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  • Les translucides de la 25ème heure

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    Sur le vif - Lundi 28.06.21 - 14.38h
     
     
    La double tyrannie de pensée qui empèse et empoisse les consciences, celle du climatisme et celle de l'obsession autour des questions de genre, ça n'est pas dans trois ans, dans cinq ans, qu'il faut la dénoncer. C'est maintenant.
     
    Dans trois ans, dans cinq ans, tout le monde la dénoncera. Parce que l'immensité de l'imposture aura éclaté au grand jour. Alors, ce sera la meute, ce que je déteste. La meute : les mêmes qui, aujourd'hui, se prosternent devant ces idéologies, seront les premiers à se retourner contre elles.
     
    On détruit toujours les idoles qu'on a soi-même vénérées. Les foules de la Libération, le 26 août 44 dans Paris, devaient sans doute contenir à peu près les mêmes personnes que celles qui avaient triomphalement accueilli le Maréchal, quelques semaines plus tôt. C'est terrible à dire. Mais c'est ainsi.
     
    Non. Les excès du climatisme et du genre, c'est maintenant qu'il faut les relever. Tout en étant favorables à la protection de la planète, et à la plus grande ouverture quant aux modes de vie privée que se choisissent nos frères et soeurs humains.
     
    C'est maintenant. Hic et nunc. Le pouvoir et ses dérives, la chape de plomb d'une idéologie, c'est quand ils opèrent qu'il faut les dénoncer. Pas trois ans plus tard, pas cinq ans, avec les translucides de la 25ème heure.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • La France qui souffre, la France qui parle

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    Sur le vif - Lundi 28.06.21 - 10.03h
     
     
    Ils ne tireront donc jamais aucune leçon de rien ? Les médias français, au soir de l'élection la plus désertée de leur Histoire, n'avaient déjà qu'un souci : parier, entre eux, sur les chances de tel ou tel vainqueur régional à la présidentielle du printemps 2022.
     
    Ils ne comprennent donc pas que le jeu des personnes, ces politiciens professionnels qu'on s'échange comme des photos de footballeurs en plein Euro ou Mondial, les arrière-cuisines des partis, le maquignonnage des alliances, c'est principalement cela dont les Français ont la nausée ?
     
    Ils ne comprennent donc pas que l'élection régionale, peu lisible par le peuple français lui-même, ne peut être l'objet d'aucune extrapolation sur la présidentielle ?
     
    Ils ne comprennent donc pas que venir s'exciter sur une grand-messe de la démocratie représentative, exsangue dans toute l'Europe, alors que la France est en grande souffrance, était tout simplement hors-sujet ?
     
    Grande souffrance, oui. Besoin immense de démocratie directe, sous une forme à inventer par eux. C'était la grande revendication des Gilets jaunes, méprisée par le locataire de l’Élysée, qui se croit propriétaire de la nation.
     
    Grande souffrance. Autant la crise sanitaire a été correctement traitée par le pouvoir, dans les grandes lignes, dans des pays comme la Suisse ou l'Allemagne, autant le pouvoir français, régalien dans la répression, caricature du "Surveiller et punir", le saisissant chef d’œuvre de Michel Foucault, a montré son pire visage dans cette affaire. Ca laisse des traces, des cicatrices, des flux de rancœur qui constituent l'une des clefs de l’abstention phénoménale d'hier.
     
    La France, notre voisin, notre ami, va mal. Le malaise social est immense. La surexcitation continuelle des médias autour de questions "de société", à la mode chez les bobos urbains mais pas du tout chez les chômeurs, les travailleurs pauvres, les sous-smicards, creuse la fracture entre la France qui souffre et la France qui parle. La première, sonnée par la crise et par les inégalités, se tait. Un jour, elle se réveillera, donnera de la voix. Ce retour à la parole ne se fera pas dans la douceur.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • France : bienvenue en 1788 !

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    Sur le vif - Dimanche 27.06.21 - 15.39h
     
     
    La Bérézina de la démocratie représentative, en France, ne tombe pas du ciel. Elle a des raisons, qu'il est est aisé de discerner.
     
    Au début du règne de M. Macron, un vaste mouvement venu de la base, les Gilets jaunes, a émis la volonté de voir s'instaurer en France une forme - à inventer par leur génie national - de démocratie directe. C'était la revendication principale de ce mouvement, la plus claire, la plus lisible. En haut lieu, elle fut prise de haut, dévoyée par le mépris, classée dans les tiroirs.
     
    L'abstention des Français aux régionales, un scrutin perçu de toute façon comme peu concernant, est une réponse du peuple au mépris du Prince. Il y en aura une autre dans un peu moins d'un an, en mai 2022.
     
    Partout, la démocratie représentative faiblit. A l'inverse, un immense besoin de démocratie directe, dans toute l'Europe, émerge. La France étant le pays à en avoir été le plus privé (si ce n'est dans des plébiscites déguisés), il sera celui où la réaction face au pouvoir, aux corps constitués, aux élites, aux intermédiaires (y compris les médias), sera, dans les prochaines années, la plus violente.
     
    C'est aussi simple que cela. Il n'y a pas à engueuler le peuple de ne pas aller voter. Il en a le droit. Et son abstention est un signal. En l'occurrence, en France, un signal d'alarme.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Voir le monde autrement que dans son bain

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    Sur le vif - Dimanche 27.06.21 - 10.05h
     
     
    L'obsession d'une certaine gauche bobo, n'ayant sans doute jamais entendu parler du monde ouvrier, pour les sujets dits "de société" (je ne puis user de ces mots sans le paratonnerre des guillemets), ouvre la voie, pour les temps futurs, à une réaction dont nul d'entre nous ne peut prédire la puissance, ni la violence.
     
