantage, une décennie plus tard, sur le secret bancaire. Et voilà qu’aujourd’hui, ils se prennent pour l’organe de surveillance de la place financière suisse.
     
    L’ancien Sénateur du Delaware, État reconnu mondialement pour son éthique bancaire, peut applaudir à tout rompre. Il habite aujourd’hui la Maison Blanche. Et se nomme Joe Biden.
     
     
    Pascal Décaillet

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