    Réaction du peuple. Les précaires, les vrais. Les délaissés. Les oubliés de la gauche des salons urbains. Les jeunes sans emploi, ni avenir. Les seniors, aux rentes malingres, alors qu'ils ont travaillé toute leur vie. Ils ne relèvent, les uns et les autres, ni des questions de genre, ni de climat. Mais simplement de l'injustice, celle de Jaurès, celle de Blum, celle qu'ont tenté de corriger, toute leur vie, ceux qui ont construit nos assurances sociales : en Suisse, l'AVS (1948), en France la Sécurité sociale (1945), en Grande-Bretagne les grandes lois travaillistes de l'immédiate après-guerre. C'était le temps où la gauche s'intéressait encore au monde du travail.
     
    Les délaissés, les vrais. Je doute qu'ils soient si sensibles aux questions de genre, ou de climat. Pour eux, la fin du mois précède celle du monde, comme chez d'autres l'existence précède (le prix de) l'essence. A eux, personne ne pense, jamais. Ni la gauche bobo, ni la droite du Nasdaq, ni le centre mou (pardonnez le pléonasme). Tout le monde les oublie. Mais leur réaction viendra. Elle se fera sentir.
     
    Et puis, les classes moyennes. Ceux qui se lèvent le matin, bossent dur, gagnent leur vie, mais l'Etat leur pique tout : taxes, impôts (délirants, sur le revenu du travail), et puis les primes maladie, et puis les loyers, et puis les retraites qui fondent au soleil, et pour ces gens-là, jamais la moindre subvention. Ils ne sont là que pour cracher le pognon. Eux aussi, sans tarder, se révolteront.
     
    La bulle sociétale dans laquelle nous sommes, autour du climat, autour des questions de genre, éclatera un jour. Les plus défavorisés en auront marre de ce dandysme d'Apocalypse, ou de ce tropisme obsessionnel autour de la nature profonde de nos désirs. Il y aura une réaction. Elle pourrait bien être à hauteur d'Archimède, et de sa pression égale venue d'en bas. Ce jour-là, il faudra voir le monde autrement que dans son bain.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Réflexion passagère sur l'Histoire des mots allemands

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    Sur le vif - Samedi 26.06.21 - 10.14h
     
     
    Nulle Histoire des Allemagnes n'est envisageable sans une Histoire de la langue allemande, une Histoire des mots allemands.
     
    Si vous ambitionnez d'établir, sur de longues années de votre vie, une approche du monde germanique qui tienne un peu la route, vous ne pourrez vous contenter de l'Histoire politique, déjà complexe par ailleurs. Ni de l'Histoire économique, fondamentale et passionnante. Ni de l'Histoire religieuse : au pays de la Réforme, elle est centrale. Ni de l'évolution musicologique, celle qui me passionne le plus. Ni de la fréquentation des poètes, des artistes.
     
    Non. Il vous faudra entrer, en profondeur, dans l'Histoire de la langue allemande, elle-même. J'ai eu l'occasion, naguère, de me frotter au Mittelhochdeutsch, au Althochdeutsch, tout comme un étudiant en français s'initie aux textes médiévaux. Mais le Moyen-Âge, pourtant si fondateur dans l'identité germanique telle que la récupéreront le Sturm und Drang, puis le Romantisme, à partir des années 1770, j'ai choisi en 2015 de ne pas l'inclure dans mon champ d'investigations, déjà immense, circonscrit de 1522 à nos jours.
     
    1522, c'est l'acte majeur de l'Histoire allemande : la traduction de la Bible, par Martin Luther, en allemand de son temps. C'est un acte politique, qui affranchit les Allemagnes de Rome, et préfigure une existence propre du monde germanique face au Saint-Empire. Ce dernier, fondé par Charlemagne en l'an 800, tiendra tout de même jusqu'à la défaite d'Iéna, en 1806. Mais avec Luther, une certaine Allemagne est née, et c'est le grand Frédéric II de Prusse, entre 1740 et 1786, qui affirmera sa puissance, sa détermination, sa rupture des liens avec l'Autriche, son tropisme vers l'Est.
     
    C'est donc, au début du 16ème siècle, une Histoire de mots qui détermine le destin du peuple allemand. Une traduction. Luther part des langues anciennes, l'hébreu, le grec, il s'enferme dans le Château de la Wartburg, et il oeuvre jour et nuit à une transmutation philosophale : rendre ce texte accessible à tout lecteur (on vient d'inventer l'imprimerie), et surtout à tout auditeur (le dimanche, à l'église) des Allemagnes. Par rapport à Rome, c'est un acte d'affranchissement sans précédent. Luther ne l'opère pas par les armes. Mais par les mots.
     
    J'aurai l'occasion, maintes fois, de revenir sur la suite, déjà souvent abordée dans les 32 premiers épisodes de ma Série : l'Aufklärung, au 18ème, ça passe par les mots ; le Sturm und Drang, puis le Romantisme, ça passe par une prodigieuse exhumation des mots médiévaux ; le saisissant Dictionnaire de la langue allemande, des Frères Grimm, ça passe par une mise en lumière des mots allemands, dans leurs souches médiévales, leurs inflexions dialectales ; l’œuvre de Bertolt Brecht, c'est une incessante alchimie sur les mots ; le théâtre de Heiner Müller, la Cassandra de Christa Wolf, c'est une orfèvrerie de mots ; la prose de Günter Grass, complexe et picaresque, c'est une féérie de mots ; le Troisième Reich, c'est la réduction du langage à quelques mots que tous doivent utiliser ; le travail de Friedrich Hölderlin sur Sophocle, ce sont des mots appliqués à d'autres mots ; l'Hymne à la Joie, à la fin de la Neuvième Symphonie, ce sont les mots de Schiller sublimés par la musique géniale d'un homme sourd ; le principe même du Lied, c'est faire coller une note à chaque syllabe d'un mot ; l'immense poète Paul Celan, surgissant du néant après la Shoah, il ne lui reste que les mots pour continuer à vivre ; lorsqu'il choisit de quitter ce monde, à l'âge de 50 ans (avril 1970), il opte pour le Pont Mirabeau pour se jeter dans la Seine. On prend congé de la vie, sous l'ombre d'un autre poète, Guillaume Apollinaire.
     
    Dans les longues années qui me restent pour rédiger les 112 épisodes restants de ma Série (je ne suis absolument pas pressé), je continuerai à vous parler d'Allemagne en vous parlant des mots. Et je continuerai mon exploration, en profondeur, de l'évolution musicale, depuis Buxtehude et Bach jusqu'aux créateurs les plus contemporains. C'est un voyage dans les entrailles auquel je vous convie, celles de la langue, des mots, des notes et des sons. Mais il y aura aussi la sidérurgie, le charbon, la chimie, l'optique. Le destin allemand est une totalité. Dont il s'agit de retrouver, peut-être un jour, le fil conducteur. Chez Richard Wagner, on appelle cela le Leitmotiv. Tenter de le retrouver est une oeuvre de vie, face à la mort. L'affirmation d'une filiation, face à la déshérence.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Le Seco, propagande d'Etat

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    Sur le vif - Vendredi 25.06.21 - 12.04h
     
     
    Inadmissible propagande du Seco pour la libre circulation, en s'appuyant sur la crise sanitaire. Ca n'est de loin pas la première fois que cet organe de la Confédération, sous l'apparente neutralité des chiffres, nous lave le cerveau. Ce procédé doit être dénoncé, avec la dernière vigueur.
     
    Quant au personnel de santé, il nous appartient en effet d'en former davantage en Suisse. Ce que des décennies d'impéritie chez les ministres cantonaux de la Santé - y compris à Genève, bien avant l'actuel titulaire, qui n'est pas en cause - ont omis de faire.
     
    La Suisse doit contrôler drastiquement ses flux migratoires. Elle en a reçu le mandat du souverain, le 9 février 2014. Ce mandat, suite à une mémorable trahison des clercs, n'a jamais été mis en œuvre. Cette coupure entre le peuple et ses élus - ne parlons pas de la première centrale syndicale du pays - laissera des traces. On ne joue pas avec la démocratie suisse !
     
    Le débat sur ces flux - et le curseur de régulation - est toujours ouvert, mais il appartient aux citoyennes et citoyens suisses. Il n'appartient pas à un Office fédéral, encore moins à un Secrétariat d'Etat, de venir nous lessiver les neurones avec sa propagande.
     
    Privilégions le marché interne, la formation pour les nôtres. Ce sont les moteurs de notre souveraineté.
     
    Une indépendance nationale n'est jamais gagnée. Elle doit se construire jour après jour, au fil du temps, inlassablement.
     
    Pour y parvenir, on privilégiera les ministres de combat aux asticots de cocktails.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Je m'adresse à des femmes et des hommes libres

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    Sur le vif - Jeudi 24.06.21 - 14.41h
     
     
    De partout, on nous inonde. Avec le climat. Avec le genre. Il n'y en a plus que pour ces deux thèmes. Allumez vos radios, de "service public" : c'est l'invasion des "chercheurs en sciences sociales". Par pléonasme, on ajoute : "de l'Université de Lausanne".
     
    On réinvente le genre, on s'invite au Banquet de Platon, pour proposer toutes sortes de couches complémentaires à ces semi-créatures qui, séparées naguère, cherchaient à retrouver l'âme soeur. Mais ça se complique vite : l'âme soeur se trouve souvent être un frère. Alors, entre eux, les frères s'adoubent. Les soeurs fusionnent. Plus rien ne l'emporte sur le féminin. Le masculin se rhabille. On incruste l'inclusif dans nos cerveaux, avec marteau et burin. Chacun choisit son genre. Même l'orthographe, dépouillée de ses oripeaux, perd l'accent. Comme un provincial, qui tente sa chance à Paris.
     
    L'invasion des consciences, par le genre et par le climat. On abolit les barrières entre les sexes, juste le temps qu'il nous reste à savourer avant l’Apocalypse. Car elle approche, dong, dong, avec Philippulus et son gong. On nous submerge "d'urgence climatique", on nous impose les mots, les génuflexions, les prosternations, la liturgie. L'Etat se charge de la quête : cela s'appelle les taxes. Ou "Indulgences" : à l'approche du dernier jour, ça peut toujours servir.
     
    A ce Nouvel Ordre, j'ai personnellement choisi de dire NON. J'ai d'autres thèmes, autour de la souveraineté des nations, de la cohésion sociale, des classes moyennes, de la formation, de la culture. J'ai un autre agenda qui, tout en respectant la planète, ne prévoit pas la fin des temps avant celle du mois. J'ai un autre rapport au passé, à la mémoire, à l'étude de l'Histoire. J'ai une autre passion pour la langue, les mots, la poésie. Et encore une autre, viscérale, vitale, pour la musique.
     
    Telles sont mes priorités. Je ne les impose à personne. Je ne taxe pas. Je ne menace pas. Je ne voue personne à l'Enfer. Je suis un homme libre. Je m'adresse à des femmes et des hommes libres.
     
    C'est tout.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Eradiquer la peste

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    Sur le vif - Mercredi 23.06.21 - 08.43h
     
     
     
    La renaissance du PLR passe par la défense de la langue, de la formation et de la culture. C'est une carte extraordinaire que ce parti est en train de jouer.
     
    Elle lui est profondément identitaire : les radicaux ont fait la Suisse moderne, ses écoles, ses Universités. Les libéraux, au premier plan desquels mon professeur Olivier Reverdin, ont défendu et illustré le livre, l'édition, la tradition philologique, le legs de la Réforme, la Genève des éditeurs et des humanistes.
     
    Là se trouve la vraie richesse de ce parti, de cette double tradition politique. La culture, non comme luxe, mais comme nécessité vitale, comme élan d'existence et de réalisation. C'est un enjeu populaire, universel, et surtout pas élitaire. Il transcende les classes sociales. Il concerne tous les humains. Leur dignité, dans le chemin vers le langage, dont parle Heidegger.
     
    L'avenir du PLR, et peut-être de toute la droite suisse, c'est cette carte-là. Nul citoyenne, nulle citoyen, ne peut accepter que l'on saccage la langue par la peste inclusive, ni que l'on confie les graphies de nos mots à des ignares, incapables d'imaginer que le verbe, réputé depuis l'Evangile de Jean début de toute chose, ait pu avoir l'audace de préexister à leur naissance.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • PLR romand : bravo !

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    Sur le vif - Mardi 22.06.21 - 14.11h
     
     
    De toutes mes mains de Shiva, j'applaudis le PLR romand, qui ose résister au catastrophique projet de réforme de l'orthographe !
     
    Enfin, le monde politique se réveille. Plutôt que de s'engouffrer tête baissée dans les modes du moment. Juste pour être dans le coup.
     
    La citoyenneté, ça passe aussi par la solitude. Le mot NON. Le contre-courant. La résistance aux vents dominants. L'affirmation de valeurs culturelles fortes. Autour de la langue, par exemple. Autour d'une esthétique du verbe, de la syntaxe. Autour d'une certaine idée de la phrase, son rythme, ses syllabes, ses silences.
     
    Autour d'un respect pour les mots. Leur Histoire. Les traces laissées, qui portent sens, ici un circonflexe, là un tréma : comprendre ce qu'ils représentent, plutôt que les abolir, d'un trait ignare, barbare. L'inanité de ceux qui ne voient pas le monde avant leur naissance.
     
    Que ce NON soit le prélude à beaucoup d'autres. Qu'il préface notre grande lutte contre les dogmes qu'on tente de nous imposer, côté climat, côté genre.
     
    Soyons des hommes et des femmes libres. Aimons les textes. La musique. La prosodie. L'infinie précision d'où surgit parfois, si la grâce le veut, la poésie.
     
    Laissons la génuflexion, la prosternation, les éternels échos recommencés, le plagiat des matrices du pouvoir, aux âmes faibles.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • France, indifférence, souffrance

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    Sur le vif - Lundi 21.06.21 - 16.25h
     
     
    Il est particulièrement hallucinant d'avoir entendu des chefs de partis politiques se permettre hier soir, en France, d'engueuler le peuple, à cause de l'abstention. Comme si le corps souverain des citoyennes et citoyens, au pays de Mirabeau, était au service de l'appareil des partis.
     
    La démocratie, c'est le pouvoir au peuple. Le patron, c'est lui. C'est lui qui décide d'aller voter, ou de s'abstenir. S'il vote, c'est lui qui décide pour qui. Si un sortant lui déplaît, il le chasse.
     
    La classe politique, les états-majors, les permanents des partis, et toute cette joyeuse bande d'apparatchiks, n'ont strictement aucune leçon à donner aux citoyennes et citoyens. lls sont à leur service, et non le contraire.
     
    Plutôt que d'engueuler les abstentionnistes, on ferait mieux de s'interroger sur le sens profond de ce que vit la France. Une démocratie représentative à bout de souffle. Des gens qui en ont plus que marre. Une crise sanitaire mal gérée par les pouvoirs publics, alors qu'en Allemagne, en Suisse, on a su parler aux gens. En France, on les a infantilisés. On les a fliqués. On a montré le pire de ce que le régalien français pouvait produire, en termes de coercition, de muselière appliquée aux idées contraires.
     
    L'abstention d'hier, c'est une réponse à ça. La vraie, ce sera dans un an, à la présidentielle. Nul d'entre nous ne peut la prédire. Nul ne peut, non plus, extrapoler la présidentielle de 2022 à partir des régionales 2021. Ce pays ami, que nous admirons, se porte très mal. La fracture entre le haut et le bas est terrible. Les intermédiaires s'effondrent, plus personne ne leur fait confiance, ni aux politiques, ni aux médias. Ce pays va mal. Il est en grande souffrance.
     
    A partir de là, il est assez indifférent de savoir qui va diriger telle ou telle région. Les Français, depuis les lois-cadres de Gaston Defferre sur les régions, il y a quarante ans, n'ont toujours pas exactement compris le périmètre de pouvoir de cet échelon, souvent perçu comme somptuaire et inutile. Les Français, ce week-end, ont signifié à leurs autorités leur absence totale d'intérêt pour une avalanche de candidatures de la démocratie représentative. Alors que la démocratie, la vraie, la directe, celle qui leur permettrait de se prononcer enfin sur des thèmes plutôt que sur des personnes, leur a été sèchement refusée par ce pouvoir-là, celui de M. Macron.
     
    La vraie sanction pourrait bien survenir dans un an.
     
     
    Pascal Décaillet
     
     

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  • Merci, Darius !

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    Sur le vif - Samedi 19.06.21 - 18.07h
     
     
    Depuis plusieurs années, j'invite régulièrement l'excellent Darius Azarpey à venir nous apporter ses lumières sur l'Iran. Il connaît le pays, il en est issu, ses contacts sont multiples, il s'y rend régulièrement. Il s'exprime avec clarté. Il dégage les lignes de fond, plutôt que de se perdre dans les détails. Il pourrait être journaliste : le sens de la synthèse.
     
    Je m'intéresse à la politique iranienne, comme à la politique allemande, américaine, russe, israélienne, égyptienne, tunisienne, algérienne, turque, et j'en oublie. Aucune nation de ce monde, à mes yeux, n'est de moindre intérêt par rapport à une autre. Que le pays soit riche ou pauvre, que le régime du moment soit démocratique ou autocrate (il l'est souvent, dans le monde arabo-persique !), rien de cela ne constitue à mes yeux un obstacle à m'intéresser à lui. En profondeur. Dans une perspective longue, historique, avec des causes et des effets, et non des leçons de morale. Cela rejoint ma passion pour les langues, les textes, la musique, la poésie.
     
    Revenons à Darius. Il se trouve que ce garçon aimable et doué, depuis des mois, vient, sur mon invitation, nous parler de M. Ebrahim Raïssi, le chef du pouvoir judiciaire iranien, ultra-conservateur. Il nous en a parlé maintes fois, nous a appris son existence, à nous, l'auditoire de Genève. Il nous annoncé son ascension. Et ça tombe plutôt bien : Ebrahim Raïssi, 60 ans, sera le nouveau Président iranien. Je ne dis pas que c'est un gentil. Je ne dis pas que c'est un méchant. Je regarde les faits, les trajectoires, les causes et les effets. Et je remercie Darius Azarpey de nous avoir, de façon factuelle et renseignée, aidé à mieux comprendre, ces derniers mois, la politique intérieure et les enjeux géostratégiques de son pays d'origine.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Et si l'Etat nous faisait couler des bains chauds ?

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    Sur le vif - Samedi 19.06.21 - 10.24h
     
     
     
    Un "bon pour les médias", offert par l'Etat à chaque citoyen ! Avec l'argent de nos impôts. L'Etat nous prend notre pognon, mais il n'est pas une brute, alors il nous le redistribue, sous la forme d'un "bon/médias". Et, comme l'Etat est ouvert et magnanime, il vous laisse libre d'investir cet argent redistribué dans le média de votre choix.
     
    Il est bien brave, l'Etat, il ne nous abonne pas d'office à une Pravda. Il nous prend notre argent, nous le rend, et nous dit "Investissez-le dans un média, braves gens". Tout au plus, pour nous faciliter la tâche, aura-t-il pris soin de nous dresser la liste des "médias de qualité", dûment agréés, dans lesquels nous serons autorisés à placer notre pécule.
     
    Non, mais je rêve ! Pourquoi pas un bon/livres ? Un bon/cinéma ? Un bon/concerts ? Tant qu'il y est, l'Etat pourrait nous faire couler des bains chauds, bien parfumés, toutes les huit heures ? Entre le bon/coiffeur, le bon/manucure, le bon/massage, le bon/SPA, le bon/Camargue et le bon/bonbons.
     
    Il nous faudrait surtout, à nous les citoyennes et citoyens de ce pays, un bon pour le bon sens. Remettre l'Etat à sa place. Le centrer sur ses tâches régaliennes : la sécurité des personnes et des biens, celle du pays, la santé, la formation de base. Et laisser les médias très loin de tout de ce petit monde étatique.
     
    Moins l'Etat s'occupe de la presse, mieux nous nous porterons. Chacun dans son rôle. L'un, pour s'occuper du pays, au mieux de sa conscience. L'autre, pour informer, critiquer, commenter, débattre, en toute indépendance, vitrioler si ça le chante, à des millions d'années-lumière des pressions et des petites incursions du politique.
     
    C'est aussi simple que cela. La Fontaine avait tout dit. Dans un texte de lumière, où il est question d'un chien et d'un loup.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Tous les 17 juin, je pense à la DDR

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    Sur le vif - Jeudi 17,06.21 - 22.46h
     
     
    Tous les 17 juin, je pense à la DDR. Et aux événements de Berlin, en 1953. Et surtout, au traitement littéraire absolument époustouflant que leur a donné, beaucoup plus tard (1966), Günter Grass, futur Prix Nobel de littérature (1999), l'un des grands auteurs de mes jeunes années.
     
    Le livre de Grass est une pièce de théâtre. Elle s'appelle "Les Plébéiens répètent l'insurrection". "Die Plebejer proben den Aufstand". L'action se déroule au Berliner Ensemble, dont le fondateur, Bertolt Brecht (personnage de la pièce de Grass), met en scène le "Coriolan", de Shakespeare.
     
    Nous sommes le 17 juin 1953. Berlin se révolte. Les comédiens, les gens de théâtre, mettent en cause l'autorité du metteur en scène. Coriolan, c'est Shakespeare. Mais dans la mémoire intime de tout Allemand, Coriolan c'est Beethoven. On ne remet pas en cause Shakespeare. On ne remet pas en cause Brecht. On ne remet pas en cause Beethoven. L'Allemagne est encore en ruines, elle commence à peine à se relever. Il lui reste la culture. On ne remet pas en cause la culture, ultime relique de l'âme allemande. Sauf là, dans la pièce de Günter Grass.
     
    "Les Plébéiens répètent l'insurrection", que je connais depuis une quarantaine d'années, n'est pas une pièce contre le communisme. Ni contre la Stasi. Ni contre l'essence même de la DDR, sa légitimité, tout aussi fondée que celle de l'Allemagne de l'Ouest.
     
    Non. C'est une pièce sur le pouvoir. Tous les pouvoirs, d'où qu'ils viennent. Celui, vulgaire, de l'oppression sociale et politique. Celui, infiniment plus subtil, du talent. Et même, celui du génie.
     
    Il faut lire cette pièce de Günter Grass. Profs d'allemand, lisez-là, à haute voix, avec vos élèves. Parlez-leur de Grass. Parlez-leur de Brecht. Parlez-leur de Shakespeare. Parlez-leur de Beethoven. Et foutez-leur la paix avec l'écriture inclusive.
     
     
    Pascal Décaillet

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  • Genève, la paix du monde, les crayons d'Adrien Deume

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    Sur le vif - Jeudi 17.06.21 - 09.40h
     
     
    L'échelon multilatéral du monde n'existe pas. Il est juste une fiction, particulièrement accentuée à Genève : parce que nous hébergeons des organisations, ce qui est fort bien, nous avons tendance, depuis 1919, à nous imaginer comme le centre d'un monde cohérent : celui où la discussion prévaudrait sur les rapports de forces.
     
    Et ce monde, depuis 1919, juste après la boucherie de la Grande Guerre, serait nécessairement nouveau, délivré du Mal, affranchi des passions nationales, promesse d'une planète sans guerre, où la Raison cosmique (la Vernunft de l'Aufklärung) l'emporterait enfin sur l'archaïque noirceur de la nature humaine, du pouvoir, des liens d'intérêts.
     
    Mais enfin, comment peut-on, un siècle après, oser encore l'éloge du multilatéralisme façon 1919 ! La SDN a été, face à l'Histoire, un échec absolu. Déjà, on se pressait au Palais Wilson, dans une ambiance jamais aussi bien décrite que par Albert Cohen, avec Adrien Deume qui taille ses crayons. Déjà, on se congratulait dans les cocktails. Déjà, on était un monde en soi, déraciné, coupé du réel. On n'a vu venir ni la Marche sur Rome d'octobre 1922, ni le 30 janvier 1933 à Berlin, ni la Guerre d'Espagne, ni la montée de l'impérialisme nippon. Non, déjà on disait "Genève internationâââle", comme si la convergence géographique d'organisations, en un bout du lac habité par la grâce, constituait la moindre garantie de paix future.
     
    On n'a vu venir ni les colères allemandes, suite au catastrophique Traité de Versailles, porteur des germes d'une inévitable revanche, ni le besoin de cohérence dans une Italie en total désordre après l'Armistice. On s'est juste réjoui, à Genève, d'être entre soi, dans un monde internationââââl. Les nations, pourtant, sous ce vernis, préparaient déjà la guerre future : non seulement l'Allemagne se réarmait, mais l'Angleterre, et même la France, qui contrairement aux idées reçues, n'a cessé ce produire du matériel pour une nouvelle guerre. Eh oui, la France, et même celle du Front populaire : en 1940, au moment décisif, ses chars sont excellents, mais la doctrine d’utilisation a vingt ans de retard sur celle des Allemands. Les Français continuent de faire des chars les auxiliaires de l'infanterie ; les Allemands déboulent le 10 mai avec des divisions blindées autonomes, chaque char étant relié à l'ensemble par radio.
     
    Aujourd'hui, rien n'a changé. Le multilatéralisme politique n'existe pas, et il n'est même pas certain que Joe Biden entende le relancer. Nous avons des nations rivales, adversaires, la guerre en matière de cybersécurité fait rage, la présence de l'Otan en Pologne et en Ukraine provoque une Russie sur les Marches de son territoire. La Chine devient première puissance mondiale. Chacun lutte pour soi, pour ses intérêts profonds.
     
    Genève fut hier le théâtre d'une belle rencontre. la Suisse a magnifiquement organisé les choses. La police, les militaires, doivent être félicités, ce fut impeccable. Et en plus, il a fait un temps splendide. Mais entre 1919 et 1939, à Genève, il y eut aussi de magnifiques journées. Pendant qu'Adrien Deume taillait ses crayons. Et qu'Ariane, trottinant de félicité, s'en allait conter fleurette à Solal.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Biden-Poutine : on parle sérieusement ?

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    Sur le vif - Mercredi 16.06.21 - 16.32h
     
     
    Je suis le premier à adorer Genève, j'y suis né, j'y ai passé presque toute ma vie (à part mes années à Berne, comme correspondant parlementaire pour la RSR, et mes très nombreux séjours dans les Allemagnes), je suis infiniment sensible au charme de cette ville. Son Histoire, sa culture, son ouverture au monde du savoir, ses liens avec la planète, la marque spirituelle et intellectuelle de la Réforme, la splendeur de ses parcs et de ses arbres, tout cela m'habite, et m'accompagnera jusqu'au dernier souffle.
     
    A ce titre, je partage la fierté de beaucoup d'entre nous, celle que notre ville puisse accueillir un Sommet mondial comme celui d'aujourd'hui. Mon père, en 1954, avait vu passer les grands de ce monde, sous ses fenêtres, pour la Conférence de Genève sur l'Indochine, celle qui allait faire de Pierre Mendès France le seul véritable homme d'Etat de la Quatrième République. J'étais dans la Messe de Paul VI, avec ma mère, en juin 1969, au Parc Lagrange. Avec mon père, nous avons vu passer Hiro-Hito, Empereur du Japon, devant le Jardin botanique, je crois que c'était en 1971.
     
    De tout cela, nous pouvons être fiers. Mais de grâce, n'allons pas imaginer, une seule seconde, que l'événement unique d'aujourd'hui, le Sommet Biden-Poutine, soit le signal quelconque d'un retour au "multilatéralisme". Pourquoi ? Mais parce que nous sommes, éminemment, dans une rencontre bilatérale ! Entre l'homme qui représente les intérêts profonds, historiques, vitaux, des Etats-Unis d'Amérique, et celui qui défend exactement les mêmes, du côté de la Vieille Russie. Nous sommes là dans des mouvements de fond, séculaires, qui n'ont rien à voir avec les émulsions, les excitations provinciales de l'hôtelier qui veut bien mettre sa magnifique ville à disposition.
     
    Je vous invite donc, maintenant que nous nous sommes tous (moi le premier, depuis mon balcon) bien excités sur l'événementiel, à tenter, dans les jours qui viennent, de commenter cet événement pour ce qu'il est : un bras-de-fer impitoyable entre deux hommes qui ne s'aiment pas, autour d'intérêts vitaux, politiques, économiques, énergétiques, financiers. Et en l'absence d'un troisième larron, qui s'appelle la Chine.
     
    Des choses, à Genève, se seront passées, ce mercredi 16 juin 2021. Nous en saurons plus dès ce soir. Intéressons-nous à elles, froidement, sans idéaliser le décorum de la "Genève internationale", sans retomber dans les cruelles illusions "multilatérales" de l'Entre-Deux-Guerres, mais sans non plus bouder l'éclat renouvelé du blason de notre ville, à cette occasion.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Jeunes PLR : salutaires aiguillons !

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    Sur le vif - Lundi 14.06.21 - 16.27h
     
     
    Un aiguillon des Jeunes PLR à la Présidence nationale, ça aurait de l'allure.
     
    Pas un surexcité ultra-libéral avec attaché-case et costard rutilant, non.
     
    Un jeune homme, ou une jeune femme, de cette belle équipe, dynamique, inventive, d'une droite assumée, sans complexes. Ceux qui ont osé lancer No Billag, s'attaquer à l'âge de la retraite, s'opposer à la loi CO2 (le peuple leur a donné raison). Bref, CEUX QUI OSENT.
     
    Oh, je suis loin de partager tous leurs combats. Je suis attaché à l'Etat, à la cohésion sociale, à la solidarité. Mais désolé, il faut dire une chose : chez cette équipe de têtes brûlées, du côté de Zurich ou Genève notamment, il y a de la passion, de l'audace, de l'enthousiasme. Toutes valeurs qui n'apparaissent pas de façon aussi éclatante chez les caciques de leur parti, dès qu'ils sont bien installés dans le système.
     
    L'un des ces foldingues ferait du bien à la politique suisse. Elle a besoin de clarté, de courage, d'antagonismes franchement posés, de lutte contre les tabous. Bref, elle a besoin de défricheurs.
     
    Les apparatchiks, nous en avons bien assez. Dans tous les partis.
     
     
    Pascal Décaillet

     
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  • La politique, dans les nuages

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    Sur le vif - Lundi 14.06.21 - 15.01h
     
     
    Vous pouvez tournicoter tant que vous voudrez. Tant que vous ne résoudrez pas la question du pouvoir d'achat des classes moyennes, prises à la gorge par les taxes, les impôts, les loyers et les primes, dévorées d'inquiétude pour leurs retraites, et ne touchant pas - elles - un seul centime de subvention, vous continuerez à tourner en rond, entre vous, à des millions d'années-lumière des vraies préoccupations de nos compatriotes.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Ces jours salés où la mode se démode

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    Sur le vif - Dimanche 13.06.21 - 14.44h
     
     
    Il y a des jours, comme ça, où la mode se démode. Des jours où la petite pointe de modernité, sur l'extrême commissure de la langue, dégage comme un goût salé d'archaïsme. A force de vouloir faire jeune, il arrive qu'on prenne un méchant coup de vieux.
     
    Ce dimanche 13 juin est un jour de défaite, non pour les Verts qui mènent bataille loyalement pour leurs idées, mais pour la frange Rethondes de ceux qui n'en peuvent plus de verdir. Non par conviction, mais pour se raccrocher à l'air du temps. Pour être dans le coup, on oublie ses valeurs à soi, on s'arrime au discours dominant, on se repeint de modernité, chacun a sa manière de lutter contre la mort.
     
    Pendant toute cette campagne, j'ai dénoncé ici, non les Verts, mais l'infinie faiblesse, de coeur, d'intellect et de caractère, avec laquelle d'autres partis s'alignaient sur les Verts. Sur le discours des Verts. Sur les tics de langage des Verts : "urgence climatique", "neutralité carbone", etc. Le combat politique, dans notre magnifique démocratie directe suisse, exige courage et clarté : que les Verts soient les Verts, que les libéraux nous parlent responsabilité individuelle, que les radicaux nous parlent de l'Etat, des petits entrepreneurs, des classes moyennes, plutôt que de plagier la langue des adversaires.
     
    Le peuple suisse est profondément attaché à la nature, et à la protection de la planète. Il l'a montré, en soutenant maintes fois le prodigieux combat pour la vie, et pour les paysages, d'un homme comme Franz Weber. Nos paysans, depuis des décennies, s'engagent pour l'environnement : lequel d'entre eux aurait-il le moindre intérêt à empoisonner sa propre terre ? Depuis la seconde partie du 19ème siècle, et les premières Ligues du Patrimoine, en réaction à la surexcitation industrielle de certains radicaux zurichois, notre pays est devenu le lieu d'une conscience environnementale, bien avant l'arrivée des Verts.
     
    Mais le peuple suisse n'aime qu'on lui raconte des salades. Il a besoin d'un climat de confiance avec les autorités, non de flicage et de taxes permanentes. C'est un peuple mûr, adulte, vacciné, il n'a nul besoin que des prophètes d'Apocalypse lui dictent ses choix politiques. C'est cela, la grande leçon de ce dimanche 13 juin. Non contre les Verts, mais contre la surpuissance d'une doxa devenue étouffante. Si vous voulez convaincre nos concitoyens, il vous faudra trouver d'autres mots, d'autres tonalités. C'est cela, notre démocratie suisse.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • Brecht, à haute voix : le souffle de la vie !

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    Sur le vif - Samedi 12.06.21 - 17.30h
     
     
    Profs d'allemand, lisez Brecht avec vos élèves ! Ou plutôt, faites-le lire à vos élèves, en allemand, à haute voix, chacun dans un rôle (puisqu'il s'agit, officiellement, de théâtre). Reprenez la scène dix fois, vingt fois, pour que chacun de vos disciples incorpore, par le jeu du ventre, du souffle et de la voix, chaque syllabe. Comme en musique. Et pour les parties du choeur (puisqu'il s'agit officiellement de théâtre), prenez la musique sublime de Kurt Weill, et chantez tous ensemble !
     
    "Il s'agit officiellement de théâtre", c'est la troisième fois que je le dis. Pourquoi cette insistance ? Parce que nous sommes là dans l'un de mes plus vieux combats, il a au moins 45 ans. Bien sûr que Brecht est un auteur de théâtre, c'est même le plus grand dramaturge de la littérature allemande ! Mais j'affirme, depuis la fin de mon adolescence, et cette période où je suis vraiment entré dans Brecht, que nous avons affaire à l'un des plus grands poètes, l'un des plus puissants inventeurs de mots, de la langue allemande moderne. L'autre, c'est peut-être bien Martin Luther, quand il traduit la Bible, en 1522.
     
    Et, voyez-vous, les profs qui se contentent d'instiller à leurs élèves, sur Bertolt Brecht, les puissantes théories dramaturgiques sur la distanciation, je veux dire ceux qui se contentent de ce discours, je leur en veux depuis 45 ans. Parce qu'ils répètent un topos, appliquent une matrice, une grille d'interprétation, certes pertinente. Mais ils oublient une chose : laisser parler la phrase de Brecht, ou le vers brechtien, les laisser accéder à l'univers sonore, laisser la musique propre à ce langage hors-pair (en plus de celle de Kurt Weill), envahir l'air ambiant. C'est la condition sine qua non à l'avènement de la féérie contenue dans le texte.
     
    Car Brecht est un poète. Comme on lit Hölderlin à haute voix, dans toute la rigueur de sa métrique et de sa prosodie, restituons à ces textes toute leur vertu de Hörspiel : de la langue écrite pour être dite par les uns, et entendue par les autres. Décortiquer le rythme, s'imprégner des syllabes, faire de l'élève un diseur et un acteur du texte, voilà qui me semble au moins aussi important que leur répéter des théories dramaturgiques ne touchant, au fond, que les spécialistes du théâtre.
     
    Et puis, ce mot, "Distanzierung", est tellement effrayant ! Vous déboulez avec ce vocable, et l'élève, face à vous, sera comme pris de panique en se demandant s'il va comprendre quelque chose à ces tortueuses réflexions sur le statut de l'auteur, du personnage, de l'émetteur, du public, du récepteur. Toutes choses pertinentes, certes. Mais enfin, la part du poète, du jongleur de mots, du travail sur un Hölderlin et un Sophocle (Antigone), la résurgence d'expressions souabes sous la langue allemande, cela aussi mérite d'être travaillé.
     
    Profs d'allemand, lisez Brecht ! A haute voix, avec vos élèves. Les parties du génial Kurt Weill, chantez-les, tous ensemble. Faites de votre cours un lieu de souffle et de vie. Et ne vous prenez pas trop la tête avec les théoriciens de la dramaturgie.
     
     
    Pascal Décaillet
     

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  • La Suisse est une démocratie. Pas le G7.

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    Sur le vif - Mercredi 09.06.21 - 15.17h
     
     
     
     
    Nous avons, dans notre démocratie suisse, un patron. Il s'appelle le peuple.
     
    Au niveau des Cantons, mais aussi à celui de la Confédération, nous sortons à peine de débats démocratiques homériques sur l'imposition des entreprises. Nous nous sommes engueulés, entre nous, comme seuls les Suisses savent le faire sur les enjeux citoyens : avec vigueur, mais avec respect.
     
    Ce fut tonitruant. A la fin, pour la Confédération comme pour les Cantons, le souverain a tranché. Cela s'appelle une démocratie.
     
    Face à cette leçon de décision prise par le plus grand nombre, après des années de débats équilibrés où tous ont pu s'exprimer, que vaut une décision de cette instance totalement dépourvue de légitimité, qui s'appelle le G7 ? Juste une émanation des plus puissants de la planète, qui voudraient universaliser un système leur étant favorable.
     
    Face à la démocratie suisse, ou à tout acte souverain d'un Etat de ce monde, le G7 n'a aucune valeur. La Suisse est un tout petit pays, sans matières premières, fragile. Nos équilibres, surtout construits à partir de 1848, tiennent à peu de choses. Nous devons être d'autant plus intransigeants pour défendre nos valeurs : souveraineté, démocratie directe, primauté de la décision citoyenne sur toute puissance, toute source de pression de ce monde.
     
    Si nous renonçons à cela, nous enterrons la Suisse.
     
     
    Pascal Décaillet

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